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Jeudi 10 décembre
Départ de
Villard à 8 h 30, temps clair. Plus on descend au sud, plus il fait beau. Vers
18h,
Salou,
Cambrils
Espagne.
On cherche désespérément un hôtel : tous fermés à part les 4 étoiles, ou un hôtel sans parking. On quitte
Cambrils en suivant un oued (déjà l'Afrique ?). On finit par trouver un coin jouable pour
le bivouac, sur un remblai planté de pins.
Ça ne fait pas 2 min. qu'on est installé qu'on voit rappliquer 2 voitures de flics. Au début, ils ne sont pas chauds pour
qu'on reste là, car paraît-il c'est le passage des émigrés clandestins (?). Puis ça s'arrange. Ils nous donnent même une
carte de visite avec les No d'urgence si on se faisait attaquer !
Vendredi 11 décembre
Départ vers 8h. Petit dèj sur l'autoroute. Il fait super beau. Arrivée chez Yannick vers 15 h 30. Ils sont à
Carthagène et vont arriver. Accueil chaleureux.
Avec Belén, on va chercher Enzo chez la nounou. Au début, il ne veut pas regarder Martine : il faut dire qu'on l'a
réveillé dans sa sieste ! Puis tout s'arrange. C'est un sacré petit bonhomme, très speed, dégourdi et rigolo. Soirée
paisible, apéro, repas vers 10 h…
paisible, apéro, repas vers 22 h…
Samedi 12 décembre
Bonne nuit. Il fait toujours beau. Départ pour une balade dans les rues piétonnes de
Carthagène.
Très calme, la température est idéale. Petit tour sur le port, puis on va manger dans un petit restau
« Mares Bravas » à côté de la ville, au bord d'une petite plage (où on est déjà venus
plusieurs fois avec les enfants).
Repas de fruits de mer, Enzo ne tient pas en place et on se relaie sur la plage pour le surveiller ! Retour à la maison
(17 h).
On regarde le film « Un jour sur la Terre » (magnifique) pendant que Yannick se met à la popote. Soirée cool, avec échange
de petits cadeaux. Nuit courte pour Martine qui déménage sur le canapé du salon.
Dimanche 13 décembre
On est obligés de partir le dimanche matin pour rejoindre nos potes à
Rabat, car les
Guffond ont un horaire serré et on a un rendez-vous avec Laurence et Martin à
Atar le
20.
Départ discret sans réveiller personne à 8 h 30 en direction de
Tarifa pour
Tanger. Temps clair, autoroute vide.
Arrivée à
Tarifa vers 12 h 30. Départ du bateau vers 15 h, arrivée à
Tanger à 16 h. Formalités rapides. On téléphone aux copains de la sortie de
Tanger.
Ils sont au
camping de la Chênaie à
Kénitra à 160 km.
Grosses averses d'orages sur la route. Il pleut à
Kénitra.
On retrouve les copains. Repas au restau du camping avec Laurent et Denis. Brochettes, salades hyper copieux, peut-être
légèrement crad… les 2 autres couples sont restés dans leurs camions.
Laurent, Denis, Jacques, Françoise, Maurice et Nicole se sont retrouvés à
Sète pour le bateau de
Tanger où ils sont arrivés samedi
soir.
Ils ont trouvé un camping agréable et un restau de poisson connu de Jacques au cap Spartel, dont ils nous racontent les
merveilles… Ils étaient à Kénitra dans la journée.
Denis s'est fait une provision gargantuesque de fruits et légumes au marché voisin : il nous égrène tous les prix qui lui
paraissent époustouflants… Nuit avec de belles averses.
Lundi 14 décembre
Départ à 8 h pour être à l'ambassade de
Mauritanie à
Rabat avant 9 h afin de poser nos passeports pour le visa
Mauritanie que nous n'avons pas fait en
France par
découragement devant l'amoncellement stupide de documents à fournir…
Il y a un monde fou dans la ruelle avant l'ouverture, car la
Mauritanie vient de cesser la
délivrance de visas sur la frontière de
Nouadhibou et on trouve plusieurs malheureux qui
n'y ont pas cru et se sont fait l'aller-retour à la frontière (4 000 km !).
On fait la queue un bon moment. La bonne nouvelle, c'est qu'ils nous rendent les passeports ce soir vers 18 h au lieu de
demain 15 h comme annoncé : on croit qu'on va gagner un peu de temps.
Pour tuer le temps, on décide un tour en ville. Personne ne se précipite comme leader et c'est Jacques Guillot (poussé par
Françoise) qui s'y colle : embouteillages dans la médina, tentative sur le bord de mer saturé et venteux.
En passant devant le
Marjane, grande surface de
Rabat, on s'arrête pour
quelques courses. Le parking est quasi désert et il fait grand beau, à l'abri du vent. On se fait un « Pizza Hut » avec
Jacques et Françoise, les autres mangent à leurs camions.
On choisit d'attendre sur place. Laurent sort sa tente pour la sécher, taffure un peu sa voiture et tout d'un coup, son
plip n'ouvre plus sa porte.
Le land reste muet et inutile. Laurent est un peu ému. Tentatives avec la clé, ponctuées chaque fois d'alarme
tonitruante…
L'heure des visas approche, on décide de le laisser sur place, il a entamé une discussion au téléphone avec son garagiste,
on récupérera son passeport et on reviendra bivouaquer avec lui.
Arrivée à l'ambassade vers 17 h 30 et foire d'empoigne sans pitié jusque vers 20 h, sauvés par un planton qui organise enfin
la queue par un étonnant « les femmes d'abord » (on est quand même en terre d'islam ?) : enfin une récompense pour les hommes
mariés qui échappent à la queue tout en passant avant les autres.
Les célibataires n'en peuvent plus ! Laurent a fini par remettre sa voiture en ordre (faux contact d'un petit fil de
commande de porte…) et bénit et maudit à la fois son garagiste qui lui a fait tester cette panne, n'ayant pas eu le temps
de le faire lors de la dernière révision malgré le signalement.
On lui épargne de venir à l'ambassade et lui donne rendez-vous sur l'autoroute, à la première station-service après le 1er
péage. Pour garder le contact, il nous téléphone sa position GPS : Station Shell de
Bouznika, 5 km après le péage, 45 de
Rabat.
Retrouvailles heureuses, repas au snack de la station. Pas idéal, mais vu l'heure, on ne trouvera pas mieux.
En regardant autour de nous, on trouve un petit bois dans l'enceinte de la station et plusieurs ne sont pas chauds pour
rouler de nuit. L'affaire est vite conclue et on s'installe dans une sorte de fausse steppe pas forcément propre, mais
assez calme.
Mardi 15 décembre
Finalement, la nuit a été bonne. On profite ce matin des commodités de la station (petit déj, toilettes…).
Déjà 8 h, direction
Marrakech,
Agadir. Il fait grand beau. Brouillard épais et
dangereux sur 100 km avant
Marrakech, puis grand soleil lors du contournement.
Pique-nique dans les gorges après
Chichaoua et
Imintanoute. Bivouac dans une grande plaine brouillardeuse, entre
Bouizakarne et
Guelmin. Bonne température, Belle
ambiance.
Mercredi 16 décembre
Bonne nuit, calme. Arrêt à
Guelmin pour le pain. À la sortie sud de
Tan-Tan, Jacques passe le rond-point en tête à 5 km/h et les collègues le suivent.
« Halte ! Vous avez grillé le stop », dit un flic hargneux. Discussions à la « mords-moi le nœud ». On transige. Jacques paie le
premier PV de 400 Dh et les copains y échappent (on se cotisera). Pique-nique au
Gouffre du Diable et juste après, arrêt à
Akfénir pour le
gasoil HT.
Il fait beau, pas trop de vent, idéal pour contempler les belles falaises et les pêcheurs.
On roule, on roule… Bivouac au bord de l'océan, sur un contrefort avant la plage, 100 km avant
Boujdour. C'est plat, on est cachés de la route par une petite colline. Pas de vent,
idéal. Denis et Jacques descendent à la mer - séparément - ils se retrouvent en remontant à la frontale. Des milliers
d'étoiles.
Jeudi 17 décembre
Bonne nuit. Ce matin, grand beau, mais pas mal de vent au petit déj. Plein de petites barques de pêcheurs sur la mer.
Départ à 8 h.
Courses et thé à la menthe à
Boujdour. Martine envoie un SMS à tout le monde. Environ 100
km avant
Dakhla, pique-nique au bord de falaises cassées. Jacques descend se baigner dans
d'énormes vagues. Il fait chaud avec du vent.
Bivouac et apéro dans le parking de la dernière station-service avant la douane. Repas au restau (moyen). On change des
euros pour le retour. Jo répond qu'il fait -12 ° à Villard. On lui demande de fermer le robinet de jardin. (Il va lui
arracher la tête !)
Vendredi 18 décembre.
À 5 h du mat, une Mercedes avec 4 jeunes défoncés est venue se garer contre nous, avec la sono à fond. À la première
réclamation, ils se sont acharnés sur nous en beuglant des insanités, le gardien du parking n'a rien pu faire, c'étaient
des « protégés ».
Ce sont sans doute des trafiquants de voitures volées, ils roulent de nuit pour éviter les contrôles et sont « attendus » à
la douane où ils ont leurs passe-droit.
On les a vus déposer la voiture dans le no man's land entre le
Maroc et la
Mauritanie et repartir à pied vers le nord.
Départ à 7 h 30 pour la frontière. Temps gris, quelques gouttes. Arrivée à 8 h 30 à la douane, pas trop de monde. Il faudra 5 h
de patience pour le passage.
Le côté
Marocain est le pire, avec des types de plus en plus arrogants et débordés,
ramenés au niveau de légume par une informatique dont le taux de panne frôle les 100 %.
En sortant de la dernière cabane, à 14 h, on casse la croûte au bord de la route, avant le carrefour de
Nouadhibou. En repartant, contrôle de police
Mauritanienne : le gars cherche des réservoirs
additionnels.
Personne n'en a, sauf Laurent qui doit marchander l'amende pour ne pas aller à
Nouadhibou : 30 € en liquide, sans reçu, car, paraît-il, il est interdit de transporter de
l'essence dans des bidons et sans doute interdit aussi de faire des reçus…
À
Bou Lanouar, on bifurque pour longer le train puis joindre
Atar, on dégonfle et on se fait doubler par un Def' 90 allemand seul, avec bébé à bord
qu'on ne reverra pas.
Après 100 km, beau petit bivouac sympa dans les dunes. Après 4 500 bornes de goudron et de formalités, ça sent le début du
sujet !
Samedi 19 décembre
Grand beau. Le vent a chassé les nuages. On roule, la piste est assez bonne, avec un peu d'herbe à chameaux et quelques
dunettes bien molles.
Denis se plante bien le matin et Jacques super bien l'après-midi, lorsqu'on traverse la queue de
l'Akchar, juste après le monolithe de
Ben Amira.
Pique-nique au bord de la voie ferrée. On espère voir passer le train… On traverse des villages très « destroy » et
miséreux. Contrôle militaire mobile, sur des véhicules armés. Pas de problème. On quitte le train sans l'avoir vu.
Direction
Atar.
Belles lumières du soir sur des montagnes ocre et noires. Les acacias se font plus nombreux. Laurent qui mène la danse
s'emballe : il a une idée de bivouac à laquelle il tient beaucoup et se trouve en retard.
Je teste mon nouveau Disco, boite auto et suspension pneumatique. J'ai un bouton quasi formidable qui permet de relever la
suspension en position haute. 80 cm de débattement. La piste est très creusée et c'est très utile pour ne par frotter le
ventre sur le dôme qui sépare les 2 traces de roues. Sauf que… c'est limité aux vitesses inférieures à 60 km/h : si tu
dépasses, tu redescends illico te frotter le ventre !
Les copains n'en peuvent plus de rouler derrière ce trainard et je me retrouve en queue de peloton à pester contre ces
automatismes dictatoriaux. Je lève le pied pour ne plus frotter et me retrouve avec juste Momo dans le rétro.
Contrôle de police à l'approche d'
Aouinat el Mels : nous passons en faisant coucou, ils
bloquent Momo auquel ils réclament « la fiche » car ceux de devant ont dit que la fiche était derrière !
Détresse radio de Momo, on doit reculer pour cette sacrée fiche dont on a déjà distribué au moins 30 exemplaires depuis
Tanger.
Quelques lacets pour monter sur une belle dorsale où le bivouac de Laurent s'avère somptueux. Prairie d'herbe tendre,
alors que l'ensemble n'est qu'un pierrier lunaire, petits box privatifs arborés, comme dans les campings 5 étoiles et
lumière du paradis.
Laurent et Denis connaissaient l'endroit pour y avoir piqueniqué lors d'un voyage précédent. Jacques se précipite pour des
photos de coucher de soleil impérissables, mais qui ne veulent jamais rentrer dans la boite.
Il court en zigzag dans les cailloux comme un chasseur de papillons fou poursuivit par des infirmiers qui veulent
l'encabaner. Belle soirée, bonne ambiance, on bavarde et on rigole.
Dimanche 20 décembre
Visite de petits bergers très sympas. Martine distribue des casquettes jaunes Vuarnet : ils sont super contents. L'un
d'eux dénonce les qualités de danseur de son copain, pourvu qu'il y ait de la musique. Qu'à cela ne tienne !
Jacques ouvre les portes du Disco, monte la sono et le voilà en train de danser, surtout avec les mains selon la coutume
locale. Ils sont ravis ! Du coup, on traîne un peu…
Départ à 9 h pour
Atar où nous attendent Laurence et Martin arrivés en avion en principe ce
matin.
On saute une deuxième dorsale par la
Passe de Ten Zak, puis
Ksar Torchane et une entrée
paisible et goudronnée dans
Atar.
Comme d'hab, on est assaillis par les « chasse-touristes ». On retrouve illico sur la place du marché Laurence et Martin qui
connaissent déjà tout le monde. Ils sont arrivés très tôt ce matin et on choisit de venir à pied depuis l'aéroport à la
grande stupeur des taxis et autres porteurs.
Ils ont l'air en pleine forme et ravis de nous rencontrer. Difficile d'aller faire ses petites courses tout seuls. On
achète 4 oranges grâce à un « conseiller ».
Un vieux doute s'installe et Jacques chasse le gars pour demander le prix des oranges dans la boutique d'à côté. Bravo !
Moitié prix ! Le conseil est au même prix que l'orange.
Martine achète un collier et en reçoit un autre en cadeau. Elle en est toute réconciliée.
Essence et change, plutôt laborieux. On trouve de l'eau plus facilement. On quitte la ville en direction d'
Amogjar.
Pique-nique à l'écart avant de s'engager dans la gorge. Les Guffond installent leur table et aussitôt Martin ramasse entre
ses pieds un cristal superbe ! Damned ! Quelle famille !
3 chameliers puis 2 femmes de passage s'approchent, prise de contact douce, petits cadeaux… À la fin, ils seraient partis
avec tout ce qu'il y avait dans la voiture, demandant même si on en avait vraiment besoin de cette voiture.
Départ pour la
Passe d'Amogjar. Au début, nous sommes dans un wadi assez large bordé de
pitons et de montagnes tabulaires, beaucoup de lignes horizontales empilées. Un vaste troupeau de chameaux descend
lentement.
Le ciel se dégage et les inquiétudes des photographes s'évaporent. Tant qu'à passer par là, autant le faire par beau temps
! En plus, la lumière devient très belle et la passe devient ardue, de plus en plus rocheuse.
L'entonnoir qui se resserre sur nous devient inquiétant, d'autant plus qu'on ne voit pas de passage au fond. Jacques, très
concentré et en dernier - photos obligent - essaie son nouvel arsenal et programme sa suspension/transmission sur « terrain
rocheux », première courte.
Par petites touches, il lâche totalement l'accélérateur et la voiture se débrouille toute seule de blocs en bloc.
Les blocs grossissent, la voiture ne s'en aperçoit pas. Les spectateurs se tiennent tous au balcon d'en face pour suivre
cette « mise à l'épreuve ». Nous nous sentons observés, surtout le Disco…
Pas une touche de cailloux et Laurent dira même que c'est le Disco qui a le moins sauté. Examen réussi. Après une épingle
ravagée par le torrent, nous continuons en balcon au-dessus du canyon sur une piste nickel et entretenue.
C'est absolument extra. Photos à gogo. On parvient sur le plateau intermédiaire qui porte le
Fort Sagane dont les ruines ont été construites pour le film de 1984.
Visite tranquille, Jacques part au bord de la falaise pour des photos « aériennes » du canyon. Bivouac dans le sable au pied
de la Deuxième falaise (la route est au-dessus).
C'est le chibani que nous avons connu en 2005 qui nous accueille et nous dit qu'on s'est mis dans son jardin : il nous
montre ses cultures (rasantes) « extensives » - une petite feuille verte tous les 3 mètres - et nous demande d'y faire
attention.
On voit de près ce que peut-être un « jardin désertique ». On négocie 1 200 ouguiyas par voiture (3,33 €) et il nous offre
un superbe coucher de soleil derrière le Fort.
Lundi 21 décembre
Lever 7 h après une bonne nuit. Le chibani nous rend visite. Martine lui offre une chemise. Il récupère toutes les boites
plastiques, etc. En haut de la falaise, on s'arrête devant sa boutique : étalage de souvenir, « chambres » pour touristes et
nous propose toutes les randos qu'il connaît dans ce décor de western.
Martine lui achète un collier et en reçoit un autre en cadeau. Elle en est toute réconciliée.
UNE NOUVELLE PISTE MAURITANIENNE
SAINT-LOUIS, ᚔ Le Gouverneur de la Mauritanie vient d'inaugurer la première liaison auto entre Atar et Chinguetti, la
capitale spirituelle de la Mauritanie.
Cette piste devait escalader l'Adrar et une passe vient d'être aménagée. Quatre kilomètres et demi de passe avec
d'importants travaux d'art en pierre sèche escalade une dénivellation de plus de deux cents mètres. Grâce à cette
nouvelle voie de communication, le versant Atlantique est désormais relié au versant saharien de la chaîne de
l'Adrar.
Gallica - L'intransigeant Marocain - 20 juillet 1945 - page 3
Départ en direction des
Monts Zargas. Laurent part en tête (et en zigzag…), Jacques le
tempère un peu à la VHF : il part d'abord sur
Mhaïreth, puis à l'approche des
Zargas sur une piste rocheuse qui contourne tout par l'ouest pour raccorder sur
Rachid.
On convient de reprendre la trace d'origine, mais depuis la montagne où il nous a fait grimper, on a une magnifique vue
plongeante sur les
Zargas et la plaine environnante avec acacias et kaïmas dans les
lointains.
Alternance de sable, rochers et cailloux toute la journée. Belle ambiance. Pique-nique dans le
Cratère d'Aouelloul (cratère de météorite ensablé). On roule, on roule, avec des arrêts
paysages et photos.
En savoir plus sur le cratère d'Aouelloûl
Rencontre avec une petite jeune fille ravissante en train d'installer sa tente au bord de la piste pour attraper les
touristes des vacances de Noël et leur vendre quelques babioles.
Elle est là, seule, au milieu de nulle part. Elle ne parle pas du tout français.
On lui achète 2 petites pointes de flèches et Martine lui offre un petit savon, un petit shampoing et un petit sac à main.
Elle a l'air ravie et range tout de suite son argent dedans. On l'appelle Miss 3 000, car tout est à 3 000 ouguiyas.
On franchit la
Passe de Lebchir pour atteindre un grand plateau caillouteux.
Mardi 22 décembre
Bivouac à côté de la
Sebkha er Rekham, dans le sable, à l'écart de la piste, dans une
petite niche agréable, entourée de beaux rochers.
Magnifique coucher de soleil avec le décor en ombres chinoises. Martin sort sa voiture radiocommandée et s'éclate le temps
(trop court) d'user ses batteries.
Depuis
Atar Momo et Jacques Guillot traînent du gasoil en bidons, leurs autonomies n'étant
pas suffisantes dans le cas de pénurie de gasoil à
Tidjikja. Évidemment, ils ont pris des
bidons locaux et évidemment ils se sont arrosé les moquettes…
Nettoyage complet. La veille déjà à
Fort Sagane, ils avaient nettoyé légèrement, mais là,
ça ne suffira pas !
Le matin, Nicole discute avec un chamelier et lui offre une veste dont il est tout content. Il s'en va sans demander son
reste. Une voiture isolée passe avec 2 Français de la
Manche (des Manchots !). Ils se
déroutent pour venir nous voir.
Grosse discussion avec Laurence qui a vécu par là-bas. Mais une fois lancée, la discussion ne tarit plus et malgré les
nombreuses oreilles lassées de leurs exploits, le flot est continu ! En 30 secondes, le gars avait déjà dit qu'il
connaissait un ministre, qu'il était pote avec un général etc.
Et c'est après le retour des Badoil, qui les ont retrouvés à
Dakhla, que nous apprendrons qu'ils auraient bien fait un bout de chemin avec nous. C'est
raté ! Ils vont allez se faire peur dans la zone d'aklé qui suit et rebrousser chemin.
Comme on se l'est murmuré dans leur dos avec Laurence « grand diseux, petit faiseux ». Justement, dans la zone d'Aklé qui
suit, Martine trouve une pointe de flèche un peu abîmée et des débris de poteries cassées. On fouille un moment, mais sans
succès.
Dommage, Martine trouve une poterie presque entière ! La zone est bien molle, beaucoup plus qu'en 2005 et Jacques Guillot
se dévoue pour nous faire un joli plantage. Denis en cherchant le pique-nique y échappe de peu.
On mange à l'ombre (mesquine) des voitures : il fait hyper chaud. En repartant, nous tombons sur le super râteau/pelle que
Jacques Guillot s'est fait faire spécialement et dont il était très fier : ferraille tordue et manche cassé.
Comme il le transporte sanglé à sa roue de secours, le manche s'est planté lors d'une compression et a tout arraché. Le
suivant a dû lui rouler sur la gueule pour le mettre dans cet état.
Grande tristesse lors de la remise des débris… mais vu que sa voiture s'est mise en alarme température après ce passage,
on suppose qu'il y est allé de bon cœur pour ne pas se faire reprendre comme tout à l'heure. Arrivé sur le célèbre point
nommé « panorama ».
Ce nom a été récupéré en 2005 dans un parcours avec points GPS édité en Mauritanie et
offert par Jean-Yves. En 2006, Jacques avait passé son parcours aux Guffond, qui l'avait découvert par temps brumeux et
jour blanc.
Aujourd'hui c'est vraiment « The Panorama », grandiose, sous de superbes lumières. Longue halte pour le « plaisir des yeux
». Laurent repart à l'aventure, trop à l'ouest et nous nous retrouvons ouvreurs pour un moment. Raccord facile avec l'
Oued Khatt vers l'est, puis bifurcation au sud pour l'
Oued Tidjikja
La cadence est soutenue, on sent quelques pilotes soucieux d'en découdre entre eux et avec le sable… Beaucoup
d'habitants dans cet oued, qui demandent des cadeaux ou vendent des souvenirs.
On traîne derrière, pour les photos et lors d'un regroupement, on convient de chercher un beau bivouac un peu en retrait
de l'oued, car le timing n'est pas bon : il faudrait coucher après
Rachid et ça nous esquinterait la visite.
Laurent nous sert ça sur un plateau. On a encore un bon moment avant le crépuscule et chacun en profite à sa façon.
Quand la pénombre arrive, on fait 100 m, on met la voiture en travers et on se douche avec nos nouveaux petits bidons de
10 l bien moins chiants que le gros réservoir inox toujours percé, impossible à remplir et lourd comme un « âne mort ».
Mercredi 23 décembre
Départ pour la
Guelta de Taoujafet. Très belle, mais beaucoup moins d'eau qu'en 2005. On
traîne. On rencontre un vieux couple et un adolescent. Cadeaux. Plein d'adorables petits ânes. Jacques, Martin et Denis
font le grand tour par en haut des falaises.
On repart en direction du village de
Rachid par l'oued, toujours aussi grandiose. Belles
dunes. Beaucoup de végétation.
Rachid : à notre dernier passage, les gamins étaient hyper chiants, aujourd'hui pas du
tout. Ils ont eu sans doute des consignes du gouvernement de lâcher les baskets des touristes. Achats de petits objets
artisanaux.
On se balade dans les ruelles, des jeunes nous suivent dont un qui nous explique plein de trucs sur le village. Je lui
donne un bouquin de nouvelles.
On va à l'autre bout du village pour visiter une coopérative de femmes. On repart et on trouve un très beau pique-nique
à l'ombre de grands acacias, dans un petit affluent de l'oued.
Tidjikja.
La vallée s'élargit pour se resserrer ensuite. Des palmiers espacés surgissent à un tournant : c'est la palmeraie de
Rachid, entrecoupée de lougans de mil, de blé, d'orge, d'oignons indigènes, qui s'étire et s'égrène pour se donner de
l'importance. Rachid, bâtie dans un site pittoresque sur le bord de l'Oued Tidjikja qui prend ici le nom d'Oued
Rachid, est adossée aux pentes de la montagne de l'est, protégée au nord par le ravin du défilé de Bin Hilmelhé, en
face du Guelb Menri où subsistent quelques ruines Sarakolé.
Créée par les Kounta il y a environ cent-soixante-dix ans, elle a été jadis une oasis prospère où les transactions se
faisaient selon le mode des peuplades primitives, l'échange ou troc.
Maintes fois détruite par les guerres, elle a été reconstruite, jusqu'au jour où les Ahel Souid Ahmed défirent les
Kounta et les en chassèrent.
Aujourd'hui, elle est à peu près abandonnée. Elle n'abrite que quelques familles de « haratin », captifs Libérés par
les Kounta et qui entretiennent comme ils peuvent la palmeraie. Mais, au moment de la « guetna » la population
afflue.
Lt Colonel de Burthe d'Annelet - Du Sénégal au Cameroun - 1932-1935 (T1 p.137)
Tidjikja. Pleins de gasoil et pleins d'eau dans les bidons pour la douche à l'auberge du
« phare du désert ». Quatre tomates molles, quelques clémentines, six œufs, 2 mangos.
C'est vers 1680 - il y a plus de 250 ans - Tijikdja fut fondée par les Ida ou Ali blancs originaires de l'Oued Draa et
du Tafilalet, émigrés de Chinguéti à la suite de guerres entre Zaouya. Ils s'arrêtèrent dans l'Oued Rachid désert,
puis poussèrent jusqu'à Tijikdja, où un marabout aveugle flaira la terre et déclara que le pays était béni.
Lt Colonel de Burthe d'Annelet - Du Sénégal au Cameroun - 1932-1935 (T1 p.141)
Martine téléphone à
Cham où Laure Manette et Tom sont chez
Mamie Jo. Il pleut, mais tout va bien.
À la sortie du village, on reçoit un SMS de Pierric nous annonçant que des Italiens se sont fait enlever entre
Ayoun el Atrouss et
Néma : ça jette un froid : il y a
ceux qui prennent en compte la capture de trois Espagnols il y a trois semaines et qui voient dans ce nouvel enlèvement
une action d'envergure et ceux qui sont en vacances et entendent y rester au mépris de toute information.
En savoir plus sur ces enlèvements
On devait initialement faire un aller-retour sur Tichitt à la demande de Laurent. Finalement, on y renonce pour ne pas
s'engager dans une zone de mauvaise réputation. Discussions de bâton de chaise entre Jacques T. et Françoise sur
« l'utilité » d'une telle destination. Une tension s'installe entre ces deux-là.
Les problèmes ne sont pas les mêmes, car dans quelques jours, on se sépare. Ceux qui remontent sont de toute façon
piégés et n'ont pas d'alternative, mais pour nous, le problème est clairement d'aller vers les soucis, puis de se calmer
au Mali, puis de retraverser cette zone pourrie, ou bien de rentrer tout de suite en restant à l'intérieur du groupe de
cinq voitures moins exposées que deux.
Laurent et Denis souhaitent remonter par
Boumdeïd et
Néga sur
Tidjikja et refaire quasiment le parcours en
sens inverse jusqu'à
Nouadhibou, pensant y être moins exposés.
Ça ne nous tente pas beaucoup. On s'arrête plus tôt au bivouac pour discuter. Finalement, jusqu'au raccord de
Tintane, il n'y aura pas de changement. On décidera ensuite.