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Dimanche 7 novembre
(suite)
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Formalités d'entrée au
Yémen
. Gars beaucoup plus énergiques (en apparence). Deux ou trois heures d'attente. Change. Pas de fouille et
pour la première fois, on ne paie rien !
Les Yéménites portent une sorte de pagnes autour des hanches qui leur arrive à mi-mollet. Et la plupart
portent la « Jambiya », gros poignards recourbés, retenu par une large ceinture sur le ventre.
On aperçoit deux ou trois femmes toutes en noir. Avec juste une fente pour les yeux. Dès la rupture du
jeûne, ils ont tous leur boule de qat dans la bouche. Ça leur fait une grosse chique assez peu décorative…
On fait une trentaine de kilomètres. Bivouac au bord d'une piste de fréquentée. On a beaucoup de visites,
pas d'agressivité, mais toutes les voitures qui passent viennent nous voir. Curiosité, mais pas trop
d'intimité. Un vieux chibani de la ferme voisine nous fait comprendre qu'il va nous garder avec son bâton.
Avec un pote à lui, il installe son lit en fer au bord de la piste et dès qu'une voiture passe, il la fait
circuler…
On se couche. Pompe à eau qui martèle, concerts d'aboiements de chiens, somnifères et bouchons d'oreilles.
Lundi 8 novembre
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Au petit matin, on est entouré de policiers en armes qui nous surveillent. Très sympas. J'ouvre les yeux et
à travers la moustiquaire, je vois des mecs assis sur un talus à la hauteur de la tente à deux mètres de moi
qui me regardent dormir…
Petit briefing. On va à
Sanaa
(capitale) faire la feuille de route, se renseigner pour les visas de retour par l'
Arabie
et éventuellement sur la possibilité d'un retour avion (bateau pour les voitures).
Les policiers nous escortent pour notre sécurité et passent le relais à d'autres au fur et à mesure des
kilomètres et des régions.
On prend une superbe route de montagne. Villages de pierres, perchés au sommet des montagnes, dans des
endroits invraisemblables. Décor minéral. On monte à 2 800 mètres.
Des cultures en terrasses partout avec absolument rien dedans en cette saison. Je crois qu'ils cultivent le
millet et le sorgho. (cultivaient, car maintenant, le qat rapporte beaucoup plus…) Les flics finissent par
nous abandonner…
Pique-nique près d'un village, des gamins viennent nous voir.
Arrivée à
Sanaa
. 2 200 mètres d'altitude. Circulation d'enfer. De nouveau la galère pour se suivre, surtout que les
Yéménites ont une notion très approximative du code de la route. En plus ils sont toujours en train de
klaxonner, c'est assourdissant et stressant.
On cherche la police touristique. À un arrêt devant un poste de police (pas le bon), Jacques réalise que
l'odeur de « friture de poisson » qui nous poursuit depuis plusieurs jours vient de la batterie qui est en
train de cramer sous le siège conducteur : panique dans les rues de
Sanaa
Les autres continuent à chercher la police touristique, nous on reste sur place avec Jacques et Françoise.
Après discussion et coup de téléphone (grâce à un passant qui nous propose son portable) un gars sympa de la
police touristique vient chercher Jacques. Il l’emmène acheter une batterie.
Je reste à la voiture avec Jacques et Françoise. Ça devient pénible. Beaucoup de gars et de gamins pour nous
reluquer. Malgré les coups de badine d'un militaire et l'autorité peu convaincante d'un flic. Nous sommes
dans un croisement et toutes les voitures klaxonnent sans arrêt… Dur dur…
Finalement, Jacques revient avec le flic Ali et la batterie. Les autres sont à l'hôtel "
Tourist City
", où le gars nous emmène. Il fait nuit…
Mais le hasard (ou Allah ?) fait bien les choses : Ali est de la fameuse police touristique que nous
cherchions et il promet de passer nous voir à l'hôtel ce soir pour parler de circuit touristique et
autorisations !
Grand complexe de tour style Yéménite. Ce sont plutôt des appartements et pour 50 $ on a 80 m², deux
chambres, salle de bains, cuisine, salle à manger, salon… Pascal s'installe avec nous.
Repas improvisé dans le centre sportif du complexe. Au début, ils nous avaient installés en terrasse. Il
fait un froid de canard et comme tout le monde tousse et mouche, on leur dit que ce n'est pas possible.
Qu'à cela ne tienne, ils nous transportent nos couverts dans la salle de billard baby-foot…
Immense. Soupe très chaude, poulet, frites et riz, très froid…
Ali vient nous rejoindre pour préparer notre circuit et établir la feuille de route. Sauf pour traverser la
Ramla du Sabatayn
où il nous faut un guide bédouin, pour le reste du
Yémen
, on peut circuler librement avec la feuille de route. Il est sympa, parle bien anglais et un peu français.
Il nous sort un « ben dis donc » bien à propos…
On se couche dans les lits bien confortables avec de grosses couettes ! On a perdu 20° en une journée.
Mardi 9 novembre
Petit déjeuner dans notre appartement, avec nos produits. Jacques et Puthod partent faire les papiers à la
police touristique. Françoise et Jacques l'ancien vont se renseigner à l'ambassade
d'Arabie
pour les visas. Momo qui souffre énormément de son dos est parti à l'hôpital militaire avec Nicole. Il est
couvert de pustules et de plaques genre d'eczéma (on apprendra au retour qu'il a attrapé un zona). Jean a
failli mourir cette nuit d'insuffisance respiratoire (il n'a qu'un poumon. Il a eu la tuberculose à l'armée
en Allemagne). Et il a le rhume et il y a d'altitude.
Il a étouffé pendant deux heures, est devenu tout bleu. Jésia a essayé de faire venir un médecin, sans
succès. Finalement, une ambulance de l'hôpital militaire est venue après deux heures. Comme il avait
retrouvé son souffle, il n'a pas voulu partir à l'hôpital. Il avait 40° de fièvre. Il paraît que ça va un
peu mieux ce matin. Ils ont passé une sale nuit…
Je profite du temps libre pour mettre de l'ordre dans les caisses, faire la lessive et la vaisselle. Repas
dans l'appartement.
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On part visiter la vieille ville de
Sanaa
. Magnifique architecture, extraordinaire.
Souk grouillant de monde. Hyper bruyant. On rentre par
Bab al Yémen
, à 17 heures, dans les jours qui précèdent la fin du ramadan. Les gens sont très sympas. Pas de problème
pour les photos au contraire.
Jambiyas à profusion, tissus, bonbons, épices et beaucoup beaucoup de raisins secs de plusieurs sortes et
couleurs. Ils sont producteurs.
Un chibani s’assomme sur mon caméscope. Pas content. Je m'excuse, lui serre la main : il s’essuie
immédiatement la main sur son pagne, dégoûté… d'avoir touché la main d'une femme.
La nuit tombe et tout devient calme, ils sont tous partis manger et prier. Plus assez de lumière pour faire
du film. Dommage, car on circule dans des quartiers superbes. Belles maisons où luisent les « camerillas » :
Ouverture en arc de cercle décoré de vitraux. Ruelles propres. Il faudrait revenir et prendre son temps.
À la sortie vers Bab al Yemen, on se fait alpaguer par un vendeur de kebabs. On succombe 2 fois, une
première sur la proposition et une deuxième encore pire sur le kébab, LE meilleur de ma carrière ! Le pain a
été fait 5 min avant qu'on arrive et l'agneau n'a surement mangé que des fleurs en nous attendant !
On laisse Marylène et Christian qui ont rendez-vous avec un jeune yéménite dont ils ont fait la connaissance
et qui parle bien français. On rentre en taxi à l'hôtel. Repas dans l'appartement.
Finalement, on a la feuille de route facilement. On a joint par téléphone le guide bédouin qui nous attend
demain à
Marib
(60 km à l'est de
Sanaa
).
Pour l'
Arabie
, il faut une lettre de l'ambassade de
France
où Puthod est allé et a fait chou blanc. Il n'y avait personne. On a le prix des billets d'avion au cas où.
Il y a de chauds partisans du retour avion + container, mais un veto (financier) de Nicole et Pascal. Le
retour sera terrestre.
Mercredi 10 novembre
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Départ 8 h 30. Par une route de montagne plein est. Paysages de pierres arides et volcaniques. Village de
pierres. Assez beau. Nombreux contrôles de police, mais avec la feuille de route ça passe assez bien.
Les malades vont mieux. Momo a eu une injection d'anti-inflammatoires et un traitement antibiotique pour les
boutons. Jean n’a plus de fièvre et respire normalement.
À
Marib
, on retrouve les guides bédouins. 350 $ pour le convoi. Deux guides dans un Toyota plateau. Puthod enrage…
Départ vers 15 heures, en direction de l'erg, très difficile d'après la police touristique. Une soixantaine
de kilomètres de goudron et on bifurque vers l'erg juste avant un forage pétrolier. La zone est fliquée, car
contestée entre l'Arabie et le Yémen. On est sur une multitude de traces qu'on ne quittera pas.
Aucune difficulté. Paysage de dunes chaotiques avec une belle lumière du soir.
Bivouac dans le sable, sympa. Les deux guides ont fait du feu. On finit la soirée avec Jésia comme
interprète.
On les regarde mâcher leur qat. Vraiment, ça leur donne une drôle de tronche cette grosse chique. Ils
n'arrêtent pas d'en rajouter, de ruminer, de la déplacer d'une joue à l'autre… Bizarre.
Il paraît que ça donne la force. Je ne sais pas si c'est parce que c'est le ramadan, mais dans l'ensemble,
je trouve les yéménites plutôt avachis…
Jeudi 11 novembre
On continue de traverser l'erg, toujours dans les traces. Quelques franchissements de cordon. On trouve tout
un groupe de belges du troisième âge en train de franchir à pied d'un cordon plus haut que les autres.
Leurs guides les ont largués pour alléger les voitures. Ces 30 pauvres touristes ont l'air complètement
exténués, éberlués de se trouver là à pied derrière leurs voitures vides.
Très impressionnés par les 4x4 dans le sable. « C'est dangereux, ça penche fort, une fois ! ». Puthod en
profite pour se ridiculiser : son Toy ne tire plus rien et il plaque 20 fois pour monter sur la bosse, en
enfumant tout le monde.
Les Belges repartent avant nous. On retrouve une de leurs voitures plantée à mort. Les cinq Belges debout
dans le sable, en plein soleil (petite tenue de ville) et les trois guides allongés à l'ombre en attendant
je ne sais quoi.
On les déplante. Grands jeux de plaques, de pelles et de cordes. Les trois guides regardent, hallucinés, ces
blancs s'agiter. Au bout d'un moment, ils s'y mettent aussi…
La voiture sort du sable, elle est en deux roues motrices, le blocage de pont ne marche pas. Apparemment, il
a cassé un demi arbre arrière.
Les touristes sont chargés dans la benne du pick-up qui fait la liaison dans le groupe. Pascal prend une
petite (m)amie de 80 berges, on lui demande de rester sage et tout le monde retrouve le Toy à 20 km. Ils
auront des histoires à raconter en rentrant chez eux.
On traverse un grand plateau caillouteux. Villages abandonnés de
Shabwa
. Ancienne cité très florissante sur la
route de l’encens
, où on exploitait et vendait du sel aux caravanes.
Il ne reste que quelques murs, mais des fouilles ont été entamées par des archéologues français qui ont fait
de belles découvertes. En tout cas, c’est désolé.
On termine par un erg tout plat et on rejoint le goudron à une cinquantaine de kilomètres de
Hawra
. En tout, 250 à 300 km de traversée. On quitte nos guides. On devait dormir dans le sable, mais Puthod
décide de rouler encore, donc on perd le sable.
Il cherche un bivouac, on atterrit dans un terrain militaire – en fait une pampa avec quelques pneus et
bidons pour délimiter un terrain d'aviation et une baraque.
Des gens nous arrêtent. Discussion. Ils prennent trois passeports et nous autorisent à nous installer
derrière des dunettes et de la végétation.
Très beau coucher de soleil. Belles montagnes. On installe le bivouac. Les militaires viennent nous dire
qu'on ne peut pas rester là, au cas où l'avion atterrirait ! Les dernières traces visibles sur la piste ont
sans doute plus de 30 ans.
Discussions, palabres, Puthod et Jésia partent à la police avec les militaires. Accueil chaleureux, excuses,
on reste où on est, ouf ! On a fait des photos du coucher de soleil et aussitôt les militaires viennent dire
que les photos sont interdites. Les voyages en pays musulman ne sont pas vraiment catholiques.
Vendredi 12 novembre
Départ au goudron. On passe à
Hawra
. Direction sud-est. Beaux villages. Oued raviné, en terre ocre, belle falaise, puis grand plateau désolé.
Jacques a les points GPS du passage de Bernard dans le coin. Le but est de trouver la piste pour aller
rejoindre le
wadi Dawan
.
On pinaille. Le point de départ n'est pas bon. On roule en tête et d'un seul coup Joss pose la voiture,
court à la fenêtre du Land et hurle de tout arrêter, car on va casser les voitures si on roule dans des
cailloux comme ça…
En fait, Bernard m'a raconté que son guide ne connaissait pas non plus le passage et il a pinaillé dans
toute la plaine. On finit par trouver la piste, très importante, mais caillouteuse. Poussière, tôle ondulée.
Après quelques heures de galère (le paysage n'est pas terrible) on débouche enfin en haut d'une falaise de
200 mètres au moins. Et là, émerveillement : on domine le wadi, les villages sont extraordinaires, bâtis en
terre, un étage, avec des terrasses bleues ou vertes. Des palmeraies, des cultures en damier (sèche en cette
saison).
Les villages sont collés à la falaise pour laisser la meilleure place à l'oued et aux cultures.
Jacques suggère à Puthod de bivouaquer sur place pour profiter des lumières matinales. La seule réponse
qu'il obtient est la fuite de Puthod avec une partie du groupe.
Le fossé qui sépare Jacques de Puthod se creuse encore un peu, mais on s'en fout, car on a de moins en moins
besoin de ses « sévices ». On part sans lui, explorer le haut de cette magnifique falaise.
On part à 5 (sur 8) voitures pour atteindre un point panoramique de la falaise. Cheminement compliqué, car
de nombreuses failles barrent le passage. Mais ça valait le coup, vertigineux et grandiose.
On rejoint les autres en descendant une piste hyper raide pour atteindre le fond du wadi. Bivouac à côté
d'un village, dans une palmeraie. C’est vendredi, on est à côté du minaret, donc on bénéficie de deux ou
trois heures de prière…
Moustiques, mais bonne ambiance. On discute assez tard avec Jacques l'ancien, Françoise, Pascal, Jackie…
Samedi 13 novembre
On décide de circuler séparément dans le wadi afin d'être chacun son rythme pour les photos, les visites…
Les trois Lands restent ensemble et remonte le wadi. Les villages sont somptueux, les maisons de terre sont
peintes de motifs de couleurs. Certaines ont l'air luxueuses. C'est un enchantement. À part la saleté, les
poubelles, les odeurs. Le
Yémen
est sans doute le pays le plus crad que j'ai traversé à ce jour !
Les femmes sont toujours voilées en noir avec parfois un bandeau brodé ou un bijou sur le nez pour resserrer
la fente du voile. Dans les champs elles ont le chapeau pointu. On dirait des sorcières d’Halloween. Les
hommes nous regardent, indifférents. Les petits garçons s'approchent et les petites filles sont terrorisées
et fuient.
Jacques cherche du miel. Le meilleur du monde d'après le guide. Nombreuses ruches (petites caisses où
tonneaux posés sur des pieds, bien rangées, couvertes de bâche). Impossible de trouver du miel. On finit par
trouver un commerce qui en vend, mais il n'ouvrira pas avant 16 heures.
Rendez-vous avec les autres à 14 heures à
Seef
, gros village plus bas. Sans point GPS, les voitures s'éparpillent sur 15 km ! Ça nous laisse le temps de
visiter. Direction
Shibam
dans le wadi
Hadramaout
où on arrive avec les lumières du soir. Ville incroyable, très ancienne (voir le guide). Maisons et
immeubles en terre, nombreux étage, ruelles hyper étroites.
Jacques, qui a vu une photo de
Shibam
prise par Bernard, part dans la falaise pour retrouver ce point de vue.
Shibam et le wadi Do'an au Yémen ?
Bivouac un peu plus loin. C'est la fin du ramadan ce soir. Demain, fête de l’Aïd Séghir. Comme d'hab, on est
à proximité des minarets. On gagne donc en prime quelques heures de prière…
Après ça, si on n'a pas la rédemption chez les catholiques, on l'aura certainement chez les musulmans.
Dimanche 14 novembre
Les deux Christian et leurs femmes veulent retourner à
Shibam
. Le reste du groupe part pour
Sayoun
à environ 20 km où ils doivent nous rejoindre.
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Village sans grand intérêt, on les attend plus de deux heures, sans savoir si on s'est bien compris. La
tension monte. Tout le monde me tombe dessus pour savoir ce qu'on fait. Une fois de plus, je me retrouve de
facto chargé du groupe pendant que le « prestataire » n'en fait qu'à sa tête.
Comme le voyage est une succession d'attentes, de contretemps et de frustrations pour ce que l'on a raté,
c'est une cerise de plus sur ce gâteau déjà bien encombré.
On décide de filer jusqu'à
Tarim
, le village suivant, au cas où ils ne se seraient pas arrêtés à
Sayoun
. Personne. Ça gueule fort. Finalement, ils nous rejoignent.
Monstre engueulade à midi à laquelle je ne participe pas, trop énervée. En réalité, c'était jour de fête à
Shibam
, et ils s'en sont donnés à cœur joie ! Donc ils n'avait pas d'autres solutions…
Tension dans notre voiture, j'ai le moral au ras des chaussettes.
Tarim
, à part une belle mosquée, rien à signaler.
On prend une piste vers le sud, on va rejoindre l'océan Indien à environ 300 km. Goudron, puis piste dans un
oued. La piste est entièrement pavée de boules de pierres rondes. Il a fallu un boulot d'enfer pour obtenir
ça. Mais quand même, pour un pays pétrolier, on voit bien qu'ils n'ont pas inventé le goudron.
Belles couleurs, belles oasis, puis montée sur un plateau caillouteux. Bivouac dans des gros pavés noirs. On
entend un moteur style pompe au lointain. On voit des lueurs.
Feu chez Joss. Puthod essaye de rattraper le coup pour ce matin. Langue de bois comme d'hab : promesses de
"gars con".
Lundi 15 novembre
Puthod, qui au début ne voulait pas voir l'
Hadramaout
, veut maintenant allez encore plus loin en direction du
Rub al Kali
.
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Jacques lui fait remarquer qu'on n'a absolument pas le temps ni la feuille de route. Décidément, les 2
points de vue s'éloignent encore un peu plus …
Pas sûr de cette piste qui part trop à l'est, on retourne au dernier village. Quelques gars nous confirment
qu'il faut suivre cette piste. Plus loin, on passe la montagne et on tombe sur une station pétrolière (celle
qu'on entendait cette nuit) la police nous accueille avec le sourire : ils nous ont cherché toute la nuit !
Sympas, ils nous escortent pour nous mettre sur le bon chemin. On arrive sur l'océan Indien à l'est d’
Al Mukalla
.
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Belle plage, baignade, l'eau est bonne. Vagues, pique-nique, farniente, des centaines de crabes blancs,
oiseaux style échassiers. Des Yéménites viennent se baigner : les hommes et les garçons en shorts, les
petites filles en robes longues et manches longues, et les femmes tout en noir et voilées vont se poser 500
mètres plus loin, assises à l'écart de l'eau.
On roule sur la plage jusqu'au premier gros village, suivi par la police, très sympa. Très belle lumière.
Oiseaux. Un monde fou sur la plage du village. (C'est encore la fête de l’Aïd)
Station-service. On se lave aux robinets prévus pour les ablutions avant la prière ! À côté d'un lieu de
prière où deux petits garçons prient.
La police nous emmène dans un coin de bivouac. C'est un chantier de construction. La plage est inaccessible,
trop mou. On craint la marée le lendemain. On reste sur la piste, sauf Christian et Pascal qui restent en
bas, coincés entre la mer et un talus.
Pas un seul habitant ne vient nous voir. Vraiment les Yéménites ne sont pas casses pieds. Parfois curieux,
mais discrets et repartent tout de suite. Ils ne demandent jamais rien. Les Yéménites du sud sont moins
fermés que ceux du nord. Sourire, bonjour.
Mardi 16 novembre
Al Mukalla
: grosse ville portuaire. Jean veut acheter un pneu. Courses sur une place : bananes, oranges, mandarines,
tomates, oignons, melons, pain…
Les gens sont sympas, discutent. Les fenêtres sont bordées de rideaux blancs brodés.
On attend quand même plusieurs heures le fameux pneu. On se perd en sortant de la ville.
On roule en longeant la côte. Zone rocheuse, jolie plage. À un contrôle, les flics n'ont pas du tout envie
de nous laisser continuer seuls… On leur force un peu la main. Le poids de la feuille de route est
important.
Pique-nique dans les rochers, baignade. Nombreuses traces de tortues sur la plage et quelques carcasses.
Christian part chasser et ramène un poisson. Il a vu plein de grosses murènes.
La route traverse un erg qui part de montagnes noires et volcaniques et meurt dans la mer.
Panneaux nombreux indiquant que la zone est minée, séquelles de guerres civiles incessantes dans ce pays. On
profite de baraques de pêcheurs pour rejoindre la plage et on roule.
Superbe. Beaucoup d'oiseaux, des milliers de crabes. Rencontre avec des gars sympa qui nous emmènent voir
des murènes.
On quitte la côte pour contourner une montagne. Jacques a repéré sur la photo satellite un volcan avec un
lac tout rond. On y va. Beau petit lac avec la mer au fond. (150 mètres de dénivellation). Dommage, il n'y a
plus beaucoup de lumière.
Bivouac vers
Bir Ali
sur la plage au pied d'un gros cap rocheux.
Mercredi 17 novembre
je me lève à 5 h 30… Ciel nuageux, rouge, superbe, éphémère.
On a décidé de traîner jusqu'à 9 h pour laisser la marée descendre, car on doit encore rouler sur la plage.
Petit déjeuner. Tout le monde dort encore. Calme, baignade, visite d'une petite dame qui veut nous vendre
des coquillages, des coraux, des pagnes, très marrante. Je lui achète un pagne (200 rials = un euro).
Des pêcheurs viennent nous voir avec leurs barques. Sympas.
Jacques monte au sommet de la montagne. Un chemin a été taillé dans la falaise. Au sommet, ruines d'un
village. Christian est allé chasser et a ramené pas mal de poisson.
Hier soir Puthod nous apprend que l'
Ambassade de France
de
Sanaa
refuse de nous faire la lettre que réclame l'
Arabie saoudite
pour nos visas. Ils veulent qu'on s'adresse au
Quai d'Orsay
… Ça promet.
On va essayer d'être là samedi après le congé musulman.
On avance, toujours à l'ouest, de 30 km au goudron. On essaye de rejoindre la plage en traversant une zone
de dunettes et d'herbe à chameaux. Après avoir dégonflé, on y arrive seul avec Pascal. Les autres ont reculé
et préfèrent contourner.
À midi, on a mangé sur la plage, la marée était encore haute, les tables étaient au ras des talus de
coquillages, les pieds léchés par les vagues. C'est la zone qui sera ravagée 38 jours plus tard par
un terrible tsunami
…
Tout le long, on rencontre des pêcheurs sympas et souriants.
On roule sur la plage jusqu'au soir à l'exception d'un cap qu'on doit franchir par la piste sableuse. On
aide un autochtone qui s’ensable régulièrement (4x4 avec faucon qui l'accompagne, pas de plaques ni de
sangle). On le pousse plusieurs fois. Là, ça ne les gêne pas qu'une femme mette la main à la pâte.
Beaucoup d'oiseaux dont certains restent en flaques sur la mer. Des centaines. On roule jusqu'au coucher du
soleil. Tout rond, tout rouge, face à nous. Très beau contre-jour.
3 cadavres de tortues. Bivouac près du village d’
Awhar
. Des gars viennent nous voir, sympas, discrets et nous demandent « français ? Jacques Chirac ! Zinedine
Zidane ! ». Les deux personnalités internationalement connues.
Jeudi 18 novembre
J'ai bien dormi cette nuit. Jacques et Pascal se baignent. Des gars passent et veulent nous vendre du
poisson (on n'a rien pour le garder) et des coquillages (il y en a plein la plage). Comme ils sont sympas,
je leur donne un sac de vêtements que j'avais prévus pour l'Éthiopie. Je ne vais pas rentrer avec.
Passage à
Awhar
pour le gasoil et le pain. Village incroyablement sale. Beaucoup de mecs. Avec leurs Kalachnikovs. Même des
gamins de 12 ans sont armés…
Je pars avec Jackie et Malou à la recherche de pain. Les gars, assis sur leur tas d'ordures, nous indiquent
gentiment le chemin du bout de leur Kalachnikov…
En fait ils ne nous ont pas compris et nous ont envoyé dans un restau…
Je ne raconte pas : immonde… Le gars fait frire des trucs bizarres et nous propose de nous asseoir au fond
(sans doute la salle des VIP). On remercie aimablement. Pendant ce temps une foule compacte s'est agglutinée
autour des voitures (que des mecs, comme d'hab).
La police vient nous exfiltrer et nous emmène à l'abri au poste. Très sympa comme toujours, mais pour des
raisons de sécurité, ils ne veulent pas qu'on fasse le
wadi Awhar
, au nord.
Christian toujours reporter dans l'âme, trouve les WC si dégueulasses, qu'il les photographie. Il est
surpris par la maréchaussée qui déclenche une monstre histoire pour lui piquer son appareil. Les choses se
calment péniblement.
On s'est foutu dans un sacré nid de poux sans s'en rendre compte ! Nous savions par Ali de
Sanaa
que la zone d'
Aden
n'était pas fréquentable, mais sans connaitre l'ampleur de cette zone et nous y avons plongé trop naïvement.
Les flics eux sont au courant et inquiets.
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Ils nous escortent avec mitrailleuse lourde sur tourelle et six mecs en armes. On prend donc le goudron
plein ouest direction
Shaqrah
.
Un véritable convoi présidentiel. Les gars font arrêter les voitures pour nous laisser passer. Ils
s'arrêtent, compte les voitures et nous doublent à fond la caisse. De vrais Rambo. À midi, pique-nique sur
une plage, (le dernier au bord de l'océan Indien). Avec nos gardes du corps toujours vigilants et sympa.
Photos etc.
Ils passent le relais à leurs collègues de
Shaqrah
. Escorte moins impressionnante mais tout aussi efficace. Ils me surveillent pendant que je vais faire pipi
derrière un arbre et on rattrape le convoi toutes sirènes hurlantes.
La discussion avec notre escorte n'a pas été claire et Puthod ne s'aperçoit pas qu'il a le soleil dans le
dos et que notre escorte nous ramène dans l'
Hadramaout
d’où l’on vient… Jacques doit doubler toute la colonne pour arrêter ce massacre et repartir sur
Sanaa
.
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Après une incursion dans un village poubelle pour acheter du pain, on mange vite vite et dodo. L'ambiance se
glace elle aussi. On attaque une route de montagne hyper raide en lacets (nos flics nous ont abandonnés au
pied).
On est encore dans la zone pas terrible. On monte à 2 100 mètres pour un bivouac glacial.
Le ciel au-dessus de nos têtes s'embrase de centaines de tirs de balles traçantes. On a la sensation d'être
entre deux villages qui sont en guerre et se tirent dessus par-dessus nos têtes que l'on aplatit le plus
possible sur nos oreillers.
Personne n'ose sortir de sa tente. Les gars des villages alentours font joujou avec leurs kalachnikovs. Ça
n'arrange pas les affaires de ceux qui claquaient déjà des dents à cause du froid. Contentieux ? Mariage ?
Ou les 2 ? Fête au village ?
Je dors avec le manteau.
Vendredi 19 novembre
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Premier contrôle, on récupère une escorte toujours sympa et vigilante. On remonte assez rapidement sur
Sanaa
. Rien à signaler. Région de cultures assez pauvres en cette saison sèche.
Avant d'aller à l'hôtel, on va
Wadi Dahr
, au nord de
Sanaa
.
Rock palace
. Palais en architecture yéménite construit sur un gros rocher. Hôtel «
Tourist City
». Même appartement (numéro 12) avec Pascal. Bonne douche. On en avait besoin. On était encore plein de sel
de l'océan.
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On part en ville en taxi tous les trois. Les De Jonghe retrouvent leur copain yéménite dans les affres du
mariage : il est sur le point de déclarer sa flamme aux parents de sa dulcinée, mais la rencontre va
avorter. Évidemment, Christian se passionne pour ce cas exceptionnel et multiplie les conseils et
stratagèmes.
J'ai repéré un restau sur le « Petit Futé ». Le gars du taxi cherche. On tourne en ville pendant une
demi-heure. On trouve enfin, mais l'hôtel restaurant en question est fermé et à la place, il y a la police
touristique où Jacques et Puthod avaient fait faire la feuille de route. Pas si futé que ça ?
Il nous emmène dans un autre restau sympa et propre, service et bouffe corrects, terrasse, jet d'eau, un peu
frais. Téléphone à Laure pour son anniversaire. On laisse un message, il n’y a personne.
Samedi 20 novembre
Réveil à 4 h 30 pour moi (grrr…). Lessive. J’étends tout sur le balcon.
Départ en force pour l'
Ambassade de France
afin de forcer la main au mec qui nous refuse le courrier pour
l'Arabie
.
Au début accueil froid. Il est vrai que Puthod les avait menacés d’un « sitting ». On nous laisse sur le
trottoir… "Bon" accueil de Français par des Français…
Finalement, ça s'arrange et il nous laisse entrer. Le gars est un type imbu de sa personne « moi je, moi je
» Finalement, une partie de la troupe dégage. Le vantard nous fait visiter son 4x4. On le couvre de
compliments : avec ça, il peut monter sur n'importe quel trottoir de sa capitale ! (enfin, quand il y en a…)
et en rentrant chez lui, il peut la faire rutiler par ses larbins !
Il nous fait notre papier. On fonce à la banque payer les 50 rials par tête qu'il faut pour le visa.
Retour à l'hôtel. On mange notre bouffe dans nos caisses. On repart dans la vieille ville vers 16 heures.
Très belle lumière, bonne ambiance. On bouffe des kebabs succulents sur le trottoir. Téléphone à Laure. Tout
va bien là-haut.
Dimanche 21 novembre
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On quitte et paye nos chambres. On doit être à 11 heures à l'
ambassade d'Arabie Saoudite
pour nos visas (l’heure indiquée lors de notre dernier passage). On arrive reçu comme des chiens.
L'ambassade est fermée à 11 heures… L'horaire qu'on avait était celui du ramadan.
Puthod est chez Toyota pour sa voiture qui merdouille. On appelle le garage. Il n'y est plus. On l'attend.
On espère qu'il vient nous rejoindre.
Au bout d'une heure, on rappelle Toyota : il n'y est pas, ni dedans, ni dehors… On continue à l'attendre, en
tout quatre heures sur le trottoir en face de l'ambassade.
Christian nous fait encore des siennes. Devant l'
ambassade d'Arabie
un gars habillé à l'américaine fait la queue pour rentrer : il le photographie, se fait repérer par un gosse
qui va le dénoncer au planton de l'ambassade qui appelle les militaires.
Ils arrivent. Discussion. Il crie que ce n’est pas vrai, fait intervenir Jésia et fini par leur donner un
film vierge. Mais ils ont quand même relevé tous les numéros d'immatriculation. C'est la troisième fois
depuis le début du voyage. Il est incroyable ! Dans ces pays, il ne faut jamais photographier le bâtiment
officiel. Ils ont l’espionite aiguë.
Ce n’est plus tenable, on décide de retourner à l'hôtel. Puthod nous rejoint la gueule enfarinée et prétend
nous avoir attendus chez Toyota. Il nous prend pour des imbéciles comme d'hab. Personne ne croira qu'il soit
capable d'attente quatre heures… Pas de coups de fil avant 15 h 30… Alors qu'il avait prévu une boucle dans
la montagne à l'ouest de
Sanaa
. Il l'a probablement faite sans nous.
Tout le monde est à cran, sauf Marylène et Christian toujours joviaux dans leur bulle, tout est beau et tout
le monde est gentil…
On reste dans notre appart avec Pascal. Désabusés. D'un commun accord tout le groupe décide d'envoyer Puthod
au charbon demain. Il s'occupera des visas…
Lundi 22 novembre
Matinée à attendre le coup de fil de Puthod. Finalement, on le rejoint à l'
ambassade d'Arabie
. Il est allé faire le visa de Jésia pour
l'Égypte
.
À midi, on se retrouve et on part à l'ouest direction
Manakah
. C’est un parcours de Jacques, donc on est devant. Route de montagne, beaux paysages, temps un peu couvert,
cultures en terrasses incroyables. Beaux villages au loin, mais ceux qu'on traverse restent toujours aussi
sales.
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Pique-nique à 2 800 mètres, qu’on a eu du mal à trouver dans des cultures en terrasse. Ça caille… On prend
un oued direction nord pour rejoindre la route de
Shibam du nord
. Déjà en descendant la route, la végétation a changé. Température plus chaude bananeraies, figuiers de
barbarie.
Les gens sont plus noirs de peau. Vêtements colorés pour les femmes, mais impression de pauvreté. À l'entrée
du wadi, on se regroupe. Des gamins viennent nous voir. Ils se baignaient en contrebas.
"
Jumat Sari
", beaucoup de cultures, petits villages de pierre assez pauvres, mais jolis. Gorge étroite, piste
fréquentée par les locaux. Elle doit être impraticable à la saison des pluies.
Ils sont en train d'en construire une autre au-dessus du fond du wadi. Quelques photos, mais les femmes et
les petites filles sont sauvages. Bivouac dans un village dans un champ de terre ondulée. On demande
l’autorisation à des gars très sympa : pas de problème.
Comme c'est un parcours de Jacques, c'est lui qui trace et comme d'hab', le bivouac ne plait pas à Puthod.
Il part en chercher un autre… puis revient sans rien dire.
Des gamins viennent nous voir, curieux. Après la distribution de bonbons, ils se tiennent à l'écart et nous
observent. Le cirque est au village ! Les deux jeunes restent à discuter avec nous. Jésia sert d'interprète.
Ils sont gentils et intelligents, et la discussion est très intéressante. Elle dure d’ailleurs une grande
partie de la soirée. Le ciel est couvert et noir. Des éclairs, mais après quelques gouttes de pluie, tout
rentre dans l'ordre. Il fait chaud et lourd.
Mardi 23 novembre
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Ciel couvert. Dommage pour les photos, car la fin du wadi est très belle. On retrouve le goudron. Route de
montagne très belle, bien entretenue, toute neuve.
On roule au-dessus de 2 000 mètres. Malheureusement, des zones de brouillard nous gâchent un peu la vue.
Cette région est superbe. Village en pierres majestueux, cultures en terrasses, murs de pierre très bien
fait. On se sépare, Puthod fait l’aller-retour à
Sanaa
pendant qu'on pique-nique.
On monte au village de
Kawkaban
à 3 000 mètres, construit au bord de la falaise.
Puis on visite le village de
Shibam du nord
. Maisons contre la falaise, habitations troglodytes, mais sales, très sales… On retrouve Puthod qu'on a
envoyé à
Sanaa
chercher les passeports avec les visas.
On passe ensuite au village de
Tilla
. Superbe, assez touristique. Petits chasses-touristes sympas. On prend pour guide une fille : Fatima, 14
ans, toute en noir, mais sans voile devant le visage. Mignonne, souriante. Parlant très bien le français.
Elle parle 7 langues apprises avec les touristes. J'achète un panier à une gamine.
Bivouac de nuit à 2 850 mètres (altitude de l'aiguille de l'M à Cham), sur une aire de battage, propre et de
basalte dure. Jean ne peut pas rester à cause de l'altitude. Il part avec Jésia. Au moment de se coucher,
Marylène est oppressée : ils descendent avec Puthod et Jackie en pleine nuit bivouaquer plus bas. Il fait
frais frais frais. Des camions passent, on est sur la piste qui mène à une carrière !
Mercredi 24 novembre
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Ce matin la lumière est très belle sur les montagnes et les villages. L'air est limpide. Il fait beau au
lever du soleil. Une femme et sa fille viennent ramasser les quelques graines qui restent dans notre aire de
battage bivouac.
Elles n'ont qu'un petit ballet et un petit seau. Immense impression de pauvreté. Je leur donne un sac de
vêtements d'enfant chauds plus stylos et savons. Elle m'embrasse la main.
On retrouve les essoufflés plus bas vers 2 500 m. On reprend la belle route de montagne et jusqu'à celle
qu'on avait pris à notre arrivée pour rejoindre
Sanaa
.
Paysage toujours aussi majestueux : villages perchés. Quelques bancs de brouillard éclatent au soleil
pendant la descente. On passe la frontière en fin de journée.
Yémen
assez rapide malgré les fonctionnaires mâchant leur qat assis par terre ou allongés et la chique énorme.
Vraiment, je ne m'y ferai pas !