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Lundi 18 janvier (suite)
Hier soir, des griots chantaient dans le village. Direction
Kita. Arrêt dans un village où
des tas de coton sont exposés. Ils sont en train de peser leur récolte : ils remplissent un grand drap de coton, le nouent
aux quatre coins et le transportent sur la balance à l'aide de perche. Une balle de coton de ce type pèse environ 80 kg.
Accueil chaleureux et enthousiaste de la population. Plein plein de gamins nous encerclent et rigolent.
Kita : tout en travaux, poussière et difficulté pour circuler.
On dirait qu'ils posent un égout. On fait difficilement quelques courses (pain, sucre) Momo se fait couper les cheveux
chez « vacances coiffure ». Il a une super sinusite qui le gêne beaucoup.
Piste et goudron pénible en direction de
Manantali. La piste que nous avons connue en 2005 parfaitement goudronnée a totalement
disparu et elle est maintenant complètement ravagée : plus trace de goudron. C'est hallucinant.
Brume et chaleur. Bivouac compliqué, on finit par s'installer dans un champ d'arachide (récolté) au bout d'une petite
piste et après un saut de cabri sur un ruisseau boueux.
C'est moche, mais c'est plat et calme. Le propriétaire du champ passe nous voir. Bien sympa. « Pas de problème ». Soirée
photos. Plein de cadeaux au propriétaire du champ dont une lime pour aiguiser sa hache.
Mardi 19 janvier
Ce matin le propriétaire nous offre une poule vivante qu'on refuse bien sûr. Ça fait deux fois ! Le temps est toujours
brumeux et chaud, c'est l'harmattan.
Barrage de Manantali dans le brouillard. Arrêt au bord du
Bafing, dans un virage surélevé. Joli panorama sur le fleuve assez important à cet
endroit.
Traversée sur
Mahina par le pont du chemin de fer. Courses à
Bafoulabé. Puis piste en direction de
Kayes.
Pique-nique chaud. Toujours ce jour blanc. Beaucoup de poussière. La piste est très défoncée. Elle est énormément dégradée
depuis l'an dernier.
Quelques passages hyper techniques. Des motards surveillent les rares touristes et tentent de leur vendre leurs services
tant le cheminement est devenu compliqué.
Heureusement le passage après
Galougo qui est la clé de l'itinéraire est pris à la
descente : mais il faut placer les roues une par une et debout sur les freins.
Chutes de Gouina : toujours aussi belles. La lumière s'améliore un peu avec le soleil qui
baisse. Trois véhicules sont déjà là : des Français. On se baigne. Que c'est bon après la poussière et la chaleur ! On
installe le bivouac. Du vent.
Mercredi 20 janvier
Il a fait chaud cette nuit malgré le vent ce matin. Vaisselle dans le fleuve, lessive, baignades. Dès le départ des autres
véhicules, on va se mettre à l'ombre. On décide de rester là jusqu'après le repas de midi.
Un gars nous propose des carpes. Il n'a pas de capitaine. Finalement, on se met d'accord sur une pintade cuite pour midi.
Pour 4 000 CFA. Il est sympa.
Un autre vient couper de grandes herbes pour finir l'installation des cases non loin pour le
festival de Gouina qui aura lieu ce vendredi. Il attache tout ça avec adresse pour faire
des cloisons.
Le ballon, se dégonflant peu à peu, retombait avec les intrépides voyageurs retenus à son filet; mais il était douteux
qu'il pût atteindre la terre; aussi les Français se précipitèrent dans le fleuve, et reçurent les trois Anglais entre
leurs bras, au moment où le Victoria s'abattait à quelques toises de la rive gauche du Sénégal.
— Le docteur Fergusson! s'écria le lieutenant.
— Lui-même, répondit tranquillement le docteur, et ses deux amis.
Les Français emportèrent les voyageurs au delà du fleuve, tandis que le ballon à demi dégonflé, entraîné par un courant
rapide, s'en alla comme une bulle immense s'engloutir avec les eaux du Sénégal dans les cataractes de Gouina.
— Pauvre Victoria! fit Joe.
(Jules Verne - Cinq semaines en ballon - p.360)
Hélas, ce coin de paradis a disparu ...
À midi un quart, le gars arrive à moto avec son grand frère, son fiston et une gamelle pleine d'une délicieuse pintade
eux. Cadeaux pour le petit. C'est tellement bon que Jacques lui propose un pourboire supplémentaire, mais aussi pour
atténuer la dureté de la négociation.
Le livreur de pintade s'appelle Cheick Konaté et habite
Foukara, à 8 km en amont de
Gouina direction de
Bafoulabé.
Après une dernière baignade, on roule en direction de
Kayes, Piste en mauvais état et poussière. On cherche un bivouac. On s'engage dans un
labyrinthe d'épineux, de bois brûlé, dans l'espoir de rejoindre le fleuve. Finalement, on abandonne.
On a perdu Momo et Nicole dans les épines, et on est obligé de les rappeler à la VHF. Peu après, on trouve un joli coin à l'abri de la
piste, mais il fait une chaleur terrible…
Plein d'oiseaux, Nicole part à la chasse (photos) et Jacques part à pied à la recherche du fleuve, mais sans succès. On est
à 20 km de
Kayes. Partie de yams.
Jeudi 21 janvier
Une route est en construction : tout est défoncé et un barrage en projet à
Félou et le
beau fort en pierre de
Médine a été crépi !
Momo qui subit depuis le
Burkina des sarcasmes sur son pastis frelaté décide enfin de s'en séparer : il le verse
sur la latérite et aussitôt un gars du barrage apparaît en nous disant qu'il boit volontiers de l'alcool. L'odeur du
pastis nous trahit terriblement, mais nous n'avons plus rien à lui donner. Incompréhension. L'Afrique change !
À
Kayes formalités de police, on zappe les formalités de douane qui ne nous auraient
procuré que des soucis.
Au marché, tomates, pain, aubergines, gasoil. Piste hyper crade en direction de
Sélibabi, poussière, chaleur, beaucoup de baobabs. Végétation soudanaise.
On suit un tracklog de 2007, mais malgré ça de nombreuses bifurcations nous égarent. Il faut être extrêmement attentif
dans ce genre de terrain.
Dans un village, on tombe sur un péage avant la traversée de l'oued : discussions avec les habitants sur cette nouvelle
taxe qui semble destinée au transport du bois qui défonce toutes les pistes. On leur explique qu'on n'a pas de bois et que
nos 4x4 nous permettent de passer à côté de la piste.
Ils en conviennent et abandonnent la taxe. Beaucoup de contrôles, sympas, mais on les sent attentifs.
Melgué. Village frontière, heureusement qu'on a le tracklog, sans ça on n'était pas près
de traverser.
Après
Melgué, plus de tracklog : on se paume en restant au Cap. Retour au village,
formalités d'entrée en
Mauritanie.
On retrouve la poussière des
berges du Sénégal et on perd Momo. Par chance, la VHF marche encore. Bivouac dans une
plaine devant une colline ronde comme un crâne… Il fait très chaud. Soirée photos. 20 km avant
Sélibabi.
Vendredi 22 janvier
Sélibabi. Une voiture de gendarmes nous intercepte. Ils nous ont cherché toute la nuit
paraît-il ! Formalités de police et d'assurance, petite course, pain.
M'Bout : la piste est pénible, il fait 37 °, le vent brûlant. Pique-nique à l'ombre des
voitures, mais en plein vent. C'est fatigant ! On rêve d'un peu de goudron, car la piste est souvent en tôle ondulée.
Faux espoir après
M'Bout. 5 km de goudron seulement. Une grand-route est en cours de
construction entre
Kaédi et
Sélibabi. Nombreux ponts en
béton en construction pour traverser les oueds et résister aux crues. Détours par la pampa à chaque fois. Encore du
boulot, mais pour eux, ce sera bien.
Kaédi « immonde ». On traverse sans s'arrêter. Goudron jusqu'à
Boghé. Bivouac dans une plaine couverte de petits arbustes non loin du fleuve.
On a d'abord cherché un ancien bivouac de 2005 : le bivouac parfumé. Mais finalement, on se trouve trop exposé et on va se
cacher un peu plus loin. On voit des Kaïmas au loin. Pas de lumière ce soir pour ne pas attirer l'attention. La psychose
s'installe.
Les gendarmes se téléphonent entre eux et nous attendent au contrôle.
On voit que les enlèvements
récents ont eu des conséquences. Le vent est tombé, il fait bon. Soirée photos.
Samedi 23 janvier
Je n'ai pas dormi la nuit. Route pour
Nouakchott.
Aleg,
beaux paysages de sable ocre, villages entre les dunes. Toujours des contrôles. Recommandations.
On s'arrête pour une « pause technique ». Aussitôt une voiture fait demi-tour pour nous dire que c'est très dangereux de
s'arrêter au bord de la route en plein désert et qu'il faut s'arrêter près des campements.
Midi et demi.
Nouakchott.
Auberge Ménaka. Rustique. Déjà
deux camping-cars et des cyclistes. On est à l'ombre. On dormira dans nos voitures dans la cour. Pique-nique sur leur
table basse. Après-midi tranquille. Une douche. Lecture.
Papotages avec les autres pensionnaires. Toute la cour hallucine sur les frasques sexuelles d'un couple de tortues. Le
soir, on part dans le quartier à la recherche d'un resto. Finalement, ce sera Marocain, assez classe et très bon.
Dimanche 24 janvier
Cette auberge est assez « root's ». Sanitaires rustiques, mais propres. Déco un peu en décrépitude… Départ pour la frontière
à 400 km.
Fort, puis très fort vent de sable. Brouillard de poussière. Formalités moins longues qu'à l'aller. Malgré une panne d'ordi
ou plutôt d'électricité (!)
On s'arrête un peu après la douane. Jacques veut rouler, Momo et Nicole ne sont pas pressés et veulent traîner au
Maroc. Petit en cas vite fait et rendez-vous à la première station-service où on se
sépare.
Martine aurait bien traîné aussi ! On roule, on roule pour se retrouver au bivouac à
Porto Rico, 53 km avant l'embranchement de
Dakhla. On
avait dormi là l'an dernier, mais un gars de la Marine nationale nous avait autorisés à utiliser les Kaïmas de l'hôtel.
Vent d'enfer, ambiance glaciale au propre comme au figuré. On se fait chauffer une boîte de choucroute assis dans la
voiture avec le réchaud entre nous deux. Dur dur.
Lundi 25 janvier
On roule. Repas de midi dégueu à
Boujdour. Puis comme le vent est toujours aussi fort, on
décide de dormir à la
Courbine d'Argent, avant
Tan-Tan.
Joli hôtel, très bon accueil, apéro offert par la maison avec des Hongrois de l'organisation
Budapest – Bamako que l'on croise depuis pas mal de temps.
Certains descendent, d'autres remontent. On discutaillle en anglais. En fait, certains craignant les terroristes préfèrent
faire demi-tour. Cet hôtel est un véritable havre de paix dans la tourmente. Après la mauvaise nuit de
Porto Rico, on n'avait pas du tout envie de remettre le couvert.
Mardi 26 janvier
On reprend la remontée. Pluie, vent, avant
Guelmin. La route devient hyper dangereuse.
Dans un lacet en descente un hongrois vient de s'arrêter et se précipite vers le fossé : il nous semble que son copain qui
était devant vient d'y tomber. Impossible de s'arrêter là les camions débaroulent comme des fusées. On continue, mais très
prudemment. Le brouillard nous tient jusqu'à
Guelmin, puis très beau vers
Agadir.
On a mangé un tajine dans un village paumé, dans un boui-boui de l'Anti-Atlas avant
Agadir, très bon quand même. On prend la route de la côte, en direction
d'Essaouira. Très belle lumière.
On s'arrête dans l'
Anse de Tamri et on s'achète une ventrée de fruits splendides :
oranges, bananes, ananas, clémentines. Cette zone très protégée est extrêmement cultivée. C'est même luxuriant. Très beau bivouac dans
la montagne au-dessus de la côte avant
Essaouira. Le coin est tranquille.
Mercredi 27 janvier
On croise sur cette route des milliers de camping-cars qui descendent au sud. Balade à
Essaouira. Toujours aussi joli. Le port, les remparts, la ville, quelques touristes, mais
ambiance paisible et les gens ne sont pas collants du tout. Martine serait bien restée un peu plus longtemps.
On reprend la route. Pique-nique dans la campagne, sardines en boîte, fruits ! Après
Casablanca, le temps se gâte. Il pleut. On roule jusqu'à
Kenitra.
La pluie nous décourage d'aller jusqu'au camping de
Kenitra, on se dit qu'on sera mieux
avec les pieds sur le goudron du parking. On mange au resto de la station-service.
La pluie a cessé, on dort à la station-service. Gentil gardien, mais forte odeur de chiottes.
Jeudi 28 janvier
Départ pour
Tanger. Notre bateau est arrivé. On attend 3 h qu'ils aient déchargé tout le
monde et les remorques de camions.
Traversée correcte sur
Algésiras. On roule et il est trop tard pour rejoindre Yannick ce
soir. On dort dans la
Sierra Nevada : température -3 °, paysages enneigés, hôtel et repas :
jambon cru et sangria en entrée. Gros steaks. On a trop mangé, mais c'était trop bon.
Finalement, on ne passera pas chez Yannick et Belén, car ils partent ce week-end chercher Enzo en
Estrémadure.
Vendredi 29 janvier
On roule jusqu'à
Gérone où l'on dort dans un hôtel à 10 km de la sortie d'Espagne. Le temps est beau.
Pas trop de circulation dans l'ensemble.
Samedi 30 janvier
On roule bien. Temps clair. Arrivé à
Villard vers 16 h. Ce soir raclette avec Laure, sa
famille et Johann. Fin de l'épisode.