Tour du Ténéré – Automne 2002 – Aïr – 2 / 6
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Vendredi 11 octobre.
Départ vers huit heures, direction Temet . Sable sans difficulté, toujours plat. Arrêt à la pointe Berliet , aussi impressionnante qu'un œuf sur le plat ! Arrêt plus loin pour chiner les cailloux : belles pointes de flèches et jolis bifaces en jaspe vert. Peu avant l' Adrar Bous , belle poterie presque intacte. Pique-nique dans l' Adrar Bous , dans une zone de grands acacias, avec de belles ombres. Le 23 novembre, la mission campe au pied de l'Adrar Bous, petit massif montagneux. La récolte scientifique y est considérable : pierres taillées, poteries, ossements de buffle et de rhinocéros, squelette d'un poisson de plus d'un mètre de longueur appartenant à la famille des silures, déjections pétrifiées d'un crocodile. M. Heu le zoologiste est aux anges, Mauny, Lhote et Hugot voient se préciser sous leurs yeux les hypothèses les plus osées.
Et c'est en se posant sur la cime d'un écueil avec son hélicoptère que Voirin, le pilote, fait la plus belle trouvaille de la mission : une hache en pierre polie dure avec gorge, admirable de proportions et l'un des plus beaux spécimens de l'art du Ténéré !
(Roger Frison-Roche - Mission Ténéré - p.34)
Pointes de Raymond Poterie avant l'Adrar Bous Belle ombre dans l'Adrar Bous Récolte d'Yves
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Temet
 
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Arrivée dans la passe de Temet vers 15 h 30. Jacques, Christian, Pascal et Yves partent faire l'ascension de la grande dune nord. Émotions, car Yves sort d'une intervention sur les coronaires après un léger problème, et tout le monde lui déconseille cet effort sous cette chaleur.

Il insiste. Je reste à l'ombre avec les autres. On essaie de cacher le bivouac un peu plus loin dans la passe. Les quatrequatreux du groupe se défient sur les dunes alentour. Ciel étoilé après les passages nuageux de l'après-midi.

Christian sur la dune nord  de Temet Dernière photo argentique Belle brochette de copains La grande dune sud Arabesques

Samedi 12 octobre
dans la passe de Temet passe de Temet, nord passe de Temet, nord massif d'Ihouilen
Debout 6 h 20 comme d'habitude. Lever du soleil, belles lumières. Départ de Temet dans le but de trouver la piste indiquée par Warta pour rejoindre Iférouane . Je pars plein ouest contre le Gréboun , pensant d'après la vue d'en haut des dunes que le corridor se prolongeait au sud.
Tchi-n-Acheroua
Tchi-n-Acheroua
Les traces (maigres) nous conduisent dans un premier oued superbe dans les falaises et se terminent en cul-de-sac dans un canyon vers le puits de Tchi-n-Acheroua . On recule et Christian découvre l'absence du bouchon de réservoir d'eau. Difficile cette fois de parler de vol. Il nous explique que le matin, pour tirer de l'eau, il ouvre ce bouchon pour faciliter l'écoulement. Il jure ses grands dieux qu'il pense tout le temps à le refermer avant de partir. Il fait de même pour le gasoil…

On fait systématiquement toutes les passes, en vain. Mais toutes sont fermées, impossible de continuer. Comme le temps passe et que le rendez-vous est pour ce soir à Iférouane , on décide de faire le grand tour par le nord vers Tin-Galène : 270 km ! Piste repérée sur la carte IGN de 40 ans, mais difficile à trouver.

Elle se perd souvent. La piste indiquée par Warta part de Temet au sud-est DANS LE SABLE et contourne la grande dune sud PAR L'EST avant de rejoindre les cailloux, Je l'apprendrai de Warta le lendemain.

C'est galère. Je pars à fond les ballons, car on est en retard. Yves vient me dire que ça va trop vite et qu'on devrait ménager les voitures. J'essaie simplement de minimiser le temps de fréquentation de la zone de Tin Galène que Warta nous a déconseillée. Pique-nique pour calmer le jeu. On lâche quelques traces au sud, puis elles deviennent trop tentantes et je finis par en prendre une en dehors de mon projet.

On se retrouve dans un dédale magnifique, mais angoissant pour l'ouvreur, car nous sommes hors-piste, sans horizon, dans des vallées rocheuses sans traces… Après 40 km d'errances et quelques acrobaties, je retrouve mon tracé sur la vieille piste IGN, mais elle est très peu fréquentée. Je la perds plusieurs fois. Elle se forme enfin, mais à partir de là, elle fonce sur Arlit .

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Pique-nique vers Tin-Galène
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Stop. Un petit coup d'OziExplorer et nous revoilà hors trace, plein est, dans un oued montant, avec une crête devant nous. Raymond crève et toute la caravane s'arrête. Inquiet sur la suite et le timing, je saute la crête en solo et redescends de l'autre côté à la recherche de l'ancienne piste. Il me faut plusieurs kilomètres pour tomber sur une trace minable, mais bien orientée.

À défaut de mieux, on s'en contentera. Je remonte chercher les autres qui commencent à se demander si on va y arriver. À 7 h du soir, on est à 40 km d' Iférouane , plus de visibilité, plus de traces non plus. On bivouaque. Impossible de trouver des traces la nuit. C'est fâcheux, car Warta nous attend et va s'inquiéter. Je suis perturbé par ce contre-temps. Je ne peux pas téléphoner, car il doit être à Iférouane sans moyen de le contacter.

Dimanche 13 octobre.
Lever du jour sur l'Aïr Nord de l'Aïr Nord de l'Aïr Nord de l'Aïr

Iférouane
 
Premiers habitants depuis Djanet Premiers habitants depuis Djanet Jardins d'Iférouane
Conférence internationale Baignade dans l'irrigarion
Départ pour Iférouane . Beaux paysages de montagne, rochers ronds, herbes vert fluo. La piste s'étoffe un peu, toujours dans la bonne direction. Je reprends du poil de la bête. Petit campement avec des ânes et une famille avec la mère et cinq enfants. C'est notre première rencontre depuis Djanet, à 700 km. Photos.

Iférouane , très beau village en terre ocre, belle architecture, portes bleues. Très propre. On arrive avant midi et on laisse nos passeports au poste de police. Plein de gamins cadeaux cadeaux, mais très sympas. Un gars nous emmène au camping où Warta nous attend. Grande joie de se revoir.

Grand bonheur, il n'était pas inquiet étant lui-même malade (fièvre). Nous faisons connaissance d'Araly, l'assistant infatigable de Warta. Le camping est aussi un jardin, avec une irrigation par pompe. On peut se baigner dans un bassin étroit, mais délicieux. L'eau est fraîche, le gars très sympa. Bien ! Repas sous les arbres du camping. Thé à la menthe. On va voir les artisans qui nous attendent de pied ferme. Achats en euros.

On arrondit. Petits cadeaux. Un gamin me suit toujours, très cool. Vers 17 h, bière fraîche à l' hôtel Telit . Puis gasoil dans un entrepôt. Remplissage à la pompe manuelle dans un bidon de 20 l. Puis transvasé dans les réservoirs ! Bonjour les dégâts ! Puis on fait de l'eau à l'hôtel. Nuée de gamins : c'est l'émeute quand je retourne l'écran du caméscope et qu'ils se voient !

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Des gars essayent toujours de nous vendre des souvenirs. Jacques achète une grande croix d'Agadez , plus un couteau cadeau. Les deux partenaires sont ravis de leur affaire !

Retour au camping. Une chèvre cuite sur le la broche accompagnée d'un couscous. Les tables sont installées. Malheureusement, la chèvre ne plaît pas à tout le monde, Michèle trouve dommage de tuer ces pauvres petites bêtes et Raymond et Yves ne la trouvent pas assez cuite. C'est le premier flop ?

explications la corvée d'est pas un vain mot et la corvée de bois non plus
Choupette d'Iférouane Choupette d'Iférouane Public relation du club de foot… Choupette d'Iférouane
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Christian, surexcité, a trouvé cet après-midi un chasse-touriste qui lui propose de monter une soirée dansante rien que pour nous. Quelle aubaine ! Rien ne peut le décourager, ni la méfiance de Warta, ni celle des autres. Il a besoin de notre accord pour répartir les frais. On part donc dans le village pour des chants et des danses Touareg.

Étonnant, mais il fait très sombre et il y a beaucoup de poussière. Les hommes dansent et les femmes chantent accompagnées par le tam-tam. Musique répétitive et un peu lancinante, mais très prenante.
Choupette d'Iférouane Collation à l'hôtel Telit marchandage dans l'entrepot des carburants la dance du chasse touriste
Retour au camping. On dort sur le toit de la voiture. Nuit quasiment blanche. Moustiques, chèvres, ânes et match de foot dans le quartier jusqu'à minuit !

Lundi 14 octobre
Petit déjeuner. Les hommes se re-baignent dans le bassin d'irrigation. Départ. Warta et Araly, le jeune chauffeur, chargent trois Touaregs qu'ils déposent dans la pampa vers Tadéïda dans l' oued Tadek . Très beaux paysages. Montagne, sable, puits et gravures rupestres à Tazerzeït .

Trois femmes et leurs gamins nous proposent des bijoux. Elles vivent dans un dénuement complet. Leurs hommes partent plusieurs jours. J'achète un petit collier en verroterie. Et je donne trois petits vêtements pour les enfants. Elles sont ravies. On fait le coup de l'écran du caméscope. Beaucoup de succès.

Tazerzeït, montée aux gravures Warta en pose Le commerce reprend le dessus Choupette de Tazerzeït

Adrar Chiriet
 
Sieste sous les acacias
Warta et Araly à la peine…
Pique-nique sous un grand acacia à proximité de l' Adrar Chiriet . Warta et Araly restent dans leur coin (tapis et matelas pour la sieste). Mais on a quand même droit au thé. Il y a plein de fourmis blanches chiantes. L'ombre est royale, mais quelques-uns s'ennuient et se racontent des histoires de Chamonix.

Yves vient me voir, car il trouve qu'on perd du temps. Il a déjà vécu ça dans un voyage à Tamanrasset et ne veux pas recommencer. Difficile de trouver la vitesse qui lui convient, hier trop vite, aujourd'hui trop lent, je laisse pisser…
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Warta et Araly à la peine…
On part en direction de Chiriet .

Christian a une grosse fuite de gasoil. Araly prend une douche au gasoil pour réparer. C'est son nouveau montage de réservoir additionnel qui amorce un siphon, met son réservoir principal en charge jusqu'à péter la Durit de la goulotte. Il écoute cette explication, mais incrédule, il croit plutôt à quelque chose de surnaturel, plus en accord avec le décor.

Contournement de Chiriet par le sud-est. Belles dunes, petit cordon où Warta plante le Toy, à sa plus grande honte. Manœuvre, plaques, tout le monde se déchaîne. Dans l'effort, je me prends une bonne rasade de pot d'échappement qui me transforme en charbonnier : je quitte mes sandales pour trouver 2 traces de lanières blanches…

Bivouac à Inifaye , en lisière nord-est de Chiriet . Je me serais bien introduit dans le massif par les wadis que l'on voit s'enfoncer, mais Warta qui sort de son plantage refuse tout net.

3 grillons avaient pris pension dans nos affaires, sous les acacias d'Iférouane . Ils se réveillent la nuit tombée pour un concert improvisé. Après une chasse mémorable, on en retrouve dans les sacs de vêtements, et même dans la pharmacie.

Araly nous fait du pain frais pour le petit déj du lendemain.

Mardi 15 octobre
Sieste sous les acacias Warta et Araly à la peine… Le commerce reprend le dessus
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Direction les montagnes bleues . Tas de gros blocs de marbre blanc veiné de bleu. Je trouve deux pierres qui ont dû être taillées.

Retour dans nos traces par Chiriet . On passe au puits de Tchin Adegdeg asséché. Warta a des potes partout et ne manque pas une occasion d'échanger les nouvelles. Direction du puits de Faris . Il y a de l'eau à 5 m. On pique-nique sous les acacias. Grande toilette au puits avec douche dans l'abreuvoir. Je coupe les cheveux de Jacques sous l'œil effaré de Marylène qui compare avec son apprentissage de coiffeuse !

Dans les années 1980 et 1990, Mano Dayak, figure centrale de la lutte touarègue pour les droits et la reconnaissance des populations nomades, utilisa Faris comme refuge temporaire. Ce lieu isolé, difficile d’accès, lui permettait de se mettre à l’abri des autorités nigériennes tout en restant proche des zones touarègues du nord.

Faris n’était pas une base permanente de la rébellion, mais un refuge discret pour se reposer, rencontrer des alliés, ou échapper à la surveillance gouvernementale. Son isolement en faisait un lieu stratégique pour ceux qui connaissaient bien le désert.

Aujourd’hui, Faris garde une dimension symbolique dans la mémoire touarègue, en partie à cause de son association avec Mano Dayak. Il représente un lieu de résilience, de résistance et de mémoire, mais aussi l’empreinte d’une époque où les oasis étaient au cœur de la vie saharienne, avant leur lent effacement sous les vents du désert.

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Balades superbes dans Ilakane . La trace sinue entre des dunes, des rochers et de petits acacias. C'est magnifique. On longe l'embouchure de la vallée du Zagado . Arrivée à Isaouane pour le bivouac, entouré de dunes. Christian décide de s'exercer à la conduite de son nouveau Defender 130 dans les dunes, car il est néophyte sur Land.

Il s'encastre sur un sif pour 1/2 h. En fait, ce soir-là, il a plutôt appris le maniement de la pelle à sable que celui du Land… Champagne de Raymond bien frais.

toilette au puits de Fares aujourd'hui on rase gratis montagnes d'Ilakanes Apprentissage

Arakao
 
Mercredi 16 octobre
fleur d'acacia Entrée nord  de la pince La grande dune du fond de la pince fleur de coloquinte
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Direction Arakao surnommé « la Pince de Crabe ». J'ai souhaité visiter la partie nord de la pince, que je ne connais pas et Warta hésite pour le passage. Pascal le rejoint en tête, pendant que Christian a des problèmes métaphysiques avec la boîte de transfert : il a besoin d'une révision sur la théorie des courtes avant d'aborder la prochaine dune, car d'après ce qu'il dit, son Toy n'était pas comme ça (?).

Traversée de 2 cordons, puis arrivée à la partie nord de la Pince de Crabe . On visite le fond de la pince, puisque j'ai dans mon GPS le point extrême de la visite de la partie sud en 2000, mais ça ne raccorde pas et de beaucoup : la dune est immense et belle. Warta nous explique que c'est un départ de randos chamelières dans le massif du Takolokouzet .

Léger retour arrière pour franchir assez facilement tout le pâté de dunes pour aller du côté sud. Araly conduit le Toy de Warta : ça fume noir et la boîte de vitesses fait des siennes. Quelques plantages. Pique-nique à l'ombre. Tous les midis, on a le thé. Bonne ambiance. Calme.

Warta a oublié l'ouvre-boite, mais pas l'Opinel Quand les ombres sont petites, elles deviennent perso… Défilé d'Agamgam forêt d'arbres morts dans la dernière sécheresse
Pas de stress. On a le temps. Ça change d'autres voyages où j'avais l'impression qu'on courrait après la montre. Le ciel se voile, comme hier, il fait un peu moins chaud. Après-midi, arrivée aux gorges d' Agamgam , petit canyon aux parois verticales. Cul-de-sac. (pas vrai !) Retour vers l'Arakao .
On atteint ainsi l'étranglement de la gorge où le torrent s'est frayé un étroit passage de 5 mètres. Celui-ci au moment des tornades, grossi par les filets qui ruissellent en amont et convergent par les ravins, se glisse bouillonnant au milieu d'un hérissement de blocs fermant presque complètement la fissure, et d'où il retombe en cascade, creusant un trou dans lequel l'eau demeure.
Cet «aguelman», dû à l'effet mécanique des chutes d'eau après les orages, dénommé In Debiran (kil. 56, alt. 750 m .), est une nappe de dimensions respectables : 30 m de longueur sur 10 m de largeur et 3 à 4 m de profondeur.
Cette eau de pluie, sombre, tapissée de mousse et de plantes aquatiques dans le fonds et sur les bords, est limpide, fraîche, excellente.
Cette vasque est si étroitement enserrée entre des murailles de 50 mètres à pic, et même en surplomb, qu'elle est protégée des rayons solaires, subit très peu d'évaporation et ne tarit jamais malgré la sécheresse persistante. Le soleil qui baigne l'ouadi et joue sur ses rocs, n'y pénètre qu'un court espace de temps.
Vers 11 heures les rayons du soleil frôlent le sommet de la paroi, dégringolent le long de la pente opposée, dorent la pierre foncée, puis, dans leur marche illuminent à son tour l'autre pente. Aussi y jouit-on de l'ombre et de la fraîcheur la plus grande partie de la journée.
(Lt Colonel de Burthe d'Annelet - Du Sénégal au Cameroun - 1932-1935 - T1 p.570)
Belle lumière. On monte sur les hauteurs dans le sable à l'entrée de la pince. Jacques monte au sommet d'une grande dune au coucher du soleil. 1er essai de son nouvel appareil photo numérique, retour avec 200 photos… Christian et Pascal montent sur une autre. On domine la vallée de la pince sud de l'Arakao . Acacias, montagnes noires mouchetées ou zébrées de sable.
Vue côté Ténéré Vue côté sud Pascal essaye de larguer son ombre Vue côté nord
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Dans l'après-midi, on a roulé dans de grandes étendues de sable bordées de montagnes noires. Très beau contraste. Parfois, petites montagnes coniques noires et ocres magnifiques.

Warta nous trouve un somptueux bivouac en position dominante sur le cordon de la pince, au bord d'un entonnoir en lumière rasante. La vue est splendide sur le sud. Il fait bon : on dort dehors. Vers 2 h 30, branlebas de combat, un fort vent se lève. Je plie bagages, range le bivouac et me réfugie dans la voiture. Jacques fait de même, en descendant de son perchoir.
arabesques Vue plein ouest au fond, le coin du pique-nique  de 2000
Pascal essaie de marcher sur son ombre le bivouac ne s'annonce pas mal… beau travail
bord sud de la pince Entrée sud

Jeudi 17 octobre
liquide vaisselle, fil à coudre pour étancher le piston du maître-cylindre de la commande d'embrayage
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La montagne de Kogo
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entrée de l'oued Zagado
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Ce matin, j'ai sommeil, très sommeil. Départ comme d'habitude vers 8 h 15. On roule tranquille sur de grandes étendues ondulées. Acacias et montagnes à l'horizon. Le soleil fait des spots à travers les nuages.

Panne de voiture pour Warta et Araly. L'embrayage a lâché. Araly essaye de réparer en vain. J'en profite pour m'allonger à l'ombre de la voiture.

Yves commence à s'impatienter, il m'explique que « ces gars-là ont toujours du matériel pourri… » Je suis content pour lui, car ça prouve qu'il a oublié sa panne de Mercedes d'il y a quatre ans et qu'on a flingué l'itinéraire pour le ramener au goudron…

Mais en même temps, on sent bien qu'il n'apprécie pas ce type de voyage où on n'est pas chaque minute en train de faire gicler la poussière. Michèle, depuis le début, est aussi joviale que six croque-morts en pleine cérémonie.

On repart au ralenti : Warta roule en seconde, sans s'arrêter. C'est un peu lénifiant. Puis, on s'arrête. Warta monte dans la voiture de Pascal : il a vu des véhicules dans le sable. Pas nous. On suit Araly. Warta et Pascal reviennent avec la pièce de rechange.

C'était deux Italiens avec des guides d' Agadez . Le système d'entraide et de débrouillardise fait qu'à midi Araly a réparé la voiture pendant le casse-croûte, ce qui ne l'a pas empêché de nous servir le thé !

Ce matin, on est allé dans les gorges de Kogo . J'ai trouvé les aiguilles de porc-épic. Pendant le pique-nique, mécanique. Des gars sont venus discuter avec Warta. Je ne m'habitue pas à l'allure fière de ces Touaregs. Même très pauvres, ils sont toujours magnifiques.

Des gamins arrivent au moment où on quitte le pique-nique, tous en bleu. Arrêt à l'épicerie de Zagado . Petite paillote, produit divers, Christian s'achète un pantalon Touareg, Michel une tunique et Araly, de la semoule pour le pain. C'est SuperZag, la supérette locale.

Le crayon de Martine a séché là !

On remonte l' oued Zagado . Une petite herbe fine et verte ondule au vent avec des reflets d'argent à contrejour. Vers Anou Samed , on tombe sur un magasin de souvenirs qui vend toute la pacotille habituelle : c'est le coup de fouet de la civilisation qui nous tombe dessus.

Heureusement, le sourire des vendeuses fait des ravages. Achats de petits objets en pierre tendre. Même Papé négocie. Les filles sortent à la lumière de fin d'après-midi pour la qualité des photos. En face, un puits et son jardin sont animés par le chameau qui tire le delou. Belle ambiance de soleil couchant.

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Super Zag
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On remonte ensuite sur Tchintouloust , joli village en pisé avec portes et volets en bleu assez clair. Les Lands sont à la traîne et je dois renifler les traces pour raccorder. Les Toys ne font pas de photos (quel rapport avec la marque ?) et préfèrent les rétroviseurs clairs…
Nous abandonnâmes bientôt la vallée Afis pour arriver, par une montée rocailleuse, dans une autre vallée où se trouve situé le village de Sarara ou Assarara. Nous nous y engageâmes entre deux groupes de montagnes, et après avoir parcouru encore un bas-fond de rocher, nous pénétrâmes, à neuf heures et demie, dans la vallée de Tintelloust .
Celle-ci consiste en un vaste ravin sablonneux dépourvu de végétation, à part quelques broussailles croissant sur les bords. Sur les premières éminences, du côté oriental, se montrait un petit village se confondant presque entièrement avec le roc dont il était environné.
C'était le lieu de résidence, tant désiré, d'Annour. Nous n'entrâmes pas dans le village lui-même, mais nous choisîmes notre lieu de campement sur une colline de sable qui s'élevait dans un angle de la montagne. Le pied de cette éminence était abondamment orné de la verdure du Capparis Sodata; un pli de terrain couvert de beaux talhas nous séparait d'une abrupte crête de granit dépendant de la montagne Tounan.
Au midi, l'horizon était borné par l'imposant groupe du Boundaī; vers le nord-est, nous avions vue sur le village et la masse de rochers qui en formaient le fond; enfin, notre emplacement était magnifique.
(Heinrich Barth – Voyages et découvertes dans l'Afrique – T1 p.194)
Christian adopte sa posture favorite de poids mort insensible aux difficultés du pistage. Recherche du bivouac dans des sortes d'enclos naturels très bien décorés par la végétation. Warta nous installe dans une de ces chambres bien belles et bien isolées, sorte de bocage de l'Aïr .
Choupette d'Anou Samed Puits d'Anou Samed Bivouac de Tchintouloust Choupette d'Anou Samed

Assodé
 
Vendredi 18 octobre
Conférence sur les ruines d'Assodé
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On arrive aux Ruines d' Assodé . Vaste champ de plusieurs hectares de cailloux rouges dans un décor d'apocalypse. Tout est détruit. On devine des rues et sur 500 cases ruinées, il reste un seul fronton encore debout.

Warta s'installe sur un monticule pour nous faire un peu d'histoire. Un jour, le roi d' Assodé maria sa fille vers l'an 1 600.

Il souhaita le faire avec un faste particulier et eu l'idée d'un sacrifice humain. Dieu n'a pas aimé et pour le punir, fit mourir tous les convives.

L'endroit devint maudit. Les occidentaux en mal de rationalité ont remplacé Dieu par la peste. Mais une chose est sûre, il n'y a plus ici l'ombre d'un habitant. Assodi était autrefois une ville importante, très fréquentée des marchands; tombée aujourd'hui, elle ne renferme plus qu'un petit nombre d'habitants. Les ruines, que l'on dit être celles d'un millier de maisons toutes bâties d'argile et de pierre, occupent un assez grand espace; mais aujourd'hui, il n'y aurait plus guère d'occupées qu'environ quatre-vingts demeures.
D'après le compte de ces dernières, il doit y avoir eu jadis huit ou dix mille habitants à Assodi. Cela est d'autant plus probable, qu'il s'y trouvait autrefois sept tamisghida ou mosquées, dont la plus grande était ornée de colonnes.
La ville semble n'avoir jamais été entourée de murs et être déchue depuis que les Kel Owi l'ont prise aux Kel Gheress. Depuis lors la population s'est dispersée et se tient en divers petits groupes de huttes, dans le voisinage.
Le marché d'Assodi n'est cependant pas sans importance. L'habitation du chef Astafidet, qui y réside, est située, dit-on, sur une petite éminence dans la partie occidentale de la ville, et entourée d'une vingtaine de cabanes. Il n'y a pas de puits à Assodi et toute l'eau doit y venir du dehors.
(Heinrich Barth – Voyages et découvertes dans l'Afrique – T1 p.213)

La légende de la citadelle d'Assodé
On avance de 10 km pour voir le puits d' Assodé . Deux belles Targuias sont à la corvée d'eau. Photos. Les sourires s'élargissent de part et d'autre, mais on ne sait pas si c'est le plaisir des stars, ou si elles ne se moquent pas un peu de ces vers blancs en short si maladroits avec le delou. Warta et Araly qui parlent la langue nous disent qu'elles cherchent des maris, car tous les hommes sont partis. Alors les vers blancs se déchaînent pour montrer qui sa force, qui son intelligence en tirant le delou.

Tout le monde a du succès, ça doit être une vraie pénurie ! Une femme plus âgée se sent délaissée et disserte sur la jeunesse perdue et la concurrence de ces jeunes trop belles… Je m'approche avec l'appareil et lui fait partager les délices de la prise de vue. Elle retrouve instantanément les mêmes mimiques (universelles ?) de la fille flattée. Belle tranche de vie.
« On croit que l'homme est libre... On ne voit pas la corde qui le rattache au puits, qui le rattache, comme un cordon ombilical, au ventre de la terre. »
(Antoine de Saint-Exupéry / Terre des hommes)
Choupette d'Assodé Choupette d'Assodé Choupette d'Assodé
les 2 cornes orientales des monts Adeket
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convergence des caravaniers avant la grande traversée
caravane en partance pour le sel de Bilma
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On repart. Très beau décor de montagne devant nous avec les 2 cornes orientales des monts Adeket que l'on remarque à des km.
On croise une caravane en partance pour le sel de Bilma . Les bottes de foin sont magnifiques, on les croirait faites à la pince à épiler. Warta échange les nouvelles.

On bifurque vers Kripkrip sur le versant nord du Bagzane . Les oasis deviennent plus florissantes, la piste est encombrée d'arbustes feuillus qui martyrisent nos antennes VHF. On tombe dans un oued de sable bien bien mou et la cavalerie hurle sous l'effort : pas de pitié pour ceux qui sont pris, personne ne veut s'arrêter. On se regroupe sur une sorte de moraine à la fin de l'oued et le paysage luxuriant jusque-là devient subitement lunaire.

Le temps d'une photo (ou deux…) et nous voilà largués par nos collègues Toys dont les rétros ont dû se dérégler dans la « forêt » de Kripkrip . La piste est en cailloux et on rate facilement l'embranchement sur la guelta de Timia . Un peu plus haut, au moment de traverser le filet d'eau, j'en déduis que personne n'est passé là récemment (bravo Sherlok) et que nous sommes à l'avant de la caravane. Retour donc et on finit par voir la voiture de Raymond qui repartait nous chercher.

Timia
 
corvée de bois à Kripkrip
Guelta de Timia et sa bilharziose
Arrivé à la guelta de Timia . Le coin est bien aménagé. La première cuvette est vaste et ronde. Quel plaisir de voir tant d'eau en plein désert. Yves est déjà dans l'eau. On le rattrape et on traverse le premier bassin. L'eau est sombre, mais évidemment très agréable. On rejoint un escarpement rocheux qu'il faut escalader en glissant, puis on remonte un petit tobogan taillé dans le granit et poli par l'écoulement continu.

On arrive alors dans une vasque profonde et plus intime, taillée en conque dans la paroi. La cascade est là, tombant de 30 m. Au vu du granit poli qui nous entoure, on se dit que l'orage doit être dantesque dans ce coin et que certains jours il doit y avoir beaucoup d'eau.

Des ados nous montrent les sauts de 10 m. Qu'ils font dans ce trou, sans toucher le fond. OK, nous voilà en train d'escalader pieds nus cette patinoire de granit verticale : le seul risque est de ne pas choisir le moment du plongeon, mais c'est sans conséquences.

Et au bout d'un moment, ça calme. Retour en douceur, planche réparatrice dans la grande vasque. Séchage. Petit commerce avec des gamines qui vendent des souvenirs.

On repart et en peu de temps, on accède à la cuvette de Timia , tout en altitude. Tout est splendide, le soleil couchant en rajoute. Le fort Massu surveille toute la cuvette.

bivouac dans un jardin le fort Massu à l'entrée sud de Timia jardins de Timia
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Warta nous installe chez un copain, dans un jardin d'Éden où tout pousse : oranges, pamplemousses, vigne. On s'installe en rang d'oignons dans une allée sous les arbres, on regroupe les tables et on attaque l'apéro. Un gars nous montre un four à pain rustique et nous propose d'en cuire pour nous. OK, ça va améliorer le petit déj.

La juxtaposition des tables met en évidence la disparité alimentaire de chacun. Yves, dont la cuisinière est fatiguée, mange une petite boite, Raymond s'adonne aux pâtes nature sans sel, alors que d'autres s'empiffrent avec des bocaux, du fromage et des fruits…

La nuit sera plus agitée : chaque arbre produit ses fruits, mais ajoute une dose égale de moustiques, c'est donc calfeutré à l'intérieur qu'il faut chercher le sommeil et ce n'est pas évident par ces températures.
16 juil.1877 Une vaste plaine s’étend entre les monts Afiz et Afodet. Nous laissons ce dernier à gauche, et nous arrivons le soir à Tintarhodé (Timia), qui se distingue avantageusement des autres villages par ses maisons de pierre pittoresquement disséminées sur des monticules de granit, au pied de la chaîne abrupte du Timgué.
Nous descendons devant la demeure du hadj Iata ; des esclaves déchargent notre bagage et nous invitent à nous reposer sous la véranda.
Le hadj est absent ; il arrive tard dans le nuit, et, avant de nous voir, il commence par bâtonner un esclave, parce que celui-ci ne l’a pas informé de notre arrivée.
Hadj Iata est un aimable vieillard, aux manières extrêmement polies ; il nous reçoit avec les plus grands égards.
(Le dernier rapport d'un Européen sur Ghât et les Touareg de l'Aïr - Erwin von Bary - traduction Schirmer)

Voir le résumé des misères de von Bary dans l'Aïr
Samedi 19 octobre
chasse respectueuse du touriste
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en route vers Timia, le fort Massu à l'horizon
Petit déj. D'enfer ! Le message est passé, une armée de vendeurs s'est alignée à la sortie des jardins. Nous allons les voir par politesse, car il est difficile d'acheter plusieurs fois par jour les mêmes bibelots surchargés et souvent bâclés qu'on nous propose.

Ils sont patients et philosophes, ce qui réduit bien notre peine et la leur. On prend les voitures pour aller au village. On passe à côté de plusieurs puits cimentés et fermés, équipés d'une roue de char à manivelle. Tous sont uniformes, mêmes dimensions, mêmes agencements, peints en jaune et vert.

Visite du village, Warta, pas fou, nous propose de garder les voitures et nous abandonne aux mains des chasse-touristes. On atterrit rapidement vers le chef du village qu'il faut saluer et qui seul peut nous autoriser à visiter son village.

Christian et Marylène ont amené cahiers, stylos, etc. Que le vieux engouffre prestement. Warta nous expliquera plus tard que c'est un vieux con, imposteur et despote et qu'on n'aurait pas dû… Pourquoi a-t-il dit cela qu'après et non pas avant ? Parce qu'on ne lui a pas demandé !

Choupette de Timia parking de Timia Choupette de Timia
Une flopée de jeunes, tous avec la même tenue bleu clair des Touareg, débarquent de plusieurs 4x4. On nous explique qu'ils sont guides stagiaires dans une école d' Agadez et destiné à l'accueil des touristes dans les nombreuses agences.

les chèvres en ville ruelles de Timia chichis, beignets aux pommes, demandez ! seule la viande est payante, les mouches sont gratuites !
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Le chef du village nous assigne comme guide celui qui nous a amené à lui (quel bol !) et la visite commence. Évidemment, nous sommes indisciplinés et le guide a du mal à surveiller son troupeau. Les ruelles sont intimes, les chèvres en ville ont toujours le même succès, le boucher attire mille mouches pour 1 client.

Une belle qui guignait sans doute à travers sa porte, sort et fait des mines. Elle rouspète par tradition tant qu'il n'y a qu'un photographe, puis surveille son meilleur profil lorsqu'il y en a plusieurs. Elle est maquillée en orange et bleu marine, avec le même air que ses consœurs des magazines féminins d'Europe qui s'aspergent de jus de carotte et se couvrent de rondelles de concombres, renseignées par une copine qui s'y connaît en recettes de beauté FOR-MI-DABLES !

CoolPix 4500 pour tirer dans les coins tout le monde cherche l'ombre Max la menace sur le marché…
jouet africain
réunion Tupperware
Notre chasse touriste regroupe son troupeau et nous offre le thé à son domicile pour que nous découvrions l'art de vivre local. On tombe en pleine réunion Tupperware avec 15 nanas et autant de nourrissons. Mais la faconde africaine reprend le dessus et la visite est sympa.

En sortant, on tombe sur un nouveau-né caché dans une peau très souple (agneau ?) que la mère porte à l'épaule comme une Européenne le fait pour son sac à main. Les femmes du groupe fondent littéralement devant cette riche idée à mi-chemin entre la poche kangourou et la femme mondaine.

Au retour, notre chasse-touriste nous emmène dans l'atelier qui lui garantit sa ristourne et nous découvrons une forge et des croix d'Agadez par milliers, à tous les stades de fabrication, des gazelles en argent, des fennecs en or (non, en argent, je déconne…).

les vignes du seigneur irrigation ah ! Les pamplemousses de Timia… provisions pour la suite
Retour aux jardins, où on approfondit la visite. Le jeune en place nous commente son travail, nous parle de son mentor qui lui a appris l'art de la greffe, ses stages en Algérie . On lui achète des pamplemousses et des oranges, qu'il faut bien marchander un peu pour la coutume.

Ils gardent au fond d'un enclos, deux ou trois gazelles pour je ne sais quelle occasion. En repartant, on visite le centre artisanal, où plusieurs jeunes fabriquent et vendent sur place quelques objets un peu en dehors du catalogue habituel. Nous choisissons chacun une tortue en pierre, puis pour que le compte soit bon, une supplémentaire pour deux.

les gamins du centre artisanal hors-piste en direction du Bagzane vallée d'I-n-Gazaouane l'arbre du puits
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On quitte la ville par le nord-est. On perd rapidement Raymond, qu'on retrouve en ville. Tiens ! Le rétro de Christian lui raconte des histoires… À 25 km, on part en hors-piste, pour rejoindre le Bagzane par un chemin que Warta découvre.

Beau décor de montagne dans lequel les vallées s'infiltrent en gardant tout le suspens des passages de l'une à l'autre. Évidemment, la lumière de 17 h nous met terriblement en retard, un puits et son arbre immense à contre-jour nous happent et on se retrouve seul dans les gorges d'un oued sauvage.

Quelles émotions ! On rattrape les autres avec peine et paf ! C'est juste à ce moment-là que surgit une caravane immense. Tout est à refaire. On photographie toutes les pattes de chaque chameau en marche et après plusieurs km, c'est la tête de caravane qui s'arrête pour la nuit.

C'en est trop, on ne sait plus où donner de la tête, on va mourir fou ! Les caravaniers se rejoignent ici pour la traversée du Ténéré et nous participons à leur joie de se rencontrer.

Heureusement le crépuscule nous délivre, on range les appareils, on détend les zygomatiques et on rejoint les nôtres pour un bivouac bien mérité.

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