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Dimanche 3 novembre
On remonte un peu au nord et on visite le
fort d'Agadem
. L'eau n'est qu'à quelques dizaines de cm. La montagne est belle et la plaine ressemble à une sebkha. On
remonte lentement vers le nord et on trouve 1 ou 2 familles installées vers un puits.
Agadem, qu'il ne faut pas confondre avec Agadès, capitale de l'Aïr, est un ancien fortin abandonné, du
type classique à cour intérieure, avec bâtiments donnant sur le puits et arcades en forme de cloître; le
fort est en ruine, néanmoins dans les salles qui subsistent des graffiti modernes laissés par les
tirailleurs et les méharistes qui s'y sont succédé procurent aux savants et aux ethnologues l'occasion
d'une curieuse dissertation sur les rapports entre ces graffiti modernes, l'art libyco-berbère et les
rupestres du Tassili.
Un farceur toutefois leur montre un graffite en forme d'étoile sous lequel la mention « Breiz-Atao » vient
curieusement parler d'une invasion celtique contemporaine. Ah! ces Bretons... Ils sont partout!
(Roger Frison-Roche - Mission Ténéré - p.60)
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Beaucoup de méfiance réciproque, mais le commerce reprend le dessus. Les femmes nous sortent quelques
pacotilles.
On sort du massif d'
Agadem
et on se trouve en plein sable, assez roulant au début.
Puis les choses se gâtent et en contournant de grandes cuvettes, Warta se plante et Pascal en tentant de
l'aider tombe en panne.
Voyant le spectacle, j'ai évité ce trou et j'attends en haut de la dune en surveillant le fond du trou aux
jumelles. Warta sort le premier, mais Pascal ne bouge pas et lève le capot.
Je redescends à contre cœur. Le Land tourne très bien au ralenti, mais cale dès la moindre accélération.
Raymond découvre qu'une Durit d'air du turbo se comprime dès la montée en régime. Démontage fébrile. Cette
Durit est gainée de l'intérieur et la gaine s'est décollée. Grosse discussion. On arrache la gaine, on la
jette, on remonte le tout et Pascal repart du premier coup.
Le garage en France le consolera (?) en lui disant que la panne est connue…
Arrivée à
Dibella
. C'est l'heure du pique-nique. Warta nous trouve une très belle ombre et on s'installe. Christian, très
ému, nous dit qu'il a l'impression d'avoir vu à l'entrée de l'oasis un type seul qui le regardait
éperdument.
Il est sûr qu'il s'agit d'un naufragé qui a besoin de secours et il fait campagne pour monter une expé. Je
ne mords pas à cet hameçon et le laisse faire.
Pascal qui est moins insensible accepte et les 2 Lands partent en sauvetage. Ils reviennent avec le sourire
: en suivant les traces jusqu'à l'endroit fatidique, ils ont sauté la dune et sont tombés quasiment dans le
puits, entouré d'une caravane de 100 bêtes, dont les chameliers prenaient leurs ablutions.
Surprise des 2 bords, rigolades et recul immédiat à cause des chameaux qui ne riaient pas du tout. Ce
sauvetage a été longuement commenté.
Repas sous les palmiers doums, avec des noix de palme fraîchement tombées partout. Balades à pied pendant la
sieste.
« Je me souviens de Dibella, ce point d’eau perdu dans la pierre et le vent. Rien n’y semblait vivre,
sinon le murmure d’un puits et le balancement lent des palmes.
Mais il suffisait de s’arrêter un instant pour sentir que tout, là, tenait parole : le sable, la lumière,
le silence.
Dans cet accord fragile, l’homme se découvre à sa juste mesure — non pas maître du désert, mais invité
d’une paix plus ancienne que lui. »
(citation apocryphe de Saint-Exupéry selon ChatGPT)
Au départ, on discute d'un tas de poubelles fraîches qui ont manifestement été posées là par des Européens
immondes.
On ramasse tout dans un grand sac que Warta range dans son auto.
Pour sortir de l'oasis, il faut escalader une dune au nord-est. On découvre dans la montée qui se fait plein
pot, plusieurs caravanes montantes et descendantes.
Le spectacle est extraordinaire, on s'arrête en pleine pente pour ne pas effrayer les bêtes et faire des
photos. C'est le début d'un chapelet quasi ininterrompu de caravanes de 20 à 50 bêtes, dont la plupart
descendent au sud.
Ibrahim remonte les traces par simplification. C'est magnifique, il y en a dans toutes les situations.
L'écart entre chaque caravane correspond à la durée qu'il faut pour abreuver le troupeau à chaque puits. Les
caméscopes et appareils photos ne savent plus où donner du chameau.
La lumière se réchauffe de plus en plus et le spectacle devient grandiose. À l'heure de la halte, nos guides
avisent un petit massif noir qui émerge de cet océan de dunes :
Ehi Hourta
.
Le coin est étroit, mais splendide et j'assiste au coucher de l'astre depuis le sommet de ce frêle esquif.
Horreur, je vois d'en haut Araly qui creuse le sable et cache le sac poubelle de
Dibella
…
Lundi 4 novembre
Départ tranquille. Les caravanes sont toujours là. On en découvre même une en fin de bivouac depuis le
sommet d'une dune. Re-splendide.
Arrivée à
Zoo Baba
. Tout le monde s'est préparé pour cette rencontre, car nous avons des amis dans cette oasis depuis notre
dernier passage en 2001.
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Séquence émotion lors de la visite de l'école. L'instit et sa femme sont toujours là et toujours sympas.
Séances photos et distribution de cadeaux.
Les filles acceptent toutes le marché cadeau contre photo. En fin de séance, il ne reste pas grand choix
dans les habits que nous distribuons. Martine sort un anorak de sa mère en Gore-Tex d'un look extra à
Zoo Baba
.
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La fille est ravie, mais toutes les précédentes reviennent furieuses, car elles voulaient justement
celui-là. Pas si simple !
L'oasis de Zo-Baba, comme une île bordée de récifs, arrondit la couronne verte de sa végétation au pied
de falaises délitées uniformément tabulaires à leur sommet.
L'idée qui vient à l'esprit est inévitablement celle d'un atoll perdu dans l'océan ! Là-bas, comme ici,
règne la même ceinture de palmes, dressant leurs touffes haut sur les sables des plages.
Entre le rocher et l'erg s'étend une zone calme comme un lagon. Un sol de fech-fech, dans lequel un
véhicule s'enlise plus aisément qu'ailleurs, puis bordant cette plaine argileuse ou caillouteuse selon
les endroits, c'est la haute lisière des dunes semblables à des vagues puissantes déferlant sur l'oasis;
des vagues, elles ont non seulement l'apparence, mais aussi le mouvement par le vent qui écrête les sifs
et les fait fumer dans le ciel.
(Roger Frison-Roche - Mission Ténéré - p.133)
Dès la sortie de l'oasis, on rentre un moment dans les cailloux et on trouve des milliers de chameaux avec
des chameliers et des chargements multicolores : c'est la saison du ravitaillement et tout le
Kaouar
s'anime pour acheter les provisions.
Vers
Zoo Karémi
, on s'arrête pour voir ce défilé ininterrompu. J'ai un genou en terre pour photographier lorsqu'un
chamelier passe avec un large sourire pendant qu'un coup de vent lui vole son chapeau pour me le donner. Je
lui rends son bien et il me paie en sourire.
Il faut bien finir par sortir du massif, car on ne peut pas y suivre les traces de caravanes. On rentre
alors dans de grandes plaines de fech-fech où il faut bien lâcher les moteurs si on veut pouvoir s'échapper.
Folles séquences de panaches blancs.
Pique-nique à midi en zone de montagne. Warta veut téléphoner à Raïcha et je me la joue avec mon téléphone
satellite sous mon grand chapeau peul.
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Arrivée à
Bilma
. Formalités. Warta me demande de l'accompagner chez les militaires. Salamalecs de tradition. Quand on s'est
tous demandé des nouvelles de tous les neveux de nos arrières grand-oncles, on entame le sujet.
Lentement s'il vous plait. Après une demi-heure de discussion, Warta me demande de payer 5 000 CFA, ce que
je fais sans problème.
La détente est immédiate et les militaires me proposent de goûter le ragoût qu'il prépare. Je trempe un bout
de pain dans la sauce et m'émerveille publiquement.
La satisfaction est communicative et je quitte nos hôtes dans la bonne humeur. Warta est gêné, car nous
sommes partis sans reçu et il est clair que nous venons de participer à un des rackets les plus célèbres du
Sahara.
La palmeraie s'évanouit. Ce n'est plus que des champs de natron, des efflorescences salines qui font des
dartres blanches, des croûtes durcies et comme retournées à la charrue, sur lesquelles le pied du chameau
se tord, un sol crevassé saturé de sel.
A l'est, court la falaise du Kaouar, muraille de grès de 80 à 150 mètres de commandement, à l'aspect
ruiniforme. A l'ouest, la dépression est bordée par une ligne pierreuse, quelques monticules et une bande
de dunes de 20 à 25 mètres de hauteur, qui s'allongent jusqu'aux portes de Bilma.
(Lt Colonel de Burthe d'Annelet - Du Sénégal au Cameroun - 1932-1935 - T1 p.616)
Je le console en lui disant que j'ai quand même eu un bout de pain mouillé de sauce et que nous n'avons qu'à
considérer que nous avons pris le menu à 5 000. Après tout, grâce à lui ça ne fait que 1,27 € par voiture et
ce n'est pas trop grave, sauf que je dois régurgiter 5/6 de mon menu pour les autres.
Départ à fond la caisse dans les rues de
Bilma
et je me retrouve seul avec Christian, abandonné par les autres. Comme je sais qu'ils doivent passer par les
salines de Kellala
, j'y vais et tombe sur des contre-jours de soleil couchant hallucinants.
Il y a foule, mais pas nos copains. On remonte « en ville » et on se retrouve. Warta propose le bivouac à
l'écart et part plein ouest, mais en zigzag pour tromper les Russes. Bivouac calme en lisière du
Ténéré
.
Mardi 5 novembre
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Petit déj. Au lever du soleil, interrompu par l'arrivée des caravanes qui partent pour le
Ténéré
. Je monte sur la dune en courant et bouffe toute mes piles dans ce spectacle inoubliable.
Nous sommes à distance et pas un bruit n'accompagne ce glissement de milliers de chameaux entre les dunes.
On revient aux
salines de Kellala
pour une visite de détail. On voit entre autres une gamine de 12-13 ans qui nous présente avec une réelle
fierté son travail de la saison : quelques dizaines de cônes de sel et qui se remet au travail aussitôt.
Elle est sans doute l'esclave de quelque négociant, mais totalement soumise. Son beau visage reflète un
mélange de lassitude et d'obstination à fendre le cœur.
Départ pour
Dirkou
. Christian prend dans sa benne 3 stoppeurs ravis : des boubous blancs, bleus, roses volent au vent et les Lands
se photographient de profil.
Arrêt pique-nique à
Dirkou
, devant la base militaire. Warta s'est mis en colère contre la « feuille de route » qu'ils essayent de lui
vendre. Il a la sienne d'
Agadez
et n'a pas besoin de celle de
Dirkou
pour voyager dans son propre pays.
D'ailleurs voilà ce qu'il en fait de la feuille de
Dirkou
: il la déchire et la jette en plein vent en disant qu'elle aille se perdre dans le
Ténéré
.
Warta nous abandonne le temps de faire les « papiers » en ville chez quelqu'un d'autre.
Au milieu du casse-croûte, le planton de la base vient nous chasser. Nous sommes dans la zone de protection
de la base et si l'ennemi survient, nous serons en danger.
On lui répond qu'on va faire attention aux ennemis et qu'on dégagera sitôt le pique-nique terminé. Il rentre
en traînant les pieds.
Il revient peu après et nous supplie de partir, car sinon, son chef le punira lui. On lui répond que notre
guide est parti et qu'on n'ose pas bouger sans lui de peur de se perdre et qu'on n'a pas d'autre
rendez-vous…
Il nous récite son couplet jusqu'à la fin du repas, nous le nôtre et on dégage. Nous ne sommes pas les
bienvenus en pays Toubou avec nos guides Touaregs un peu contestataires.
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Warta revient sur ces entrefaites et nous dit que tout est arrangé. On rentre en ville pour ravitailler en
gasoil chez le célèbre Jérôme. Pas de pompe, tout est en fût. Négociation âpre, finalisée par le thé de
l'amitié (?).
Il n'y a qu'une pompe électrique, la mienne et je fais donc 5 voitures pendant que 2 autres utilisent des
pompeurs manuels en embuscade.
Scandale au moment du départ, car le prix des pompeurs n'a pas été négocié avant et maintenant, c'est
exorbitant. Départ houleux sous les injures…
Ah, quand une vache à lait ne donne pas son lait, elle ne vaut plus grand-chose.
Courses au marché. Fruits, légumes et… œufs que je ramène fièrement devant Christian dont le plaisir est
immense de m'avoir convaincu, lui qui achète des œufs sur ces marchés depuis qu'il est tout petit.
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Passage aux
mares d'Arigui
, belle étendue d'eau d'un hectare au milieu des palmiers et au pied du
Kaouar
. J'ai demandé à visiter
Aney
et Ibrahim nous engage dans une piste sablonneuse et encombrée de végétation.
On débouche d'un seul coup en plein village et 200 gamins nous assaillent. La caravane se repositionne en
tournant autour d'un monticule et les gamins nous pourchassent en file indienne à cause des obstacles.
Arrêt. Assaut général, mais dans la bonne humeur. Notre arrivée leur apporte plus qu'un bon western. Mais
tout le monde ne participe pas de la même manière et je voyais une gamine distante qui guignait de loin ce
spectacle en souriant.
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Son père surgit et la tabasse de la plus vilaine façon. Elle part en hurlant, elle n'avait sans doute pas
droit à ce spectacle impur…
Ibrahim retrouve un de ses potes et ils échangent longuement des souvenirs qui ressemblent à ceux de nos
services militaires.
On s'extirpe difficilement de cette folie, et on se choisit un bivouac à l'écart. Warta lâche le volant,
Araly lui tend le fauteuil, il s'allonge pendant que les 2 autres s'affairent. Ah, la douce condition de
chef…
Mercredi 6 novembre
On s'est écarté un peu du massif et on circule sans horizon en lisière du
Ténéré
. Le
Pic Zoumri
se profile de très loin, indiquant la proximité de
Séguédine
.
La ville apparaît dans une cuvette, vaste oasis au pied de la montagne. Visite des salines. Qui semblent en
moins bon état que celles de
Kellala
. Les gosses ne nous lâchent plus, mais conservent un peu de retenue. Traversée sur
Chirfa
.
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Le terrain est encombré d'affleurements rocheux qui nous obligent à de nombreux détours. Un peu de bois
pétrifié. On croise 2 voitures de touristes et une fille complètement allumée nous tient le discours sur les
Touaregs et leur culture, sans se rendre compte qu'elle est chez les Toubous.
Bivouac avant
Chirfa
. On se dissimule dans les rochers pour ne pas être en vue de l'armée qui surveille le coin.
Les fauteuils s'installent, mais pas pour Araly qui doit encore réparer une crevaison. Tous les occidentaux
sont sidérés lorsqu'il sort une grosse aiguille et du fil, pour recoudre sa chambre à air. Nos Touaregs sont
hilares et fiers de nous apprendre que c'est possible et même bien plus solide !
Jeudi 7 novembre
J'y découvre des gravures pariétales d'éléphants absolument remarquables et je les copie avec soin. Sur
des parois verticales lisses de grès couleur café au lait, je contemple une association de trois beaux
éléphants de grande taille, si j'en juge par celle de l'homme figuré devant le premier, à moins que ce
soit un enfant.
Les deux premiers s'entremêlent entre eux. La physionomie qui appartient en propre à ces animaux, a été
bien saisie par l'artiste, qui a cherché à en reproduire les caractères spécifiques et y a parfaitement
réussi. Leur aspect massif et puissant est vigoureusement évoqué. Les proportions et les formes sont
respectées. L'arrière-train très particulier est exactement représenté. Les quatre membres sont terminés
par des pieds qui ont une ressemblance naturelle avec les pieds postérieurs de la tortue. Les genoux et
les jarrets sont marqués. La cuisse a l'apparence réelle de la cuisse de grenouille. L'œil minuscule n'a
pas été omis, ce qui est rare. Les lèvres et les défenses sont à leur place. Seule la trompe n'est pas
achevée et ses plis ont été négligés. (de Burthe d'Annelet - Du Sénégal au Cameroun - 1932-1935 - T1
p.616)
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Arrivée à
Chirfa
. Visite à l'armée, Warta y laisse sans doute quelques plumes, mais n'en parle pas. J'ai le sentiment qu'il
est perturbé par ma réflexion faite à
Bilma
sur le « menu à 5 000 », et préfère assumer.
La ville de
Chirfa
se présente comme celle de
Séguédine
, Oasis dans une cuvette au pied de la montagne.
C'est un carrefour important, car les pistes de
Madama
, de
Zouar
de
Djanet
et de
Bilma
s'y croisent. Nous avions fui cette cité en 2000 avec la paranoïa de Puthod, mais tout est paisible, surtout
accompagnés.
Visite du vieux fort colonial en ruine, mais avec de beaux restes. Le Marché aux touristes s'improvise
rapidement, une trentaine de vendeuses s'installent en rond avec leurs produits devant elles. Ambiance très
sympa.
Visite à l'
arche de Paolo
. Il m'avait passé le point GPS de cette arche, qu'il tenait lui-même d'un notaire Lyonnais, lors de notre
passage en 2000. J'ai demandé à Warta d'y passer car avec Puthod, il n'en était pas question.
Ils se sont renseignés à
Chirfa
car ils n'avaient pas l'air de connaître. Évidemment, je n'avais pas le nom local.
Tout se passe bien, on y arrive facilement. Bel endroit. À la fin de la visite, Warta nous réunit
discrètement et nous explique qu'une agression vient de se produire sur la piste de
Chirfa
à
Djanet
et que nous ne pourrons pas visiter
Er Roui
et le
Dissalak
comme le programme le prévoyait.
Consternation et début d'inquiétude pour le retour, car c'est par cette piste que nous devions rentrer. Les
gens de
Chirfa
semblent bien connaître la bande qui a fait le coup et son lieu de retraite et ce sont sûrement des potes du
célèbre Youssouf qui nous a braqué en 2000.
Visite de
Djado
très paisible. Nous croisons un groupe de Français du troisième âge, piloté par Michel Zalio, voyagiste et
écrivain, que nous avons rencontré au salon du livre de montagne au Fayet quelques mois auparavant. Il
présentait son beau livre « Bivouac Africain ». Nous nous reconnaissons. Il est accompagné par l'
agence Adrar Madet
.
Nous essayons de parler de l'agression, mais ils disent ne rien savoir et écartent leurs (vieux) clients
rapidement.
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Visite calme et approfondie de
Djaba
, puis de
Ouarek
. Les FARS ont disparu. Visite de la petite arche, puis de la
source d'Orida
. Warta nous trouve un bivouac dans la plaine au-delà.
voir la description de Djado et Djaba par Burthe d'Annelet
Voir la description d'Orida par Burthe d'Annelet.
Vendredi 8 novembre
Arrivée à la
Cathédrale
, point extrême autorisé cette année. Ça sent la fin de voyage et des prémices de nostalgie apparaissent. Il
fait trop chaud et mes projets de grande balade à pied fondent comme neige au soleil. Le retour est
inéluctable et commence ici.
On repasse par
Orida
où Marylène fait un sérieux malaise. J'escalade quand même la belle montagne au-dessus de la source. On
repasse à
Chirfa
. Warta achète de grands colliers de dattes sèches, car dit-il, ce sont les meilleures du
Sahara
.
Warta nous conseille de redescendre à
Agadez
pour rentrer par
In Guezzam
et
Tamanrasset
. Nous choisissons le
Ténéré
en hors-piste jusqu'à
Djanet
, pensant que les bandits ne sont pas restés sur le lieu de leur méfait.
On souhaite faire ce parcours d'une seule traite et à vive allure. On vise donc le col des Chandeliers pour
un dernier bivouac avec nos guides et amis.
La discussion se crispe sur les tarifs. Warta réclame une rallonge pour le retour, je suis obligé de lui
ressortir nos fax et de lui rappeler que le voyage vient d'être écourté, sans changement de prix.
Je n'ai aucune marge de manœuvre car Yves et ses supporters sont absolument opposés à toute rallonge,
trouvant déjà que ce voyage n'a pas tenu ses promesses, que c'était trop lent, que leurs Touaregs ne savent
que faire la sieste etc.
Je compenserai le lendemain matin, à titre personnel et sous forme de pourboire, ce que j'ai refusé la
veille. Tension dans l'équipe.
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Warta reviendra « éperdument » ici en 2014, à l'occasion de la ruée vers l'or dans le Djado. Il ravitaillait
les chercheurs en assurant une logistique lourde entre Djado et Agadez !
En savoir plus sur la ruée vers l'or dans le Djado en 2014