Voyage à Bobo – décembre 2009 : Mauritanie Lekcheb – 2/9
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Jeudi 24 décembre (suite)
Au départ du bivouac, on tombe sur une voiture de la gendarmerie. On discute. Ils sont très sympas. Le chef nous demande un numéro de téléphone. On roule vers Lekcheb.

Les gendarmes nous arrêtent pour nous donner leur numéro de téléphone. Plus loin, ils nous arrêtent encore pour nous demander notre itinéraire. Ils sont de moins en moins chauds et souhaiteraient vivement qu'on rebrousse chemin : en fait, ils ne connaissent pas le coin où on veut passer : ils sont d'Aleg ! Jacques montre la carte puis le GPS au chef.

penseur du matin… sourire ravageur les beaux chapeaux du Tienolet du monde au puits service après vente…
camion en panne vers Lekcheb discussions à Leckcheb caravane qui vient de remonter la passe
belle pièce, origine certifiée discussions à Leckcheb champignons endémiques
Finalement, on leur promet de leur téléphoner le soir pour donner notre position. On s'arrête à un puits en pleine activité. Bon accueil, petits cadeaux, photos.

Une vieille dame qui avait reçu de Laurence une jupe l'a dépliée et constaté qu'elle était déchirée. Elle rouspète un peu. Martine lui propose une petite trousse de couture avec fils et aiguilles. Elle refuse et prétend que c'est à nous de réparer le tissu.

Martine s'exécute et lui offre le nécessaire à couture. Un peu plus loin, un gros camion Mercedes est en panne. Une Toyota nous a doublé il y a quelque temps. On la retrouve auprès du camion qui a cassé son vilebrequin.

Le Toy en rapporte un tout neuf. Un peu de réticences au début pour les photos, ils veulent surtout cacher leur visage. Le camion est complètement bâché, il y a sans doute quelque chose de louche…

Pique-nique sous les acacias avant Lekcheb. Des gens qui vivent dans des kaïmas pas loin viennent nous voir : cadeau ! Cadeau ! Il y en a un qui réclame sans arrêt.

Lekcheb, village très modeste de baraques désolées, dans un grand dénuement. Laurent et Laurence ont préparé du matériel scolaire pour l'instituteur qu'ils avaient déjà rencontré en 2006.

Hélas ce sont les vacances et il n'est pas là. Finalement, ils donnent tout à un policier et le charge de tout remettre à l'instituteur.

Après de nombreuses discussions infructueuses pour trouver un guide qui nous emmène à la falaise, un vieux du village, le seul qui parle français, nous explique que la piste est très simple et qu'on peut la rejoindre à 50 m du village : il nous place les roues dans les traces et Laurent lance sa machine.

À l'approche de la falaise, rencontre avec des chameliers qui viennent de la monter : discussion juste à côté de drôles de champignons rocheux qui n'ont rien à faire là.

Passe de Mounéréïbat
 
Arrivée au bord de la falaise, super point de vue ! Le Tarf Tikikatène avec ses rochers noirs et ocres, sable et herbe vert tendre.

On domine une grande étendue de sable à 180°. Photos, balades. Jacques s'absente 1 h. Pour aller faire des photos au bout du Tarf. On descend par un défaut de la falaise dans le sable. On roule vers l'ouest en la longeant.
La Passe de Mounéréïbat : C'est le point de friction principal de l'étape Néma/Kiffa, lors du Paris-Dakar 1988 ou 1989. Il s'agit d'un défilé étroit et très rocailleux dans le massif du Tagant. Le trouver nécessitait une navigation au cap précise pour remonter sur le plateau de Lekcheb (ou dans sa zone immédiate) avant de rejoindre la ville étape de Tidjikja. Si un pilote ratait cette passe (ou si la piste y menant n'était pas claire), il était perdu dans un labyrinthe d'oueds et de falaises. (Christian Van Ryswyck, un observateur clé du Dakar)
Bon : nous, on l'a descendue, pas remontée ...
passe de Mounéréïbat passe de Mounéréïbat passe de Mounéréïbat passe de Mounéréïbat
passe de Mounéréïbat
le symbole ?
C'est la Passe de Mounéréïbat. Laurent nous trouve un magnifique coin de bivouac dans une petite conque au pied de la falaise. Sable, arbustes : la nuit de Noël s'annonce belle.

Jacques et Martin montent sur le plateau d'où ils dominent tout l'erg. Excellente soirée. Françoise et Jacques nous ont amené une fondue savoyarde faite avec du fromage du nouveau magasin du fils de Jacques.

Petit sapin, petits cadeaux, gros apéro. La fondue délicieuse est très appréciée. Petit dessert préparé par Laurence et Nicole. Musique d'ambiance. On rit beaucoup.
bivouac de noël lecture du mode d'emploi bivouac, vu d'en haut fondue savoyarde le soir de noël

Vendredi 25 décembre
bivouac du matin : trop balaize ! p'ti dèj paisible j'te vois, salope, sort de là ! et ils repartirent vers de nouvelles aventures…
une belle descente, pas facile à remonter
une belle descente, pas facile à remonter
Au départ du bivouac, on roule dans le sable. On trouve une belle descente (sans doute assez difficile à remonter) qui nous amène sur du sable plus dur. Jacques depuis l'arrière signale par VHF à Denis qu'il y a le Puits Sapti dans la zone.

On sort de la piste. Arrêt près de concrétions blanches aux formes étranges. La pierre est légère comme du polystyrène. On roule toute la journée plein ouest. À plusieurs reprises, le sable rejoint la falaise, ce qui ne nous oblige à pas mal d'acrobaties.

Succession de pistes poussiéreuses, de fesh-fesh, de mélange de cailloux et d'herbe à chameaux. Pique-nique adorable près d'un puits sous des palmiers. On profite de l'eau pour se laver les cheveux.

Encore beaucoup de poussière cet après-midi. Arrêt près d'un village de tentes qu'on n'avait pas vu. Hommes, femmes et enfants. Photos. Cadeaux. Les jeunes filles sont ravissantes.
concrétions bizarres, vers le puits Sapti Au pied du Tarf Sapti vers le puits Sapti vers le puits Sapti
on longe la falaise
le puits des palmiers
Vers 5 h, on arrive au pied du Tarf Taskass. Bivouac derrière des arbustes assez près de la piste.

Jacques, Denis, Laurence et Martin partent faire l'ascension du Tarf Taskass. Un chemin bien tracé serpente dans les caillasses noires.

Il a vraisemblablement été tracé pour passer des voitures, mais maintenant, il est complètement défoncé.

Tarf Taskass
 
Il y a quand même une vieille carcasse de bagnole écrasée en plein milieu de la pente (Paris/Dakar ?). Point de vue magnifique et instants de sérénité. Martine est restée avec Laurent et ils ont refait le monde. Les autres profitent du calme de l'endroit.

soubressauts de la piste le petit bivouac du Taskass coucher e soleil sur la brèche souvenirs…
l'extase…
dunes du matin
dunes du matin
Samedi 26 décembre
Descente de l'Oued Taskass. Un vieux projet se réalise : celui du voyage en 2006 avec les Guffond que Jacques a abandonné pour rester près de sa mère.

Le ciel est un peu blanc, il fait chaud. Beaucoup de puits avec des hommes et du bétail. On passe pas mal de temps près d'eux.

Au premier – en Ghaïchot – l'eau est tirée par un chameau.
puits Eyriera, à droite de la piste bien sûr… puits en Ghaïchot Denis se fait des sensassions bel accueil
la gay pride du Taskass ?
puits Bel Maïzat
Au deuxième - Bel Maïzat – par deux ânes rétifs. Les gars sont sympas. Ça rigole. Denis a droit à un tour de chameau. Un bel étalon s'échappe et nous donne droit à une formidable course pour le rattraper. On achète un soutif de chamelle : capuchon en corde qu'ils mettent aux chamelles pour empêcher les petits de téter. Ça déclenche une frénésie d'achat qui conduit immédiatement les chameliers à une dramatique rupture du stock. Ça va être la fête ce soir chez les chamelons.

Zone d'herbes sèches, calotropis et grands acacias. On s'écarte un peu de la piste pour le pique-nique en direction de plusieurs palmiers bien tentants. Le disco s'enterre, grattant le sable méchamment avec ses pattes avant.

Tentatives infructueuses de Momo qui le suivait et qui se plante aussi. Laurent remonte la bosse à la rescousse et catapulte les deux véhicules…

À la fin de l'Oued Taskass, on trouve un grand barrage et des zones d'irrigation qui nous barrent le passage à l'est. On descend un peu trop sud et faisons un grand crochet pour remonter vers un village.

On demande notre piste à des gens très sympas qui nous l'indiquent très simplement. Après Bathet Dhenaba, au passage d'une forêt d'acacias, on cherche un bivouac.

Tous les coins proposés ne plaisent pas. Laurent nous emmène droit vers les dunes et nous propose une cuvette magnifique où Jacques se plante. On bivouaque finalement au pied de la dune dans un endroit assez sympa malgré le cram.
c'est plus facile quand il y en a pour tous… Momo tire Jacques Laurent tire Momo beau bivouac, après Bathet Dhenaba
il faut soufrir pour être beau…
baobab chacal
Dimanche 27 décembre
On continue la route direction de Tamchekett, à la recherche de mares à crocos. On retrouve la grande piste qui va de Tamchekett à la Route de l'Espoir.

On se gare à l'entrée du village. Aussitôt la police devant laquelle on est passé sans la voir nous assaille. Mais les choses s'arrangent très vite. On part dans le village pour faire le marché.

Petites ruelles ensablées. Maisons basses, tout le monde fait son commerce devant son pas de porte. En fait, ils vendent tous la même chose, c'est-à-dire pas grand-chose pour nous…

Tamchekett
 
Nous levons le camp par un léger vent d'ouest sous le ciel tendu de nuages couleur de cendre prêts à crever. Toute la matinée, une pluie fine, obstinée, tombe, finissant par percer les vêtements. Enfin, vers 11 heures, le ciel se nettoie peu à peu et le soleil triomphe des brouillards.
Nous traversons le « tamourt » (mare d'hivernage boisée) de Tarfafet, puis longeons le tamourt de Tamchakett, continuation du précédent, qui souligne ses sinuosités d'une haute et sombre sylve, touffue, verdoyante, où dominent les mimosées, parmi les herbes jaunes, les gros arbres à feuilles, les troncs bancroches des acacias enguirlandés de lianes parasites.
On y voit aussi les « téchot » (balanites aegyptiaca), qui portent une amande dont la pulpe (« tougha ») est comestible; les « adress » à la gomme (« mounaz ») très inférieure; les « gonakié » (« amour »), très élevés, aux longues épines, aux fruits et gousses qui contiennent 30 % d'un excellent tannin, au bois rouge, très dur, que les termites n'attaquent pas; les « céder », jujubiers dont les Maures mangent les fruits.
Tamchakett, au nord de l'Affollé, n'est qu'un modeste village de maisons cubiques en terre, qui s'est créé lors de la construction du poste. Ses 150 habitants se composent pour la plupart de familles groupées autour de goumiers et d'employés de la subdivision et du poste.
Lt Colonel de Burthe d'Annelet - Du Sénégal au Cameroun - 1932-1935 (T1 p.169)

Tamchekett, centre ville marché permanent ah ! La sagesse, quel avantage ! on attendrit la viande, quand même puis on la découpe plus confortablement
On achète quand même du pain et de délicieux beignets. Les gens sont accueillants, souriants, aucun problème pour les photos. Même les femmes sont ravies.

On contourne difficilement la dune contre laquelle est adossé le village. Il y a une grande mare avec plein de petits crocos. Laurent jubile. Des gamins, du bétail, des vieux. Belle ambiance.
la pelouse ombragée de Tamchekett Miss Tamchekett Choupinet de Tamchekett Miss bis Tamchekett 1er croco
j'en vois un qui s'échappe
la briquetterie de Tamchekett
On charge un vieux guide qui doit nous emmener vers une autre mare à crocos. En fait, Laurent se retrouve avec trois guides dans sa voiture. Martin n'a plus de place et s'accroche au Land de Momo.

Magnifique endroit. Grand lac. Immenses arbres qui font de belles ombres. Troupeaux de chameaux, de vaches, de chèvres, d'ânes qui se relaient pour boire. Des bergers.

On s'installe à l'ombre avec vue sur la mer. Laurent débarque Laurence et ramène les guides jusqu'à Tamchekett et retour. Pique-nique.

Les bergers nous regardent, on leur donne du chocolat, des biscuits. Un vieux parle très bien français et il nous donne le nom du marigot : Tagtafet et même le nom de la passe ensablée de la falaise : Mounéréïbat. Il nous explique aussi que nous sommes le long d'un fleuve de 500 km qui vient du sud-ouest et qui va se perdre dans les sables.
la mare de Tagtafet stoppeuse ? bravo Nicole repas nettoyage de pompes
L'eau y est abondante une grande partie de l'année. Puis il ne reste que quelque petites mares boueuses. Finalement, on reste toute la journée dans ce coin magnifique, magique.

Certains font le tour du lac à pied, plein d'oiseaux (peu de crocos). Jacques est parti devant, Laurent en suivant ses traces « s'enchorbatte » dans la glaise et Laurence est obligée de participer au nettoyage des pompes.
belle sieste la lumière se prépare Ouaihh ! re Ouaihh !
D'autres restent à lire à l'ombre. À la tombée du jour, très beaux reflets dans l'eau. Les couleurs de fin d'après-midi sont sublimes.

Laurent part à la recherche du bivouac. Il nous place sur le sommet de la dune qui surplombe le lac et on y fête le Nouvel An, car demain, on se sépare.

Les trois voitures blanches remontent au nord, car leurs vacances sont finies et les 2 autres descendent au sud. Apéritif dînatoire. Plein de toast, foie gras, etc. Apéro, champagne, dessert, chocolat… Super bonne ambiance.
bye bye soleil Martine, les outils à la main… c'est plus sobre de ce côté-là… Martin et Laurent

Lundi 28 décembre
lumières du matin
Au petit matin, la vue sur le lac est belle belle belle ! On retourne faire un petit pèlerinage au bord du marigot.
les complices… la belle bosse le poussin sort de sa coquille profil de dune
cui cui cui…
l'abreuvoir est saturé
Une halte à Tamchekett où tous les crocos se dorent au soleil, on encape la grande piste. Dernier pique-nique. On recherche méticuleusement un bel emplacement digne d'un tel voyage. On est un peu triste de se séparer.

On rejoint la Route de l'Espoir Entre Kiffa et Tintâne. Trois voitures partent à l'ouest et les deux autres à l'est…

Pleins de gasoil à Ayoun el Atrouss, eau pour Nicole et Momo, quatre bananes pour nous.

Ville « hyper crade ». Beaucoup de contrôles le long de la route. On n'arrête pas de distribuer des fiches : « pas de problème, mais soyez vigilants » on a même cru qu'on devrait dormir à un poste de gendarmerie.

C'est la zone où se sont fait enlever les deux Italiens il y a quelques jours… Bivouac dans de petits acacias hyper agressifs, mais on est bien planqués de la route.
derniers crocos les adieux les adieux les adieux
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