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Mardi 12 janvier (suite)
Le matin, nous découvrons que nous sommes sur le chemin des écoliers : nombreuses visites, sourires, photos. Traversée
d'un petit village aux ruelles très étroites :
Tendeli.
Pleins de gasoil et d'eau à
Koro. Belle piste latérite jusqu'à
Thiou. On file sur le
Burkina. Formalités rapides.
Arrêt au marché de
Thiou. On boit un coup devant une cabane en attendant que le pain soit
cuit. Momo drague la minette et achète une bouteille de pastis frelaté.
Visite du marché à
Ouahigouya. Une petite jeune très serviable part pour nous trouver
des œufs. Cadeaux.
Sur le marché, ombragé par de gros kapokiers étayés de contreforts naturels, les dioula et les marchands mossi et yarsé
échangent leurs étoffes et leur camelote contre du bétail ou des bandes de coton.
Des femmes, parées de colliers de cornaline ou de verroterie de diverses couleurs, sont accroupies devant leurs
éventaires de petits tas de ees mille produits des lougans ou de la brousse: mil, maïs, sorgho, patates, beurre de
karité, kapok, coton, gombo, tomates sèches, piments.
À part, ce sont les zébus et les bœufs sans bosse, les moutons à poil noir, les chèvres à courtes jambes, et aussi
quelques ovidés hauts sur pattes, aux cornes longues et en vrille, animaux importés du nord-est et destinés à la
boucherie. Les ânes sont de taille moyenne, robustes et résistants. Quant aux chevaux, ils sont absents, les Mossi s'en
défaisant difficilement.
Les poules sont très nombreuses, car les gens en font une grande consommation, les offrant en sacrifices sur leurs
autels.
Dans un coin, les femmes vendent des canaris de bière (tésé) bien recuite, dont le degré d'alcool est assez élevé et qui
est capiteuse; des pots d'hydromel (bésé), mixture de miel et de farine de mil bouillis dans l'eau. On la corse de
levure de bière pour activer la fermentation. Cette boisson très enivrante provoque des querelles, des rixes, qui
entraînent des blessures et parfois mort d'homme.
Lt Colonel de Burthe d'Annelet - Du Sénégal au Cameroun - 1932-1935 (T1 p.317)
On prend alors une petite piste jusqu'à
Tougan. On dépasse un colporteur à vélo qui
transporte des monstres gamelles. On le double, puis on s'arrête pour améliorer la photo. Sourires qui font le tour de la
tête, tant du cycliste que du photographe.
La piste se perd souvent après les villages. Bivouac avant
Tougan dans un coin bien
planqué. En fait, les gens rentrent du marché, les vélos s'arrêtent. Pas de problème, mais ils sont curieux. Peu de
touristes doivent passer par là.
Mercredi 13 janvier
Au petit matin, un cycliste est déjà là pour assister à notre réveil. Il reste à nous observer jusqu'à notre départ. C'est
casse-pied mais bon ! Jacques essaie de discuter avec lui. Martine lui donne quelques petits cadeaux pour les enfants.
Arrêt à
Tougan. La ville est rouge de latérite. À un carrefour, un vendeur de CD a mis sa
sono à fond. Momo et Nicole négocient un CD en MP3 qui ne marchera pas dans la voiture. Rectification au retour à
Villard.
Plein de tas de coton : c'est l'époque du chargement, chaque paysan amène en charrette son coton sur une esplanade où les
camions seront chargés, photos.
Dedougou : on trouve le goudron. Ça roule bien, finalement on est à
Bobo vers 17 h.
On discute, on parle de l'
Hôtel Pacha que nous avons connu en 2007, on décide de
téléphoner à l'hôtel pour réserver 2 chambres ventilées. Établissement simple, mais très propre. Les voitures sont garées
dans le jardin.
Bonne douche, grosse lessive au lavoir, ça fait du bien. Délicieux repas au resto de l'hôtel (capitaine).
Jeudi 14 janvier
Départ pour le grand marché de
Bobo en taxi délabré vert pomme. On traîne dans ce grand
marché couvert aux centaines d'échoppes. Il y a vraiment de tout.
C'est un monde grouillant de vie. Jacques négocie un masque oiseau, un baobab en bronze et un grand masque. Martine une
chasuble sac de riz (sic). Ananas, noix de cajou, miel…
On retrouve difficilement nos potes près de l'église moderne. Retour en taxi encore plus délabré à l'hôtel. On libère les
chambres repas de midi sous la paillote et on reprend la route. Direction
Banfora.
Goudron puis détour par la piste de l'usine de sucre. Immenses étendues de plantation de Cannes. Des tracteurs avec trois
remorques se font charger des cannes coupées au milieu des grands squelettes de rampes d'arrosages.
Jolies pistes bordées de caïlcédrats et de manguiers vers la
Cascade de Karfiguéla
sur la
rivière Comoé.
Petite marche dans les manguiers plus que centenaires datant de la colonisation, les kapokiers, les papayers, puis on
grimpe jusqu'à la cascade dans des rochers érodés.
On se douche tout habillé sous la cascade. C'est génial, car il fait très chaud. On a laissé les voitures au parking en
bas.
Jacques négocie l'échange de son masque oiseau à un vendeur « rasta » tout seul à proximité des chutes, attendant
d'improbables acheteurs, puis abandonne devant la difficulté, sans regret puisque au retour à la voiture, il trouve
finalement le sien plus beau.
On demande à dormir dans le coin. Bien sûr, il faut payer, on a déjà payé l'entrée du parc, les guides… Ça énerve.
On refuse puisqu'il n'y a pas de reçus et on s'installe.
Vendredi 15 janvier
Ce site est vraiment superbe. Les arbres sont immenses et procurent une ombre extra. On discute avec le gardien pour le
prix de la nuit, on accepte de payer s'il jure qu'il n'y aura pas d'autre chose à payer : il jure…
Et en sortant du site, au guichet, des femmes nous réclament encore de l'argent. Alors là, ça barde. Retour au camp, hurlements, les
gars viennent à vélo voir les femmes, on les laisse s'engueuler et on se barre.
Banfora. Un petit tour au marché. Jacques achète encore du miel. Martine et Nicole
achètent encore des tomates, aubergines (pour la ratatouille), du pain.
Magnifique piste de latérite vers les
Aiguilles de Sindou, ombragée de caïlcédrats et
petits villages aux greniers ronds et aux toits de chaume pointus.
À la cabane du garde de
Sindou, rencontre avec un Gabonais affairiste qui voyage
en Russie et sur le reste de la terre : il en raconte beaucoup, nous espérons qu'il en fait au moins la moitié.
Balade dans le
Massif de Sindou. Rochers érodés et pitons en dents de scie. Il fait très
chaud pour marcher et en plus de ça la végétation est ravagée par les feux. Tout est noir !
C'est beaucoup moins joli qu'en 2007 quand tout était vert. Pique-nique à une centaine de mètres sous des ombres
clairsemées, il fait une chaleur étouffante.
On reprend notre belle piste. Bivouac difficile, trouvé un peu avant
Ouéléni par Nicole et
Momo, après le désespoir de Jacques et à 16 h, il fait chaud et on est entouré de milliers de petits moucherons très
chiants.
Dès que nous sommes installés, de nombreux troupeaux traversent les buissons tête baissée et lèvent une poussière
formidable. Beaux contre-jours sur les bergers dans la poussière.
Samedi 16 janvier.
Toute la matinée, on roule sur cette magnifique piste entre
Sindou et
Koloko : petits villages, petits greniers ronds aux toits pointus.
Formalités de sortie et d'entrée au
Mali sans problème. Sauf que bien sûr à la douane
Malienne comme d'hab' on est en heures supplémentaires donc double tarif.
Pique-nique aux
Chutes de Farako où il n'y a presque plus d'eau. Arrêt à
Sikasso pour acheter de l'eau (Nicole, Momo). Puis goudron pourri direction
Bamako. C'est monotone, Martine s'endort à moitié.
Jolis arbres sans feuilles aux fleurs rouges inconnues. Bivouac tranquille à 120 km de
Bamako dans de grands enclos bien isolés de la route.
Dimanche 17 janvier
Quelques courses avant
Bamako. Brouillard de pollution au-dessus de la ville. Le
Pont du Roi Fahd est moins encombré, car c'est dimanche, mais la sortie sur
Sibi est tout en travaux et comme c'est le marché ça grouille de monde. Et quelle
poussière !
Martine s'achète encore des tomates à la sortie. Route vers
Sibi environ 40 km.
Les horizons sont brumeux. À
Sibi, on prend une petite piste en direction de
l'
Arche de Kamadjan.
Dans la traversée du village, un gosse de cinq ans nous décoche un caillou à bout portant avec sa fronde dans la
carrosserie. Jacques lui court après et fait un scandale auprès des parents pour que ça cesse. Le Disco est marqué.
À l'approche de l'arche, de petits gamins nous suivent et nous servent de « guides ». Montée à l'arche, panorama à l'ombre,
descente sur le glacis devant, arbres à fleurs rouges dans un décor calciné.
On retourne aux voitures par une terrasse en bord de falaises. Toujours les beaux arbres rouges tout le long de la piste.
Après
Sibi, on prend la piste qui nous fera traverser les
Monts Mandingues.
Pique-nique peu après le début dans un champ d'arachides récolté. Martine, Jacques puis Nicole ramassent ces drôles de
graines en fuseau noir et blanc séchées au sommet de grandes tiges.
Bonne piste puis elle devient moins bonne puis défoncée. Ornières, bosses, gués. C'est technique ! Mais surtout, il y a un
monde fou, à pied, à vélo, à moto.
En 2005 on n'avait pas rencontré un chat. On se pose des questions. C'est dimanche, jour des mariages ? Cette région est
pleine de bambous dont ils se servent pour construire leurs cases tressées comme des paniers en osier.
L'après-midi tire à sa fin et le choix du bivouac s'avère compliqué. Le relief, la végétation, le monde et finalement au
village de
Niamou, un gars à moto sympa nous autorise à bivouaquer sur le terrain de
foot du village. Il dira aux enfants de nous laisser tranquille.
Ça fait une demi-heure qu'on est installé, on est entouré d'une vingtaine de gamins. En fait, le gars nous explique
pourquoi il y a tant de monde sur la piste.
Ils font tous de l'orpaillage depuis quelques mois et c'est la frénésie. On voyait des gars blancs de poussière : on
comprend.
Le village est en contrebas de la montagne et à la tombée de la nuit, on assiste à la descente de centaines de petites
motos, phares allumés. On dirait une descente aux flambeaux…
Heureusement que le gars nous a expliqué, car vraiment, on se serait posé de sacrées questions.
En savoir plus sur l'orpaillage dans les Monts Mandingues