Voyage à Bobo – décembre 2009 : Mali Ouro Modi – 5/9
Voir le contexte
←   Étapes   →

Ouro Modi
 
Dimanche 3 janvier
Tôt le matin, des pirogues passent. « Bonjour, ça va ? » Un pêcheur s'arrête, on lui achète des petits poissons que Martine vide illico. On les fera cuire ce soir. Une femme passe avec du bois et une calebasse sur la tête et nous propose du lait. Photos, cadeaux.
P'ti dèj en terrasse sur le fleuve Niger bonne pioche la calebasse est pleine de lait ! emplettes du matin ça bronze en doudoune ?
à peine de quoi se rafraîchir les coucougnettes Momo qui fait des bulles dans le gué d'Ouro Modi
sans snorkel ? gué d'Ouro Modi
On roule avec de belles échappées sur le fleuve. On traverse les villages de Vandjiré et Mountou. Dans cette zone, il y a une circulation intense de petites motos dont on suit les traces, par contre pas une seule voiture, on est bien les premiers cette année.

On arrive au bord d'un bras d'eau, la Mayo Moura. Gros troupeau, plein de gamins qui veulent tous se faire prendre en photo. Jacques et Momo partent sonder le gué en traversant à pied. Ça rafraîchit juste les « coucougniettes », ça devrait passer.

Les gens des villages sont vraiment accueillants et sympas. Un gars se propose comme guide, car après la traversée, c'est encore marécageux. Il monte dans le Disco avec un chibani afin de le rapprocher de ses champs.

La traversée se passe sans problème. Le guide nous laisse au village suivant et rentre chez lui à pied. Après Ouro Modi ! Ça se gâte. On trouve la rivière Sano très encaissée et profonde. Surtout vaseuse. De jeunes femmes font la lessive.
Gué de la Sano, après Makadié : les mob passent en pirogue Gué de la Sano, après Makadié : les mob passent en pirogue Gué de la Sano, après Makadié : bain de siège pour le bébé Gué de la Sano, après Makadié : le matos restera hors d'eau Gué de la Sano, après Makadié : le matos a coulé
Un gars met sa moto sur une pirogue. On est carrément perplexe, d'autant plus que ce n'est pas large du tout. Recul jusqu'au village de Makadié pour demander s'il n'y a pas un autre endroit pour traverser à cette saison. Toujours ce super accueil.

Un fort vent s'est levé. Le village est au milieu d'une grande plaine poussiéreuse. C'est très pénible. Martine en a plein les yeux et souffre.

Le directeur de l'école et un autre gars viennent avec nous à moto jusqu'au gué : en fait, c'est le seul passage. Finalement, on renonce : si une voiture se plante, l'autre n'arrivera probablement pas à la sortir.

Pique-nique sous un petit arbre à l'ombre et demi-tour direction Diafarabé où on prendra le bac qui nous mettra sur la piste de Djenné.
retour de corvée de bois à Makadié pas belle ma pirogue ? Gué d'Ouro Modi gué d'Ouro Modi, plus de pirogues que de voitures gué d'Ouro Modi, plus de pirogues que de voitures gué d'Ouro Modi, plus de pirogues que de voitures
On jardine moins, puisqu'on a la trace dans le GPS. On rejoint le bord du fleuve pour un nouveau super bivouac, après Koa. On se baigne. Très agréable même si pour y arriver, il faut marcher dans de la vase bien collante !

Au début, on se mouille avec les chaussures et très rapidement la vase nous les absorbe, c'est beaucoup mieux pieds nus. Il fait moins froid qu'hier. Nicole fait frire les poissons et Martine cuire le riz. On se régale.

Des pirogues longent la berge et passent sous notre nez « ça va ? Ça va ! » Beau lever de lune déjà un peu cabossée, mais toute rouge.
gué d'Ouro Modi en sous marin gué d'Ouro Modi, ça nous change de la mère Denis le bain au bivouac, entre Koa et Nouhoun au bivouac, entre Koa et Nouhoun
p'ti dèj en terrasse, entre Koa et Nouhoun
la mosquée de Nouhoun Peul

Lundi 4 janvier

On est réveillé par les piroguiers qui nous parlent depuis leur pirogue. Direction Diafarabé. Beaucoup de gens convergent vers le village.

Pas mal de femmes peules aux lèvres tatouées avec calebasse sur la tête, toujours les petites charrettes tirées par des ânes.
Qu'est-ce que le tatouage peul ? À Diafarabé c'est jour de grand marché. Il se tient sur la berge du fleuve. Beaucoup de grosses pirogues.
devant Nouhoun Peul en route vers le marché de Diafarabé devant Nouhoun Peul en route vers le marché de Diafarabé le marché de Diafarabé
Beaucoup de monde, de couleurs, de sourires. On se balade sans aucun problème avec les appareils photos. On finit par s'occuper du bac et on part à la recherche du baquier Amadou.

Finalement, un gars lui téléphone pour lui dire qu'il a des clients ! Traversée sur l'autre rive. On pinaille pour trouver la piste. Finalement, un gars nous confirme qu'on est sur la bonne piste bien qu'elle soit terriblement petite.

Plus loin, un autre occupé à fouler des céréales avec sa charrette et son âne (il tourne en rond) court devant nous pendant un bon moment en pleine chaleur pour nous montrer la bonne piste, le tout avec le sourire.

Elle nous amène avec quelques tergiversations sur Mounia. On retrouve la grande piste en direction de Djenné.
c'est comme ça qu'ils apprennent le geste ? marché de Diafarabé on boit l'eau du fleuve marché de Diafarabé marché de Diafarabé
traversée du Niger à Diafarabé bivouac avant Djenné
traversée du Niger à Diafarabé le berger casseur de branches
Aussitôt, un Européen dans un superbe 4x4 nous interviewait sur la possibilité d'aller à Djenné par la piste qu'on vient de quitter. À la description qu'on lui en fait, il prend la fuite. Dommage pour lui.

Latérite, poussière, mais piste roulante à part quelques trous piégeux. À 4 h, on décide de bivouaquer 30 km dans la campagne avant Djenné pour ne pas bâcler la visite.

On est complètement à découvert et la route décrit un grand cercle autour de nous, mais on est bien tranquilles. On ira en ville demain matin.

Mardi 5 janvier
Au petit-déj' un gars passe avec son troupeau de vaches. Avec une perche, il casse quelques branches et fait tomber des feuilles des arbres. Ses vaches ont l'air d'adorer ça.

Il vient nous voir. Martine lui fait le café. Nicole et Momo lui offrent une frontale (ancien modèle, réparation de l'ampoule). Il a l'air très content.


Djenné
 
Arrivée à Djenné, le lendemain du grand marché. C'est hyper sale, très calme à part les vendeurs d'artisanat hyper collants. On apprendra en rentrant que le 5 novembre, soit 2 mois avant notre passage, la partie supérieure de la tour sud de la façade est de la mosquée s'est effondrée.
la mosquée de Djenné en réparations, après la chute de la tour sud il y a un mois retours aux villages le lendemain du marché chaque femme a 2 baluchons : son stock invendu et son bébé ! les 4 gars assis remplacent la grue occidentale
Nicole négocie une super chemise pour Momo. Le vendeur lui promet la bonne taille chez son père. Il disparaît une demi-heure, et Nicole l'a déjà payé. Obligés d'attendre.

Il finit quand même par ramener la chemise remise à la bonne taille. On fait le tour de la mosquée (en cours de réfection annuelle). On prend un pot dans le même petit bar que l'an dernier.

Direction le bac. Assaillis par les vendeurs de souvenirs. Message de Manette : il neige énormément en France (enfin !). Son retour en Corse est retardé.

Une petite vendeuse reconnaît Martine. Jacques lui avait acheté des boucles d'oreilles l'an dernier et Martine lui avait fait de petits cadeaux. Elle achète une housse pour bouteilles d'eau en bogolan. Jacques et Nicole achètent un collier.

Pique-nique avant Sévaré. La lumière sur les rizières est splendide. Au carrefour de Sévaré, petit SMS à Laure pour lui dire que tout va bien, pas d'attente sur le taxi… Goudron jusqu'à Sévaré.

Plein de gasoil. Épicerie où on achète des serviettes en papier (plus de Sopalin). Momo achète une bouteille de whisky pas cher. On verra bien… On file sur Mopti.
on refait nos réserves d'eau à Poromani Mopti Mopti Mopti
Mopti
Mopti
Toujours aussi incroyable ce port. Une foule énorme, des échoppes, des pinasses, des vendeurs de tout, une circulation de camions et de motos infernale. Une saleté inimaginable. Tout Mopti, quoi !

On cherche, en vain, fruits et légumes. Finalement, on ne trouve que du pain. Direction Konna où on voudrait négocier une balade en pirogue jusqu'au lac Débo.

Travaux à l'entrée et dans la ville, on pinaille pour trouver le port. On y arrive juste au coucher de soleil avec tous les sacs plastique en contre-jour tel un champ de fleurs !

Lac Débo
 
Jacques et Momo commencent des négociations avec un pinassier. Ça n'aboutit pas. Il se fait tard, on part chercher le bivouac avant la nuit. Pas facile, les champs sont pleins de rochers.

Momo suspend son Land sur le pont avant et appelle au secours pour sortir de là. On réfléchit à cette balade sur le lac Débo et décidons de retourner discuter demain. Vu les délais depuis Konna (7 h aller + 7 h retour), on partirait deux jours.


Mercredi 6 janvier.

Ce matin, le gardien des travaux sur la route d'à côté qui nous avait repérés vient boire le café ! Des petits bergers qui ramassent des bouts de bois s'approchent timidement.

Martine donne des petites voitures à ces gamins : les sourires font le tour de la tête ! Retour au port. Renégociations laborieuses pour le prix et finalement, on s'entend, repas compris, nuit dans le sable pour 115 000 CFA. (175 €)

Le piroguier est en fait le gardien de la pirogue qui appartient à un organisme scientifique européen. Il prétend devoir obtenir l'autorisation…

Jacques leur a montré des capitaines dans les caisses de pêcheurs voisins en exigeant les mêmes pour le voyage. On prépare très vite notre paquetage et… on attend 2 h que la pinasse soit prête ! Le cuisinier n'est parti acheter les ingrédients et ses paquets qu'après le paiement de nos arrhes ! Ah l'Afrique !
C'est parti pour la belle vie ! négociation du capitaine pour le repas de midi les berges du Niger, en direction du lac Débo pêcheur solitaire sur le Niger, en direction du lac Débo la chasse photo du Martin-Pêcheur commence…
Les voitures restent sur le port sous bonne garde paraît-il chez le grand frère du piroguier. Alors là, vraiment, c'est chouette … Un petit canal qui a manifestement été dragué nous amène au grand fleuve.

Le début est parsemé de villages bozos en glaise grise du fleuve, puis les villages peuls prennent la suite avec des cahutes en tissus multicolores et flashy.

Pirogues de pêcheurs, oiseaux. Belles couleurs, beaux éclairages, beaucoup de vie, car plein de bétail sur les rives.
villages peuls multicolores et flashy on traverse la salle de bains en pirogue… la télé branlicote jusque là… bonne humeur et spectacle permanent villages peuls multicolores et flashy
On assiste à la traversée des troupeaux. On en avait tant parlé aux Badoil que l'on se considère comme chanceux d'en voir un. Puis, on découvre que ces traversées sont relativement banales, avec continuelles. Le spectacle n'en est pas moins saisissant.
villages peuls multicolores et flashy piétons sur la berge piétons sur la berge piétons sur la berge salut ! Toubabous !
Les vaches nagent avec juste la tête et parfois les cornes qui sortent de l'eau. Grande effervescence autour de cette épreuve. Le berger mène souvent la danse lui-même en nageant devant.

Les campements peuls sont rudimentaires, mais bien organisés. Il y a quelquefois un grand bâton et une antenne râteau pour la télé ! Les tentes sont faites de nattes et de perches.
les troupeaux traversent en tous sens villages peuls multicolores et flashy le capitaine pour le repas du soir… villages peuls multicolores et flashy les troupeaux traversent en tous sens
Tout se démonte pour transhumer. Quel bonheur de voir ça ! On mitraille. Jacques et Nicole traquent le martin-pêcheur. À notre passage, les gens sont bienveillants.

Repas de midi sur le bateau. Peu après le départ, nos deux gars ont acheté du poisson à des pêcheurs en pirogue. En souvenir de la dureté de la négociation, Jacques est invité à apprécier la taille du capitaine lors de l'achat.

Et c'est là que Jacques comprend sa bêtise : il insistait, jusqu'à se fâcher, pour que le poisson soit gros et acheté avant de partir, pensant ne plus en trouver ensuite, alors que c'est l'exact contraire : plus on s'écarte de Konna, plus le poisson est bon marché et abondant à cause du transport !

Le cuisinier nous a mijoté un riz et un ragoût de poissons avec oignons, choux, poivrons : délicieux et copieux. Thés très sucrés. Arrivée au lac Débo après environ 7 h de pirogue. C'est superbe.

Son entrée est marquée par 2 montagnes de part et d'autre du fleuve. Il prend alors vraiment une allure de mer intérieure. De très nombreux pêcheurs attendent courbés et sans bouger, un fil tenu à la main. Les prises ont l'air très nombreuses et souvent énormes.
si ce n'est pas le bonheur, ça y ressemble un peu… LA dune du lac Débo, pour le bivouac si ce n'est pas le bonheur, ça y ressemble un peu… crépuscule sur le lac Débo mouillage pour la nuit, lac Débo
Mais ces poissons ne valent rien tant qu'ils ne sont pas transportés en ville. On voit bien de nombreux congélateurs sur le bord du fleuve, mais sans électricité et avec une distribution de glace aléatoire, je ne sais pas dans quel état les poissons sont livrés.

On rachète à l'un d'eux un nouveau capitaine pour le soir. On accoste sur une plage. Splendide coucher de soleil, feu sur la plage, repas sur le bateau (même menu qu'à midi, même plaisir). Nos deux gars sont vraiment très sympas et attentionnés. Dommage, ils ne parlent que très peu français. Ils sont Bozos et nous ne parlons pas bozo.
magie du crépuscule magie du crépuscule crépuscule sur le lac Débo en attendant le ragoût de capitaine J'ai fait des plans pour une invention nouvelle : la moustiquaire !
Le lac est complètement étale et les milliers d'étoiles descendent jusqu'à l'eau qui prend la suite avec son miroir. Une soirée magique se prépare.
Voir le récit de l'arrivée de René Caillié sur le lac Débo.
page précédente page suivante Haut