Voyage à Bobo - décembre 2009 : Maroc et Mauritanie - 1/9
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bivouac de Cambrils
Jeudi 10 décembre
Départ de Villard à 8 h 30, temps clair. Plus on descend au sud, plus il fait beau. Vers 18h, Salou, Cambrils Espagne.

On cherche désespérément un hôtel : tous fermés à part les 4 étoiles, ou un hôtel sans parking. On quitte Cambrils en suivant un oued (déjà l'Afrique ?). On finit par trouver un coin jouable pour le bivouac, sur un remblai planté de pins.

Ça ne fait pas 2 min. qu'on est installé qu'on voit rappliquer 2 voitures de flics. Au début, ils ne sont pas chauds pour qu'on reste là, car paraît-il c'est le passage des émigrés clandestins (?). Puis ça s'arrange. Ils nous donnent même une carte de visite avec les No d'urgence si on se faisait attaquer !

Vendredi 11 décembre
Le sacré petit bonhomme
Départ vers 8h. Petit dèj sur l'autoroute. Il fait super beau. Arrivée chez Yannick vers 15 h 30. Ils sont à Carthagène et vont arriver. Accueil chaleureux.

Avec Belén, on va chercher Enzo chez la nounou. Au début, il ne veut pas regarder Martine : il faut dire qu'on l'a réveillé dans sa sieste ! Puis tout s'arrange. C'est un sacré petit bonhomme, très speed, dégourdi et rigolo. Soirée paisible, apéro, repas vers 10 h…

paisible, apéro, repas vers 22 h…

Samedi 12 décembre
Bonne nuit. Il fait toujours beau. Départ pour une balade dans les rues piétonnes de Carthagène.

Très calme, la température est idéale. Petit tour sur le port, puis on va manger dans un petit restau « Mares Bravas » à côté de la ville, au bord d'une petite plage (où on est déjà venus plusieurs fois avec les enfants).

Repas de fruits de mer, Enzo ne tient pas en place et on se relaie sur la plage pour le surveiller ! Retour à la maison (17 h).

On regarde le film « Un jour sur la Terre » (magnifique) pendant que Yannick se met à la popote. Soirée cool, avec échange de petits cadeaux. Nuit courte pour Martine qui déménage sur le canapé du salon.

Dimanche 13 décembre
Camping la Chenaie, Kenitra
On est obligés de partir le dimanche matin pour rejoindre nos potes à Rabat, car les Guffond ont un horaire serré et on a un rendez-vous avec Laurence et Martin à Atar le 20.

Départ discret sans réveiller personne à 8 h 30 en direction de Tarifa pour Tanger. Temps clair, autoroute vide.

Arrivée à Tarifa vers 12 h 30. Départ du bateau vers 15 h, arrivée à Tanger à 16 h. Formalités rapides. On téléphone aux copains de la sortie de Tanger.

Ils sont au camping de la Chênaie à Kénitra à 160 km. Grosses averses d'orages sur la route. Il pleut à Kénitra.

On retrouve les copains. Repas au restau du camping avec Laurent et Denis. Brochettes, salades hyper copieux, peut-être légèrement crad… les 2 autres couples sont restés dans leurs camions.

Laurent, Denis, Jacques, Françoise, Maurice et Nicole se sont retrouvés à Sète pour le bateau de Tanger où ils sont arrivés samedi soir.

Ils ont trouvé un camping agréable et un restau de poisson connu de Jacques au cap Spartel, dont ils nous racontent les merveilles… Ils étaient à Kénitra dans la journée.

Denis s'est fait une provision gargantuesque de fruits et légumes au marché voisin : il nous égrène tous les prix qui lui paraissent époustouflants… Nuit avec de belles averses.

Lundi 14 décembre
Départ à 8 h pour être à l'ambassade de Mauritanie à Rabat avant 9 h afin de poser nos passeports pour le visa Mauritanie que nous n'avons pas fait en France par découragement devant l'amoncellement stupide de documents à fournir…

Il y a un monde fou dans la ruelle avant l'ouverture, car la Mauritanie vient de cesser la délivrance de visas sur la frontière de Nouadhibou et on trouve plusieurs malheureux qui n'y ont pas cru et se sont fait l'aller-retour à la frontière (4 000 km !).

On fait la queue un bon moment. La bonne nouvelle, c'est qu'ils nous rendent les passeports ce soir vers 18 h au lieu de demain 15 h comme annoncé : on croit qu'on va gagner un peu de temps.

Pour tuer le temps, on décide un tour en ville. Personne ne se précipite comme leader et c'est Jacques Guillot (poussé par Françoise) qui s'y colle : embouteillages dans la médina, tentative sur le bord de mer saturé et venteux.

Marjane
 
En passant devant le Marjane, grande surface de Rabat, on s'arrête pour quelques courses. Le parking est quasi désert et il fait grand beau, à l'abri du vent. On se fait un « Pizza Hut » avec Jacques et Françoise, les autres mangent à leurs camions.

Parking de Marjane, Rabat
Parking de Marjane, Rabat
On choisit d'attendre sur place. Laurent sort sa tente pour la sécher, taffure un peu sa voiture et tout d'un coup, son plip n'ouvre plus sa porte.

Le land reste muet et inutile. Laurent est un peu ému. Tentatives avec la clé, ponctuées chaque fois d'alarme tonitruante…

L'heure des visas approche, on décide de le laisser sur place, il a entamé une discussion au téléphone avec son garagiste, on récupérera son passeport et on reviendra bivouaquer avec lui.
Arrivée à l'ambassade vers 17 h 30 et foire d'empoigne sans pitié jusque vers 20 h, sauvés par un planton qui organise enfin la queue par un étonnant « les femmes d'abord » (on est quand même en terre d'islam ?) : enfin une récompense pour les hommes mariés qui échappent à la queue tout en passant avant les autres.

Les célibataires n'en peuvent plus ! Laurent a fini par remettre sa voiture en ordre (faux contact d'un petit fil de commande de porte…) et bénit et maudit à la fois son garagiste qui lui a fait tester cette panne, n'ayant pas eu le temps de le faire lors de la dernière révision malgré le signalement.

On lui épargne de venir à l'ambassade et lui donne rendez-vous sur l'autoroute, à la première station-service après le 1er péage. Pour garder le contact, il nous téléphone sa position GPS : Station Shell de Bouznika, 5 km après le péage, 45 de Rabat.

Retrouvailles heureuses, repas au snack de la station. Pas idéal, mais vu l'heure, on ne trouvera pas mieux.

En regardant autour de nous, on trouve un petit bois dans l'enceinte de la station et plusieurs ne sont pas chauds pour rouler de nuit. L'affaire est vite conclue et on s'installe dans une sorte de fausse steppe pas forcément propre, mais assez calme.

Mardi 15 décembre
picnic après Imintanout
bivouac après Bouizakarne
Finalement, la nuit a été bonne. On profite ce matin des commodités de la station (petit déj, toilettes…).

Déjà 8 h, direction Marrakech, Agadir. Il fait grand beau. Brouillard épais et dangereux sur 100 km avant Marrakech, puis grand soleil lors du contournement.

Pique-nique dans les gorges après Chichaoua et Imintanoute. Bivouac dans une grande plaine brouillardeuse, entre Bouizakarne et Guelmin. Bonne température, Belle ambiance.

Mercredi 16 décembre
Bonne nuit, calme. Arrêt à Guelmin pour le pain. À la sortie sud de Tan-Tan, Jacques passe le rond-point en tête à 5 km/h et les collègues le suivent.

« Halte ! Vous avez grillé le stop », dit un flic hargneux. Discussions à la « mords-moi le nœud ». On transige. Jacques paie le premier PV de 400 Dh et les copains y échappent (on se cotisera). Pique-nique au Gouffre du Diable et juste après, arrêt à Akfénir pour le gasoil HT.

Il fait beau, pas trop de vent, idéal pour contempler les belles falaises et les pêcheurs.

On roule, on roule… Bivouac au bord de l'océan, sur un contrefort avant la plage, 100 km avant Boujdour. C'est plat, on est cachés de la route par une petite colline. Pas de vent, idéal. Denis et Jacques descendent à la mer - séparément - ils se retrouvent en remontant à la frontale. Des milliers d'étoiles.

le Gouffre du Diable Momo surveille la pêche… Laurent au bord du gouffre, un peu seul avec sa tomate pêcheurs de falaise Bivouac en terrasse
picnic et baignade
bivouac en zone minée…
Jeudi 17 décembre
Bonne nuit. Ce matin, grand beau, mais pas mal de vent au petit déj. Plein de petites barques de pêcheurs sur la mer. Départ à 8 h.

Courses et thé à la menthe à Boujdour. Martine envoie un SMS à tout le monde. Environ 100 km avant Dakhla, pique-nique au bord de falaises cassées. Jacques descend se baigner dans d'énormes vagues. Il fait chaud avec du vent.

Bivouac et apéro dans le parking de la dernière station-service avant la douane. Repas au restau (moyen). On change des euros pour le retour. Jo répond qu'il fait -12 ° à Villard. On lui demande de fermer le robinet de jardin. (Il va lui arracher la tête !)

Vendredi 18 décembre.
À 5 h du mat, une Mercedes avec 4 jeunes défoncés est venue se garer contre nous, avec la sono à fond. À la première réclamation, ils se sont acharnés sur nous en beuglant des insanités, le gardien du parking n'a rien pu faire, c'étaient des « protégés ».

le coin des Land au bivouac
Ce sont sans doute des trafiquants de voitures volées, ils roulent de nuit pour éviter les contrôles et sont « attendus » à la douane où ils ont leurs passe-droit.

On les a vus déposer la voiture dans le no man's land entre le Maroc et la Mauritanie et repartir à pied vers le nord.

Départ à 7 h 30 pour la frontière. Temps gris, quelques gouttes. Arrivée à 8 h 30 à la douane, pas trop de monde. Il faudra 5 h de patience pour le passage.

Le côté Marocain est le pire, avec des types de plus en plus arrogants et débordés, ramenés au niveau de légume par une informatique dont le taux de panne frôle les 100 %.

En sortant de la dernière cabane, à 14 h, on casse la croûte au bord de la route, avant le carrefour de Nouadhibou. En repartant, contrôle de police Mauritanienne : le gars cherche des réservoirs additionnels.

Personne n'en a, sauf Laurent qui doit marchander l'amende pour ne pas aller à Nouadhibou : 30 € en liquide, sans reçu, car, paraît-il, il est interdit de transporter de l'essence dans des bidons et sans doute interdit aussi de faire des reçus…

À Bou Lanouar, on bifurque pour longer le train puis joindre Atar, on dégonfle et on se fait doubler par un Def' 90 allemand seul, avec bébé à bord qu'on ne reverra pas.

Après 100 km, beau petit bivouac sympa dans les dunes. Après 4 500 bornes de goudron et de formalités, ça sent le début du sujet !

Nicole et Momo affamés… Denis et Laurent, pas trop seuls beau plantage d'un beau véhicule
Jacques et Françoise sur le pouce… gros bloc, tombés du train ? bel endroit pour creuser
Samedi 19 décembre
Grand beau. Le vent a chassé les nuages. On roule, la piste est assez bonne, avec un peu d'herbe à chameaux et quelques dunettes bien molles.

Denis se plante bien le matin et Jacques super bien l'après-midi, lorsqu'on traverse la queue de l'Akchar, juste après le monolithe de Ben Amira.

Pique-nique au bord de la voie ferrée. On espère voir passer le train… On traverse des villages très « destroy » et miséreux. Contrôle militaire mobile, sur des véhicules armés. Pas de problème. On quitte le train sans l'avoir vu. Direction Atar.

Belles lumières du soir sur des montagnes ocre et noires. Les acacias se font plus nombreux. Laurent qui mène la danse s'emballe : il a une idée de bivouac à laquelle il tient beaucoup et se trouve en retard.

Je teste mon nouveau Disco, boite auto et suspension pneumatique. J'ai un bouton quasi formidable qui permet de relever la suspension en position haute. 80 cm de débattement. La piste est très creusée et c'est très utile pour ne par frotter le ventre sur le dôme qui sépare les 2 traces de roues. Sauf que… c'est limité aux vitesses inférieures à 60 km/h : si tu dépasses, tu redescends illico te frotter le ventre !

Les copains n'en peuvent plus de rouler derrière ce trainard et je me retrouve en queue de peloton à pester contre ces automatismes dictatoriaux. Je lève le pied pour ne plus frotter et me retrouve avec juste Momo dans le rétro.

Aouinat el Mels
 
Contrôle de police à l'approche d'Aouinat el Mels : nous passons en faisant coucou, ils bloquent Momo auquel ils réclament « la fiche » car ceux de devant ont dit que la fiche était derrière !

Détresse radio de Momo, on doit reculer pour cette sacrée fiche dont on a déjà distribué au moins 30 exemplaires depuis Tanger.

Quelques lacets pour monter sur une belle dorsale où le bivouac de Laurent s'avère somptueux. Prairie d'herbe tendre, alors que l'ensemble n'est qu'un pierrier lunaire, petits box privatifs arborés, comme dans les campings 5 étoiles et lumière du paradis.

Laurent et Denis connaissaient l'endroit pour y avoir piqueniqué lors d'un voyage précédent. Jacques se précipite pour des photos de coucher de soleil impérissables, mais qui ne veulent jamais rentrer dans la boite.

Il court en zigzag dans les cailloux comme un chasseur de papillons fou poursuivit par des infirmiers qui veulent l'encabaner. Belle soirée, bonne ambiance, on bavarde et on rigole.
beau bivouac d'Aouinat el Mels beau bivouac d'Aouinat el Mels beau bivouac d'Aouinat el Mels, merci Laurent beau bivouac d'Aouinat el Mels
distribution de casquettes passe de Ten Zak
la danse des mains
Dimanche 20 décembre
Visite de petits bergers très sympas. Martine distribue des casquettes jaunes Vuarnet : ils sont super contents. L'un d'eux dénonce les qualités de danseur de son copain, pourvu qu'il y ait de la musique. Qu'à cela ne tienne !

Jacques ouvre les portes du Disco, monte la sono et le voilà en train de danser, surtout avec les mains selon la coutume locale. Ils sont ravis ! Du coup, on traîne un peu…

Départ à 9 h pour Atar où nous attendent Laurence et Martin arrivés en avion en principe ce matin.

On saute une deuxième dorsale par la Passe de Ten Zak, puis Ksar Torchane et une entrée paisible et goudronnée dans Atar.

Comme d'hab, on est assaillis par les « chasse-touristes ». On retrouve illico sur la place du marché Laurence et Martin qui connaissent déjà tout le monde. Ils sont arrivés très tôt ce matin et on choisit de venir à pied depuis l'aéroport à la grande stupeur des taxis et autres porteurs.

Ils ont l'air en pleine forme et ravis de nous rencontrer. Difficile d'aller faire ses petites courses tout seuls. On achète 4 oranges grâce à un « conseiller ».

Un vieux doute s'installe et Jacques chasse le gars pour demander le prix des oranges dans la boutique d'à côté. Bravo ! Moitié prix ! Le conseil est au même prix que l'orange.

Martine achète un collier et en reçoit un autre en cadeau. Elle en est toute réconciliée.

Essence et change, plutôt laborieux. On trouve de l'eau plus facilement. On quitte la ville en direction d'Amogjar.

chameliers avant Amogjar
les copines des chameliers
Pique-nique à l'écart avant de s'engager dans la gorge. Les Guffond installent leur table et aussitôt Martin ramasse entre ses pieds un cristal superbe ! Damned ! Quelle famille !

3 chameliers puis 2 femmes de passage s'approchent, prise de contact douce, petits cadeaux… À la fin, ils seraient partis avec tout ce qu'il y avait dans la voiture, demandant même si on en avait vraiment besoin de cette voiture.


Passe d'Amogjar
 
Départ pour la Passe d'Amogjar. Au début, nous sommes dans un wadi assez large bordé de pitons et de montagnes tabulaires, beaucoup de lignes horizontales empilées. Un vaste troupeau de chameaux descend lentement.

Le ciel se dégage et les inquiétudes des photographes s'évaporent. Tant qu'à passer par là, autant le faire par beau temps ! En plus, la lumière devient très belle et la passe devient ardue, de plus en plus rocheuse.

entrée dans la gorge Amogjar oh ! la belle auto… l'entonnoir se referme le passage crucial d'Amogjar
L'entonnoir qui se resserre sur nous devient inquiétant, d'autant plus qu'on ne voit pas de passage au fond. Jacques, très concentré et en dernier - photos obligent - essaie son nouvel arsenal et programme sa suspension/transmission sur « terrain rocheux », première courte.

Par petites touches, il lâche totalement l'accélérateur et la voiture se débrouille toute seule de blocs en bloc.

Les blocs grossissent, la voiture ne s'en aperçoit pas. Les spectateurs se tiennent tous au balcon d'en face pour suivre cette « mise à l'épreuve ». Nous nous sentons observés, surtout le Disco…

Pas une touche de cailloux et Laurent dira même que c'est le Disco qui a le moins sauté. Examen réussi. Après une épingle ravagée par le torrent, nous continuons en balcon au-dessus du canyon sur une piste nickel et entretenue.

spectateurs sur le balcon retour sur les lieux le Disco au balcon découverte de pétroglyphes ?
C'est absolument extra. Photos à gogo. On parvient sur le plateau intermédiaire qui porte le Fort Sagane dont les ruines ont été construites pour le film de 1984.

Visite tranquille, Jacques part au bord de la falaise pour des photos « aériennes » du canyon. Bivouac dans le sable au pied de la Deuxième falaise (la route est au-dessus).

C'est le chibani que nous avons connu en 2005 qui nous accueille et nous dit qu'on s'est mis dans son jardin : il nous montre ses cultures (rasantes) « extensives » - une petite feuille verte tous les 3 mètres - et nous demande d'y faire attention.

On voit de près ce que peut-être un « jardin désertique ». On négocie 1 200 ouguiyas par voiture (3,33 €) et il nous offre un superbe coucher de soleil derrière le Fort.
lever de soleil sur le Fort

Lundi 21 décembre
bivouac au jardin d'Amogjar
la poètesse d'Amogjar
Lever 7 h après une bonne nuit. Le chibani nous rend visite. Martine lui offre une chemise. Il récupère toutes les boites plastiques, etc. En haut de la falaise, on s'arrête devant sa boutique : étalage de souvenir, « chambres » pour touristes et nous propose toutes les randos qu'il connaît dans ce décor de western.

Martine lui achète un collier et en reçoit un autre en cadeau. Elle en est toute réconciliée. UNE NOUVELLE PISTE MAURITANIENNE
SAINT-LOUIS, ᚔ Le Gouverneur de la Mauritanie vient d'inaugurer la première liaison auto entre Atar et Chinguetti, la capitale spirituelle de la Mauritanie.
Cette piste devait escalader l'Adrar et une passe vient d'être aménagée. Quatre kilomètres et demi de passe avec d'importants travaux d'art en pierre sèche escalade une dénivellation de plus de deux cents mètres. Grâce à cette nouvelle voie de communication, le versant Atlantique est désormais relié au versant saharien de la chaîne de l'Adrar.
Gallica - L'intransigeant Marocain - 20 juillet 1945 - page 3
Départ en direction des Monts Zargas. Laurent part en tête (et en zigzag…), Jacques le tempère un peu à la VHF : il part d'abord sur Mhaïreth, puis à l'approche des Zargas sur une piste rocheuse qui contourne tout par l'ouest pour raccorder sur Rachid.

On convient de reprendre la trace d'origine, mais depuis la montagne où il nous a fait grimper, on a une magnifique vue plongeante sur les Zargas et la plaine environnante avec acacias et kaïmas dans les lointains.
un beau Land et 2 bananes… commerce local discipline exemplaire les Monts Zargas, vus de loin
Alternance de sable, rochers et cailloux toute la journée. Belle ambiance. Pique-nique dans le Cratère d'Aouelloul (cratère de météorite ensablé). On roule, on roule, avec des arrêts paysages et photos.
En savoir plus sur le cratère d'Aouelloûl
cratère d'Aouelloul
commerce équitable ?
Miss 3 000
Rencontre avec une petite jeune fille ravissante en train d'installer sa tente au bord de la piste pour attraper les touristes des vacances de Noël et leur vendre quelques babioles.

Elle est là, seule, au milieu de nulle part. Elle ne parle pas du tout français.

On lui achète 2 petites pointes de flèches et Martine lui offre un petit savon, un petit shampoing et un petit sac à main. Elle a l'air ravie et range tout de suite son argent dedans. On l'appelle Miss 3 000, car tout est à 3 000 ouguiyas.

On franchit la Passe de Lebchir pour atteindre un grand plateau caillouteux.
beau camping à Er Rekham… Denis, toujours très pro Martin et la banane jeu d'ombres…
le chamelier de Nicole
Martin en plein potage
Mardi 22 décembre
Bivouac à côté de la Sebkha er Rekham, dans le sable, à l'écart de la piste, dans une petite niche agréable, entourée de beaux rochers.

Magnifique coucher de soleil avec le décor en ombres chinoises. Martin sort sa voiture radiocommandée et s'éclate le temps (trop court) d'user ses batteries.

Depuis Atar Momo et Jacques Guillot traînent du gasoil en bidons, leurs autonomies n'étant pas suffisantes dans le cas de pénurie de gasoil à Tidjikja. Évidemment, ils ont pris des bidons locaux et évidemment ils se sont arrosé les moquettes…

Nettoyage complet. La veille déjà à Fort Sagane, ils avaient nettoyé légèrement, mais là, ça ne suffira pas !

Le matin, Nicole discute avec un chamelier et lui offre une veste dont il est tout content. Il s'en va sans demander son reste. Une voiture isolée passe avec 2 Français de la Manche (des Manchots !). Ils se déroutent pour venir nous voir.

Grosse discussion avec Laurence qui a vécu par là-bas. Mais une fois lancée, la discussion ne tarit plus et malgré les nombreuses oreilles lassées de leurs exploits, le flot est continu ! En 30 secondes, le gars avait déjà dit qu'il connaissait un ministre, qu'il était pote avec un général etc.

Et c'est après le retour des Badoil, qui les ont retrouvés à Dakhla, que nous apprendrons qu'ils auraient bien fait un bout de chemin avec nous. C'est raté ! Ils vont allez se faire peur dans la zone d'aklé qui suit et rebrousser chemin.

Comme on se l'est murmuré dans leur dos avec Laurence « grand diseux, petit faiseux ». Justement, dans la zone d'Aklé qui suit, Martine trouve une pointe de flèche un peu abîmée et des débris de poteries cassées. On fouille un moment, mais sans succès.

Dommage, Martine trouve une poterie presque entière ! La zone est bien molle, beaucoup plus qu'en 2005 et Jacques Guillot se dévoue pour nous faire un joli plantage. Denis en cherchant le pique-nique y échappe de peu.

On mange à l'ombre (mesquine) des voitures : il fait hyper chaud. En repartant, nous tombons sur le super râteau/pelle que Jacques Guillot s'est fait faire spécialement et dont il était très fier : ferraille tordue et manche cassé.

Comme il le transporte sanglé à sa roue de secours, le manche s'est planté lors d'une compression et a tout arraché. Le suivant a dû lui rouler sur la gueule pour le mettre dans cet état.

Grande tristesse lors de la remise des débris… mais vu que sa voiture s'est mise en alarme température après ce passage, on suppose qu'il y est allé de bon cœur pour ne pas se faire reprendre comme tout à l'heure. Arrivé sur le célèbre point nommé « panorama ».
le beau panorama toujours le beau panorama le pestacle va commencer beau trio !
dans l'oued Khatt bivouac à l'écart de l'oued Tidjikja
dans l'oued Khatt
Ce nom a été récupéré en 2005 dans un parcours avec points GPS édité en Mauritanie et offert par Jean-Yves. En 2006, Jacques avait passé son parcours aux Guffond, qui l'avait découvert par temps brumeux et jour blanc.

Aujourd'hui c'est vraiment « The Panorama », grandiose, sous de superbes lumières. Longue halte pour le « plaisir des yeux ». Laurent repart à l'aventure, trop à l'ouest et nous nous retrouvons ouvreurs pour un moment. Raccord facile avec l' Oued Khatt vers l'est, puis bifurcation au sud pour l'Oued Tidjikja

La cadence est soutenue, on sent quelques pilotes soucieux d'en découdre entre eux et avec le sable… Beaucoup d'habitants dans cet oued, qui demandent des cadeaux ou vendent des souvenirs.

On traîne derrière, pour les photos et lors d'un regroupement, on convient de chercher un beau bivouac un peu en retrait de l'oued, car le timing n'est pas bon : il faudrait coucher après Rachid et ça nous esquinterait la visite.

Laurent nous sert ça sur un plateau. On a encore un bon moment avant le crépuscule et chacun en profite à sa façon. Quand la pénombre arrive, on fait 100 m, on met la voiture en travers et on se douche avec nos nouveaux petits bidons de 10 l bien moins chiants que le gros réservoir inox toujours percé, impossible à remplir et lourd comme un « âne mort ».

Guelta de Taoujafet
 
Mercredi 23 décembre
Départ pour la Guelta de Taoujafet. Très belle, mais beaucoup moins d'eau qu'en 2005. On traîne. On rencontre un vieux couple et un adolescent. Cadeaux. Plein d'adorables petits ânes. Jacques, Martin et Denis font le grand tour par en haut des falaises.

dans l'oued Tidjikja le verrou de Taoujafet Denis en approche finale Martin s'éclate… guelta de Taoujafet
On repart en direction du village de Rachid par l'oued, toujours aussi grandiose. Belles dunes. Beaucoup de végétation.

Rachid : à notre dernier passage, les gamins étaient hyper chiants, aujourd'hui pas du tout. Ils ont eu sans doute des consignes du gouvernement de lâcher les baskets des touristes. Achats de petits objets artisanaux.

On se balade dans les ruelles, des jeunes nous suivent dont un qui nous explique plein de trucs sur le village. Je lui donne un bouquin de nouvelles.

On va à l'autre bout du village pour visiter une coopérative de femmes. On repart et on trouve un très beau pique-nique à l'ombre de grands acacias, dans un petit affluent de l'oued. Tidjikja. La vallée s'élargit pour se resserrer ensuite. Des palmiers espacés surgissent à un tournant : c'est la palmeraie de Rachid, entrecoupée de lougans de mil, de blé, d'orge, d'oignons indigènes, qui s'étire et s'égrène pour se donner de l'importance. Rachid, bâtie dans un site pittoresque sur le bord de l'Oued Tidjikja qui prend ici le nom d'Oued Rachid, est adossée aux pentes de la montagne de l'est, protégée au nord par le ravin du défilé de Bin Hilmelhé, en face du Guelb Menri où subsistent quelques ruines Sarakolé.
Créée par les Kounta il y a environ cent-soixante-dix ans, elle a été jadis une oasis prospère où les transactions se faisaient selon le mode des peuplades primitives, l'échange ou troc.
Maintes fois détruite par les guerres, elle a été reconstruite, jusqu'au jour où les Ahel Souid Ahmed défirent les Kounta et les en chassèrent.
Aujourd'hui, elle est à peu près abandonnée. Elle n'abrite que quelques familles de « haratin », captifs Libérés par les Kounta et qui entretiennent comme ils peuvent la palmeraie. Mais, au moment de la « guetna » la population afflue.
Lt Colonel de Burthe d'Annelet - Du Sénégal au Cameroun - 1932-1935 (T1 p.137)
Tidjikja. Pleins de gasoil et pleins d'eau dans les bidons pour la douche à l'auberge du « phare du désert ». Quatre tomates molles, quelques clémentines, six œufs, 2 mangos. C'est vers 1680 - il y a plus de 250 ans - Tijikdja fut fondée par les Ida ou Ali blancs originaires de l'Oued Draa et du Tafilalet, émigrés de Chinguéti à la suite de guerres entre Zaouya. Ils s'arrêtèrent dans l'Oued Rachid désert, puis poussèrent jusqu'à Tijikdja, où un marabout aveugle flaira la terre et déclara que le pays était béni.
Lt Colonel de Burthe d'Annelet - Du Sénégal au Cameroun - 1932-1935 (T1 p.141)
Martine téléphone à Cham où Laure Manette et Tom sont chez Mamie Jo. Il pleut, mais tout va bien.
dans les rues de Rachid dans les rues de Rachid pique-nique après Rachid Tidjikja
À la sortie du village, on reçoit un SMS de Pierric nous annonçant que des Italiens se sont fait enlever entre Ayoun el Atrouss et Néma : ça jette un froid : il y a ceux qui prennent en compte la capture de trois Espagnols il y a trois semaines et qui voient dans ce nouvel enlèvement une action d'envergure et ceux qui sont en vacances et entendent y rester au mépris de toute information.
En savoir plus sur ces enlèvements On devait initialement faire un aller-retour sur Tichitt à la demande de Laurent. Finalement, on y renonce pour ne pas s'engager dans une zone de mauvaise réputation. Discussions de bâton de chaise entre Jacques T. et Françoise sur « l'utilité » d'une telle destination. Une tension s'installe entre ces deux-là.

Les problèmes ne sont pas les mêmes, car dans quelques jours, on se sépare. Ceux qui remontent sont de toute façon piégés et n'ont pas d'alternative, mais pour nous, le problème est clairement d'aller vers les soucis, puis de se calmer au Mali, puis de retraverser cette zone pourrie, ou bien de rentrer tout de suite en restant à l'intérieur du groupe de cinq voitures moins exposées que deux.

Laurent et Denis souhaitent remonter par Boumdeïd et Néga sur Tidjikja et refaire quasiment le parcours en sens inverse jusqu'à Nouadhibou, pensant y être moins exposés.

Ça ne nous tente pas beaucoup. On s'arrête plus tôt au bivouac pour discuter. Finalement, jusqu'au raccord de Tintane, il n'y aura pas de changement. On décidera ensuite.
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