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Samedi 6 novembre
Bonne nuit, mais on est de nouveau tous enrhumés. Ça mouche. Ça tousse. On souffre des changements de
température entre l'air étouffant et les pièces climatisées.
On descend au garage vers huit heures. On doit donner les clés. Ce sont les gars du bateau qui emmènent les
voitures à la douane. Nous, on doit remonter au snack, attendre dans une ambiance glaciale, aussi bien au
sens propre que figuré.
Tous les passagers défilent devant nous à la queue leu leu pour recevoir un comprimé. En fait, c'est un
antidiarrhéique pour La Mecque !
Il n'y a que nous comme Européens sur ce bateau, l'équipage est philippin. Au bout de deux heures environ (on
n'a toujours pas déjeuné, je rêve d'un café !) on vient nous chercher. On sort et on rejoint un immense
bâtiment. Contrôle des passeports et tampons d'entrée.
On a échappé à l'antidiarrhéique ! Ouf ! Il n'y a pas que des inconvénients à traverser l'Arabie en tant
qu'Européens. Il y a des queues interminables de gens qui attendent dans une discipline parfaite. On passe à
un guichet plus rapide. On nous a affecté un guide local assez sympa pour ce parcours compliqué.
⏯️
Puis direction les douanes où on doit récupérer les voitures. De nouveau, de longues formalités bizarres…
Jacques l'ancien rit sous cape en lisant les pancartes annonçant la peine de prison à tout importateur d'alcool
et celle de mort à tous les possesseurs de drogues, mais c'est bien le seul à mépriser le danger auquel il
expose l'ensemble du groupe !
Heureusement, on est à l'ombre sous des ventilateurs. Je ne le dis pas assez, mais depuis le Soudan, il fait
hyper chaud. On paye à droite puis à gauche dans une logique discutable.
On nous libère après une fouille succincte des voitures et quelques heures d'attente…
Cafouillages dans Djeddah. Immense ville avec une circulation intense. Grand changement de standing avec le
Soudan. On sent qu'il y a du pognon.
Puis on prend la route direction le Yémen. Petites erreurs au départ. On fait un détour à l'est par
l'autoroute et on se trouve devant des voies « interdites aux non musulmans » en arabe, en anglais et en
français. C'est la route de La Mecque.
Après 120 km, on retrouve Jean et Jésia qu'on avait perdus dans Djeddah. On roule jusqu'à huit heures.
Conduite difficile et hyper dangereuse en pleine nuit : les locaux n'hésitent pas à doubler en troisième
position lors d'un croisement. Souvent sans phares. Considérant qu'Allah seul décide de l'instant de leur
mort, ils lui font confiance et se libèrent de toutes les contraintes d'un éventuel code de la route !
Beaucoup de camions. Les gens roulent vite. Les voitures sont en bien meilleur état que dans les pays que
l'on vient de traverser.
Notre visa est éphémère : 48 h pour atteindre le Yémen, mais faveur exceptionnelle, les femmes blanches
peuvent conduire.
Bivouac de nuit. On est encore à 500 km du Yémen.
Dimanche 7 novembre
On roule en direction du Yémen. Rien à signaler. C'est long. Formalités de sortie d’Arabie très rapides
(trois quarts d'heure). Le gars des tampons n’avait jamais vu de Français ni de touristes passer par là en
voiture. Nous sommes quand même à côté d'un camion immatriculé en France et dans le même sens que nous.