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Vendredi 31 octobre
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On roule le long du
Nil
. Sable : grands plats ou dunes. Les villages sont pauvres. Cultures et palmiers. C'est beau. Il fait hyper
chaud malgré un vent fort. Traversée de nombreux villages dont un en cul-de-sac avec des ruelles très
étroites bordées de hauts murs (
Al Goled
). Demi-tour pas facile. Les gens sont très sympas. Photo. Belle porte.
Arrivé au site de
Old Dongola
. Vieille cité préislamique sans doute, des centaines de tombes orientées nord-sud. Des monuments coniques
(tombes de marabout) envahies par les chauves-souris.
Un fort au sommet d'une colline. Les restes de murs d'une cité qui a dû être très grande. On part à quelques-uns
pour la visite du Fort. Entrée par une meurtrière au 1er étage.
Tout est barricadé. On avance précautionneusement dans un labyrinthe et on surgit sur la terrasse sommitale,
d'où la vue est imprenable. Je sens que rien n'est solide et je rase les murs pour tenter d'améliorer la
portance de ces vieux planchers en pierres sur bois. On redescend. Christian qui traîne en arrière finit par
faire effondrer 1 m² de plancher dans une poussière épouvantable. On a frôlé la cata.
La cité d'Old Dongola au bord du Nil.
On s'approche du fleuve et on s'installe sur une terrasse dominant le
Nil
qui devient bleu avec les lumières du soir.
On cherche un coin pour se baigner. Berges inaccessibles à cause de la vase et de la végétation. Beaux
plantages des Toyota au fond d'un creux de sable. On arrive dans un site grandiose. Le
Nil
est bleu, les dunes en or, les arbres verts : magnifique.
Impossible de se baigner. Jacques s'enfonce dans la glaise jusqu'aux genoux. Il a un mal fou à sauver ses
chaussures. 1/4 h de nettoyage. Apéritif chez nous. Repas en petit comité et rigolade jusqu'à minuit.
Très mauvaise nuit pour moi, j'ai chaud et suis couverte de boutons qui me démangent à mort : un souvenir de
la soirée de rêve au bord du
Nil
. Sans doute un genre de plus.
Beaucoup de vent, je dors dans la voiture. Je dois fermer les fenêtres, j'étouffe…
Samedi 1 novembre
On roule dans la poussière, climatisation tout le long. Pique-nique sympa dans une palmeraie. Les gens du
village viennent nous voir. Gais, sympas, photos.
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Toutes les femmes sont belles, parlent un peu anglais. Nous, on a hérité du bobet du village, le ravi de la
crèche. Il veut absolument monter dans la voiture de Pascal. Au moment de repartir, il n'arrive plus à s'en
débarrasser.
Visite du site d'
El Kuru
. Le vieux guide veut voir nos autorisations qu'on n'a pas. Il est intraitable et Alain, qui a exigé cette
visite, part avec lui à
Karima
pour faire les formalités (environ 30 km x 2).
Pendant ce temps, on va au bord du
Nil
. Grands arbres. De l'ombre. Certains se baignaient sous les yeux des gens toujours aussi gentils et
discrets. On retrouve les autres, enfin ! visite des tombeaux de l'époque pharaonique (je crois) tombes des
pharaons noirs de
Napata
Extérieurement une bâtisse en terre en voûte. Une porte. On descend les escaliers au moins 10 mètres de
profondeur. Des salles avec des bas-reliefs. Il faut des lampes pour les distinguer. Je n'y connais rien du
tout et il fait une chaleur d'enfer même à cette profondeur.
Tombeaux d'El Kuru, au Soudan
Départ pour les belles pyramides du
Djebel Barkal
au coucher du soleil. Pour lui faire plaisir, Puthod demande à Christian de choisir le bivouac. Celui-ci
proteste gentiment, puis accepte et part à fond la caisse, droit sur la ville de
Karima
.
Pas de chance, c'est la seule ville du coin. Puthod à un mal fou à le rattraper et le stopper. On repart un
peu plus au nord et on trouve un de ces bivouacs lisses comme la main qui nous donnent la sensation d'être
visibles à des km. Mais bivouac dans le sable quand même. Bonne nuit.
Dimanche 2 novembre
Au pied du
Djebel Barkal
, visite des
temples d'Amon de Napata
très détruits. Visites commentées par un jeune archéologue Soudanais.
Vraiment j'ai trop peu de connaissances de cette période de l'histoire pour accrocher.
Le site du djebel Barkal ?
À
Karima
, une heure de marché : fruits. Pascal s'achète une immense jarre pour avoir lui aussi sa cruche à côté de
lui dans la voiture ! No comment.
Direction le bac pour l'autre rive. Des dizaines de camions attendent déjà. Tout petit bac. Puthod essaie de
négocier sans succès. Il fait hyper chaud et il y a une poussière grise inimaginable. 10 cm sur le sol et
l'air en est saturé. Je repère une petite pelouse à l'ombre des palmiers avec tables et chaises (eh oui !)
On s'installe, on boit des Seven-Up frais. À midi, viande d'agneau grillée et pain. Notre traversée
semblant toujours aussi mal engagée, les gars décident de faire le forcing. Toutes les voitures avancent à
l'embarcadère provoquant une belle pagaille. Les gens restent cool devant la manœuvre sauf le pauvre
policier qui s'égosille sur son sifflet.
Il y a des 4x4 partout dans tous les sens, garés n'importe comment, le tout dans une poussière d'enfer.
Après quelques mots, huit voitures
embarquent, les cinq autres attendent le prochain bac. Vive l'Afrique !
Le bac officiel est en panne et les sous manquent. Une barge le traîne à couple. La manœuvre est 2 fois plus
lente, d'où l'affluence et l'énervement et la police…
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Enfin tous sur l'autre rive, en roulant direction de la
quatrième cataracte
. (Ils ont compté les cataractes (rapides) en remontant le Nil)
Après quelques pistes en cul-de-sac, on traverse les travaux du village d'accueil des ouvriers du chantier
de barrage de la Quatrième cataracte, puis on arrive sur le site sauvage et grandiose : du sable, des
rochers, énormément de courant.
Je me baigne toute habillée (mon maillot dans la voiture assez loin) avec dans la poche de mon pantalon, les
papiers que Pascal m'a confiés pour ne pas les mouiller quand il est allé à l'eau…
J'en profite pour me laver y compris les vêtements que je porte.
Bivouac en terrasse. On décide de traîner le matin sur le site.
Lundi 3 novembre
Superbe lever de soleil sur le
Nil
. Ça mitraille de tous les côtés. Je filme. Baignade. Bonne ambiance.
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Départ vers 10 heures. Journée poussière. Plein de villages. Cultures, petits canaux d'irrigation que l'on
détruit en passant (ils traversent les pistes) le dernier les reconstruit ! Ils remontent l'eau avec des
pompes.
Repas au bord du
Nil
. On trouve (les mêmes) une superbe ombre avec vue sur l'autre rive : sorte de ksar. Cultures. Des femmes
travaillent la terre. Des gamins viennent nous voir, toujours souriants et discrets.
On va couper la boucle du
Nil
. Après avoir longé un moment, on coupe : piste de rochers et, sable, poussière. Puis hors-piste, on vise un
massif volcanique.
Au milieu de nulle part, on rencontre une famille de bergers nomades dont les bagages sont des plus
restreints. On tente le contact, la femme est bien, mais le mâle n'a pas l'air complètement fini.
Christian ouvre son coffre pour lui laisser un gros sac de riz. Elle n'a pas l'air de connaître et se méfie
un peu. Sourires. Regards.
En fait, on est dans le
désert de Bayuda
. Bivouac à l'abri des rochers. Il y a beaucoup de vent. Nuit venteuse. Le sable et la poussière envahissent
la voiture où l'on dort.
Mardi 4 novembre
On vise la
cinquième cataracte
. Tout d'abord massif volcanique. Noir.
Deux puits : un trou creusé dans le sol. Les nomades accroupis tirent de l'eau avec une corde et remplissent
des bidons en plastique. Chameaux. Chèvres. Cadeau au premier puits, une vieille femme, un gamin et un homme
très pauvre.
On retrouve le
Nil
et la poussière. Pique-nique sous les palmiers. Étouffant, pas d'air et beaucoup de poussière.
Tout le village est autour de nous. Bonne humeur. Ils ne réclament rien. Ils ont l'air contents de nous
voir.
Après-midi poussière. On longe le
Nil
. Arrêt dans un village pour des courses (tomates, pain, jus de mangue…).
Les autres n'ont pas attendu et à la sortie du village, il n'y a plus personne et plusieurs pistes. Contact
radio. On attend. Puthod revient vers nous. Direction : le bac à 30 km.
Abu Safar
, petit bac qui prend quatre voitures à la fois. On arrive les premiers. Une voiture soudanaise et un camion
voudraient bien nous griller.
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Petite explication. Christian D. et Pascal leur barrent le passage. Tout le monde reste cool. Jacques
sympathise avec le gars de la voiture qui parle anglais. Finalement, ils sont chargés avec nous (les quatre
dernières voitures). Le gars offre son passage à Jacques et je lui donne un paquet de clopes…
De l'autre côté Tony, Mireille et nous attendent, bivouac dans une forêt au bord du
Nil
: un palmier et les grands arbres très feuillus.
Ah oui ! On a quand même attendu une demi-heure (les dernières voitures pour la rupture du jeûne). Repas.
Prière.
Petite réunion après le repas. Jacques en profite pour rappeler à Puthod qu'il doit attendre le groupe quand
il y a changement de direction, histoire de pisser un peu plus dans le violon !
Mercredi 5 novembre
Goudrons à quelques kilomètres du bivouac. Arrêt dans la première petite ville,
Atbara
. Gasoil et eau pour ceux qui en manquent. Belles routes (payantes). On s'arrête à
Shendi
, petite ville sur les bords du Nil. On n'est pas d'accord sur le lieu du pique-nique. On se sépare et on
zigzague dans un dédale invraisemblable dans la végétation.
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On trouve un petit champ calme, avec un petit puits d'irrigation. Sur l'exemple de Jacques l'ancien, on se
plonge avec délice dans une eau claire et fraîche. Bonheur suprême.
Direction
Méroë.
Un site protégé par des barbelés. Belles pyramides vues de la route. Âge : 2 000 ans, environ. Mais tout a
été pillé il y a 150 ans par un Italien (
Giuseppe Ferlini
) qui a tout revendu sur catalogue.
Il ne reste que le catalogue pour savoir ce qu'il y avait dedans. Toutes les pyramides sont écrêtées, un
vrai désastre. Il faut des autorisations pour visiter. Pour les obtenir c'est à 50 km en arrière :
Shendi
.
Les sites de Méroë et Musawwarat ?
Il fait hyper chaud et on n'est pas très motivé pour refaire les 50 km en sens inverse. Seulement six
personnes y retournent. C'est Alain et Annie qui s'y collent. On a rendez-vous le soir au bivouac.
On retrouve une partie du groupe vers trois heures. Direction le bivouac où nous attendrons ceux qui
visitent les sites.
On trouve une petite ombre (il est tôt, il fait chaud). Visite de berger. Photos. Cadeau. Petite fille
adorable.
Réunion pour organiser le passage à
Khartoum
. Alain s'insurge contre ceux qui ne souhaitent pas, comme lui, visiter chaque ruine de ce pays qui en
compte beaucoup. Il a lu quelques éloges du musée de
Khartoum
et veut absolument y aller. Chacun gérera son temps. Hôtel, marché, musée, etc.
Rendez-vous à 15 heures à
El Kamelin
à 120 km au sud de
Khartoum
. Les projets pour chacun s'affinent lentement. Puthod a sollicité l'hôtel
Acropole
pour obtenir les visas. Il le trouve trop cher pour lui, mais souhaite qu'on y aille de sa part pour ne pas
altérer sa relation. Ça fait partie de ce qu'il appelle sa « prestation ».
Jeudi 6 novembre
Deux voitures sont parties très tôt visiter les sites de
Mussawwarat.
Nous, 160 km goudrons jusqu'à
Khartoum
, grande ville de 6 millions d'habitants. Commence par des banlieues grouillantes d'activité. Petits
commerces, petits marchés, beaucoup de circulation, de bruits de poussière. Le tout dans la sérénité. Le
code de la route est assez fantaisiste, mais tout se passe dans la bonne humeur et une certaine courtoisie.
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Grand pont en ferraille (pour trains et voitures) pour traverser le
Nil bleu
. On suit ensuite la rive du
Nil
pour trouver un hôtel. On opte pour
Holiday Villa
, hôtel international, mais moins stéréotypé que le
Hilton
qu'on a vu précédemment. On discute un peu les prix. C'est assez cher.
On mange (il est deux heures) et grosse grosse toilette. Grosse grosse lessive. Rencontre avec un géologue
allemand qui parle très bien français, habitué de l'Afrique, il est très intéressant et sympa. Chef cuisinier
marocain, très gentil, content de parler français.
Le progrès informatique commence à toucher l'Afrique et mon smartphone (pas si vieux que ça non plus…)
accroche le réseau à Khartoum ! J'en profite pour discuter par mail avec Dodwell Mombasa et peaufiner le
retour des voitures par container.
L'ambiance du voyage en explorateur à la Livingstone en prend un vieux coup ! Mais bon, c'était déjà bien
entamé avec le GPS, le parcours en live sur la cartographie avec OziExplorer et les photos satellites…
Je (Jacques) découvre avec stupeur et délice le café aux épices. C'est indescriptible et le souvenir me
hante depuis.
On traîne à l'hôtel, les trois Lands, Jacques l'ancien et Françoise. Les autres sont quelque part dans
Khartoum
: le repas du soir sur la terrasse au-dessus du
Nil
. Barbecue. Buffet, orchestre, super bonne ambiance extra.
Les hommes vont se baigner à la piscine de l'hôtel. Moi, dodo. On appelle Laure : tout va bien. On discute
avec des coopérants d'ONG qui stagnent à l'hôtel 4 étoiles depuis 7 ou 8 mois.
Alain et Annie sont venus boire un pot à l'hôtel, ils passaient dans le coin à la recherche d'un appareil
photo. Le leur a rendu l'âme.
Vendredi 7 novembre
Après un bon petit déjeuner, départ pour le grand marché d'
Omdurman
.
Quartier au nord-ouest de
Khartoum
très animé. Pascal reste à l'hôtel pour bricoler sa voiture.
Immense marché, grouillant d'activité, mais comme dab', les gens sont gentils. Pas de sollicitations.
Sourires, photos. Je photographie un gars qui vend des tissus. Il est tellement content de l'intérêt que je
lui porte, qu'il envoie un porteur me donner un coupon de tissu en remerciement. Petits achats, fruits,
légumes, pain. 2 gamelles au rayon boites de conserve recyclées…
On a pris un taxi pour y aller. Le gars, sympa, a fait le marché avec nous et nous ramène à l'hôtel après
nous avoir montré la grande mosquée. Il aurait voulu qu'on visite d'autres choses, mais vraiment, on n'a pas
le temps.
Départ de l'hôtel vers 13 heures. On doit retrouver les autres à 80 km. Il fait hyper chaud, le temps est
chaud. On retrouve les autres, on mange 2 tomates et un bout de pain dans la voiture en roulant.
Les paysages changent. Beaucoup plus de végétation pour un relief plat, beaucoup de culture, de céréales,
mil, millet… Village avec des huttes rondes au toit de palme.
Difficultés pour trouver un bivouac. Il fait nuit, on a été retardé par un contrôle de passeport et il y a
des cultures partout. Après s'être égarés pendant des kilomètres dans les cultures, on trouve enfin un coin
sympa derrière une petite montagne. Apéritif. Je monte la tente, car il y a plein de petits insectes pas
méchants, mais je n'ai pas envie de dormir avec eux. Il fait très chaud pendant la nuit. Le vent se lève. Ça
rafraîchit un peu.
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Samedi 8 novembre
Il y a plein de chèvres autour de nous au réveil. Les bergers, pas curieux, ne viennent même pas nous voir.
On roule vers la frontière éthiopienne. Autoroute jusqu'à
Gédaref
. Puis piste. Quelques contrôles cool. Beaucoup de cultures, d'immenses champs de céréales.