Lundi 11 octobre
(Suite)
Entrée en
Égypte
à 14 h 30 à
Salloum.
Résumé des formalités : on rend les plaques libyennes dans un petit bled avant la douane vers midi.
Formalités relativement normales (2 h 30 !). Après une longue attente dans une cour pour nos passeports.
Entrée en
Égypte
: on se rend dans un immense hall grouillant de monde. Très sale et hyper bruyant avec des gens partout. On
nous fait passer en priorité pour enregistrer nos passeports. Puis Puthod et Jésia se font capter par la
sécurité qui les emmène dans des bureaux pendant une bonne heure.
On en profite pour casser la croûte. Ils subissent un interrogatoire en règle sur nos projets : on va
visiter le
Caire
. Notre hôtel ? Puthod qui vomirait rien qu'à l'idée d'aller à l'hôtel, répond d'une voix ferme :
hôtel du Sphinx
.
Ils cherchent dans l'annuaire : pas d'
hôtel du Sphinx
au
Caire
(Puthod a dû mimer le Sphinx pour qu'ils comprennent !)
Un de leurs collègues a une idée : l’hôtel est peut-être à
Gizeh
, par chance, l’annuaire le confirme (ouf…).
Puis, après un premier contrôle, on nous fait garer devant des bâtiments. Des gars sont chargés de vérifier
les numéros de moteurs dans les voitures. La plupart sont invisibles. Ça prend du temps.
Joss commence à bouillir, son Mercedes tout neuf a un numéro introuvable et le douanier tente de lui montrer
qu'il connaît mieux cette voiture que lui ! Ils cherchent ensemble et sont tout près de démonter le bel
objet…
Puis avec une feuille remplie, il faut aller voir le capitaine Mustapha qui fait recopier la feuille des
numéros de moteurs sur du papier blanc et y met son tampon.
Avec ça on va voir M. Nagyl à environ 500 mètres du grand hangar précédent.
Pour accéder à son bureau, il faut traverser une horde de passagers qui doivent faire passer leurs bagages
aux rayons X en se disputant la priorité. Bagarres, engueulades…
M. Nagyl dit qu'il faut photocopier le dossier. On revient à la photocopieuse (vers les voitures).
Où on nous fait un beau dossier pour 10 livres égyptiennes. Comme on n'a pas encore de livres égyptiennes,
on nous envoie au change.
On retourne voir M. Nagyl (toujours la foire d'empoigne) qui nous échange notre dossier contre un formulaire
gris sale pour la modique somme de 102 livres par voiture.
Avec ce formulaire, il faut retourner au précédent bureau (500 mètres) pour faire les plaques.
Après la queue des plaques, on va à la photocopieuse. 15 livres, les prix montent.
On dépose nos dossiers et on attend les plaques.
Il passe 10 Égyptiens pour un Français. Momo, après avoir attendu, se fait dire qu'il manque une ligne sur
son formulaire gris. Il retourne voir M. Nagyl où on lui dit de s'asseoir et d'attendre.
Mais M. Nagyl est venu fumer son clope avec le capitaine Mustapha, à la case départ.
Christian, voyant ça, court le chercher et nous demande de ne pas laisser filer M. Nagyl.
On reçoit les plaques au compte-gouttes avec un nouveau formulaire pour M. Nagyl (qui a regagné ses bureaux
à 500 mètres) en échange du carnet de passage en douane.
Pascal se fait refuser son formulaire incomplet. Il revient en rechercher un autre au bureau des plaques
(500 mètres).
Après avoir fixé les plaques, les premières voitures, pensant que tout est terminé, essayent de sortir. Elles
se font refouler à la sortie à 1 km et sont renvoyées aux plaques, car on n'a pas la petite carte en
plastique (fruit d'une toute jeune informatique…) prouvant que l'on a payé (40 livres).
Enfin, on quitte cette douane, où on aura passé huit heures d'une folle activité…
Il fait nuit. On roule environ 25 km sur une sorte d'autoroute côtière que l'on quitte par une piste en
sable et on trouve un coin de bivouac à l'abri des regards à 9 h. Ouf ! Bouffe.
Projets pour demain entre Jacques et Puthod. Dodo à 11 heures.
Mardi 12 octobre
Bonne nuit. Départ du bivouac à 8 h 30. Direction est. Dernier plein pour certains. Nous on attend surtout
de pouvoir vider nos bidons dans le réservoir avant qu'ils ne nous lâchent.
L'idée est de piquer au sud en direction de
Siwa
et de quitter le bord de mer dès que possible.
Première tentative, selon la préparation de Jacques, on tombe tout de suite sur un barrage militaire.
Interdit. Demi-tour.
Zut, je ne vois pas les panneaux d'interdiction avec mes photos satellites… On continue sur l'autoroute.
Nombreux contrôles de police :
Où allez-vous ?
Au
Caire
Une voiture de police insiste, veut nous accompagner.
Nous sommes en vacances, nous nous arrêtons souvent, on n'a pas besoin d'escorte sur l'autoroute, etc.
On vous protégera à la plage s'il y a des bandits… Tout cela traduit par Jésia.
Finalement, ils nous accompagnent sur 20 km. Dur dur. On se sent fliqués. Ça ne va pas être facile de
s’échapper.
Après
Marsa Matruh
, on négocie avec eux pour un pique-nique tranquille derrière un talus de l'autoroute. Ils acceptent et vont
attendre au carrefour suivant. On franchit un talus profond, possible avec nos 4x4, mais pas pour des
voitures de police ordinaires comme celles de la police touristique… On est cachés de leurs yeux par un
terre-plein.
On décide de tenter le tout pour le tout et de prendre la tangente dès que possible.
Soit on arrive à leur échapper, soit ils nous attrapent et là, ils ne nous lâcheront plus.
Après un peu de hors-piste, on trouve une petite route goudronnée sur 15 km environ plein sud. Tout le monde
est tendu par cette manœuvre un peu trop audacieuse et on regarde plus souvent les rétros que le pare-brise.
C'est là que Marylène nous fait un coup dur : elle a perdu tous ses bijoux lors d'un arrêt : elle les tenait
dans ses 2 mains posées sur les genoux, Christian lui a montré quelque chose, elle est sortie de la voiture
sans y penser et maintenant, ses mains sont vides…, elle doit faire demi-tour pour les retrouver (non, pas
les mains !). Comme discrétion, il n'y a pas mieux…
Puis avec l'aide de la photo satellite et de l'ordinateur, on pique dans la pampa.
c'est de la m..de ! Je tente de le sauver jusqu'à ce que j'aie de la place dans mon réservoir, mais je
n'échappe pas à la douche au gasoil.
Au début, semblant de traces. On frôle une grosse station de pétrole. En fait, il y en a plusieurs à
l'horizon. Puis hors-piste dans les champs de cailloux. Pénible. On vise maintenant la
dépression de Qattara
avec l'obstacle d'une grande falaise. Puthod pense que le
désert Blanc
est par là : la bourde n'est que de 350 km…
Bivouac de jour pour une fois. En fait, on s'est tous arrêtés, comme un début de rébellion. Puthod, le seul
qui voulait continuer, a dû faire demi-tour.
Il y a pas mal de vent, il fait assez frais. Polaires, apéro tous ensemble, repas et dodo.
Mercredi 13 octobre
Départ à huit heures après des obsèques solennelles pour une hirondelle avec discours déjanté de Jacques
l'ancien. Elle s'était réfugiée dans une voiture, elle n'est pas repartie et Jacques l'ancien est sans doute
encore sous l'effet de son pétard quotidien…
Temps grisouilleux et froid ce matin.
Après avoir roulé dans des terrains caillouteux et paysages mornes, on s'approche de la falaise avec parfois
des bouts de piste. On a de vagues renseignements par la photo satellite. Mais comme c'est la version
gratos, la précision est gratos aussi…
Il faut franchir la falaise. On cherche. On tombe plus d'une fois sur un bord infranchissable avec l'immense
plaine de la dépression en bas. Cette dépression est à 80 m sous le niveau de la mer et on est encore à 180
m au-dessus. La cassure fait donc 260 m !
On passe plusieurs fois en tête. On laisse le groupe pour éviter les aller-retour de huit voitures et on
part chercher la passe avec Pascal.
Au bout de deux heures, on abandonne, car aucune passe en vue. Finalement, on suit la falaise vers l'ouest.
Dans la soirée, on trouve un passage et on descend d'une marche. Des traces fraîches nous donnent un peu
d'espoir.
Bivouac à l'abri d'une petite montagne de cailloux. Vent tiède. Température agréable. Petite soirée autour
du feu.
Dépression de Qattara
Jeudi 14 octobre
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Dépression de Qattara
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Dépression de Qattara
On continue à descendre dans la dépression. On a fini par trouver la passe d'
Abd en Nabi
. Beaux passages dans des canyons, grande descente. On atteint enfin le fond de la dépression, à -80 m sous
le niveau de la mer. On passe en tête.
Le but est d'atteindre les lacs qui s'étendent à l'est de
Siwa
, à environ 150 km devant nous. Terrain sablonneux, rocheux. Beaucoup de sebka à contourner. Concrétions de
sel. On retrouve un petit lac bordé de sel sur notre route. Un peu de végétation.
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Dépression de Qattara
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Dépression de Qattara
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Dépression de Qattara
Les paysages sont un peu lunaires, quoique plus colorés, mais ce n'est carrément pas comme chez nous !
Quelques baraques abandonnées. On continue. On a pris pendant un moment une longue piste linéaire assez bien
tracée. Mais dans l'ensemble, on fait beaucoup de hors-piste chaotique.
Arrêt vers de superbes rochers verts, incroyables. Couches de couleur rose beige. On dirait des gâteaux.
Dommage que la lumière soit celle de midi. Pique-nique à -115 mètres. Chaud, mais petit air supportable à
l'ombre des voitures.
On continue à rouler. Toujours des terrains plats, cailloux, sebkha, sable. Des spots avec des rochers
blancs crayeux.
Depuis que l'on a quitté le goudron, on se méfie de toute trace humaine, puisqu'on est censé visiter
l'Égypte
au goudron…
Vers 16 heures, on aperçoit au loin de la fumée et des bâtiments : branle-bas de combat. Probablement un
concasseur pour les travaux sur la route.
On quitte la piste que l'on suivait depuis un moment pour passer au large. Huit voitures dans un terrain
poussiéreux éclairé par le soleil bas, c'est discret !
On doit traverser le goudron de la route d'
Alexandrie – Siwa
. La consigne est de traverser discrètement et de se planquer de l'autre côté.
Le matin, j'avais envoyé Hadj-Madjoub en éclaireur, afin d'annoncer notre arrivée au moudir de Siouah. Le
brave Bédouin aimait à ajouter un peu de poésie à la réalité, et l'occasion était trop belle pour qu'il
s'en privât. Au moudir et aux autres personnalités de l'oasis, il raconta des choses extraordinaires sur
notre voyage dans le désert, sur notre richesse et sur notre manière de vivre.
Après les fables de Hadj-Madjoub, les gens de Siouah durent être persuadés que nous avions au moins une
caisse pleine de thalers Marie-Thérèse et une autre emplie de montres en or. Nous eûmes droit à une
réception solennelle.
Les cavasses du moudir vinrent à notre rencontre, à la limite de la palmeraie et nous demandèrent si nous
désirions une maison ou si nous préférions dresser nos tentes. Nous choisîmes la maison, car je n'avais
pas de tentes et parce que, comme nous avions l'intention de rester plusieurs jours, un abri était
incontestablement préférable.
Arrivant près du village, nous vîmes le moudir et toute une suite de notabilités du village. J'y
retrouvai nombre de vieilles connaissances de mon premier séjour dans l'oasis en 1869; plusieurs d'entre
elles avaient certes trépassé, mais ceux qui étaient là me dirent toute leur joie de me revoir. On nous
emmena au ksar où j'avais déjà habité, et, bien que rien n'y ait été agrandi ni embelli, nous fûmes très
heureux d'y trouver un abri.
(Gerhard Rohlfs - Voyages & Explorations au Sahara - Tome IV p.144)
Évidemment cafouillage. Pendant que devant, nous nous planquons entre Lands, Puthod, qui une fois de plus
oublie ce qu'il vient de dire, coupe la route en plein devant la goudronneuse. Comme discrétion, il n'y a
pas mieux.
On trouve enfin le
lac de Sitrah
. Étrange. Au milieu du sable. Une bande bleu vif, une bande marron foncé, une bande marron clair,
parfaitement lisse.
À midi, nous franchîmes une dune, haute, mais étroite, puis, continuant sur un sérir, nous arrivâmes à 4
h 30 dans la charmante petite oasis de Sitrah. Le tableau était ravissant: un lac bleu foncé, limité au
nord par de pittoresques rochers, à l'ouest et à l'est par des fourrés de roseaux et de palmiers. Des
volées de canards sauvages, de couleur foncée, sillonnaient l'eau limpide, plongeant ici, réapparaissant
là.
Sur l'autre rive, d'innombrables ibis, blancs comme neige, semblaient occupés à d'importants entretiens.
Quel endroit pour un chasseur! Et quelle agitation soudaine quand la présence de l'homme, cet ennemi
héréditaire, fut remarquée! Tout s'envola dans un grand bruit d'ailes vers l'autre rive, les canards se
tenant au milieu du lac, sachant d'expérience que le plomb mortel ne pouvait pas les y atteindre. Pendant
ce temps, le soleil déclinant s'embrasait, nous offrant un spectacle qui formait une apothéose de notre
voyage.
(Gerhard Rohlfs - Voyages & Explorations au Sahara - Tome IV p.159)
On franchit quelques dunes et après une merdouille des Toys au fond d'un trou, bivouac.
Téléphone chez Laure : tout va bien. On demande à Manette d'essayer d'envoyer un SMS sur le Thuraya : ça ne
marche pas.
Grande Mer de Sable
Vendredi 15 octobre
Départ huit heures françaises. Bel erg. Quelques beaux passages. Pascal fait la trace. Quelques plantages.
Deux pour nous. Un accrochage tôle entre Jacques l’ancien et Puthod.
Au cours d'un plantage général des Toys en fond de cuve, Jacques l'ancien n'a plus beaucoup de choix,
victime d'un mauvais calcul, il lui retombe dessus dans un dévers, alors qu'il pensait passer largement.
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Grande Mer de Sable égyptienne
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Grande Mer de Sable égyptienne
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Grande Mer de Sable égyptienne
On cherche les grands cordons structurés nord – sud, afin de se positionner pour arriver où on voudrait (
Gilf Kebir
à presque 500 km).
On roule tout l'après-midi dans des couloirs entre des hautes dunes que l'on saute dès qu'il y a un défaut
pour tirer à l'ouest. Très agréable. Ça roule bien, quelques mous et quelques plantages…
Bivouacs dans le sable. Pas mal de vent, mais sans sable et il ne fait pas froid.
Puthod dont la voiture n’avance plus (il se traîne à 40 km/h en courtes…) arrive un bon moment après le
dernier. Jackie est très inquiète de rester seule en arrière.
Réprouverait-elle ce que son mari pratique à chaque occasion depuis si longtemps ? En plus, il bouffe 40 l
aux 100. Il bouffe donc le gasoil promis à ses clients.
Le problème du gasoil commence à pointer son nez…
On essaie d'envoyer un SMS à Manette pour lui dire qu'on a reçu le sien : ça ne marche pas. Il manque
l'option SMS. Téléphone à Hervé pour qu'il fasse la commission. Je parle à Tom.
Samedi 16 octobre
Ce matin, tout est trempé par la rosée. C'est incroyable en plein erg et il n'y a pas un poil de végétation.
Petite brume d'humidité. Frais.
On repart dans nos cordons. Pascal fait toujours la trace et se fait engueuler par Puthod car il a choisi un
franchissement trop difficile (pour qui ?) et que ça consomme du gasoil.
Pascal n'est pas content, mais Puthod ne prend toujours pas la tête : il n'a aucun point.
On roule tout l'après-midi dans ces grands couloirs en sautant les cordons de temps à autre. Toujours
direction sud. Bivouac contre des petites dunes, beau soleil, rond, rouge qui se couche. Mais le sable reste
gris, différent de Oubari ou Murzuq.
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Grande Mer de Sable égyptienne
Je l'avais déjà remarqué l'an dernier dans la Grande Mer de Sable, c'est quand même beau ces petits cordons
ourlés de lumière.
Discussion le soir. Puthod a encore pris une heure de retard sur le groupe, à cause de son problème de
voiture. Jackie est très stressée de rester seule en arrière et préférerait qu’on les attende.
On fait le point sur l'autonomie de gasoil de chacun. Évidemment, certains sont justes pour faire le tour
prévu. Puthod veut sauter le
Gilf Kebir
et le
Wadi al Hamra
dont je rêve depuis l'an dernier et que nous avions déjà éliminé pour les mêmes problèmes de gasoil.
Par contre, il propose d'aller à
Abou Ballas
(site de poteries et légendes, etc.), même si c’est plus loin en km.
C'est trop de mauvaise foi pour moi et je me contiens avec peine. Puthod est déjà allé au
Wadi al Hamra
, mais pas à
Abou Ballas
dont il n'a pas le point.
Je lui réponds que puisqu'on n'a pas assez de gasoil, on ne va ni à l'un, ni à l'autre.
En plus, il faudrait éviter
Abou Simbel
et faire 300 km de plus jusqu'à
Assouan
.
Pour économiser le gasoil, il n'y a qu'à rester au nord : il n'a aucune idée des obstacles qui nous
attendent et qu'on voit parfaitement sur les photos sat, mais moins bien sur une Michelin.
Comme sa bagnole n'est plus en état, et qu'il n'a toujours pas le point
Abou Ballas
, il reste derrière. Je prends la tête jusqu'à
Abou Simbel
(environ 1 200 km).
On ne doit pas se faire repérer, donc éviter toute civilisation, car on risque de se faire ramener au
Caire
. À
Abou Simbel
, il y a peu de chances que l'on puisse faire les formalités pour le
Soudan
, ce qui veut dire qu'il faudra remonter à
Assouan
.
Là, peut-être escorte, ou bateau, pour arriver à
Wadi Halfa
. Mais on ne sait rien sur ces bateaux… C'est très flou ! On commence à payer l'impréparation de Puthod !…
Le vent, assez fort ce soir est assez frais, mais pas de sable dans les gamelles.
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Dimanche 17 octobre
On continue à descendre au sud, là où nous mènent les cordons et on cherchera l’est après.
Temps beau, toujours un peu frais le matin. Pascal fait la route au début. Puthod traîne, on l'attend 20
minutes à chaque arrêt… Il économise son gasoil !
Jacques fait la tête, car déçu de ne pas aller au
Wadi al Hamra
…
À la sortie de l’erg, Jacques prend la tête et Pascal reste le dernier pour s'assurer que Puthod est
toujours là ! C'est mieux d'avoir une radio en fin de caravane. Ne riez pas, on le paie comme organisateur…
Nombreuses traces, puis pistes bien marquées, mais dans du sable très très mou… On tire sur les machines. Ce
n'est pas bon pour la conso… Au pique-nique, je trouve trois bifaces que je donne à Malou.
En fin d'après-midi, on sort des cordons. Là, zone de nombreuses petites montagnes coniques, paysages
lunaires, mais beau avec le soleil rasant.
Le soleil se couche à 17 h 40 (heure de je ne sais où). On essaye de bivouaquer avant pour en profiter un
peu. Bivouac derrière une de ces petites montagnes.
Je me lave enfin les cheveux (collants depuis le bain dans la
Méditerranée
le 10 octobre…). Une bouteille d'eau pour un petit shampooing, mais ça fait du bien.
Petit vent agréable. Mais dans la nuit, il se lève et souffle très fort dans la tente de toit. On le sent et
on l'entend bien…
Lundi 18 octobre
Encore beaucoup de vent ce matin, mais grand beau. On continue est-nord-est. Ça roule bien. On est en tête.
Il reste environ 700 km pour
Abou Simbel
.
Terrain sans grand intérêt. On contourne de petits cordons. On va au sud-est. Dans une grande zone plate
Puthod et Christian qui traînent derrière, quittent nos traces ! On les attend 20 minutes, puis je vais avec
Pascal voir ce qui se passe.
On retourne 20 km en arrière jusqu'à ce que l'on trouve leurs traces qui à un moment donné quittent les
nôtres pour tirer à gauche. Les radios ne passent pas.
On prend le point de leurs traces et on rejoint les autres qui entre temps ont eu un appel de Puthod par les
Thuraya. Ils sont loin et avaient cru prendre un raccourci en suivant - disent-ils - de vieilles traces…
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On est exactement dans ce que Fun Aventure appelle sa prestation : l'organisateur se pointe avec une bagnole
qui ne roule plus qu'en première courte en bouffant les réserves de gasoil du groupe depuis plus de 1 000
bornes, essayant de suivre ceux qui font la trace et qui imagine des « raccourcis » en cul-de-sac.
Les gens du groupe doivent alors partir à sa recherche pour lui éviter de sécher comme une morue au soleil.
Par malheur, Jacques l’ancien qui a reçu leur appel, s’est trompé et au lieu de leur donner notre point,
leur a donné celui d’
Abou Simbel
… démontrant ainsi que ce groupe a une certaine homogénéité !
On attend qu’ils nous rappellent pour rectifier. Enfin, c'est n'importe quoi. J'avais soigné la trace dans
cette zone de mini ergs. La photo satellite permet de tenter un cheminement. Puthod, pas prévenu de cette
complexité par sa Michelin Afrique, en a eu marre de mes zigzags et est parti au flair.
Merci quand même à l'artiste, car il m'a bien forcé à apprendre le métier ! Mais je sens de plus en plus que
ma formation est terminée et que je n'ai plus que faire de ce boulet qui, par son impréparation, ne sert
qu'à m'empêcher d'aller dans les meilleurs spots imaginés.
On est au début du voyage et j'ai déjà renoncé
Wadi al Hamra
: la cafetière commence à bouillir…
Pique-nique, le groupe se reforme, ils ont erré pendant 95 km… Pour des gens qui manquent de gasoil, ce
n'est pas top !
On repart, on trouve le goudron vers
Bir Sahara
, étroit, mal pavé, pas mal de congères. Terrain ultra-plat à 360°. Pas une bosse pour le bivouac.
On s'éloigne de la route et on bivouaque au milieu de nulle part. Toujours aucune végétation. Il fait chaud
ce soir, pour la première fois. Pratiquement pas de vent. Soleil rond qui se couche à l'horizon et joli
croissant de lune (comme les autres soirs).
On se réunit comme d'hab devant notre voiture. Vers 10 heures, j'ai sommeil et je le leur dis… Tout le monde
s'en va !
Ah oui, il y a des milliers de petits insectes, genre moucherons qui volent en essaims. Il y en a plein la
voiture. Heureusement, ils ne piquent pas, mais font bzz dans les oreilles. Ils n'ont pas franchi la
moustiquaire de la tente. Ouf !
Abou Simbel
Mardi 19 octobre
Jacques me dit ce matin que j'ai jeté les autres hier soir…
On roule vers
Abou Simbel
hors-piste puis goudron. On a environ 200 km à faire. Au goudron, Puthod passe devant avec Jésia pour faire
face aux autorités.
Arrivée à
Abou Simbel
vers 14 heures. On se dirige vers le temple. Beaucoup de policiers. Questionnaire en règle : Puthod
improvise un roman que Jésia traduit sagement.
D'où venez-vous ?
On vient du
Caire
.
(tout petit mensonge : on est passé hors-piste 400 km avant Le Caire)
Par où êtes-vous passés ?
Euh… c'était compliqué.
(pas de mensonge)
Avez-vous rencontré la police ?
Non.
(pas de mensonge)
Même pas au barrage avant
Abou Simbel
?
Non.
(toujours pas de mensonge)
C’est bizarre.
Non, on n’a vu personne depuis le
Caire
.
Et ça, c'est complètement vrai ! 😂
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On ne s'en mêle pas. On prétend même ne pas parler anglais afin de ne pas se contredire.
On visite le site des 2 temples, celui de Ramsès II et celui de Néfertari : très beau. Il fait hyper chaud
et il n’y a pas un chat à cette heure-là…
Temple qui a été reconstruit par la France 60 mètres plus haut lors de la construction du barrage d'Assouan
dans les années 60. Le lac devant nous est très bleu. Quelques îlots. Le site est hyper protégé, entouré de
grilles. Beaucoup de policiers qui surveillent. Impossible de pénétrer hors l'entrée officielle. Crainte
d'attentats ?
Nous allons à l'
hôtel Néfertari
, juste à côté des temples et au bord du lac. On doit comme on le craignait se rendre à
Assouan
pour les formalités sous escorte demain.
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Il faudra donc remonter 250 km au nord pour prendre le bateau sur le
Lac Nasser
, seule possibilité pour atteindre le
Soudan
.
On profite de la pause à l'hôtel. Piscine qui domine le lac. Jeu sur le toboggan au soleil couchant.
Toilette, lessive…
Repas à l'hôtel : quelconque et bourratif… Nuit pas terrible, il fait très chaud et le climatiseur fait un
boucan d'enfer.
Le téléphone passe. On appelle Djo : tout va bien.
Mercredi 20 octobre
Lever 6 h 30. Déjeuner 7 h. Départ 7 h 30. Le convoi est à 9 heures ! On fait du gasoil. On revient au site
pour se mettre dans le convoi. Hier, on trouvait qu'il y avait peu de monde sur le site. Ce matin, il y a
des dizaines de cars pleins de touristes. Ça grouille. Finalement, on a eu de la chance…
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On démarre avec le convoi, des dizaines de cars qui foncent et on se fait bloquer sur la place du village,
car nous ne sommes pas au complet. On doit rouler les huit voitures groupées. Certains sont restés à
traîner…
Après discussion avec les flics, on doit retourner au site pour se mettre dans le prochain convoi. On a les
boules.
Abou Simbel
: petite ville arabe avec plein de petites échoppes. Tout est mort la journée, car on est en plein ramadan.
Beaucoup de fleurs. Bougainvilliers et Lantanas, des arbres genre mimosa… Et beaucoup de laisser-aller.
C'est l'Afrique…
On achète des tomates, des oranges et des concombres, confiture de figues et bombe antimoustiques.
Finalement, le deuxième convoi part à 10 h 20… Direction
Assouan
, 275 km au goudron. La police et les sirènes nous accompagnent au barrage de police à la sortie du bled et
nous abandonnent aussitôt ! Tu parles d’un convoi qui nous protège pendant 8 km sur 275 !
Assouan
Arrivée à
Assouan
vers 14 heures. On cherche la police touristique pour faire les formalités. Personne ne connaît et les flics
nous ignorent pour une fois qu'on aurait besoin d'eux…
Finalement, on trouve. Puthod et Jésia partent aux renseignements. On attend au moins deux heures, garés
devant le bâtiment à côté d'un parc, de l’
île Éléphantine
et des dizaines de gros bateaux de croisière…
Il fait hyper chaud. On casse la croûte sur le trottoir (salades spéciales Pascal, qui donneront à Martine
le courage d'en acheter plusieurs pour le prochain voyage). C'est ramadan, mais tant pis.
Mauvaise nouvelle : on ne peut pas aller au
Soudan
ni par la route de
Wadi Halfa
, ni par la côte de la mer Rouge… On doit revenir demain voir le transporteur qui s'occupe des bateaux qui
remontent le
lac Nasser
. Le prochain bateau passager est pour lundi, donc on a 5 jours à tuer…
On part avec l'intention de visiter quelque chose. Finalement, c'est trop tard, on va vers l’ancien barrage
faire des photos. Flics. Discussions.
Finalement, on rentre dans un petit village qui domine le port. Pas de photos. Un flic veut nous chasser.
Jacques et les deux Christian passent outre. Ils vont photographier sous les cris et sifflets. Ras-le-bol,
surtout qu'il n'y a pas d'explication.
On voit le temple de
Philae
sur une île. Le soleil est en train de se coucher, il faut trouver un bivouac.
On part dans la nature, rive est en remontant le lac : cailloux, rochers, poussière, décharges, village
assez crade.
On ne peut franchir le grand barrage pour aller de l'autre côté, car fermé à 17 heures. Finalement, on se
trouve un bivouac dans les rochers pas terribles, mais bien planqué. Jacques l'ancien, au crépuscule (on
roule sans phare pour ne pas se faire voir) se paie un énorme rocher et reste suspendu.
Une heure de manœuvre pour le sortir sans tout arracher (Cric, pierres, plaques) Jacques le tire. Ouf ça
marche.
Il fait hyper chaud, car les rochers ont gardé la chaleur de la journée et il n'y a pas d'air. Suffisamment
quand même pour sentir les odeurs de la décharge qui brûle autour de nous.
Des chiens errants en meute occupent la zone… Bivouac super !
Jeudi 21 octobre
Départ pour la ville où nous avons rendez-vous vers 9 h 30 au même endroit qu'hier pour discuter avec le
transporteur. Il faut payer pour passer sur le barrage (en fait, il y a un monument moderne à la gloire de
Dieu sait quoi : on en paie sa visite à chaque passage sur le pont !)
Évidemment, Puthod passe en force sans payer et en hurlant. On est obligé de payer son passage avant de
quitter l'édifice… (prestation Fun Aventure ?)
On reprend nos places dans la rue d'hier. Agence de voyages, transporteur, ministère du tourisme, tout ça
très délabré. On pense qu'en faisant le forcing, on aura plus de résultats.
Le gars de l'agence n'est pas sympa, même assez borné. Il nous propose que les voitures partent dimanche
avec les chauffeurs, pour trois jours de voyage sur une barge et les piétons lundi sur un bateau passager
pour 24 heures de voyage.
Ça ne nous convient pas du tout, mais il n'en démord pas. Finalement, un gars du ministère du tourisme, très
sympa, vient à notre aide. Il parle bien français.
Au bout du compte, on va charger les voitures seules dimanche sur la barge. On prendra le bateau avec cabine
première classe tous ensemble lundi.
À l'arrivée, nous déchargerons les voitures nous-même. Ça progresse.
On part changer à la banque. On paie les cabines. Départ vers midi pour la rive ouest du
Nil
à 9 km au nord. Un pont et un coin sous les palmiers qui surplombent le
Nil
.
Il fait hyper chaud, mais on peut se baigner, eau fraîche bien agréable.
Finalement, on passe le reste de la journée à l'ombre à regarder passer les bateaux de croisières et les
Felouques.
Au début, ils descendent tous le
Nil
et plus tard, ils le remontent tous. Y a-t-il des tranches horaires pour descendre ou remonter le fleuve,
genre feu rouge ?
Belle lumière le soir. Un chibani passe sur son âne, Jésia lui commande des poissons pour demain matin,
sympa, photos. Je lui donne un tee-shirt.
À la nuit tombée, on s'aligne tous en fauteuils le long du
Nil
, on regarde passer les bateaux illuminés. On commence à les acclamer et l'un d'eux détourne son phare pour
nous inspecter.
Ça devient le grand jeu et on s'égosille sur tous les bateaux… et c'est beau. Mais vu le nombre, ça fait mal
à la gorge.
Le pont est éclairé au loin. Beaucoup de moustiques.
Vendredi 22 octobre
Lever en plein soleil, à sept heures, il tape déjà fort…
Quelques-uns se baignent. Le chibani nous ramène le poisson. Christian le vide dans le
Nil
, puis frigo de Pascal. On le fera cuire à midi.
On repart en suivant la rive gauche du
Nil
(au nord). Petits
villages nubiens
. Cultures, puits actionné par des vaches qui tournent comme des cochons malades.
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Beau coin sous les palmiers. Baignade difficile. Vase, algues, petite prairie verte tout au bord. Nous
sommes en aval d'
Assouan
et le fleuve a récolté toutes les effluves de ses 350 000 habitants… mais il fait trop chaud pour en tenir
compte.
On salue une Felouque qui s'arrête et en 5 min on négocie un tour sur le
Nil
. Les Felouques survivent de petits voyages sur le Nil et souvent, en fin d'après-midi, certaines remontent
à vide vers
Assouan
.
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Gars très sympa « Captain Washington ». Les 2 Jacques, Pascal, les 2 Christian et Momo se mettent à l'eau
et se font tirer par des cordes. Évidemment, le seul qui lâche la corde, c'est Puthod. On fait des tours
dans l'eau pour le récupérer.
Jacques l'ancien se fait un bain de boue avec le « limon du
Nil
» à 10 km en aval d’
Assouan
. Belle prise de risque ! Au pique-nique, Jésia fait cuire le poisson : tout petit, pas grand-chose à
manger, mais sympa.
Les gamins nous tournent autour, veulent essayer toutes les chaises, pénibles à la fin.
On repart à la découverte des
villages nubiens
. Accueil chaleureux dans l'un d'eux. On cherche du pain… Finalement, ils nous reçoivent dans la ruelle,
tapis par terre et en plein ramadan nous sortent des gâteaux, du thé et des dattes.
Très belle démonstration d'hospitalité dans ce monde musulman que trop d'ignorants qualifient d'islamistes.
Jésia sert toujours de traductrice. C'est bien pratique… On retourne dans le coin de midi pour dormir.
Moustiques.
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Samedi 23 octobre
On va à
Assouan
pour rendre les plaques d'immatriculation égyptiennes. J'en profite pour acheter des fruits sur un marché le
long de la voie ferrée.
Direction le
temple de Philae
. Sur une île. Ce temple a été déplacé de 500 mètres à cause du barrage. On pique-nique à l'ombre sous des
hangars à voiture, avant de prendre le bateau : c'est assez dégueu. Café à la « cafétéria » !
Il fait hyper hyper chaud. Petits bateaux pour l'île. Très beau site. Rochers, verdure. Le temple est très
beau, mais quelle chaleur. D'ailleurs au début, nous sommes les seuls touristes à visiter…
Retour au premier bivouac à côté du pont illuminé.
Dimanche 24 octobre
Aujourd’hui, on emmène les voitures sur les barges pour
Wadi Halfa
.
Entre la douane, le paiement du transport et le chargement, il se passe environ trois heures. On nous donne
le choix entre deux formules : louer la barge entière, ou payer une somme par voiture.
Comme la barge entière coûte plus cher que le prix des 8 voitures, on choisit le prix des 8 voitures sans
savoir que ça allait leur permettre de compléter la barge pendant plusieurs jours. Ce qui expliquera
l'important retard à l'arrivée.
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On demande au planton du portail du port des taxis pour retourner en ville à l'hôtel où l'on avait réservé
la veille.
Arrivent 2 taxis de Dieu sait où. Le nôtre part dans le bidonville d’à côté pour chercher de l’eau de
refroidissement pour le moteur et du fric pour rentrer. C’est un vieux débris, le gars conduit comme un fou,
tout à gauche, il débraye en descente pour économiser son carburant, etc.
Hôtel Maharaba
. Belles chambres, mais évidemment, dans notre salle de bain, tout est bouché. Inondations par le sol… On
nous change de chambre…
Repas vers 14 h 30 à l'hôtel. Puis toilettes, lessive…
Balade dans les souks (premier souk à touristes). Jacques achète deux papyrus (dont 1 de Ramsès II sur son
char…) et moi des scarabées en pierres. Beaucoup de groupes… Vendeurs collants… Puis animation incroyable
après la rupture du jeûne. Ça grouille.
Beaucoup de femmes dans les rues, avec foulard et décontractées.
On mange dans un petit restau local. (Jus de mangue frais, chiche kebab…)
Retour à l'hôtel. Moment sur la terrasse sur le toit qui domine le
Nil
, les bateaux et la rive d'en face illuminée. Petit vent frais. Très agréable.
Coup de fil à la maison : ils font la fête. Yannick est là avec Belén et les petits. Il y a Laure et sa
marmaille, Djo et Émilie. Rien à signaler.
Lac Nasser
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Lundi 25 octobre
Je passe la matinée sur la terrasse toute seule à bouquiner pendant que Jacques repart au souk pour chercher
des cassettes vidéo, car nous n'en aurons pas assez.
Repas à 11 h 30, puisqu'on doit se présenter à 13 heures au port pour prendre le bateau.
Minibus plus sûr que le taxi de la veille. On râle tous quand ils nous font payer la traversée du barrage…
Mais on n'y échappe pas… Fin des formalités.
Vers 15 heures. On nous annonce que le bateau ne part pas avant six ou sept heures du soir… Mais qu'on a le
droit de monter à bord.
Nous découvrons notre bateau : un vieux truc petit, tout rouillé où il grouille déjà un monde fou.
Pour l'atteindre, on doit franchir les barges que des gars chargent de marchandises. Après avoir franchi les
obstacles de cartons, sacs, paniers et de centaines de mecs hurlants (ils parlent toujours très fort…) On
atteint nos cabines de première classe : petites, sales, vieilles. Tout est gras, taché. Toilettes communes…
Un poème d'outre tombe…
Le seul point positif, la clim dans la cabine. Je n’ose rien toucher au début. On attend à l'avant du
bateau, jusqu'à son départ et là on nous chasse pour la manœuvre. Donc cabine, car pas 1 cm² du bateau est
inoccupé…
Le pont inférieur est plein, le pont supérieur est plein. Le « restau » est plein…
On nous livre des plateaux repas, riz, poulet, courgettes… Et des jus de fruits. Pas de couverts, il faut
bouffer avec ses doigts, même la ratatouille.
Après le repas, on essaye de trouver un coin pour prendre l'air, le long du bastingage avec nos collègues
Soudanais, Égyptiens, tous très sympas et corrects. Il n'y a aucun problème.
Je monte sur le pont, alors là : c'est inimaginable. Comme dans les films. On ne peut même pas poser un pied
par terre. Tous les gars sont couchés et utilisent le moindre espace. Jacques sympathise avec un type de
Dongola
et apprend plein de choses utiles sur le passage des frontières entre la
Libye
, l’
Égypte
et le
Soudan
: la guerre du
Darfour
a changé toutes les conditions.
Je fais les formalités de police pour le
Soudan
. Jacques est déjà couché.
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Mardi 26 octobre
Assez bonne nuit, mais la clim est glaciale. Jacques se réveille avec un œil tout gonflé (la clim ?).
On finit par trouver un verre de thé. Ils sont déjà en jeûne.
Mauvaise nouvelle, au réveil en passant devant
Abou Simbel
, il paraît qu'on a doublé les barges sur lesquelles sont nos voitures, il va donc falloir les attendre et
sans doute dans ce bateau poubelle…