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Lundi 1er décembre
(suite)
On est au
Kenya
. On roule à gauche. Arrêt à
Moyale
. Banque (la monnaie est le shilling kényan). Réparation de roues pour Puthod qui n'arrête pas de crever.
Direction
Marsabit
.
Jean-Paul dans son topo nous annonçait une piste épouvantable : elle l'est. Grosse tôle ondulée, plus boue
orangée, ornières, grandes flaques. On ne nous met pas en convoi, la sécurité est bonne paraît-il. Bivouac à
côté de la piste, à 20 km de
Marsabit
. Humide, humide.
⏯️
⏯️
Mardi 2 décembre
Brouillard ce matin.
Col des Montet
au mois de novembre ! Enfin
Marsabit
(on vient de se faire 250 km de pistes pourries).
Petite bourgade bien
Afrique Noire
, petites échoppes, musique. Ça rappelle le
Congo
. Jacques négocie la cassette qui passe en ce moment dans le haut-parleur. Courses et café avec Pascal. Les
autres nous attendent paraît-il !
La piste continue à être épouvantable. Toujours de grosses averses. On vise les accalmies pour casser la
croûte.
Depuis hier, on croise des gens d'une ethnie spectaculaire : les
Rendillés
. Toujours berger, tenue somptueuse, couleurs très vives, dominante rouge.
Les femmes ont des rangées de colliers de perles multicolores qui leur font un plastron rigide. Bimbeloterie
dans les cheveux. Les hommes, très colorés eux aussi, avec plumes sur la tête ou dans les oreilles. Étonnant
pour garder les bêtes.
Difficile de faire des photos, ils réclament 100 shillings (plus d'un euro) par photo ! Pas très aimables en
plus ! Discussions avec le groupe pour la suite.
Puthod veut aller au
lac Baringo
contre l'avis du groupe. On n'a plus le temps de tout faire, il faut choisir. On vote, finalement, on
choisit de voir une petite et une grande réserve, donc on file au sud en espérant trouver un peu de goudron
pour se reposer et reposer les voitures.
Par contre, le
lac Bogoria
à 50 km plus au sud est un des lacs préférés des flamants roses et ils s'y regroupent parfois jusqu'à un
million d’individus. Et on l'a raté !
Arrivée au
parc de Samburu
vers 17 heures (90 $ pour deux personnes) on commence à zigzaguer par petits groupes, puis seuls. Pintades
Vulturines, girafes, oryx, singes, antilopes, oiseaux, autruches, éléphants.
Belle ambiance, beaucoup de végétation. Petites pistes intimes. Beaux points de vue sur la rivière qui longe
le parc au sud «
Ewaso Nyiro
». Nuit au campement. Sympa, Robinet, douche (tuyaux) et WC à la kényane (un trou). Mais un vrai luxe.
Invasion de singes chapardeurs, Emilie essaie de les gronder, mais avec un succès très relatif…
Christian et Marylène offrent le champagne pour fêter l'arrivée au
Kenya
. L'Actifed que je prends pour mon rhume m'assomme et m'écœure. Nuit sous la tente. Grosse humidité,
moustique (pas dans la tente).
Mercredi 3 décembre
Anniversaire de Yannick. On va essayer de l'appeler aujourd'hui. Parfois, on a le réseau. Lever à six heures
parmi les singes (grivets). Rigolades. Ils sont chapardeurs, piquent les tartines, entrent dans les voitures,
bouffent les bananes et les tomates.
Beaux petits oiseaux bleus et orange, toucans.
On part dans le parc. Belle lumière, plein d'éléphants et zèbres. Comme la végétation est abondante, on les
découvre par surprise au détour d'un chemin, près de la rivière, ou dans un petit pré. On cherche des
hippopotames. On n'en trouve pas.
On est allé assez loin à l'ouest du parc avec Pascal. Quelques allers et retours si bien qu'on rejoint les
autres à la sortie avec un peu de retard…
On repart au sud. À
Isiolo
, petits achats : bananes et 2 colliers. Enfin le goudron ! On se sera fait plus de 500 km de pistes très
mauvaises ! Les voitures sont crépies de latérite rouge.
À midi, pique-nique à l'entrée d'un ranch. Téléphone à Yannick. Puthod, après avoir fait voter hier pour la
direction sud (
Nairobi
) décide de partir à l'ouest, car dit-il, on est un peu en avance et peut-être le
Baringo
…
Pistes boueuses au début (protestation des deux voitures qui n'étaient pas avec nous à midi et qui n'y
comprennent rien. Puthod, le roi de la communication…).
La piste s'assèche un peu. RAS. On n'a plus d'avance, on reprend le sud. On arrive à
Nakuru
de nuit avec un peu de goudron. On cherche un camping. À l'entrée du parc, les gardiens disent que pour
camper, il faut payer l'entrée du parc.
Comme la visite n'est pas au programme, après négociations, ils nous autorisent à camper à l'entrée (à
l'extérieur) du parc. Pelouse, toilettes, lavabo : le luxe. Un hippopotame vient brouter à 10 mètres des
voitures : émotion. C'est très gros.
On dort dans les voitures pour ne pas se faire piétiner. Je téléphone à maman : tout va bien.
Jeudi 4 décembre
Des singes colonisaient le campement. Grivets, babouins, malins et voleurs. Ils piquent tous sur la table,
les renversent, rentrent dans les voitures. Il y a de l'ambiance.
Un garde les menace de son fusil, ils fuient, mais reviennent aussitôt. Un buffle vient se prendre dans les
grilles du parc : il casse tout pour se dégager, c'est impressionnant !
Traversée de la région montagneuse de
Kericho
(goudron).
Je suis tout émue de penser que Yannick a vécu ici pendant deux ans. Collines verdoyantes, plantations de
thé à perte de vue, des hommes et des femmes sont à la cueillette. Ils ramassent les jeunes pousses du
dessus. L'arbuste mesure environ un mètre.
Arbres à fleurs rouges au milieu des plantations. Ça flashe ! Prairie de petites herbes vertes, de bananiers
et tout est luxuriant. L'habitat n'est pas très caractéristique, mais dans cette débauche de verdure ça fait
moins pauvre. Quelques villages d'ouvriers agricoles rangés au cordeau au style British.
On quitte la route à
Sotik
pour prendre une piste plein sud direction
Massaï Marra
.
Pique-nique dans un petit pré. Tout le village est autour de nous. Ils sont morts de rire (surtout les
femmes) de nous voir sortir nos tables et nos chaises.
Il fait chaud, j'en profite pour faire sécher toutes nos affaires humides depuis plusieurs jours.
Premier Massaï au bord du chemin. Christian D. en charge trois sur son plateau. Nous, on discute avec un
jeune. Jacques lui achète sa massue. Photos. Très sympa, il veut être pris avec son « bull » (taureau).
On rentre au
Massaï Marra
par
Oloololo Gate
. Il n'a pas le statut de parc, car des gens y vivent (Massaï) contrairement aux autres parcs où il n'y a
que des animaux.
On débouche sur la plaine du
Marra
par un petit col. C'est superbe, immense. Herbes jaunes, bosquets verts, des centaines de gnous nous
accueillent. On passe la porte du parc, où l'on nous dit qu'il faut payer à
Serena Lodge
à 30 km.
La piste est boueuse, légèrement bombée, avec des fossés de chaque côté. Ça zippe à mort. Les voitures
valsent. On retrouve Michel et Jacky en perdition !
Puthod s'écarte et disparait sans nouvelles. On l'attend une plombe, puis on l'abandonne à son sort.
Du coup, on décide (les 3 Lands) de se balader seul demain avec un guide. Les autres feront à leur guise.
Pascal a une place et c'est mieux de ne pas être trop nombreux pour les animaux.
En plus le groupe nous pèse de plus en plus. Sur le chemin de
Serena Lodge
: éléphants, zèbres (beaucoup), gazelles (beaucoup), impalas et plein d'autres antilopes dont on ne connaît
pas les noms. Deux hyènes à contre-jour et gnous, beaucoup, beaucoup…
Bivouac au campement du Lodge. Sommaire. Il n'y a rien (ce qui ne les empêche pas de faire payer) mais
ambiance garantie.
On arrive les premiers, plate-forme au-dessus de la plaine. Un troupeau d'éléphants à quelques dizaines de
mètres.
On fait part de nos projets aux autres qui veulent quitter le parc demain. Nous, on restera un jour de plus.
Rendez-vous à
Mombasa
.
Vendredi 5 décembre
⏯️
⏯️
Lever à cinq heures. On a rendez-vous avec David (notre guide) à six heures. Il a mis son habit de Massaï.
Superbe.
Au lever du jour, une lionne et son petit…
Deux lions sont en train de croquer un gnou. Crocos, hypos, éléphants, zèbres, etc. C'est irréel.
Une montgolfière passe dans le ciel et ça donne terriblement envie ! Mais peu compatible avec la lourdeur de
ce groupe
Café, biscuits, au bord de la rivière. Croco, hypos.
David nous propose de nous emmener dans un
village Massaï
« surtout pas un village pour touristes » dit Pascal. On a donné chez les Mursis…
Si on est d'accord, il nous emmène dans un village à 40 km du parc où il y a un rassemblement pour une
cérémonie qui n'a lieu que tous les huit ou 10 ans.
C'est le passage des jeunes hommes « Moranes » à l'âge adulte. La cérémonie s'appelle Eunoto. C'est assez
compliqué, il faudrait que je potasse tout ça sérieusement. On est bien sur OK.
Après plusieurs années passées comme moranes, les jeunes guerriers massaïs arrivent à une étape importante
de leur vie. La cérémonie d’Eunoto marque leur transition vers le statut d’adultes, leur permettant de se
marier, de fonder une famille et de participer aux décisions de la communauté.
Pour l’occasion, un village cérémoniel, appelé manyatta (village cérémoniel, par exemple construit
spécialement pour l’Eunoto), est construit. Les familles, les anciens, les femmes, tous se réunissent.
Pendant plusieurs jours, la communauté vit au rythme des chants, des repas partagés, des gestes rituels.
Le moment central est celui du rasage des cheveux. Les guerriers, jusque-là reconnaissables à leur crinière
soignée et leurs ornements, s’asseyent un à un pour se faire raser la tête. Ce geste, souvent accompli par
leur mère ou une femme proche, symbolise la fin de leur jeunesse guerrière. Il n’y a pas de discours
solennels, mais une forme de transmission simple, visible.
Des vaches sont sacrifiées, selon la tradition. Le lait et le sang sont partagés, bénis, consommés. Les
anciens prononcent des paroles qui rappellent les valeurs attendues : responsabilité, respect, stabilité.
À la fin de la cérémonie, les anciens guerriers ne sont plus les mêmes. Ils ne danseront plus avec les
jeunes, mais s’installeront ailleurs, fonderont un foyer, et commenceront une nouvelle vie au sein du
groupe.
Eunoto est un rite de passage, à la fois intime et collectif, qui organise le temps, structure la vie, et
donne à chacun une place claire dans la société massaï.
Qu'est-ce que La cérémonie Eunoto chez les Massaïs ?
En arrivant à la «
manyatta
» (qui veut dire village des guerriers), c'est hallucinant.
Des Massaïs partout : hommes, femmes, enfants. Du rouge, beaucoup de rouge, cheveux enduits de terre rouge,
bijoux, oreilles en forme d'anneau, colliers de perles pour les femmes en forme de plateau large de 20 à 30,
voire 40 cm.
Au début, ils nous regardent avec méfiance et sans aucune cordialité. David part discuter avec eux. Ça dure
au moins une demi-heure. Finalement, pour 50 $ par personne, on peut rester (et oui, là, déjà, tout se
paye…).
On peut circuler dans le village, faire des photos, films, etc. On a beaucoup de chance. Peu de touristes
doivent être admis dans ce genre de fête.
On est accompagné par le chef (Daniel Ole Raketa) et le sous-chef (Daniel Ole Tano). C'est parfait. On se
balade. On fait des photos.
Il y a des centaines de personnes dans le village. La plupart ne font pas attention à nous et à part
quelques gamines qui font les coquettes, on peut photographier à tout-va.
L'ambiance est détendue. On assiste à des danses et chants (qui font partie du rite). Le cœur de la
cérémonie sera pour demain, je crois. Ça dure une semaine.
À la fin, on est copain copain. Ils nous offrent à boire, bières, sodas, viande grillée Massaï au bout d'une
lance, découpée à la machette.
J'achète des beignets très bons, très nourrissants ! Il faut prendre les chefs en photo avec nous…
Au moment du départ, ils nous donnent leur nom et adresse. David le guide nous présente à sa mère et à son
père et nous donne l'adresse de son père :
John Ole Narkasie, Bora Bora Hôtel, box 24 Lolgorien, TransMarra - Kenya.
Danses Massaï : les hommes sautent aussi haut que possible, le corps tendu, les bras le long du corps, au
rythme des chants scandés.
Village Massaï : hutte basse colmatée de bouses de vaches, disposées en cercle, très proches les unes des
autres le tout encerclé et de haies d'épineux. Forment un cercle très fermé. Village : « enkang ».
Enfin ! C'était trop bien…
Ils voulaient qu'on revienne le lendemain, car la fête continue.
Retour au parc. Notre guide sommeille et ne semble plus très motivé. Il en a marre de nous montrer des
animaux, girafes, gnous. Les 2 lions de ce matin dorment repus sur le dos, les pattes en l'air,
imperturbables… Le ciel est couvert : plus de lumière.
Retour à
Serena Lodge.
On va se laver dans une petite forêt. Il pleut. On mange au restaurant du Lodge : Apéro punch, repas miam
miam.
Bivouac au campement. C'est bien de n'être que trois voitures, on est plus libre. On n'aurait pas pu aller
au village Massaï avec le reste de la troupe…
Samedi 6 décembre
Girafes, éléphants, gnous, gnous, gnous. On traîne dans le parc jusqu'à midi. Quelques courses à la sortie
du parc.
⏯️
Les Massaïs pour touristes sont aux garde-à-vous.
Après-midi pénible et sans intérêt. Pistes pourries. Goudrons pourris jusqu'à
Nairobi
où on se perd. Impossible de trouver la route de
Mombasa
.
De
Nairobi
à
Mombasa
à 480 km, centaines de camions, goudrons dégradés. Nids-de-poule proches du nid d'autruche. Avec volant à
gauche et conduite à gauche dur dur.
Il faut être kamikaze pour emprunter cette route. Bivouacs à 80 km après
Nairobi
. On rentre en douce dans un ranch, petit pré, calme, on ne voit personne.
Dimanche 7 décembre
On reprend la route de tous les dangers. On traverse le
Tsavo
(zèbres). Au pique-nique, on décide d'aller dormir au bord de l'
océan Indien
. Pas envie de passer trois nuits à
Mombasa
. Et en plus on s'enivre peu à peu de notre liberté…
Je trouve un camping dans le routard au sud de
Mombasa
. Village :
Tiwi Beach
. Camping :
Twiga Lodge.
Le paradis : cocotiers, sable, mer bleue, petit resto, bar à côté. Peu de monde. Très calme. On est sur un
nuage.
Première chose : baignade. L'eau est à la même température que le corps et on est le 7 décembre
Petite terrasse sur la mer rien que pour nous : punch. Resto poissons.
On dort sous la tente sans double-toit. Ah ! Le bruit de la mer, les alizés dans les palmes !
Énorme averse en pleine nuit, Jacques installe le double-toit en catastrophe en pleine nuit.
Lundi 8 décembre
Petit déjeuner. Jacques Pascal et moi au resto, sur notre petite terrasse. Christian et Marylène préfèrent
déjeuner dans leurs caisses. Moi, après 2 mois de voyage, j'en ai ras-le-bol des caisses, c'est sale et ça
pue…
La mer est basse, on va jusqu'à la barrière de corail à pied : les vagues sont derrière, mais ça « drosse ».
Je me râpe dans les coraux.
Deux coups de téléphone aux autres dans la matinée. Ils sont au nord de
Mombasa
. Pour le moment, on ne bouge pas. On est trop bien. On attend des nouvelles du bateau et on verra.
Des gens passent sur la plage pour vendre des trucs. Très gentils, pas collants. On achète du tissu, des
beignets, des fruits. On refuse des langoustes : trop compliqué.
Christian et Marylène étaient partis se balader en voiture. À leur retour, Christian achète les langoustes…
Il les fait cuire au village par le pêcheur et les emmène au resto le soir pour qu'ils nous les servent avec du
poisson et des ananas.
Communication avec les autres. Un rendez-vous demain à huit heures à
Mombasa
. Indications : 1 station-service en ville puis une station-service à la sortie de la ville. Un hôtel pour
le rassemblement :
hôtel Dorse
.
Pascal prend une chambre au Lodge, car il ne veut pas mouiller sa tente de toit qui est toute sèche avant de
la mettre en container pour un mois.
Mardi 9 décembre
Lever à l'aube. Petit déjeuner rapide. Départ pour
Mombasa
.
Enfin presque, la voiture de Pascal ne démarre plus…
Pinces, Câbles, elle démarre, on y va.
Traversée du bras de mer par le
Likoni ferry
. Un grand bac que l'on a déjà pris à l'aller. Bien organisé (après ceux du
Soudan
).
Des milliers de gens à pied le prennent. « Une marée noire ». On arrive avec 10 minutes de retard à la
station-service. Personne. Je fonce à l'
hôtel Dorse
. Ils ont réservé des chambres pour ce soir (pas pour nous).
Donc, je réserve. On se fait une rue en sens interdit dans une circulation d'enfer. Direction la deuxième
station-service (deuxième rendez-vous).
Heureusement que Puthod est revenu à notre rencontre, car comme d'hab, le point n'était pas bon.
La matinée pour mettre les voitures en container. Repas à l'hôtel. Petite balade dans
Mombasa
.
Il fait hyper chaud. Pizza le soir offerte par Puthod (eh oui !).
Mombasa
n'a pas l'air aussi dangereuse qu'on le dit, mais il faut dire qu'on est 17 à se balader ensemble…
Mercredi 10 décembre
Départ vers 10 heures.
Mombasa
Paris
. Escale technique à
Louxor
.
Arrivé à
Paris
, on quitte le groupe. Jacques Pascal et moi prenons l'avion pour
Genève
où nous attendent Corinne, Marion et Emmanuelle.