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Mardi 29 décembre
(suite)
On reprend la route. Toujours des contrôles. À l'approche de
Timbedra
, Jacques repère une voiture qui fait demi-tour en nous voyant et nous suit. « Vigilants », on s'arrête au
passage d'un village pour les laisser doubler. Ils ne doublent pas et s'arrêtent derrière nous à 200 m.
Jacques descend et va les voir.
En fait, ce sont deux gendarmes. Ils proposent de nous accompagner à la police de
Timbedra
pour les formalités de sortie et nous escorter jusqu'à la frontière du
Mali
. Très courtois, très sympas.
Les hommes font les formalités, avec Nicole, on part faire des courses. Tomates, oignons, aubergines, pain.
Départ vers le
Mali
par la piste.
Allures de rallye. Les gars roulent à fond. On suit l'allure un moment, puis Momo décroche le premier et
nous tout de suite après.
On traverse une belle zone vallonnée de dunes herbues. Vite vite. De passage à
Koumbi Saleh
, capitale de l'empire du
Ghana
, notre guide nous propose une visite.
En savoir plus sur Koumbi Saleh ?
Les circonstances nous y font renoncer, le but étant de s'exfiltrer le plus rapidement possible vers le
Mali
à cause des événements récents.
Nos guides perdent la grande piste, chargent un gars dans un village pour servir de guide local. Piste
d'ânes. Puis le premier guide sort de sa zone et ne reconnaît pas le terrain : ils en prennent un autre.
À 2 h 30 on est au
Mali
. Au milieu de nulle part. Les gars sont vraiment sympas. Jacques refait le monde un bon moment avec le chef
qui veut bien être pris en photo, mais sans les guides : « ce n'est pas bon pour ma réputation » (d'avoir 2
guides avec moi).
En fait, ils se sont égarés, en recherchant des villages que Jacques leur avait indiqués et ne les
connaissant pas, ils ont quand même persisté sans les trouver…
On se prépare un petit casse dalle qu'on mange en roulant pour s'éloigner au plus vite de la zone
frontalière. On finit par retrouver la bonne piste.
Traversée du petit village de
Balal
: des cases rondes, beaucoup de monde. Les femmes pleines de bijoux. Il y a le marché. Photos, photos. Ils
veulent tous être pris, ils adorent se voir sur le petit écran. Moment d'extase sur un petit marché
africain.
Nouvel arrêt à un puits vers le village de
Zidou Touré
où les femmes tirent de l'eau. Tous les gamins du village rappliquent. Ça rigole, bonne humeur, photos.
Bivouac avant
Nara
. Zone de petits arbres, terrain plat et dégagé. Nous suivons un tracklog de
Nicolas Poccard Chapuis
qui est passé dans cette zone en 2004, mais en fait, il semble s'être totalement perdu et nous sommes à la
recherche du moindre chemin d'ânes dans une herbe genre savane : beaucoup de zigzag.
Nicole et Momo sortent le foie gras pour fêter l'entrée au
Mali
. Ils testent leur nouvelle cocotte-minute achetée au
Maroc
et nous invitent à déguster une ratatouille. Il faut d'abord lui remonter la soupape qui s'est barrée dans
la voiture et dont on cherche des pièces détachées un bon moment.
Les journées sont chaudes, 37 ° les soirées sont très agréables. Très étoilées, la lune est bientôt pleine
et assez peu de vent dans l'ensemble.
Mercredi 30 décembre
Nara
. Formalités d'entrée au
Mali
. Un gars à moto nous conduit à la police, puis au change dans une boutique, puis à l'assurance. Longues
discussions, car le préposé veut absolument nous vendre deux assurances pour le
Mali
.
Discussions pour le prix. Ensuite, il se met à rédiger. Tout un poème ! Puis il se met à taper à la machine
une lettre avec un doigt toutes les cinq secondes avec la tactique de l'aigle, qui fait de longs cercles
concentriques avant de plonger sur sa proie. (en tout au moins deux heures)… Ah ! L'Afrique !
Jacques et Momo nous laissent et vont faire la douane. On roule un peu. Pique-nique sous une grande ombre
difficile à trouver, il fait 37 °.
On est au bord de la piste, à côté d'un village où les gens battent des céréales avec des fléaux. Une femme
très sympa s'arrête, ravie d'être photographiée, va même jusqu'à se découvrir la tête : est-on vraiment en
pays musulman ? Deux hommes et quatre gamins très discrets viennent voir, polis et curieux. On prend une
belle piste très roulante, vraiment poussiéreuse, on prend confiance, on roule à 70 et je me paie un gros
caniveau en béton : un premier vol plané de 7 m, puis la voiture rebondit encore pour un deuxième envol de 3
m… tout saute dans la voiture.
Jacques n'ose plus regarder sa voiture. À priori pas de casse, mais grosse inquiétude : le disco n'a pas
encore complètement fait ses preuves. Ce n'est que 3 ans plus tard que la boite auto va lâcher : perte de
liquide, donc échange standard (dixit Land Rover Annecy…)
Arrêt à
Sokolo
près d'un canal d'irrigation. Momo drague la minette, des familles font la vaisselle et la lessive : photos.
On rentre dans une zone immense de cultures de riz. Cette année, la récolte est déjà faite : il s'agit de la
grande zone d'irrigation du
Canal du Sahel
qui remonte l'eau du Niger depuis
Markala
sur 200 km au nord.
Un monde fou, poussière et fumées des brûlis, on a du mal à trouver un champ sec et calme pour le bivouac.
Finalement, des gars nous font passer dans leur cour pour accéder à un champ sec derrière une grande
antenne.