← Étapes →
Mercredi 24 novembre
(suite)
Frontière
d'Arabie
, changement de standing, l’informatique règne…
Bivouac de nuit 60 km après la frontière sur un terrain sableux et bosselé. Depuis la frontière, on est
surveillés discrètement par une voiture banalisée qui nous suit sur la piste du bivouac, reste à distance.
Ils se relaieront pendant la nuit : police ?
Jeudi 25 novembre
On roule, on roule. Paysages monotones et plats. Beaucoup de carcasses de voitures. Ça doit cartonner. Il
faut dire qu'ils roulent comme des malades.
Pique-nique et baignade au bord de la mer Rouge, pas loin de la route pour que ceux qui nous suivent nous
voient. Après-midi, rien à signaler.
À 120 km de
Djeddah
on décide de prendre hors-piste pour rejoindre la mer.
Puthod traverse la route sans regarder et manque d'1 mm une camionnette locale lancée à 120 km/h : il aurait
dû être broyé.
Bivouac dans un joli coin au bord de la plage : un décor plat comme la main, pêcheurs locaux amateurs venus
pour la nuit. Petit air frais agréable après la chaleur étouffante de la nuit. Visite des gardes côtes,
autorisations sans problème.
Vendredi 26 novembre
Des chameaux viennent nous rendre visite, bouffent les tartines de Christian et Marylène.
On roule, on roule, on passe
Djeddah
. On essaye de rester sur la route du bord de mer. Puthod nous emmène perdre une heure à midi pour trouver
la mer alors qu'on lui avait dit qu'il y avait une lagune de 10 km. (GR…) On est obligé de lui faire le coup
du groupe qui s'arrête pour qu'il revienne.
Pascal, excédé, arrache son GPS du tableau de bord pour lui montrer la lagune. Puthod lui répond qu'on ne
voit rien : horreur, sans piles, tout s’est éteint !
⏯️
⏯️
La tension entre Puthod et son groupe est à son comble, il devient complètement insupportable. Pascal n'en
peut plus et commence une campagne pour abandonner de groupe de m…
On mange entre les grillages de deux usines en bord de mer. 3 se baignent, la barrière de corail est tout
près. Ils ont vu de magnifiques poissons avec leurs masques, na na nère euh ! Après-midi, on roule, on
roule…
Depuis
Sanaa
, on mijote de rentrer par le nord. Projet monté avec Pascal qui obtient les renseignements en téléphonant à
Corinne en France.
On laissera les autres rentrer par l'
Égypte
, la
Libye
et la
Tunisie
. Nous, les trois Lands, on continuerait par la
Jordanie
, la
Syrie
, la
Turquie
, la
Grèce
et
l'Italie
. On va leur annoncer ce soir !
Bivouac recommandé par les garde-côtes au bord d'un drôle de fjord. Beaucoup de vent. Les garde-côtes nous
disent de faire attention : un jeune vient de se faire bouffer par les requins.
On annonce à Puthod notre décision de nous séparer. Puis aux autres. Christian et Marylène ont de nombreux
remords et les expriment sans être compris. Discussions, protestations de certains, regrets des autres…
Beaucoup de bruit pour rien…
Pour moi (Jacques), c'est la rupture définitive. Puthod a été un magnifique entraîneur pour
le néophyte que j'étais
en 1992 en Libye. Puis, peu à peu, il s'est transformé en un stupide emmerdeur.
Qu'il garde pour lui son culot méprisant envers les autochtones et sa roublardise envers les autorités qui
ont valu tant d'ennuis à ses groupes. Ce gars ne cherche pas des clients mais des sponsors pour financer ses
voyages et sa devise est qu'ils paient et se taisent.
Si tu as le moindre problème, tu sors du groupe et tu rentres seul chez toi
(voir Niger 2000)
et si c'est lui qui a un problème, tout le groupe lui doit assistance.
Allez, salut ! Essaye d'en gruger d'autres, mais pour moi, c'est fini.
Et sur le fond du métier, tu n'as pas su évoluer : ton matos est pourrave, tes outils de navigation sont
totalement dépassés, tes capacités d'organisateur ont fondu comme neige au soleil. Et je ne suis que le
énième à te lâcher, il n'y a pas eu un seul voyage sans histoires et abandons, ou encore pire, perte de
clients.
Pense aussi à ce médecin Lyonnais qui t'a fait supprimer en justice la licence de voyagiste de Fun Aventure
à cause d'un "superbe" voyage au Tchad que tu as fini en tôle à N'Djaména, ou
Alain Cerf
que tu as volé en lui vendant une voiture d'occasion trafiquée ou même
Ursula.
qui ne veut plus non plus partir avec toi.
On va se croiser une dernière fois dans quelques jours dans une rue à Pétra en Jordanie : à 50 cm. L'un de
l'autre, on ne se dira même pas bonjour…
On est gardé toute la nuit par la police. Discrets.
Samedi 27 novembre
Départ avant les autres. Adieux amicaux.
⏯️
Depuis notre arrivée en
Arabie Saoudite
et à l'inverse de tout ce qu'on savait, aucune animosité ou regard critique vis-à-vis des femmes
européennes.
On fait les courses sans problème dans les stations-service où il y a toujours un super market. On s'est
baigné en maillot de bain au bord de la route. Aucune réaction.
Par contre, nous n'avons pas vu une seule femme arabe depuis la frontière. Que des hommes et peu d'enfants.
Les policiers de la douane ont dit à Jésia que les femmes peuvent conduire des voitures en transit, mais en
tant que résidentes, elles n'auraient pas ce droit.
Pique-nique sur la plage. Jacques et Christian se baignent une dernière fois dans la mer Rouge. Le nord
devient plus varié comme paysage. Montagne de moyenne altitude. Beaux éclairages du soir.
Bivouac en plein vent dans la montagne. Glacial, à 50 km de la frontière de Jordanie. À 7 h 30 tout le monde
est couché. Ça caille trop.
Dimanche 28 novembre
Petit lever glacial. Christian et Marylène partent déjeuner au soleil. Nous, on boit notre café debout
contre la voiture. On les retrouve au soleil devant une épicerie station-service installés sur des chaises.
Passage de la frontière de
Jordanie
facile à
Akaba
.
Eilat
est juste à côté en
Israël
, l'
Égypte
n'est pas loin non plus. Les deux pays se quittent et se pénètrent rapidement. Impression de jovialité des
Jordaniens. On décide d'aller à
Pétra
puisque on ne passe pas loin.
⏯️
Puis direction
Amman
à 350 km pour faire les visas pour la
Syrie
. On n'est pas très rassurés, car le guide dit que le
consulat de Syrie
ne délivre aucun visa…
Beaux paysages avant
Pétra
, mais il fait un froid terrible et beaucoup de vent.
Pétra
. Après un repas copieux (trop : nous goûtons à toutes les spécialités locales) à
Wadi Moussa
, village à l'entrée de
Pétra
.
On retrouve certains de nos collègues. Ils prennent le bateau demain à
Akaba
pour l'
Égypte
. Et certains ont décidé de venir voir
Pétra
.
Site merveilleux, peu de monde si bien qu'il donne l'impression d'être encore sauvage. Un beau canyon.
Malheureusement, il est un peu tard dans la journée. Seules quelques façades sont éclairées et il faudrait
pouvoir y passer au moins une journée pour avoir toutes les lumières. Jacques nous fait la sortie du canyon
par le siq, perché sur un âne de location qui, lui, n’avait visiblement pas signé pour ça, et découvre
l'effet de la gravité.
On repart direction d'
Amman
, environ 200 km, arrivée à 7 h 30 jordaniennes, 8 h 30 Yéménites…
Immense ville sur 7 collines, beaucoup de circulation. Il fait nuit, on n'a aucune idée de l'endroit où on
peut trouver un hôtel. On en voit plein de magnifiques à 180 € la nuit…
Finalement, on en dégote un de confort moyen, mais propre et très sympa (merci Christian et la VHF)
Hôtel Razan
.
Les Lands restent dans la rue, mais sans problème paraît-il. Poulet frites salade à l'hôtel. Bonne nuit.
Lundi 29 novembre
Petit déjeuner à 8 h. On part à l'
ambassade de Syrie
en taxi avec un GPS portable. Il fait toujours aussi froid (
Amman
est à 900 mètres d'altitude).
Aucun problème pour les visas semble-t-il, à condition de n'avoir aucune trace d'
Israël
sur nos passeports et une lettre de l'
ambassade de France
.
On se partage le boulot, Christian et Marylène foncent à l'
ambassade de France
. Pascal supervise le remplissage des documents par un chibani installé en plein vent sur le trottoir avec
sa machine à écrire, sa photocopieuse et son appareil photo… Jacques et moi partons en taxi faire du change
dans une banque.
Après s'être fait prier, le
consul de France
accepte de faire la lettre… pour midi, car il n'a pas de traducteur sous la main. Le
consulat de Syrie
ferme à 11 h 30.
« Tomorrow morning », on amènera les papiers. On aura nos visas à 14 heures. Inch’Allah.
Amman
: ville propre avec des quartiers très chics est correcte, de larges rues, des autoroutes, de multitude de
maisons accrochées aux collines. L'impression de ville plus moderne.
Plus occidentalisée que tout ce que l'on a vu depuis le début du voyage. Les femmes ne sont pas voilées
seulement un foulard, habillés à l'européenne. Les hommes en ville sont aussi vêtus à l'occidentale…
Pour tuer le temps en attendant les visas, on part en direction de la
mer Morte
à environ 60 km à l'ouest d'
Amman
. Beaux paysages pour s'y rendre. Indications pour le « Baptism Site » au nord. On cherche un coin aménagé
pour approcher la mer. On n'en trouve qu’un, sale, plein de mouches.
Pascal se baigne dans des eaux saturées de sel. Il flotte et tient presque assis dans l'eau. Nous, on se
dégonfle, on n'a pas assez d'eau douce pour se rincer. Les environs sont équipés d'hôtels de luxe pour
thalassothérapie, etc.
La voiture de Christian fait des bruits bizarres… On retourne à
Amman
. En rentrant dans la ville le 130 se met à fumer. Christian tombe en panne à 500 mètres à vol d'oiseau d'un
garage Land Rover « Ole Jordan ».
Il part avec Pascal. Nous on reste au bord de l'autoroute et la voiture en panne. Ils reviennent nous
chercher direction le garage. Hyper luxe. Ultra moderne et propre, du jamais vu en
France
.
Ils gardent la voiture pour diagnostic. On retourne à l'hôtel. Christian et Marylène vont se balader. Nous,
on traîne à l'hôtel, puis direction un restau avec Pascal.
Il fait un froid terrible. On atterrit dans un bouiboui à kebab crad, froid, bruyant et enfumé. Furieuse, je
ne mange rien.
Retour à l'hôtel. Christian et Marylène sont allées manger chez Pizza Hut !
La chambre est glaciale, notre convecteur ne marche pas. Je l'ai signalé sans succès. On allume les plaques
électriques de la mini cuisine pour se chauffer. Je mets une deuxième couverture et dort avec ma polaire.
Mardi 30 novembre
Petit déjeuner simplissime à l'hôtel à 8 h. Avec Jacques, on fonce porter les papiers à l'
ambassade de Syrie
. On peut revenir chercher nos visas à 14 heures. Les autres sont partis au garage prendre des nouvelles.
En fait, c'est grave : c'est la boîte de transfert qui est foutue (manque d'huile ?) et l'embrayage ne va
pas bien du tout.
Christian voudrait que la garantie Land Rover marche, mais en
France
, on lui dit qu'il est hors zone géographique en
Jordanie
. Je passe toutes les discussions et téléphone etc.
Finalement, le chef d'atelier leur propose de monter une boîte d'occasion de TDI. Il n'y a pas de pièces
pour ce véhicule (TD5) qui n'est pas vendu en
Jordanie
.
Ce matin, je suis partie me balader avec Marylène jusqu'à la ville basse. « Down Town ». Deux ou 3 km.
Quartiers plus anciens plus populaires, les plus arabes. Belles mosquées anciennes beaucoup de monde, plein
de petites boutiques, mais pas de souk. Il n'y en a pas à
Amman
.
Marylène s'achète une montre, des chaussures, un costume pour son petit-fils. Et moi quelques délicieuses
pâtisseries à partager avec les hommes à midi.
Les gens sont ouverts sympas parlent tous un peu anglais.
À midi restau indien, délicieux et sympa avec Pascal. Les De Jonghe n'aiment pas l'Indien paraît-il. Gâteau
dans notre chambre tous ensemble. Pascal et Christian repartent au garage.
On glande dans la chambre. Je bouquine. En principe la voiture devrait être récupérée demain sauf
l'embrayage qu'ils n'ont pas. Il faudra qu'il le ménage au moins jusqu'en
Turquie
où la garantie marchera.
Restau espagnol tous les cinq. Beaujolais nouveau offert par Christian De Jonghe. Assez classe en face de
l'intercontinental. En fait le petit hôtel est dans le quartier des hôtels de luxe : il y a le Royal Jordan,
l’Intercon, le Bellevue…
⏯️
Mercredi 1 décembre
Christian et Pascal repartent au garage. Avec Jacques, on part à pied se balader. On se retrouve dans la
ville basse par une autre voie. Retour à travers la colline qui est desservie pour les piétons par des
escaliers hyper raides qui vont de rue en rue.
On retrouve Marylène qui traîne devant l’Intercon. On va boire un café dans le snack luxueux de l'hôtel.
Trois cafés pour 7,65 dinars soient environ neuf euros…
Midi, kebab dans la chambre, fruits.
Finalement, la voiture est réparée vers 17 heures. Il fait nuit. On reporte notre départ au lendemain matin
de bonne heure. Repas chez l'Indien, toujours très bon et sympa. Cette fois-ci, les De Jonghe aiment
l'Indien…
Jeudi 2 décembre
Réveil à 6 h, petit déjeuner à notre chambre avec nos potes. On est presque sortis de la ville quand
Marylène s'aperçoit qu'elle a oublié son insuline à l'hôtel. Demi-tour. Jacques la ramène à l'hôtel,
légèrement excédé.
Il faut dire que Christian et Marylène planent toujours à 3 000, ils perdent ou oublient sans arrêt des
trucs et sont très souvent à contretemps des autres. Ça devient un peu crispant au bout de deux mois…
Passage de la frontière avec la
Syrie
à 70 km au nord
d'Amman
. 1 h 30 pour changer de pays. Un record. On roule vers
Damas
par l'autoroute.
Les cultures d’oliviers de la région me font penser au sud de
l'Espagne
. Au loin le plateau du
Golan
enneigé.
Pique-nique au bord de l'autoroute au soleil. Pas de vent, ça repose. Le choix est de rentrer : pas de
visite de la Syrie. Les conditions géopolitiques ne sont pas favorables.
Mais Christian voudrait aller chez Land à
Damas
voir s'il peut faire changer son embrayage. On n'est pas emballé, on voudrait rouler… On essaye de le
convaincre d'attendre la
Turquie
.
On repart et à l'entrée
d'Amman
, il nous dit qu'il préfère chercher le garage Land Rover avec un taxi. On lui dit qu'on peut l'attendre
trois heures ici. On est arrêtés sur le périphérique dans la banlieue hyper bruyante de
Damas
, saturée de camions et noyée dans la pollution. Léger froid.
J'en ai marre et part discuter avec Pascal. Finalement, ils n'ont rien pu faire sauf se disputer sur le prix
du taxi. On repart de
Damas
, il fait nuit, on a tout ce qu'on voulait éviter.
Galère pour trouver l'autoroute qui va sur
Khoms
. On s'égare dans des bleds de banlieue. On trouve puis, pour le bivouac, on quitte l'autoroute par une
petite piste dans la montagne. Nous sommes à 1 500 m d'altitude, cachés dans une carrière au pied d'un
concasseur. Il fait un froid de canard. J'empile les vêtements, plus l'anorak de Christian. À 7 h 30 tout le
monde est couché.
Vendredi 3 décembre
Anniversaire de Yannick. Lever à six heures. Il fait 0°. À l'horizon les
Monts Anti Liban
sont vallonnés et enneigés.
On a bivouaqué dans une ancienne carrière. Il reste des congères à côté des voitures. Ça caille.
Autoroute.
Khoms
. On pique à l'ouest de direction la mer. En fait on contourne le
Liban
par le nord. Montagnes assez hautes et enneigées.
Station balnéaire de
Latakié
. On pinaille pour trouver la direction de la
Turquie
. Puis petite route dans un décor méditerranéen. Cultures d'agrumes, pain, olivier. Vallonnée. Pour moi, un
mélange de la
Corse
et du
Var
.
Il est 11 h, en bord de mer, en zigzag sur une petite falaise, un soleil qui nous réchauffe, une petite faim
qui démarre… Je propose de chercher un petit restau sympa. Refus péremptoire de Marylène qui ne mange jamais
à cette heure-là…
Passage de la frontière à
Kassabe
: no problem. Ils voulaient nous faire payer une taxe de 100 $ par voiture parce qu'on est diesel, alors
qu'on a vu une quantité d'usines hyper polluantes…
Finalement, ils renoncent, cette taxe aurait dû être perçue à l'entrée de la
Syrie
.
Côté
Turque
, tout est simple, pas besoin de visa. Il suffit d'attendre que la police et la douane aient fini de manger…
En signe de bienvenue la coutume est de se frotter les mains à l'eau de Cologne, nous devons y passer à
chaque bureau.
Mais c'est l'heure de midi et les papiers sont interrompus jusqu'à la reprise !
Bon, on commence à connaitre la chanson et on s'installe avec table et chaise au milieu de la douane,
déclenchant l'hilarité de tous les passants.
Ça marche, le préposé très vexé de cet « affront » nous expédie illico en Turquie et nous sommes obligés
d'interrompre ce repas pour aller le finir ailleurs. Nouveau problème d'horaire pour le repas de Marylène.
Petite route de moyenne montagne. Beaucoup de cailloux, des cultures, des moutons, encore beaucoup de
minarets en forme de fusées.
Pique-nique dans un pré pas loin de la douane.
Arrêt dans la ville d’
Antioche
pour faire du change. Le gars de la banque est très sympa. Il nous conseille de faire du change dans la rue,
car les banques sont obligées d'appliquer un change officiel très désavantageux.
Il nous accompagne et surveille les taux qu'on nous propose pour liquider nos dinars syriens et acheter de
la monnaie Turque. Je crois comprendre que la monnaie turque est la lire (Lira, Lirasi au pluriel) nous
n'avons aucun guide sur la
Turquie
.
Départ d'
Antioche
, il fait presque nuit. Il faut dire que la nuit tombe à 16 h 30 à la montre de Martine qui ne se rappelle
plus de quel pays ça date.
On roule jusqu'à la mer à 50 km. Beaucoup de camions sur une route à trois voies. Christian échappe de
justesse à un gros accident, en doublant dans une côte, il a failli se faire broyer entre 2 camions, on le
récupère en larmes.
Bord de mer hyper habité, des maisons partout. On finit par trouver un terrain plat à côté d'un hôtel avec
de la place et la mer au bord. Il ne fait pas chaud. À 7 h 30 on est tous couchés. On est à côté de la ville
d’
Iskenderun
.
Samedi 4 décembre
Lever à 6 h. Il ne fait toujours pas chaud. On voit de la neige sur les montagnes derrière nous.
Direction
Adana
. Puis, nous rejoindrons la mer. Il fait toujours très beau. En fait depuis notre départ, nous n'avons vu
que du beau temps.
Finalement, à
Adana
on décide d'abandonner le grand tour par
Antalia
et
Izmir
. Le froid nous fait renoncer aux bivouacs au bord de mer.
On pique au nord par
Ankara
. Autoroute, beaux paysages montagneux. Puis petite route, avec beaucoup de camions. Des sommets très hauts
et enneigés, dans le style des alpes. 3 200 m à l'ouest, 3 400 m à l'est. Puis immense plateau ou plaine
entourée de petites montagnes. Style
Mongolie
. De la neige dans les champs, ambiance hivernale.
⏯️
Heureusement au soleil. Repas dans un restau routier. Simple, mais bon accueil très très sympa, pas cher,
moins d'un euro le repas par tête. Problème comptable pour Christian qui n'a pas pu rentrer le cours de
change de la lire dans sa calculette à cause du nombre de zéros. La facture du restau et de 4 500 000, il
est sur le béret, ravi de payer son repas plusieurs millions.
Belle autoroute jusqu'à 200 km après
Ankara
puis route. Il fait nuit, un crachin mouille la route, il y a énormément de camions et beaucoup de virages.
Grande descente sinueuse. On décide de dormir en bas, à
Kaynasli
. Dans une station-service hôtel avec chambre impeccable, snack impeccable, personnel super gentil. La
chambre est à 35 millions la nuit, ce qui n'arrange pas les affaires de Christian.
Dimanche 5 décembre
Départ à 7 h. Il pleut et il y a du brouillard. Après discussion hier soir, on reste sur notre idée de
passer par la
Grèce
et de traverser d’
Igoumenitza
sur
Ancône
en
Italie
. Par le nord, on aurait environ six frontières à passer hors union européenne et on a peur d'y passer trop
de temps. L'embrayage de la voiture donne des signes de faiblesse.
Avant
Istanbul
, mer de
Marmara
qui communique au nord avec la
mer Noire
. Puis le
détroit du Bosphore
qu'on franchit par un grand pont. Plus au sud ça communique avec la
Méditerranée
par le détroit des
Dardanelles
.
Traversé d'
Istanbul
sans problème, par un pont au nord, sans quitter l'autoroute. Christian aurait voulu visiter, mais on n'en a
plus le courage. On file droit sur la
Grèce
. Douane sans problème, informatisée. On roule sans arrêt jusqu'à la nuit tombée. On trouve péniblement
(hors saison) un petit hôtel après
Kavala
.
Choc, car on trouve les décorations de Noël, sapin, boules, guirlandes. Très bon restau de poisson, un peu
plus loin sur le port. Les prix sont carrément européens !
Lundi 6 décembre
Pluie. La route devient pénible. La circulation est chaotique. Beaucoup de voies express, mais sans début ni
fin : démerde-toi pour y aller, puis pour en sortir.
On cherche le plus court pour
Igoumenitza
. On s'enfile dans des montagnes sans fin, à 30 à l'heure en plein brouillard : fini l'
Afrique
. On arrive sur le port d'
Igoumenitza
vers 19 h, inquiets de l'horaire.
Douceur méditerranéenne, lumières partout, 50 agences rangées côte à côte se battent pour les meilleurs
tarifs : il y a des bateaux ce soir. Réservations vite faites, il nous reste du temps pour un restau sur le
port. Embarquement vers 22 h, cabines, on s'endort sans problème.
Mardi 7 décembre
Débarquement à
Ancône
vers 14 h. Les relations entre Land se sont distendues, chacun ayant quelques reproches non exprimés à faire
aux autres.
Christian regrette la séparation d'avec Puthod et énumère sa liste de « moins bien » comme s'il était toujours
dans un schéma de services.
Pascal n'a pas aimé les ratées et le temps perdu durant tout le parcours, dont les 4 jours à
Amman
.
Et moi, j'en ai ras le bol de faire gentil organisateur pour clients capricieux.
On se sépare sans émotion. Pascal, dont la voiture est en bon état, veut être le plus tôt à Cham. Christian,
qui a repris confiance dans son embrayage, ne veut pas attendre et moi je souhaite ménager ma voiture et ne
pas retarder les autres. On rentre chez nous chacun de notre côté. Et on se refait la fête quelque temps
plus tard autour d'une vidéo.