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Vendredi 14 novembre
⏯️
⏯️
Bonne nuit dans l'oued. Beaucoup de rosée. On n'a pas été embêtés par les villageois, ils sont passés et
repartis. Finalement pour éviter l'invasion, on fait ceux qui ne comprennent pas l'anglais. C'est dommage,
mais sinon c'est insoluble…
Départ pour
Weldiya
. Il fait beau. On retrouve les amis. Quelques courses, puis on part pleine est, direction
Asayita
pour obtenir les autorisations pour circuler dans le
territoire des Afars
.
Un monde fou sur la route ce matin. Les gens marchent, marchent, chargés comme des mulets.
Ils vont sans doute vers un marché. À chaque village, entre
Weldiya
et
Désé
, la foule des marcheurs se répand.
Regroupement à
Désé
. On repart en direction de
Kombolcha
, où je trouve une banque et me fait semer par le groupe. On trouve du goudron. Encore un peu jusqu'à
Bati
(40 km à l'est) puis piste poussiéreuse.
Changement de température : on descend en altitude. Zones arides, petits arbustes genre Sahel. On traverse
un camp militaire avec plein de militaires, mais no problem.
Puis on voit les premiers
Afars
. Les hommes ont des pagnes autour des hanches, des lances et… des kalachnikovs. Les femmes ont des
vêtements très colorés (les premiers en
Éthiopie
), parfois seins nus. Impossible de faire des photos, les femmes fuient, les hommes ne sont pas d'accord.
Bivouacs dans une petite forêt. Un terrain extra plat et extra poussiéreux. Je prends une douche chez Pascal
(super).
Veillée autour du feu, discussion un peu vive… Alain et Annie se plaignent de ne pas avoir assez de temps
pour visiter les monuments. Ils s'attendaient à un voyage plus culturel ! Il est à 2 doigts de nous traiter
d'incultes. Pascal déserte, ça l'énerve ! Tout se termine bien. On dort dans la tente. Il y a des insectes.
Nous sommes à 15 km d'
Hadar
, le site de la découverte de Lucy !
Le 24 novembre 1974, sur le site d’Hadar, dans la région de l’Afar en Éthiopie, Donald Johanson repère un
fragment d’os posé en surface. En observant autour, il découvre d’autres fragments appartenant à un même
individu, ce qui est extrêmement rare dans ce type de contexte géologique alluvial.
Le soir même, l’équipe fête la trouvaille en écoutant la chanson “Lucy in the Sky with Diamonds” des
Beatles, ce qui vaudra au fossile son surnom “Lucy”.
La découverte fut qualifiée de “moment bouleversant” qui allait marquer un tournant dans l’histoire de la
paléoanthropologie, car Lucy confirmait l'ancienneté de la bipédie chez les hominidés, bien avant
l’augmentation du volume crânien humain.
Lucy offre un ensemble exceptionnel d’informations : elle a permis de reconstruire l’apparence, la
posture et la locomotion de son espèce.
Cette découverte a été décisive pour comprendre que la bipédie précédait le développement d’un gros
cerveau chez les ancêtres humains.
Samedi 15 novembre
Cette nuit, les chacals rôdaient autour du camp. Ce matin grand beau et déjà chaud. Nous sommes dans une
grande plaine très plate et la piste est rectiligne et poussiéreuse. Séance photos avec des jeunes assez
coopératifs. Malheur, la grand-mère arrive, nous tire des cailloux.
(sans viser…), engueule et chasse sa marmaille.
On rejoint le goudron qui lie
Addis-Abeba
à
Djibouti
, un peu avant
Milé
.
Puthod apprend par un Français rencontré alors qu'il faisait réparer une roue que pour aller au
pays Afar
vers le volcan
Erta Ale
et les lacs de la
dépression des Danakil,
on impose des militaires qu'il faut convoyer, nourrir, abreuver et payer : il est nettement moins motivé
pour cette aventure.
Pendant ce temps-là, le breton file comme une fusée, le goudron de Djibouti l'y aidant. Je le rattrape et le
bloque à Serdo, 40 km après l'embranchement d'Asayita. Retour arrière
On reprend la piste et on trouve des familles de bergers nomades autour d'une mare. Séance photo frénétique,
car ils sont beaux, avec de grands couteaux et des kalachnikovs et il y a même des seins dehors…
Au moment de partir, tout le monde se défile et Alain se trouve le dernier (culturel oblige…)
Les bergers réclament des cadeaux et balancent des pierres au premier refus. Alain se plaint d'être
abandonné en arrière. Arrivé à
Asayita
, pique-nique près du village. Les habitants sont indifférents. Photos avec une fillette timide et un barbu
à bretelles. Puis on cherche à rejoindre le
lac Gamari
. Impossible tout est en culture, irrigation et rizières.
On tourne en rond dans une poussière infernale, grise, pulvérulente. Puthod s'entête : des jeunes sont prêts
à nous y conduire pour une petite pièce, mais il refuse, gardant pour lui seul le droit de "prester". Je lui
propose de sortir la photo satellite, mais sans plus de résultat. Pourtant, je le verrai le soir, la piste
d'accès se voit comme le nez dans la figure. Résultat, on rate le lac.
Retour à
Asayita
, on apprend que l'Office du tourisme qui délivre les autorisations est fermé jusqu'à lundi. Bivouac
poussière en direction du retour. Gros solifuges, cousins peu aimables des araignées.
Journée de merde sans intérêt et fatigante à cause de la chaleur et de la poussière.
La seule chose à noter c'est la découverte des
Afars
. Contre des cadeaux ou des Polaroïds, ils acceptent les photos, mais dur dur.
Dimanche 16 novembre
Réveil entouré d'Afars, bergers, curieux, bâtons et Kalachnikov…
Retour à
Asayita
. On va essayer d'avoir des renseignements pour le nord. On tournicote dans le village à la recherche d'une
personne responsable.
11 voitures qui font des allers et retours dans les ruelles pleines de monde, de gamins, ça déménage. Mais
les gens sont cool. Finalement, on s'arrête et Puthod cherche seul.
On est entouré de gens sympas qui nous serrent la main, ne réclament rien. Certains parlent quelques mots de
français. Christian a trouvé une femme et un jeune Afar qui a vécu à
Djibouti
et qui parlent très bien français. Il sert d'interprète.
Asayita
, on apprend le français dans le primaire alors que dans le reste du pays, c'est l'anglais. Sans doute
l'influence de
Djibouti
.
Après une bonne heure de discussions dans l'Office du tourisme, il ressort qu'il faut effectivement charger
des militaires et un guide pour aller au nord et les ramener à
Asayita
…
Impossible, on n'a pas de place dans les voitures. Il y aurait peut-être un lac salé qu'il serait possible
d'aller voir sans guide, on décide d'en discuter au pique-nique. Près du petit lac qu'on n'a pas pu trouver
hier.
Au moment de s'y rendre le jeune interprète nous annonce que la femme de l'Office réclame 100 birrs par
personne pour le petit lac. Ras-le-bol. Trop c'est trop. On dégage après avoir donné un bon pourboire au
jeune.
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On casse la croûte au bord de l'
Awash
. Très longue rivière qui suit la
vallée du Rift
. Des Afars sont là avec leurs chameaux, les femmes (jeunes) sont très belles. Elles remplissent des outres
en peaux d'eau de la rivière (marron l'eau) et les chargent sur des chameaux. Beaucoup de chèvres. Photo et
poussière infernale.
Je découvre plus tard que cette zone est noyée par un barrage… Tous ces souvenirs sont enfouis sous l'eau !
Le barrage majeur dans cette région est le Barrage de Tendaho (ou Tana-Tendaho Dam), situé sur le fleuve
Awash.
Ce barrage est principalement destiné à l'irrigation pour le vaste projet agricole de Tendaho, notamment
la production de coton et de canne à sucre. Il sert aussi à la régulation des crues. Sa construction a
commencé vers 2005-2006. Il a été officiellement mis en service et inauguré en 2014. C'est une structure
cruciale pour le développement agricole de la basse vallée de l'Awash.
Le
pays Afar
est le pays de la poussière.
Comme on n'en a pas assez, Puthod nous fait tourner en rond en hors-piste dans un nuage de poussière. Il
paraît qu'il cherchait un bivouac à trois heures de l'après-midi…
Ras-le-bol, on s'arrête. Il va reconnaître à pied avec Michel. Pendant ce temps des jeunes Afars superbes,
coiffure rasta, poignards, Kalachnikov, très longilignes, viennent nous voir. Parmi eux, il y a le stoppeur
de Pascal. Assis en rond sur leurs talons, ils ont un look d'enfer…
Mais la communication n'est pas facile, ils ont l'air assez réservés ou méfiants, ou méchants (je
plaisante). Christian D. achète un poignard à un jeune. Il a l'air tout nu sans son poignard (le jeune).
Enfin un bivouac à proximité de l'
Awash
. Des gars dont un qui a l'air un peu chef viennent avec nous et nous font comprendre qu'on peut dormir
tranquille et qu'on n'aura pas de problème et c'est vrai…
Douche chez Pascal. Je revis… Feu, programme du lendemain. Jacques est fatigué, il va se coucher.
Pendant la nuit, cris impressionnants des hyènes qui sont tout près. Je me demande si elles bouffent les
gens vivants… On est dans la tente sans double-toit au ras du sol à portée de leurs dents. Le ricanement qui
leur sert de cri paraissait stupide dans les films, mais en situation, ça glace le sang et tu démarres le
claquement de dent dans la minute qui suit et en plus, tu as des remords, car tu as peur qu'elles
t'entendent…
Lundi 17 novembre
Je me lève la première, 6 heures, pipi… Je n'ai pas osé sortir cette nuit à cause des hyènes…
Des Afars sont là, calmes, nous regardent. Ils récoltent les bouteilles d'eau vides. Denrée très prisée en
Éthiopie
, depuis le début du voyage les gens se jettent dessus…
On part à l'ouest, direction
Bati
, où il y a un grand marché le lundi. Le village grouille de monde. Un grand marché aux bestiaux. À part
quelques gamins collants, ça se passe bien (beignets très bons, oranges, clémentines).
On décide (sauf quatre) d'aller manger au restaurant. Petit boui-boui où on nous sert de petits morceaux de
viande cuisinée avec des oignons. Pas trop fort. Et la fameuse « injera » en guise de couverts. C'est très
bon.
On retrouve les deux voitures qui n'ont pas voulu venir, 20 km en arrière (à l'est) de
Bati
et on prend une piste au nord. Piste très roulante. Beaux spots depuis des ponts avec de l'eau et des gens,
etc.
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Au raccord goudron, groupes de femmes en noir chargées de bois qui se reposent sur le parapet d'un pont.
Bivouac au nord de
Weldiya
dans un lit de rivière qui est le passage des gens qui vont travailler aux champs.
Un monde fou le soir, tous dans le même sens (vers le village), troupeaux, paysans avec leurs outils
rudimentaires. Enfants.
Je me fais du souci pour notre tranquillité… En fait, à la nuit, il n'y a plus personne. Il fait frais. Je
dors bien.
Mardi 18 novembre
Ce matin, les gens passent dans l'autre sens. Il y a aussi des chameaux. Les gens sont sympas, ils
s'arrêtent, nous regardent curieux et repartent au boulot. Une longue journée les attend. (Photos…).
On remonte au goudron jusqu'à une piste de montagne. À
Alamata
, on attaque la montée.
Toute la journée paysage fabuleux. Routes aériennes. On monte 2 fois à plus de 3 000 mètres. Villages,
cultures toutes en terrasses jusqu'au sommet des montagnes. C'est la saison du foulage des céréales.
Des bœufs tournent en rond sur les aires de battage. Les gens moissonnent à la faucille d'autres vannent les
grains à l'aide de pelles en bois qui ressemblent à des cuillères géantes. Lumière extraordinaire. Photos,
films.
Arrivé au-dessus d'un beau petit lac (
Hashengue
) entouré de montagnes et de prairies vert fluo. Plein de vaches à grandes cornes, moutons.
On a eu la chance de passer là à l'époque des moissons : la nature est à son apogée et les gens contents de
leurs récoltes. Tout est formidable. Je suis repassé à cet endroit en mars 2011 et ma déception fut immense…
Ça caille. Polaire, chaussettes (avec sandales : Bidochon) anoraks…
Alain, Annie, Claude et Monique paient l'apéro. Ils nous quittent demain.
Ils continueront au nord et finiront leur périple à
Djibouti
.
Bivouac avant
Mekélé
sur une piste à l'ouest. On dort dans la voiture.
Mercredi 19 novembre
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On entame une boucle à l'ouest d'
Adi Gudom
, par
Samré
,
Abergélé
,
Sekota
. Piste de montagne.
Tout a changé. Les maisons sont carrées, en pierre ocre. Montagne monumentale (en forme de monuments).
Toujours des gens qui marchent, des troupeaux.
On aborde la vallée du
Tirare Shet
, pleine de baobabs. Très beau contre-jour le soir. La paille sèche dans les arbres.
La boucle se termine à
Korem
où l'on est passé la veille, juste au sud du
lac Hashengue
, puis descente sur
Alamata
.
Piste très tournante et raide de nuit. Beaucoup de poussière pour atteindre le village. Pascal a pris un
couple de marcheurs éthiopiens…
Aux villages certains font les pleins, d'autres réparent leurs pneus.
Nous et d'autres, on file dans l'oued qui traverse Robit, au bivouac du 17 novembre qui était tranquille.
Téléphone à Laure pour son anniversaire…
Jeudi 20 novembre
On descend plein sud en direction d'
Addis-Abeba
. Goudron. Travaux. Poussière. RAS, sauf un repas tous au restau à
Désé
: la banque est fermée. On tente un restau contre l'avis de Puthod qui veut rouler.
On se trouve un truc pas mal, dans une cour intérieure genre patio à l'ombre. Bel instant de détente
(viande, injera). Sauf Puthod qui râle sur le temps perdu…
Bivouac à 200 km d'
Addis-Abeba
environ. Sous les acacias, un petit gamin curieux, mais sympa. Je téléphone à Marie-Dominique pour lui dire
que je serai à
Addis-Abeba
demain et pour lui demander les numéros de l'ambassade du
Kenya
.
En
France
on nous a dit que l'on pouvait faire les visas à la frontière à
Moyale
, mais on préfère vérifier.
Vendredi 21 novembre
Puthod a des problèmes avec sa voiture qui vibre. On part devant. Un rendez-vous à l'
Hôtel Ghion
à
Addis
. En route, on téléphone à l'ambassade, il faut faire les visas à
Addis
. On les aura lundi après-midi.
La route est belle. Goudron assez mauvais, on repasse au-dessus de 3 000 mètres. Ça caille. Il y a beaucoup
de vent.
À
Addis
, on suit un taxi pour nous rendre à l'
Hôtel Ghion
. 8 voitures à la queue leu leu dans une ville à la circulation d'enfer… Dur dur.
Hôtel dans un beau parc et pas trop cher. Restau. Toilette. Françoise et Nicole sont allées déposer les
passeports à l'ambassade du
Kenya
.
À propos, je rappelle Marie-Dominique vers 17 h 30. Elle sera à l'hôtel à 19 heures. Finalement, on mange
avec elle au restaurant éthiopien de l'hôtel. Sympas. On papote. Jacques a l'air de s'ennuyer.
Nuit terrible. Notre chambre est pile en face de la mosquée et toute la nuit les haut-parleurs ont diffusé
des prières et des chants. L'horreur. On n'a pas fermé l'œil !
Samedi 22 novembre
Petit déjeuner très tôt ! Départ vers 10 heures quand tout le monde a réglé ses problèmes de voiture…
Toni a découvert des amortisseurs bon marché et fait changer ça dans la cour de l'hôtel. Il n'avait pas
précisé le prix de la main-d'œuvre et il est empêtré dans des discussions de bâton de chaise… Michel qui a
voulu profiter de l'aubaine est dans le même bain.
Direction
Harar
, plein est, presque 500 km. Martine a trouvé dans son livre une description dithyrambique de la
Vallée des Merveilles
: il faut voir ça ! Jacques a insisté pour y aller, contre l'avis de Puthod et de toute façon, les
passeports ne seront prêts que dans 2 jours…
Route parfois roulante, parfois pleine de travaux, nombreux camions. Paysages assez monotones au début, puis
beaux spots dans les montagnes. Après notre virée dans le nord, on devient difficile…
Bivouac de nuit sur un terre-plein au bord de la route. On domine la vallée. Un gardien spontané monte la
garde avec son fusil ! Sympa. Pas trop de visites. Les gamins restent à distance. Par contre, ça caille à
mort ! Vite couchés !
Dimanche 23 novembre
Ce matin tout est trempé. On passe à
Harar
sans s'arrêter. Direction la
Vallée des Merveilles
, vantée dans le guide. Très décevante. Rien de merveilleux. Quelques rochers en équilibre, rien de
spectaculaire, à part quelques phallus en granit rose qui sont sans doute la cause des fantasmes du
rédacteur du guide.
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La moitié du groupe fait demi-tour.
On continue à 4 voitures pour voir si c'est mieux plus bas. On tombe sur des troupeaux de singes qui
traversent la piste grimpent dans les rochers, gros mâle aux fesses roses, mères avec leurs petits. Photos.
Pique-nique chez les singes. Christian D. Et Michel grimpent dans les rochers pour essayer de les approcher.
Un peu patauds.
Retour à
Harar
. On retrouve les autres. Une heure pour visiter
Harar
(en insistant). Dommage, car c'est sympa. Ville musulmane, style arabe, vivante. Les gens sont cool, gamins
chasse touristes sympas. Ils parlent français, me donnent leur adresse pour que je leur envoie la photo du
groupe avec eux.
On repart sur
Addis
où il faut récupérer nos passeports. Bivouacs à 60 km d'
Harar
. Horrible, plein de monde, une cinquantaine, pas sympas, collants, Christian et Marylène ont failli se
faire voler une valise avec une grande partie de leur argent dedans. En plus il fait très froid : la tente
et son double-toit ont gelé !
Lundi 24 novembre
Ce matin encore, tout est trempé. Même les sacs de couchage. On gèle. Les gars sont revenus. On plie tout
rapidement et on dégage. Puthod est parti en avance pour aller chercher les passeports. En fait on le
rattrape !
RAS sur cette journée. On retraverse le parc de l'
Awash
(où il y a plein de choses à voir, paraît-il, volcan, sources chaudes, animaux) sans s'arrêter : ce n'est
pas dans le planning. On roule, on roule. Ça cafouille à midi,
on ne retrouve pas les autres.
Pique-nique séparé avec Jacques l'ancien et Françoise quelques kilomètres après
Nazret
.
On retrouve les autres après
Mojo
. (Michel avait fait demi-tour pour nous retrouver) direction sud, la
vallée du Rift
et les lacs. On doit trouver un bivouac ou Puthod et Jackie nous rejoindront (téléphone).
On en trouve un magnifique à proximité du
lac Ziway
. Grands arbres magnifiques, figuiers sycomore géants. Petite pelouse. Le marais avec des oiseaux et plein
de petits singes dans les arbres. Comme on y arrive de bonne heure, on a vraiment le temps d'en profiter.
Les gens sont très sympas. Un gamin nous fait un spectacle sur son cheval…
Le soir les hommes s'installent à côté de nous enroulés dans des couvertures. L'un a pris sa lance. Ils nous
gardent !
Soirées fraîches, mais agréables. On se rassemble. On rigole bien avec l'histoire de Jacques l'ancien et de
sa femme cul de jatte.
Mardi 25 novembre
Départ dans la bonne humeur. Un cadeau au gardien de la pompe à eau. (Irrigation) qui nous avait accueillis.
Direction sud. Dans cet axe, il y a plein de lacs :
Ziway
,
Abiyata
,
Shala
,
Langano
,
Awasa
,
Abaya
,
Ch'amo
,
Stéphanie
(frontière
Éthiopie-Kenya
).
Les lacs
Abiyata
,
Langano
,
Shala
et
Stéphanie
sont salés.
Les lacs
Abiyata
et
Shala
sont la « réserve de la
Rift Valley
». On rentre dans le parc par une entrée annexe. Avec un guide que Puthod n'a pas pu éviter. Nombreux
oiseaux vers le lac, mais loin loin.
Les abords sont une croûte salée et molle (genre chott en
Tunisie
) rien de super. Au retour, on doit passer à la caisse. 110 birrs par voiture. Ça râle vraiment dans le
groupe, car ça ne les vaut pas. On paye quand même (sauf 2 voitures) et on se barre un peu énervés !
On cherche un coin pour pique-niquer au bord du
lac Langano.
Difficile, car soit ce sont des propriétés privées (petits hôtels, campements) soit c'est inaccessible.
Après plusieurs essais infructueux, on trouve un coin sympa chez une famille qui nous accueille dans son
pré. Très gentil. Petite case en terre. Grand dénuement. On mange à l'ombre sous les arbres, il fait chaud.
À part Pascal, personne ne se baigne. L'eau est marron, un peu mousseuse. Pourtant, il n'y a pas de
bilharziose dans les lacs salés paraît-il.
On quitte la route sud à
Shashamene
, à l'ouest direction
Sodo
.
Région très habitée. Villages partout. Cases rondes. Toit de chaume, un monde fou sur les bords de la route.
Dès qu'on s'arrête, on est assaillis par une meute de gamins qui réclament tout et n'importe quoi.
Plus excités que dans le nord. Grosses difficultés pour trouver un bivouac. Ça grouille. Finalement, il fait
nuit, on prend une piste au milieu d'un village suivi par une meute. On est mal barré. Mais c'est assez
loufoque.
On avance au pas en rigolant à la radio avec Jacques l'ancien.
Finalement, Puthod négocie quelque chose en début de caravane et quand on arrive, on est introduits dans un
enclos par un gars qui hurle dans un porte-voix des trucs qu'on ne comprend pas. Pour nous ou pour la
population qui grossit et continue à le suivre.
On est parqués comme au zoo. Nous, dans le rôle des animaux, les autochtones dans celui des visiteurs. Deux
gars armés sont chargés de nous garder. On fait le spectacle. Pas d'agressivité, beaucoup de curiosité. Les
gens rigolent bien. On est les singes du zoo.
Bonne nuit, tranquille. Je me pique très fort les jambes en franchissant la haie d'aloès pour faire pipi. Ça
saigne beaucoup.
J'ai beaucoup aimé les villages de cette région. Les cases sont grandes avec des enclos très propres. Petite
herbe rase, bougainvilliers devant les portes. Je pense qu'à trois ou quatre voitures, il aurait suffi de
demander à une famille le droit de dormir dans leur enclos et c'était le pied…
Mercredi 26 novembre
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Départ pour
Arba Minch
. À
Sodo
, quatre voitures s'arrêtent pour faire le change. La banque est noire de monde au sens propre comme au
figuré.
Ils nous font passer derrière pour enregistrer nos passeports et billets, mais avec l'organisation
africaine, on y passe quand même une heure.
On retrouve les autres à
Arba Minch
, au restau. Poisson très bon.
Des jeunes sympas discutent avec nous. Un ado de l'ethnie des
Hamers
propose de nous servir de guide pour la suite de notre virée au sud-ouest.
Discussions avec le groupe. C'est lourd un groupe comme ça. Quelques coups de gueule. Certains (Toni et
Michel) considèrent que Puthod est
"le"
Guide et qu'ils n'en payeront pas d'autres…
Finalement, on prend le guide Shoah quand même, et on se débrouillera entre les 3 Lands si les autres n'en
veulent pas.
Puthod, ravi de son plébiscite à 2 voix, n'est pas chaud du tout. Je n'ai pas bien saisi son prénom, mais il
comprend. Il parle bien anglais et quelques mots de français. Il a 16 ans. Pascal le prend dans sa voiture.
On quitte
Arba Minch
vers trois heures.
Crevaison sur une piste cailloux assez dure. Dès l'arrêt, les babouins nous entourent, un peu
impressionnants. Tout le monde se précipite autour de nous pour aider.
Je n'ai pas le temps de dévisser ma roue que Michel a déjà descendue celle de secours en virant tout ce qui
le gêne. Je suis obligé d'élever la voix. Au remontage, il manque la rondelle qui écarte la roue de
l'essuie-glace, je n'ai qu'à me démerder…
Piste jusqu'à un village à 80 km après
Konso
, Shoah nous met dans un camping à
Weito
« pour la sécurité », enclos à côté d'un petit bar restaurant local. Ça ne fait pas l'unanimité dans le
groupe. C'est rustique, mais il y a une bonne douche : bidon derrière un pagne…
Bonne soirée, mais nuit dure dure… Groupe électrogène jusqu'à une heure du matin. Puis les coqs de toute la
région se sont mis à chanter. Puis un car a déchargé ses clients puis un 4x4 a fait chauffer son moteur à
hauteur de notre tente : super… Je n'ai pas fermé l'œil