Pour préserver la fluidité du récit, les détails historiques et archéologiques ont été déportés vers des
pages dédiées, accessibles via les liens en bleu gras.
Pour garder leur pertinence, c'est à partir des photographies originales de ce voyage que j'ai demandé à
une IA de les analyser et de me fournir des informations sur les sites visités.
Par ailleurs, face au grand nombre de photos de certains sites, plusieurs photos ont été regroupées sous
forme de diaporamas vidéo. Vous les reconnaîtrez facilement grâce au symbole « ⏯️ » apposé sur les
visuels concernés.
Samedi 24 novembre
: Accueil à l’aéroport du Caire.
On s'est tous rassemblés à Villard, et on part en taxi pour Genève. L'ambiance est euphorique, tant la joie
est grande de se retrouver ensemble pour de nouvelles aventures.
⏯️
Le taxi est enfin arrivé
Un peu d'attente à Cointrin, puis long vol jusqu'au Caire. Je cherche notre accueillant et ne le trouvant
pas avant les formalités – nous sommes sans visas, il est à faire sur place – je me dis que ce sera pour
après.
Après douane, visas, police et change, toujours pas d'accueil... On sort de la salle d'arrivée, pour
chercher dehors, vers les taxis, quelqu'un qui s'intéresserait à nous. Personne.
C'est moi qui ai discuté avec Hussein, et je commence à me trouver un peu en porte-à-faux. L'agence locale,
était-ce la bonne solution ?
Je me décide à téléphoner à Hussein (merci les smartphones) pour me faire dire avec nonchalance que le taxi
arrive, qu'il est retardé par les embouteillages... Et c'est vrai : il arrive, et il y a des embouteillages
!
Bon hôtel, en pleine ville, au bord d'un des périphériques de cette immense ville grouillante de plus de 20
millions d'habitants. Mais au calme, avec un peu de verdure.
Saqqarah
Dimanche 25 novembre
: Memphis – Saqqarah – plateau de Gizeh
Dès potron-minet, notre guide, Fatma Hassaan, se présente et nous conquiert d'emblée par sa gentillesse et
son professionnalisme. À l'époque, elle était avec
Égypte insolite
, et je la retrouve aujourd'hui (en 2026) à la tête de
Magic-Égypte
.
On commence par la visite du
site de Saqqarah
. On découvre la fameuse pyramide à degrés de Djéser, mais il y a des travaux partout et la pyramide est
sous échafaudages. On commence par la chambre funéraire de la pyramide d'Ounas
⏯️
La Chambre Funéraire de la Pyramide d'Ounas
On visite ensuite le Mastaba de la princesse Idout.
On quitte Saqqarah pour se rendre à Memphis et on nous « offre » en passant la visite de la Sakkara Carpet
School, l'une des célèbres écoles de tapis de Saqqarah.
⏯️
Ces magasins sont appelés « écoles » car ils emploient et forment des artisans locaux, souvent des jeunes
pendant l'été ou des femmes au foyer, à l'art du tissage à la main.
On aperçoit sur votre photo, au mur, une grande tapisserie représentant un paysage avec des palmiers et
un village. Ce style de tissage naïf et coloré est typique de la région (originaire du village de
Harrania, tout proche) et est l'une des spécialités vendues dans ces écoles.
L'image montre une grande salle d'exposition remplie de tapis orientaux classiques (symétriques), de
tapis en soie et de tapisseries murales aux motifs pharaoniques ou paysagers.
C'est un peu comme la pub d'internet : on ne paie rien, mais c'est souvent hors sujet...
Visite du musée de plein air de Memphis (Mit Rahina)
On arrive au Musée de plein air de Memphis (Mit Rahina), situé à environ 20 km au sud du Caire, à quelques
kilomètres de Saqqarah.
Et dans la cour du même musée se trouvent deux autres statues :
Le Sphinx d'Albâtre
et Ramsès II debout.
Les Pyramides
La journée n'est pas finie ! On cherche à présent le
plateau de Gizeh
où se trouvent les immensissimes pyramides.
Le premier effet, c'est la foire. C'est sans doute un des sites les plus réputés de la planète, et il paie
cher à cause de cela !
La surprise suivante, c'est que les pyramides ne sont pas au milieu du désert. Cette ville tentaculaire
envahit tout comme une hydre pernicieuse, et la délimitation du plateau - qui reste indemne pour l'instant -
se fait par des rues dont un côté est surpeuplé et l'autre désertique. Mais bon, ce n'est ni la faute des
pharaons, ni celle des Égyptiens d'aujourd'hui.
Enfin, la géométrie et la perspective ne sont pas d'accord : certains points de vue laissent une sensation
étrange : on les trouve tantôt petites, enfin moins grandes qu'attendu, et aussitôt immenses et démesurées ?
En fait, elles sont tellement gigantesques que l'échelle en prend un coup.
Laurent, vétéran de l'équipe de France de ski, maintenant adepte inconditionnel du télémark, nous prend la
posture qui déconcerterait plus d'un égyptologue.
Petite visite au Sphinx de Gizeh où on fait la queue pour tenter le selfie buzzatoire qui ajoute le nez que
la bestiole a perdu. Bon, le succès n'est pas toujours au rendez-vous...
On termine cette visite par une « invitation » à découvrir les parfums « miraculeux » que l'on dispense au
pied de ces pyramides majestueuses. Puis, on retourne se faire dorloter à l'hôtel.
Musée Égyptien
Lundi 26 novembre
: Musée Égyptien – Citadelle de Saladin – Khan El-Khalili
On se lance dans la
visite du Musée égyptien
. C'est encore celui de la place Tahrir, qui fête ses 116 ans cette année (2018). Un bâtiment à
l'architecture néoclassique rose, dont les galeries croulent sous les millénaires d'histoire.
Son successeur, le Grand Musée Égyptien (GEM) près du plateau de Gizeh, est ouvert depuis novembre 2025
alors que la première pierre a été posée en février 2002 ! On profite donc une dernière fois de l'atmosphère
unique, un peu désuète et mystérieuse, de ce lieu historique.
⏯️
Dès l'entrée, on tombe en arrêt devant la
Pierre de Rosette
, cette clé fondamentale qui a permis de comprendre les hiéroglyphes et de lever le voile sur les
millénaires d'histoire que nous allons explorer.
On découvre ensuite les
trésors de Youya et Touya
, les arrière-grands-parents de Toutânkhamon, et l'incroyable conservation de leurs sarcophages, de leurs
lits funéraires. Ils ont été protégés par Isis et Nephtys, et ont conservé leurs maquettes de barques
destinées à naviguer dans l'au-delà.
La statue du dieu Anubis
nous attrape au plexus. Il est représenté sous la forme d'un chacal noir aux oreilles dressées, couché sur
un sanctuaire doré. Cette figure majestueuse, symbole de protection et guide des âmes, gardait avec
solennité l'entrée de la salle du trésor dans la tombe.
Gros embouteillage pour la visite de la salle dédiée à Toutânkhamon. Des sbires locaux ont gardé l'air
agressif d'Anubis, et ils protègent l'entrée et la salle. Photos interdites, le prétexte du flash ne tient
plus depuis longtemps devant l'ère du smartphone, mais peu importe, le musée est le gardien des
civilisations anciennes… Évidemment, cela ne fait que déclencher le jeu du chat et de la souris, et chacun
tente sa photo du siècle.
Il y a vraiment des choses magnifiques dans ce musée, et on reste sidéré par l'abondance et la qualité des
objets exposés qui ont été conçus et fabriqués par des artisans d'exception il y a plus de 4 000 ans.
Ce parcours, des textes de la Pierre de Rosette aux ors de la XVIIIe dynastie, nous a offert une vision
complète de la quête d'éternité égyptienne.
Citadelle de Saladin
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En route vers la citadelle
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Intérieur de la Mosquée de Mohammed Ali
Petite, mais impressionnante traversée de la ville pour atteindre la Citadelle de Saladin, où se trouve la
mosquée Mohammed Ali
, également connue sous le nom de mosquée d'Albâtre.
Impressionnante vue sur la ville dont on mesure ici l’importance. On finit par un petit tour dans la cour
pour découvrir l’
horloge offerte par Louis-Philippe
à l’Égypte en contre-échange de l'obélisque de la Concorde.
Mais elle indique tout... sauf l'heure. La pauvre n'a jamais marché correctement.
Souk de Khan El-Khallili
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Petit restau du Caire
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Grand souk de Khan El-Khallili
Repas détente dans une brasserie, avant l'épreuve du grand souk de
Khan el-Khalili
. Longue déambulation dans cet espace si particulier qu'il a donné son sens occidental au mot souk.
C'est un véritable tourbillon de couleurs, d'odeurs et de sons. On se laisse porter par la foule, entre les
étals d'épices et les boutiques de bijoux, jusqu'au mythique café El Fishawy où le temps semble s'être
arrêté devant d'immenses miroirs patinés. On y croise les ombres de Naguib Mahfouz et des marchands de la
route de la soie.
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Vue sur le souk depuis la voie rapide
Temple de Karnak
Mardi 27 novembre
: Le Caire / Louxor : Karnak + Louxor
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Notre guide à Karnak
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Visite du temple de Karnak
Levés avant l'aube, on se retrouve éberlués en salle d'attente pour l'envol vers Louxor, mais avec un p'tit
déj' en carton quand même ! Décollage à l'aube, on survole
le Nouveau Caire
.
À peine posés à Louxor, on embarque pour la visite du
Temple de Karnak
On découvre la marque du temps : après la magnificence des choses vues au Caire, la pierre de Karnak parait
un peu terne et fragile.
Fatma nous confie aux bons soins d'un guide du temple qui nous en fait découvrir les moindres recoins.
C'est le gigantisme de l'œuvre qui prend le dessus et on découvre que pendant 3 000 ans, environ 30 pharaons
ont ordonné des constructions d'envergure (pylônes, colonnades, sanctuaires ou obélisques) et plus de 80
pharaons différents ont laissé leur marque d'une manière ou d'une autre.
Après cette longue visite du temple, on se repose un peu dans un bel hôtel au bord du Nil. Bons moments
autour d'une table en terrasse à côté d'un buffet bien garni.
Un peu de détente avant le sujet suivant qui s'annonce pas mal du tout.
Temple de Louxor by night
Cet après-midi, en rêvassant dans des chaises longues au bord du Nil, on se demandait si cette idée loufoque
de
visiter le temple de Louxor de nuit
était la bonne ?
⏯️
Temple de Louxor by night
Et, au crépuscule à peine devant l'entrée, on se demandait si on était bêtes au point de trouver que cette
idée n'était pas la bonne. Ah, mes amis, si vous en avez l'occasion, ne la ratez sous aucun prétexte !
Quel spectacle, quelle féérie, quelle ambiance, quel moment magique...
Pas d'affluence, les gros bateaux qui saturent les sites en journée ont autre chose à faire, et nous
laissent une ambiance paisible et feutrée qui va si bien à ce lieu.
Les éclairages sont hyper bien calibrés, toutes les gravures sont mises en relief, les couleurs sont
magnifiques, et ce ciel bleu noir va si bien avec ces couleurs de pierre...
On sort de cette aventure un peu éberlué, et on refuse le taxi pour rentrer à pied à l'hôtel, en traversant
le souk voisin. En chemin, on se laisse tenter par un petit restau local bien sympa, et on se régale.
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Retour à pied par le souk
Nuit réparatrice à notre hôtel qui n'était pas loin.
Oasis de Kharga
Mercredi 28 novembre
: Louxor / oasis de Kharga
Départ tranquille en direction de Kharga. 250 km de route en voiture confortable. Ayant déjà fréquenté
certains déserts de ce pays, nous nous devions d'en mettre un petit bout dans ce voyage. C'est donc une
excursion de 3 jours dans la région de Kharga / Dakhla que nous entamons.
La période géopolitique n'est pas top
, et les contrôles de police sont extravagants. On découvre alors un petit jeu de chat et souris entre les
gendarmes et les voyagistes. Les uns doivent appliquer la loi, les autres cherchent à gagner leur vie. Le
Désert Blanc et Farafra nous ont été refusés lors de la préparation du voyage. Il faut donc trouver d'autres
lieux.
Ça ne rigole plus, nous sommes dûment escortés par des hommes en armes qui ne nous lâchent pas d'un œil.
Cette situation très dissuasive a asséché la manne touristique, et seuls les fous de notre genre
s'aventurent encore ici. Le gardien du temple qui loge en bas de la colline meurt de faim.
L'ambiance est terrible : ce temple est en quasi ruine, isolé sur sa bosse, sans un seul visiteur. Il n'a
évidemment ni l'ampleur ni le succès de ceux du Nil et seuls quelques égyptologues en mal de campagne
viennent ici. Mais il y a quand même de belles traces de civilisation inattendues à cet endroit.
Tout finit quand même à la façon d'Astérix, avec un copieux repas dans un bistrot sympa et dans lequel nous
n'avons pas été gênés par les autres clients.
C'est une sentinelle romaine massive qui surveillait autrefois la piste caravanière de Darb el-Arbaïn.
L'ambiance de fin d'après midi nous offre des couleurs splendides.
Cette forteresse est particulière : un temple petit, mais classique, en pierre de taille et bien décoré est
littéralement « emboîté » dans l'immense structure de briques crues de la forteresse romaine qui elle est
obèse et copieusement ruinée.
Quel contraste entre la densité et l'étroitesse de la partie romaine de cette forteresse et l'immensité
alentour ! On se demande qui étaient les dominants entre ces romains planqués dans de tels lieux exigus et
ces caravaniers qui passaient libres dans cet immense horizon.
La journée se termine par un « barbecue » à la frontale au bord d'une piscine d'eau chaude vers Bir Nagah.
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piscine d'eau chaude vers Bir Nagah
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Cuisson lente à l'étouffée
La braise est préparée dans un fût de 200 l. enterré, et on y insère une structure adéquate qui porte les
poulets. La cuisson dure environ 1 h 30. Dégustation joviale à la frontale.
Jeudi 29 novembre
: oasis de Kharga / oasis de Dakhla
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Méticuleux et déterminé
La nuit s'est passée dans un hôtel confortable et surdimensionné, à Kharga.
Le petit déjeuner est préparé pour 20 personnes au moins, et nous ne sommes que 8 !
Mais la journée s'annonce longue, et on prend quelques réserves que Grif' emballe méticuleusement devant la
caméra.
Beau temple, bien particulier, avec son enfilade de pylônes alignés
Office du tourisme.
Grande surprise ! Nous sommes attendus à l'office du tourisme de Kharga. On prend conscience de la rareté
des touristes à cette époque tourmentée car nous sommes choyés comme des rois mages. Il faut se plier à des
photos « officielles » avec le super-super-chef de l'office. On va sûrement retrouver nos tronches dans je
ne sais quel prospectus...
Cela va-t-il nous faciliter le parcours, toujours haché menu par les contrôles de police ?
Oasis de Dakhla
Arrivée à Dakhla. On débarque dans un hôtel de luxe, immense et complètement vide, avec un joli jardin et un
bar à cocktails très accueillant. La police ne nous lâche plus d'un œil, ils veulent s'assurer que nous
resterons à l'hôtel.
Les jardins de l'hôtel sont remplis de fossiles de tous genres et on se dit que les environs ne doivent pas
être avares de découvertes.
La palabre des flics dure un peu, puis, au milieu de l'aprèm, ils se fatiguent enfin et nous lâchent.
Tout le monde n'attendait que ça ! Branle-bas de combat, les 4x4 sont prêts et sortent de l'hôtel. par
derrière en catimini. Le chef de l'office du tourisme nous accompagne, ce qui nous rassure un peu en cas
d'échec.
Départ au désert pour le bivouac.
Mais tout baigne, et on glisse sur le sable avec délice. Quelques méandres paresseux dans les cuvettes de
sable nous amènent sur un site de dents de requins fossilisées. On retrouve rapidement nos vieilles
habitudes de Murzuq... Puis on se rapproche lentement mais sûrement de la falaise. Nos accompagnants en
connaissent tous les défauts et en choisissent un très discret.
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le "confort" du Toy...
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Soirée festival au bivouac
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Approche féérique de la falaise
Une fois à l'abri de tout regard indiscret, ils nous préparent le bivouac.
Bon, on se rappelle qu'on est de la montagne, et ça tombe bien car il y en a quelques petites ici. J'en
choisi une pour faire une vue d'ensemble et je vois mes collègues qui en choisissent une autre encore plus
belle.
Pas de problèmes, je leur cours après et on se retrouve en haut pour un coucher de soleil d'anthologie.
Soirée splendide, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, ça rigole de bon cœur, il y en a
même qui chantent, mais je m'abstiens par respect pour la météo.
Repas de première classe, les cuistots se défoncent : ils essaient de nous faire oublier le désert, alors
que nous ne souhaitons qu'une chose : le retrouver.
Puis c'est l'heure du sommeil : les sacs de couchage sont bons, mais les cailloux aussi. Les petites
galettes censées imiter les matelas n'ont pas lu leur mode d'emploi...
Je me lève le matin avec un profil qui ressemble fidèlement à celui du terrain, cailloux compris. Je crois
bien que le confort n'est pas celui de ma tente de toit sur mon beau Def', et il me faut quelques minutes
pour retrouver mon profil et mon sourire légendaire ...
Il est vrai que mon envie était de venir à Dakhla pour aller faire un tour vers le Gilf Kébir, le wadi Al
Hamra, Zerzura... tous ces beaux rêves déjà frôlés depuis la Libye. Hélas, les circonstances en ont décidé
autrement. Mais mon dernier bivouac de sable, bien que légèrement caillouteux, a été une réussite : c'est
déjà ça !
On s'enfile dans des ruelles étroites bordées de hauts murs qui nous protègent de l'ardeur du soleil. Les
maisons ont très souvent un linteau de bois sculpté de manière très artistique.
Le texte commence souvent par la Basmala ("Au nom de Dieu le Clément, le Miséricordieux") puis contient des
invocations pour la protection de la maison et de ses habitants. On y reconnaît des segments souhaitant la
"prospérité" (al-ghina), la "santé" (al-afiya) et la "longue vie" à celui qui a fait construire l'édifice.
Dans une maison, on trouve un doua (prière) protégeant l'entrée de la pièce, placé bien en évidence à côté
de la fenêtre.
Les pigeonniers sont innombrables et magnifiques. Il y en a partout et ils ont l'air surpeuplés.
Deir el-Hagar est situé à l'extrémité ouest de l'oasis de Dakhla, à environ 37 kilomètres de la ville
principale, Mut, non loin d'Al-Qasr (environ 15-20 km).
On s'y trouve à midi, avec l'éclairage rasant qui va si bien à ces sculptures. De plus, elles sont très bien
conservées
Puis, on va se rafraichir un peu vers la source chaude de Bir el-Gabal, au pied de la montagne, dans un
somptueux décor.
Et on termine cette boucle au bord du lac généreux de l'oasis.
Samedi 1er décembre
: oasis Dakhla / oasis kharga
Après une nuit réparatrice dans ce bel hôtel vide, nous partons pour Qalamoun.
Un peu destroy, le village. On déambule dans un labyrinthe de terre qui s'effrite, là où chaque pan de mur
qui s'écroule semble être un soupir de soulagement après des siècles de veille au bord du néant.
Les façades fondent doucement, retournant à la poussière d'où elles sont venues, comme pour mieux protéger
le secret de ceux qui y ont trouvé la paix.
C'est un témoignage poignant de la vie au bord de l'eau. J'imagine la joie de ces gens dont j'ai tant de
fois vu les traces dans les déserts voisins de Murzuq, Rabiana et d'autres, chassés par la sècheresse,
découvrant cet
Éden qu'est l'oasis de Dakhla
.
Retour sur Dakhla.
Notre mascotte de ce voyage reprend inlassablement la pose du télémarqueur. Je pense qu'il va rester encore
un peu en attendant, qui sait, la neige... et la pente.
Fast food local, qui pourrait en remontrer à ses concurrents américains, puis visite du marché qui foisonne
de produits luxuriants de ces oasis.
Je déniche un petit drapeau d'Égypte, et au moment de le négocier, Fatma me l'offre...
Petit détour par le
village de Sabah
pour y voir une ancienne oasis dévorée lentement mais sûrement par le sable.
Martine nous fait un petit coup de fatigue et nous abrégeons cette petite, mais agréable randonnée dans du
beau sable.
Bon petit repas à la bédouine, dans un petit restau typique et agréable
Dimanche 2 décembre
: Oasis kharga / louxor
⏯️
Visite du Kharga Handicraft center
Visite du Kharga Handicraft center
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somptueux tour de Louxor en calèche
Redécouverte du
karkadet
dans les champs d'abord, puis au bistrot.
On arrive à Louxor où nous attend un somptueux tour de la ville en calèche. Au début, on se fait juste
frôler par les bagnoles, puis peu à peu, on s'enfile dans le bazar pour finir en pleine prière sous
l'autorité d'un muezzin copieusement amplifié.
Lundi 03 décembre
: la nécropole thébaine et embarquement sur la
Dahabieh
.
Visite de la tombes KV14 du pharaon Tausert et de son successeur Setnakhtu
Le summum ! Comment racketter le touriste ? Dans ce domaine, en tant que Chamoniard, je m'y connais un peu.
Mais là, mes compatriotes peuvent aller se rhabiller. Tu montes en car. Puis tu prends un ticket pour un
petit train sur goudron, puis tu choisis ton ticket pour chaque tombe visitée, puis tu ajoutes le ticket
pour les photos, et avec tous tes tickets, on te pousse vers la sortie pour faire de la place à ceux qui ont
acheté leurs tickets après toi.
Sur les conseils de Fatma, on a pris le ticket pour 3 tombes, la
KV6
du pharaon Ramses IX, la
KV14
du pharaon Tausert et de son successeur Setnakhtu, et la
KV15
de Seti II.
Visite d'un « fabricant » de souvenirs chez qui j'achète une super statuette d'Anubis, ce Dieu qui préside
la cérémonie de la « pesée du cœur » pour déterminer si l'âme mérite d'accéder à la vie éternelle. Si un
jour, j'ai besoin de sa bienveillance, je pourrai lui montrer ma statuette.
En sortant de la Vallée des rois, on visite le
temple d'Hatchepsout
. Très bel emplacement, adossé à la montagne et avec une vue formidable sur le Nil.
On zappe le Ramesséum, le temple funéraire (ou « Château de millions d'années ») de Ramsès II. Et on fait
juste une photo des colosses de Memnon. On file à toute allure vers Esna où nous attend notre Dahabieh, par
une route bordée de fleurs.
Arrivée à Esna, Surprise ! On découvre un joli bateau tout rehaussé de bois vernis, avec de grands espaces
et dans lequel nous sommes 6 pour l'instant. Accueil à bord par un personnel zélé, Karkadet de bienvenue.
Nous attendons un autre groupe de 6 pour quitter le quai et partir dans les lumières chaudes de l'après midi
sur ce fleuve généreux et lisse comme un miroir.
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Parcours fleuri
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l'arrivée au bateau
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Découverte de la Dahabieh
Et la rupture avec la foule des temples et l'affluence des routes est brutale : on se transforme en momies
contemplatives dans un silence assourdissant.
Il est l'heure du repas, on goûte avec délice la cuisine du bord, les serveurs organisent un ballet autour
de nous, on n'en revient pas d'être traités comme des coqs en pâte.
Puisque Éole a décidé de nous foutre la paix, la Dahabieh se fait tirer par un petit remorqueur, et —
délicatesse suprême — pour nous éviter la fureur et l'odeur du moteur, le câble de traction fait au moins
100 m.
On se prélasse de fauteuils en canapés, admirant ces 2 rives qui défilent lentement jusqu'au soir. Pas de
circulation de nuit, la Dahabieh s'amarre en rase campagne, vers El-Hegz, pour garantir le repos de ses
clients.
Mardi 04 décembre
: El-Hegz – Edfou – Fawaza.
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Le lever de soleil féerique sur El-Hegz
Lever avec le soleil. Ambiance de rêve, baignée de silence et de lumières rasantes. Les berges se remettent
à défiler, avec une paisible lenteur.
Beaucoup de petites barques de commerçants pêcheurs en tout genre. On voit défiler quelques villages
cramponnés à la berge.
On s'approche du site historique d'El-Kab, et on va débarquer pour une visite.
Un peu de marche nous fait du bien. De la vieille cité, il ne reste qu'une partie des remparts, mais la
nécropole est installée dans la colline d'à côté.
Sur l'ensemble de 31 tombeaux répertoriés, 4 sont ouverts au public : celles d'Ahmès fils d'Abana, de son
petit-fils Paheri, de Renni et de Setau. Bien que les tombes les plus célèbres datent de la XVIIIe dynastie,
le site contient des sépultures s'étalant de l'Ancien Empire jusqu'à la période ptolémaïque.
Les tombeaux sont petits, mais bien conservés. La lumière pour les photos est un peu compliquée.
Retour dans ce farniente luxueux qu'est la Dahabieh, à l'image de Flaubert ou Champollion, nos prestigieux
prédécesseurs sur ce type de transport.
On accoste à Edfou, et on embarque en calèche avec un Arbagi haut en couleurs. Il nous parle de Chirac,
Mbappé et renomme Laurence en Bernadette.
À Edfou, les arbagis sont incontournables. Comme le temple est situé à environ 2 km de l'embarcadère des
bateaux de croisière, des centaines de calèches font la navette. C'est d'ailleurs l'un des seuls endroits en
Égypte où la calèche est quasiment le seul moyen de transport pour accéder au site.
Très beau temple, de la période grecque. Il est dédié au dieu faucon Horus, le fils d'Isis et d'Osiris,
protecteur de la royauté. Dommage que les premiers chrétiens (coptes) qui s'y sont réfugiés, pour échapper
aux persécutions ou pour le transformer en église, aient piqueté toutes ces « images païennes ».
Retour au bateau, pour un petit apéro au calme. On ne sait jamais ce qui nous attend.
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Soirée de fête avec les matelots de la Dahabieh d'à côté
La Dahabieh accoste une rive déserte vers Fawaza, pour une nuit tranquille. Puis une autre Dahabieh accoste
juste derrière nous. Le repas se déroule dans un calme olympien.
Puis l'équipage de la 2e Dahabieh nous rejoint, car ce sont des gars de la même compagnie et ils sont pires
potes. Et patatras, en 30 secondes, une fête spontanée se déclenche, et on ne peut plus les arrêter.
Jeudi 06 décembre
: Djebel Silsileh – Maniha.
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Séance photo de notre Dahabieh
Ce matin, c'est sortie sur le remorqueur de la Dahabieh pour immortaliser l'allure de ce magnifique bateau
sur son fleuve. Puis on rencontre plusieurs barges en train de draguer les bancs de limon, probablement pour
faciliter
la navigation sur le Nil
et les croisements de bateaux.
Puis, on accoste à Bassaw, pour faire une petite balade détente à terre. Bassaw est célèbre pour ses terres
extrêmement fertiles. Contrairement aux zones plus désertiques, le village est entouré d'une végétation
luxuriante.
On y trouve : De vastes plantations de bananiers (les petites bananes égyptiennes, très sucrées), des
cultures de mangues, de canne à sucre et d'hibiscus (Karkadet).
Les habitants y vivent principalement de cette agriculture et de la pêche, notamment la perche du Nil.
Certaines maisons sont colorées, ornées de peintures naïves racontant le pèlerinage à La Mecque de leur
propriétaire.
Djebel Silsileh
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Un repas à bord
La Dahabieh nous pousse jusqu'au
Djebel Silsileh
pendant le repas, et nous découvrons ce passage étroit du Nil entre ces deux falaises.
Ce site est double : des tombeaux de notables et de belles carrières de grès.
On commence par le
Spéos d'Horemheb
, creusé à même la roche et le Saint des Saints, ces sept statues sculptées directement dans la paroi. Puis
plusieurs cénotaphes le long d'un balcon au-dessus du fleuve, qui mène aux carrières.
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Parcours contemplatif sur le Nil
Le parcours dans les carrières nous interpelle par l'ampleur des blocs extraits et la taille des outils
laissés sur place. Les pharaons avaient mis au point des
technologies d'extraction et de transport
impressionnantes.
On reprend ensuite notre parcours contemplatif sur le Nil, gratifié d'une lumière splendide de fin
d'après-midi.
Nuit paisible vers une berge déserte de Maniha.
Vendredi 07 décembre
: Maniha – Kom Ombo – Assouan.
Encore une nuit bien calme, encore suivie d'un petit déj' mythique et légendaire. On est en train de
s'habituer à cette lenteur, ces contemplations, ces levers de soleil sur le Nil, ces paysages qui défilent
éternellement. Quelle belle formule que cette Dahabieh !
On voit passer régulièrement de gros pavés multi-étages où tout a été pensé pour la traite automatique du
client. Ils sont empressés, réclament le passage et vous regardent de haut avec mépris. Ce sont de
véritables tronçons ambulants d'un périphérique parisien, où les gens vont s'entasser du matin au soir pour
apprendre dès le plus jeune âge à s'engueuler, incapables qu'ils sont d'apprécier un petit déjeuner au
soleil rasant au niveau des papyrus.
C'est la
transformation grégaire
(ou polyphénisme de phase).
Encore un beau temple, un peu compliqué à visiter. Je ne retrouve pas dans mes photos les fameux instruments
chirurgicaux, mais il y a quand même la scène de l'accouchement. Heureusement, Laurence a été plus attentive
que moi, et sa photo répare ma négligence.
On passe au musée des momies de crocodiles pour y constater que des humains ont pu en convaincre d'autres
que ces bestioles étaient sacrées, et dignes de momification !
Le groupe commence à saturer un peu de ces visites de temple, et Fatma qui le sent bien nous propose un
petit aménagement du programme.
On va aller visiter le marché aux dromadaires de Daraw, juste un peu plus loin de Kom Ombo.
On se pose en rase campagne, sur une berge boueuse, et aussitôt, une meute de Rickshaws multicolores et fin
excités s'abat sur nous et nous proposent monts et merveilles.
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l'incroyable traversée de Daraw en Rickshaws
Il faut traverser la ville et le marché est au-delà. Fatma contracte une meute de pilotes, et on s'élance
...
Et là, on se trouve embarqués dans un rodéo urbain à faire tomber raide la police française, mais qui semble
ici banal et ordinaire.
La cour ne retient que quelques bêtes, un peu décevant pour ceux qui ont vu ces caravanes de centaines de
chameaux dans les déserts du Tchad et du Soudan, mais le spectacle était plutôt dans le transport. On nous
explique que le marché est terminé à cette heure-là, et que le grand spectacle se tient plutôt le matin. On
retrouve rapidement le calme et la sérénité de notre Dahabieh.
Petite halte avant le Pont d'Assouan. Quelques pas dans le sable, à la lumière descendante du soir.
Samedi 08 décembre
: Fin de croisière – Assouan.
Ça y est : la croisière est finie. On est arrivés au pont d'Assouan. On s'est mis en amont du pont, rive
droite, alors qu'en 2004 (Voyage au Yémen), nous étions en aval rive gauche. C'est plus pratique pour les
taxis qui vont nous permettre de passer cette journée à Assouan.
Même à la fin, aucune lassitude de ces petits déjeuners en lumières rasantes sur l'acajou verni et qui sont
mémorables.
Les marchands du temple ont bien prospéré depuis 2004, et on ne se demande même plus d'ou vient toute cette
pacotille. On se retrouve dans la foule dont on avait perdu l'habitude.
C'est un bel endroit pour abriter cette histoire d'amour fidèle et éternel d'Isis, et on espère qu'elle
profite encore de ces lieux enchanteurs, malgré les tourments d'un tel déménagement de son temple, suivi
d'un tel déferlement de ses admirateurs.
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Le retour de Philae
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Présentation du job d'Anubis dans un Institut de Papyrus
Et on se refait une traversée de cette marée de « souvenirs », suivie de la visite commentée d'un de ces
Instituts de Papyrus.
À cause de l'imprécision des vols intérieurs, le programme prévoyait une journée libre à Assouan. Fatma nous
propose alors, pour un modeste supplément, une visite en bateau de la partie basse du fleuve. Nous entamons
alors un très joli périple dans ce superbe dédale entre toutes ces îles, îlots et rochers qui encombrent
joyeusement ce qui fut la première cataracte.
Embarquement pour un tour de l'Archipel de la première cataracte
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Visite de l'île aux fleurs (Kitchener)
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Vue sur le mausolée de l'Aga Khan
Très beau parc botanique, dans une ambiance paisible. Les ombres sont somptueuses, avec de très agréables
perspectives allongées.
Beaucoup de points de vue formidables, notamment sur la partie ouest avec ces sables rose tendre qui
descendent du plateau jusqu'au fleuve.
Un vrai havre de sérénité à côté du tumulte de la ville.
Tour d'Éléphantine, les mausolées, Old Cataract Hotel
Quel délice de se faufiler à l'aide d'un connaisseur dans ce dédale de rochers et d'îlots. Tout est là pour
vous surprendre. On ne sait plus si on est sur terre, sur une île, sur un fleuve ou sur un lac de montagne.
Villages nubiens
Le périple se termine aux villages nubiens où on retrouve un peu d'affluence. Fatma et Martine succombent à
l'attrait d'une déco-tatouage sur la main.
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Village nubien de Gharb Soheil
Soirée d'adieu à nos matelots
Retour sur la Dahabieh, notre hôtel flottant, pour une dernière soirée à bord. Le propriétaire de ce bateau
est là pour nous accueillir, et anime particulièrement bien cette dernière soirée. Il nous fait nous tordre
avec des
énigmes déjantées
.
⏯️
Dernière soirée détente sur la Dahabieh avec le Patron qui plaisante
Dimanche 09 décembre
: Départ international.
Et voilà ! C'est fini. Un dernier parcours sur le marché, où Fatma nous négocie un lot d'épices de son cru,
et on s'envole pour le Caire, puis Paris et Genève.