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Samedi 29 novembre (suite)
Formalités de sortie du
Burkina à
Tindangou,
rapides.
Formalités d'entrée au
Bénin à
Porga après le pont
sur le
fleuve
Pendjari, rapides.
Goudron jusqu'à
Tanguiéta à 52 km, puis piste bien tracée au début, en direction
de
Cobly (tôle ondulée et gros trous).
À partir de
Cobly, piste beaucoup plus petite, meilleure et beaucoup plus intéressante. Petits
villages avec des greniers en forme de jarres à quatre pieds et chapeaux de chaume. Culture de mil et d'ignames et
champs
de coton. On longe le massif de l'
Atakora. On commence à voir quelques tatas avant
Manta et beaucoup plus après.
⏯️
Les gens des tatas surveillent les touristes et réclament de l'argent au moindre clic d'obturateur. On prend la
fuite.
À midi, on achète une ombre à 100 CFA (0.15€) à un paysan pauvre et sa marmaille pouilleuse. On arrive à
Koussoukoingou après avoir franchi le massif de l'
Atakora.
Jacques avait repéré sur Internet une association "
la perle de l'Atakora" qui fait visiter les tatas.
Très bon accueil de Parfait (c'est son prénom), le président, qui se dévoue pour être notre guide et nous fait
faire la
visite.
Très intéressant, très beau, très sympa, très belle lumière du soir et très chaud bien sûr. On est enchantés. On
dort au
campement de l'association. On est tout seuls. Belle installation avec douches (vache à eau suspendue) et
toilettes sèches
sous un arbre, entourées de pailles tressées.
On est loin du village. Après une bonne douche et avoir mangé. On retourne au village : difficile de se repérer
sur les
petits sentiers à travers les cultures, il fait nuit et heureusement un villageois nous prend en
charge.
⏯️
⏯️
Il y a une monstre fête en l'honneur de la visite du préfet de région (juste avant les élections). On boit un coca
tiède,
on discute avec deux français apiculteurs dans la région de
Grenoble.
On remercie encore Parfait, on le paye pour partir le lendemain de bonne heure et lui achète un tee-shirt de
l'association. C'est une belle personne qu'on est bien content d'avoir rencontrée. Il s'occupe en plus du mouvement
contre
les maltraitances d'enfants et les mariages forcés.
On retourne se coucher assez rapidement. Cette fête rassemblait beaucoup de monde, mais tout était éclairé par de
petites
bougies, il n'y a pas d'électricité et l'ensemble était sombre. Ils ont l'air de s'y retrouver et de s'y
amuser.
Le principe de la fête est d'offrir à chaque convive des spécialités culinaires locales. Les cuisinières sont
éparpillées
dans tout l'espace et proposent chacune une spécialité, mais après quelques tentatives, la barrière de la langue
nous a
refoulés (peut-être aussi l'obligation de tout manger avec ses doigts dans ses mains…).
Dimanche 30 novembre
Départ de bonne heure pour
Natitingou puis le
parc de la Pendjari. Route assez monotone, savane jusqu'à la traversée de l'
Atakora
sur
Tanguiéta, où on est déjà passé hier et où le paysage est plus
montagneux.
Martine envoie des SMS à toute sa smala : Manette répond et après, on perd le réseau. De
Tanguiéta à
Batia, piste fréquentée par plein de
gens à
pied, femmes chargées, enfants, beaucoup de transport de charbon de bois, d'ailleurs sur les marchés, il n'y a que
du
charbon de bois. Peut-être parce que c'est décembre ! Martine aurait bien acheté du pain et des fruits à
Batia.
Arrêt à la
cascade de Tanougou, visite avec guide : la cascade est mignonne et en trois
étages. Très
beau lac et la baignade est tentante.
Deux femmes européennes occupent le terrain bruyamment. Des jeunes nous font une démonstration de saut
impressionnante,
sans doute plus de 15 m. Achat d'un plateau en teck et d'un panneau de tissu.
Entrée au
parc de la Pendjari, on paye 23 000 CFA et on embauche un guide, Maliga,
qu'on
installe sur le petit siège central, on est un peu serré, mais ça ira. Le début de la visite n'est pas terrible.
Savane
noircie, archisèche, arbres rabougris. Grandes parties brûlées. D'ailleurs, ça fume de tous les côtés.
Les herbes sont immenses, la piste est confinée et en tôle ondulée et il fait chaud chaud.
Vu quelques cobes, babouins, oiseaux, antilopes cheval. Arrêt vers midi à la
mare de Bani où un mirador ombragé nous attend.
Hippos, plus trace de lions qui pullulent. Crocos qui nagent mollement, pas mal d'oiseaux.
Les feux de brousse sont énormes et pas très loin. En fait ils mettent eux-mêmes le feu à la savane pour permettre
aux
visiteurs de mieux voir les animaux. Il est vrai que dans ce biotope avant le feu, on ne peut rien voir. Deux
européens
occupent le mirador depuis plusieurs jours : ce sont des coopérants en plein boulot ! Ils nous laissent une
papaye.
Ça tombe bien Martine n'a vraiment pas envie d'organiser un pique-nique. Il fait trop chaud. La voiture est trop
loin. On
continue : éléphants, phacochères, cobes. Le paysage devient beaucoup plus vert et joli en s'approchant de la
rivière
Pendjari. Arrivée en fin de journée à l'
hôtel de la
Pendjari
, le seul de la zone. Cadre sympa.
On prend une chambre et surtout une bonne douche, car en plus de la poussière et de la transpiration, on reçoit
sans arrêt
des cendres en suspension.
Resto sous une grande paillote. Personnel exclusivement masculin. C'est pour éviter les histoires, nous explique
Maliga
qui s'inspire sans doute de Bob Marley et son « no woman, no cry ». En tout, on est sept clients.
Lundi 1er décembre
Suite de la visite du parc. Ce qu'on préfère, ce sont les mares et leurs petits observatoires ombragés. C'est
calme, plein
d'oiseaux.
On aperçoit encore quelques hippos au loin. Visite du demi
pont d'Arly : la
rivière
Pendjari est frontière entre le
Bénin et le
Burkina.
Le
Bénin a fait sa moitié de pont. Le
Burkina ne
veut pas
faire l'autre moitié. Donc au milieu de la rivière, on descend dans l'eau pour continuer ! Le pont ferait en tout
au moins
10 m… Ça bloque tous les passages jusqu'à la sécheresse.
Souvenir d'un attentat djihadiste dans ce coin ...
Pique-nique à la
mare Sacrée avec Maliga qui bien que cuisinier apprécie notre
salade de
lentilles (en boîte) et nos sardines à l'huile. En fait, il est super sympa.
Antilopes cheval, buffles (grand troupeau), grand calao, reste d'un repas de lions et on a bien « entendu » son
odeur
(bien « entendu », on « écoute » les De Jonghe). Il fait très chaud, on finit par mettre la clim.
Arrivée au campement de
Porga à la sortie du parc côté
Burkina. C'est un ancien relais de chasse dans un parc.
Resto, bungalow, personnel, mais c'est fermé ! On nous laisse gentiment nous installer avec notre voiture tente,
etc. Dans
la cour de l'hôtel, on nous ouvre une chambre pour l'accès aux toilettes et douches. Vraiment extra. C'est calme
et
propre.
Il fait encore chaud le soir. 3 000 CFA pour l'ensemble de la prestation : on se demande comment ils survivent. On
pousse
Maliga à la station-service à 10 km pour qu'il trouve un « taxi » pour rentrer chez lui de l'autre côté du parc.
Un sac de
cadeau pour sa mère, son frère et sa petite sœur.
Mardi 2 décembre
Formalités de sortie du
Bénin à
Porga, entrée au
Burkina à
Tidangou (comme l'autre jour). Rondement
menées.
Route vers
Fada N'Gourma. 120 km de goudron. Arrêt à
Fada pour du change, marché, 2 litres de miel du
Gourma et
trois savons au beurre de karité, quatre petits pains sucrés et déjà secs, 6 bananes délicieuses, une pastèque
extra
bonne.
Depuis ce matin, on fait du nord. Ça sent le retour. Encore 9 000 km jusqu'à
Villard. Plus
on monte, plus on retrouve la végétation du
Sahel. Plus sèche, moins boisée, de
nouveaux
de grands troupeaux de vaches zébus. Beaucoup de retenues d'eau donc cultures et bétail à proximité.
Jolis villages avec leurs petits greniers et leurs chapeaux de lutins. Visite de trois bergers à la fin du
pique-nique, on
leur offre "généreusement" notre pain sec et trois casquettes quand même.
On croise des femmes très bien "décorées" ; perles dans les cheveux, bijoux, vêtements très colorés, petit foulard
avec
franges, noué sur le dessus de la tête.
À l'arrêt au marché de
Koala, un gars nous dit que c'est l'ethnie
Gourmanché. On commence à voir pas mal de Peuls.
Banni : très belle mosquée que l'on visite avec trois guides. Bel éclairage du
soir.
On monte voir une petite mosquée sur la colline, il y en a sept dans le décor. Ces mosquées sont en briques de
terre
contrairement à d'autres qui sont en torchis. Ces constructions sont assez récentes des années 50
semble-t-il.
Un illuminé a convaincu la population de l'aider à construire cet énorme bâtiment. Malheureusement, il est déjà
menacé de
ruine et reste un peu inutile collé au village.
On trouve un joli bivouac après
Bani. Dans une plaine au pied de petite colline.
Il y a
des petits villages au loin. Un gars passe avec sa serpette. Pas de problème ! Pas de problème !
Mercredi 3 décembre
Beaucoup de mares ce qui veut dire beaucoup de troupeaux en train de boire. Petit vent frais pendant la nuit.
Départ pour
Gorom.
Arrêt à
Dori, on téléphone à Yannick pour lui fêter son aniv' : 40 ans… SMS aux
autres.
Piste bonne avec pas mal de tôle quand même.
Gorom : village mort. Où est le grand
marché
annoncé le mercredi ? On nous dit que maintenant, c'est le dimanche. Poussiéreux et pas très beau.
On prend une piste en direction d'
Ouri. Finalement, après 10 km, demi-tour on va
passer
plus à l'est par
Markoy où on pourra faire les formalités et qui semble plus dans
notre
axe :
Gao direct.
Un peu de jardinage puis belle piste en partie rénovée. Arrivée à
Markoy,
gendarmerie, pas
de tampon, poste de police à une petite hutte en ville. On traverse le village.
Petit poste de douane, on leur laisse notre laissez-passer, ils nous indiquent la piste de
Tin Akof. Presque la frontière du
Mali.
Grande séance de jardinage. On tombe sur un village, un gars bien sympa nous fait plein de dessins dans la
poussière pour
nous expliquer le chemin.
Demi-tour : on partait sur les mines de
Tamba qui sont fermées et la piste est
abandonnée.
Un autre gars en charrette nous montre la bonne piste. Un touareg à vélo nous en indique une autre. On fait plus
confiance
à notre petit chibani qui n'est pas loin de nous dire que l'autre est un malfrat.
On file. Trace de camions en hors-piste avec beaucoup de sable, beaucoup d'ornières profondes. Jacques est
stressé. Il
trouve qu'on est bien seuls pour s'engager hors-piste sur de telles distances dans une zone frontière et sans
informations
fiables.
Pays de Peuls, immenses troupeaux de vaches à belles cornes, troupeaux d'ânes et de chèvres. Familles se déplaçant
avec
leurs campements. Difficulté pour trouver de l'ombre à midi. Fini les grands arbres aux belles ombres. On trouve
un piéton
sympa, jeune et on l'embarque comme guide.
Il nous pose sans problème à l'entrée de
Tin Akof. C'est un joli village animé
avec de
belles femmes peules, bijoux, couleurs,
fleuve Béli tout rose.
On surgit sur un marché très coloré, mais accaparés par les soucis d'itinéraire, on continue bêtement sans
s'arrêter :
regrets éternels. On nous dit de longer le fleuve vers l'ouest vers
Inabao pour
pouvoir
passer au
Mali.
Le
Béli est un bras mort du
Niger qui se remplit
d'eau
lors de la crue et barre le passage sur 200 km à l'ouest. Son franchissement n'est possible qu'en saison
sèche.
À la sortie de la ville, on tombe sur une pancarte « poste de police » de guingois sur une sorte de grange étable
et trois
ânes à l'ombre nous regardent avec une grande indifférence. On attend moteur au ralenti, car on pense faire les
formalités
de sortie dans ce poste-frontière.
On hésite à montrer nos passeports à ces 3 ânes… Personne ne vient, la photo commence à nous démanger. À ce
moment, un mec
surgit de derrière les cases, en train de boucler son ceinturon avec pistolet. On le sort de sa sieste
visiblement.
Pas de tampon. Le fleuve ne se traverse pas à cette époque. En traversant un village, on passe à côté d'une école
sans
murs : l'instituteur vient nous renseigner suivi de toute sa classe. Pas d'autre solution que de continuer à
l'ouest. Il
ne sait pas à quelle distance nous trouverons un passage vers le nord.
Dans un village plus loin trois gars vraiment chouettes nous expliquent qu'il faut remonter jusqu'au bout du
fleuve. Ils
insistent fortement pour que nous passions la nuit qui approche avec eux, car il n'y a plus de village
devant.
Ils nous annoncent quand même 20 km avant le virage nord. On choisit d'avancer. On roule, on roule toujours sur
une petite
piste à camions sans aucune trace fraîche. La piste s'oriente enfin au nord et devient plus sablonneuse. On
s'écarte sans
doute de la zone inondable.
Bivouac au coucher du soleil au milieu de petits acacias. On se cache soigneusement, car nous sommes quasiment sur
la
frontière dans une zone totalement inhabitée, propice sans doute à tous les trafics.
En fait, c'est impossible de rejoindre
Gao en ligne droite depuis
Markoy à cette saison. Demain, on visera
Gossi sur
le
goudron. Puis, on prendra la route pour
Gao.
Ça nous rallonge de 250 km par rapport au projet. Dans la soirée après la douche et le repas, on écoute de la
musique le
nez dans les étoiles. Jacques, tête renversée dans son fauteuil perçoit un léger mouvement au bord de son champ
visuel.
Il tourne la tête et remarque alors en ombre chinoise au-dessus du buisson d'à côté un profil de chameau surmonté
d'un
touareg. Choc ! Un bref coup de frontale dévoile l'intrus. Jacques avance lentement en s'éclairant lui-même pour
que le
gars d'en face l'identifie bien, pour le rassurer et se rassurer lui-même.
Il lui parle constamment d'une voix calme : le gars marmonne et disparaît dans la nuit sans aucun bruit. Incident
sans
suite… Le matin, on voit passer à distance le chacal de Jacques. (celui qu'il a entendu toute la nuit)
Jeudi 4 décembre
Vent du nord bien frais ce matin 18°. On sort les polaires. On reprend notre piste poussière. Il en rentre de
partout. On
a fermé les fenêtres et mis la ventile. Mais on est dans le brouillard à l'intérieur de la voiture.
La piste se disperse et on prend les 1 000 embranchements au Cap. Passage dans un gros village (
Ndaki
?) où plusieurs camions sont en cours de chargement et déchargement. Tous les habitants veulent nous servir de
guide.
Arrivée à
Gossi vers 11 h 30, on cherche à faire les formalités de douane pour
l'entrée au
Mali. Apprenant d'où on vient, un gendarme nous capture comme des terroristes et
nous
embarque au poste. Mais ils n'ont pas les formulaires pour les formalités.
Il exige que nous allions à
Gao pour cela et on lui répond que ça tombe bien
puisque
c'était notre intention avant notre capture… Route pour
Gao, bon goudron, on roule
fenêtres ouvertes pour essayer de faire un peu de ménage. Traversées de villages, marchés, on est chez les
touaregs.
Voici Gaô, dont le marché a la vie d'un « bazar » - vie « au ralenti » comme dirait Poirier [Léon, le cinéaste
de
l'expédition], car les affaires se traitent ici sans fièvre.
Sous les arcades, les gros marchands de bœufs ou d'arachides somnolent dans la fraîcheur de l'ombre. Le petit
négoce se
tient sous des manguiers au feuillage épais. Là, devant les tas de noix de kola, de mil, de piments ou de sel,
tous les
types humains du Soudan se coudoient.
Le noble Targui et le riche indigène de la Nigéria anglaise sont des acheteurs recherchés. Les colporteurs
djoula leur
font des sourires obséquieux, négligeant le Songhaï timide dont pourtant les ancêtres fondèrent le grand empire
de Gaô,
détruit au quinzième siècle par les Marocains.
Il ne reste plus aujourd'hui de cette puissance que le tombeau des « Askia » et les ruines de la grande
mosquée.
(Georges-Marie Haardt et Louis Audouin-Dubreuil - La croisière noire - 1923 - p.30.)
Description de Gao, par Heinrich Barth
Arrivée à
Gao vers 14 h. On atteint la ville par un grand pont tout neuf sur le
Niger. Direction la douane. Quatre mecs qui boivent le thé devant le portail à
l'ombre
nous disent que le chef n'est pas là, qu'il faut revenir à 15 h.
On repart en ville chercher le poste de police pour les tampons. À côté du
marché Washington dans des ruelles encombrées. On a du mal à trouver. Finalement,
un
chasse touristes en mob nous indique le lieu. Pas de chef. On attend un moment soutenus par nos deux
guides.
Finalement, le préposé arrive. Formulaires, 2 photos (? ). Les tampons sur les passeports, on retourne à la
douane. Il est
15 h. Le responsable des laissez-passer n'est toujours pas là. On attend, puis un chef nous emmène dans son
bureau, nous
demande notre carte grise, passe un coup de téléphone et nous demande d'aller chercher le responsable en ville
chez
lui.
Guidé par un autre chasse touristes en mob et l'aide d'un planton. Tout est fermé chez le gars. Finalement,
quelqu'un
ouvre. Jacques rentre pour expliquer ce qui se passe. Le gars dormait, malade dit-il. Il vient dans la voiture en
mangeant. Retour à la douane.
Il donne les consignes et les formulaires à son subordonné et là on s'aperçoit que le gars qui nous avait pris la
carte
grise a disparu. Son bureau est fermé. Il part à sa recherche. On est entouré de gars qui assistent au spectacle,
mais qui
n'ont rien à faire ici dans le bureau.
Le gars revient nous rend la carte grise, les formalités commencent et là, Martine explose, car le type nous
demande
double tarif, car on est en dehors des horaires ! Elle le traite de malhonnête ce qui le vexe à mort. Elle lui
jette le
billet de 10'000 CFA sur son bureau ce qui n'arrange rien.
On obtient enfin nos papiers après des discussions de bâton de chaise. Martine est hyper énervée par le manque de
sérieux
et le je-m'en-foutisme des fonctionnaires, surtout aux douanes maliennes.
Ce sont des escrocs et des pourris, car ils font ça à tout le monde. Devant nous, un gars a donné plus de 20 000
CFA de la
main à la main pour un papier. Jacques lui dit qu'il aura une belle histoire à raconter sur la douane de
Gao sur Internet.
On chasse tous les pots de colle qui nous énervent, surtout ceux qui veulent nous guider. Ils comprennent que
Martine
n'est pas à prendre avec des pincettes. On part se balader au port.
Martine est tellement en colère qu'elle veut s'en aller d'ici illico. Jacques rame un peu pour maintenir la
visite, au
moins de la dune rose. On va sur le port pour se détendre.
Très fort vent, poussière, mais super ambiance, très animée. Belles pinasses décorées. Les gens vaquent à leurs
occupations, marchandages, chargements de bestiaux, fabrications de pirogue, lessive, toilettes.
Un petit guide bègue nous suit discrètement très calme et gentil. Il a tout compris de la tempête qui se déroule
dans le
crâne de Martine. Finalement, on lui demande de nous emmener au marché artisanal.
Peu de boutiques, principalement de l'artisanat touareg. Bijoux, cuir, couteaux, objets divers, belle fabrication
et
travail soigné. Jacques s'achète un couteau, Martine, un bracelet pour Emilie, des boucles d'oreilles et un
pendentif en
ébène pour Belén.
Notre petit guide Ali, originaire de
Tombouctou nous montre le campement que l'on
a choisi
sur le petit futé. Heureusement, car de l'extérieur des murs, il ne ressemble à rien. Le point GPS que Jacques
avait pris
par avance est faux, car ce camping a été détruit par un incendie et s'est installé ailleurs.
Le nouveau est en ville, entouré de murs, sommaire, mais très propre. La femme qui le tient, Awa, a monté une
tontine
(association de femmes) une garderie pour les aider et fait du micro crédit.
En plus elle fait des brochettes délicieuses de viande ou de capitaine, accompagnées de bananes plantain frites et
de
tomates en salade. Un vrai régal.
Hypothèse sur cette Awa, copine de Sophie Petronin
Tout d'un coup Martine se retrouve sans frontale. Panique. On se remémore les dernières manipulations et on
retourne
fouiller le sable du carrefour : miracle, elle est toujours là malgré les nombreux passages, sauvée par la
pénombre.
Vendredi 5 décembre
Beaucoup de vent et il fait très froid ce matin. La nuit a été bruyante et Martine a mal dormi malgré ses bouchons
d'oreilles. En partant, elle donne un grand sac de vêtements et de jouets à Awa pour son assoc'.
Hier soir, on a discuté de la suite du voyage. Dans la journée trois personnes nous ont spontanément et fortement
déconseillé la piste nord par
Belem pour
Tombouctou à
cause des bandits.
On finit par les croire. La piste sud par
Gourma est trop hasardeuse seuls, et on
a déjà
pas mal jardiné pendant ce voyage. Donc, on décide (pour Martine un peu à contrecœur) de reprendre la route pour
Bamako.
Après le petit-déj' on part visiter le
tombeau des Askias datant de 1695 très bien
conservé, ça ressemble à un tas de boue de forme pyramidale légèrement avachi avec un escalier en colimaçon
ruiniforme.
(pardon pour cette description "artistique" de cette œuvre, due peut-être au fait que la fibre "artistique" de
l'auteur
s'est vue dépassée par d'autres fibres plus obscures ?)
De chaque côté de la cour, des salles de prières basses et de longs couloirs avec des nattes par terre. D'un côté
pour les
femmes non ménopausées (?) Et de l'autre pour les hommes. (où vont les femmes après la ménopause ?) Elles peuvent
accueillir jusqu'à 1 400 personnes pour la prière.
Le guide Aziz nous propose de nous emmener à la dune rose ou
dune de Koïma de
l'autre côté
du fleuve. On prend une pinasse pour environ 45 minutes de traversée dans un beau décor bleu et vert, d'eau et de
rizières.
Les gens récoltent le riz en pirogue ou du fourrage au milieu des grandes herbes.
Départ pénible : le guide a négocié avec un patron de pirogue qui négocie lui-même avec les piroguiers : la
pirogue
choisie refuse de démarrer.
La négociation reprend et on change de pirogue. Elle tombera plusieurs fois en panne pendant le trajet, mais ça en
vaut la
peine.
⏯️
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La dune est bien rose. Martine s'installe tranquillement pour filmer entourée de gamins et Jacques grimpe sur la
première
grande bosse. C'est vraiment beau. Petits villages de pêcheurs Bozzo inondés au milieu de l'eau qu'ils rejoindront
quand
l'eau aura baissé.
Au retour, on tourne un peu sur le port en pleine activité. Les gens ne s'occupent pas du tout de nous. Oranges,
pain et
on part. On roule, pique-nique sous une ombre où il fait trop froid. Qui l'aurait cru, il y a quelques
jours.
De vieux bergers viennent nous tenir compagnie pendant un moment. Ils ont vu le Toubab débarquer avec son tank,
sortir sa
pelle à neige pour dégager les crottes, installer sa table à l'ombre, s'asseoir, se relever et déménager au
soleil. Ils
parlent bien le français.
Fin de la journée, massif du
Hombori. L'heure est propice à la recherche du
bivouac. On
prend une piste dans un décor grandiose de montagnes ocre, parois multicolores, formes variées, soit tabulaires,
soit en
pitons.
La piste disparaît pour nous laisser le choix : on s'adosse à la végétation pour ménager à la fois la vue et la
planque.
De notre bivouac au bord d'une grande plaine, on a un panorama à 180°.
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Au fond la
main de Fatima, trois villages Songhai, difficiles à découvrir, car
couleur de
montagne. Soirée fraîche, mais le vent est un peu tombé.
Le Victoria, vers huit heures du soir, s'était avancé de plus de deux cents milles à l’ouest; les voyageurs
furent alors
témoins d’un magnifique spectacle.
Quelques rayons de lune se frayèrent un chemin par une fissure des nuages, et, glissant entre les raies de
pluie,
tombèrent sur la chaine des monts Hombori.
Rien de plus étrange que ces crêtes d'apparence basaltique; elles se profilaient en silhouettes fantastiques sur
le ciel
assombri ; on eût dit les ruines légendaires d’une immense ville du Moyen Âge, telles que, par les nuits
sombres, les
banquises des mers glaciales en présentent au regard étonné.
— Voilà un site des Mystères d'Udolphe, dit le docteur; Anne Radcliff n'aurait pas découpé ces montagnes sons un
plus
effrayant aspect.
— Ma foi ! répondit Joe, je n'aimerais pas à me promener seul le soir dans ce pays de fantômes.
(Jules Verne - Cinq semaines en ballon - p.324)
voir le récit d'Heinrich Barth à cet endroit ?
Samedi 6 décembre
Le spectacle continue au lever du soleil.
On longe le massif par la piste. Photos, photos.
On rejoint le goudron après quelques acrobaties dans les rochers, on roule, on roule, on roule.
Pique-nique au soleil, avec beaucoup de vent.
Les paysages défilent, troupeaux d'ânes tirant des charrettes, femmes pilant le mil, baobabs magnifiques,
manguiers.
Bivouac entre
San et
Bla. Petit coin tranquille
dans des
arbustes. Pas loin de la route, mais bien planqué. Le vent souffle. On saute la douche.
Dimanche 7 décembre
On roule vers
Ségou. Martine va au marché aux légumes. Magnifique tout est frais,
bien
présenté. Il y a plein de petits jardins le long du fleuve. Elle achète de la salade verte, de la ciboulette, des
concombres, des tomates, des papayes. Un petit tour au marché des potiers où elle achète encore quelques bricoles
et des
cadeaux.
On a fait tout ce voyage avec la cruche de Jacques pour revenir à
Ségou. On montre
à la
vendeuse que Jacques avait harcelée pour l'emballage que tout a bien tenu !
Descente jusqu'à
Bamako. Beaucoup de circulation, beaucoup de camions. Dans chaque
village
traversé, c'est le grand marché. Animation. Un petit cafouillage dans la traversée de
Bamako, le GPS de Jacques n'intègre pas encore les sens interdits et on se
retrouve dans
des ruelles hyper encombrées aux abords du grand marché.
Gros pleins de gasoil à l'entrée de la ville. Direction nord. Décor sahélien, sec, mais quand même pas mal de
cultures mil
et millet.
Bivouac après
Kolokani dans un relief plat impossible de se cacher de la route. On s'éloigne
dans les
cultures (récoltées). Et on s'éclaire avec la lune. SMS à Jean-Paul, la famille ! Les Guffond, les Guillot.
Réponses de
Manette, Mamie Jo, Yannick, Laurence.
Lundi 8 décembre
Martine a mal dormi. Elle a une bonne crève. On reprend notre route. Arrêt dans un village pour faire le plein du
réservoir d'eau à la pompe.
Toujours des cultures. Beaucoup de bissap, la fleur d'hibiscus. Quelques baobabs chacals. Formalités de sortie
simple.
Entrée en
Mauritanie simple, mais comme c'est la fête de l'Aïd el-Kebir, ils ne sont pas
super
motivés !
Mauritanie : tout de suite des kaïmas en tissu avec les murs en dur et le toit en
bâche.
En fait, ils mettent de l'herbe à chameau entre 2 bâches comme isolant thermique.
Ayoun el Atrouss. On prend plein ouest, route de l'espoir. C'est la fête tout le
long de
la route, les gens marchent au milieu de la route, les hommes en djellaba blanche ou bleue immaculée, les femmes,
les
jeunes filles et les petites filles enroulées dans des voiles aux couleurs chatoyantes.
Ils sont gais, nous saluent. Ils vont par centaines, ça rompt la monotonie de la route qui est longue et monotone.
Beaux
rochers sur 5 km à la sortie d'
Ayoun. Bivouac assez facile à 35 km avant
Kifa.
Mardi 9 décembre
On roule on roule.
Kifa. Belle lumière. Du bétail partout qui divague, surtout sur
la
route si bien que les bas-côtés sont jonchés de carcasses en décomposition.
Les villages sont hyper hyper crades. C'est immonde. Oasis de
Kamou salé,
passe de Djouk. Un peu plus jolie dans sa partie hors village. Pique-nique avant
Aleg, la ville est une vraie décharge. On roule pour être à
Nouakchott ce soir. Environ 600 km aujourd'hui.
Le ciel est grisouilleux et il fait très lourd. Arrivée à
Nouakchott en fin
d'après-midi.
Embouteillages. On achète quelques fruits pour demain : bananes, oranges, clémentines.
Auberge Akwar. Le patron et les gars nous reconnaissent, on est chez
nous.
Le long de la route aujourd'hui Jacques disait qu'il achèterait bien une kaïma. Un gars de l'auberge nous dit
qu'il
connaît une femme qui en fabrique et en vend. Ça n'a pas traîné. Il part en chercher une doublée plastique pour
l'étanchéïté, et patchwork pour 130 € sans beaucoup discuter.
Quelques femmes ont monté une association pour en vendre sur le net au double de ce prix et sans le transport.
Qu'en faire
une fois à Villard ? Douche, dernière lessive, poulet frites et dodo, bercés par ces foutus muezzines et quelques
vieux
chiens insomniaques.
Mercredi 10 décembre
Départ à l'aube, on roule vers la frontière à 450 km. RAS. Paysage monotone et très fort vent. Le sable court sur
la
route et demande beaucoup de vigilance de la part du chauffeur.
Arrivés à la douane à 12 h 30. Toutes les formalités faites en 1 h (5 h 30 il y a un mois !) Pendant qu'on attend
les
passeports, Martine confectionne de délicieux sandwiches à la sardine. Très nourritifs !
Premier thé Marocain à la première station-service après la frontière. Toujours aussi délicieux. On roule, on
roule.
Jusqu'à 50 km avant le croisement pour
Dakhla, on voit une piste à gauche :
Porto Rico. On la prend.
Elle descend la falaise, très beau panorama avec de belles lumières, barrée à gauche par une corde, on file à
droite. On
cherche un coin plat à l'abri du vent. On jardine quand on voit arriver un gars qui nous dit que c'est miné, qu'il
va nous
montrer un coin sûr.
Il est de la marine royale et avec deux autres collègues, ils vivent dans une cabane et surveillent la mer,
principalement
pour les clandestins paraît-il.
Il nous emmène au bout de la piste barrée où est installé un campement de kaïmas de luxe.
Chambres, salle à manger, cuisine, douche, WC. Le tout dans un décor extra. Grande plage, rochers, vieux phare. Ça
appartient à un hôtel de
Dakhla qui y amène ses clients.
Il n'y a personne bien sûr et lui, il remplace le gardien qui est parti faire la fête de l'Aïd dans sa famille. Il
nous
propose une chambre immense, natte par terre. Mais on dit qu'on préfère dormir sur le toit de notre voiture
!
Par contre, on accepte volontiers la tente cuisine pour le repas du soir, car il y a un vent terrible. Jacques
part
dépanner un gars qui a crevé et dont la voiture ne démarre plus.
Il est descendu en bas de la falaise avec sa ruine, remorquage pour démarrer, gonflage, crevaison, écrous bloqués
par la
rouille, après en avoir cassé un, Jacques finit par le remorquer tel quel jusqu'au goudron, le regonfle un dernier
coup,
et demande à Allah de bien vouloir prendre la suite…
On va faire un tour sur la plage au clair de lune. On y voit comme en plein jour. On a même nos ombres. C'est
magnifique.
On a quand même fait 746 km aujourd'hui !
Jeudi 11 décembre
Lever avant le jour. Bonne nuit. Le vent est tombé. Petit déjeuner dans la kaïma. Hier soir on a bien discuté avec
le
marin, très sympa, originaire de
Meknès. On le quitte avec plein de remerciements
et un
panier dégustation. Hier je lui avais offert le fond d'une bouteille de whisky. Pas si musulman que ça
!
Beaux spots sur la presqu'île de
Dakhla, arrêt photos un peu plus loin. On rêve
d'un
tajine. Ce sera finalement poulet frites salades à
Boujdour. Tous les restos sont
fermés à
cause de l'Aïd.
On achète quelques pâtisseries. Toujours énormément de vent et au moment de chercher le bivouac le relief est plat
comme
la main à 360°. On prend la piste de la
lagune de Knifiss où on s'était arrêtés à
la
descente et on se planque contre une villa inhabitée pour se protéger du vent.
La nuit est tombée, un gars nous baragouine que la maison est à son père, qu'il n'y a pas de problème. Peu de
temps après
un vieux Land Rover surgit dans la nuit, dépose un gars et ses paquets et repart.
En fait, c'est le gardien de la maison qui est bien embêté parce qu'on n'a pas l'autorisation. Il ne parle pas
très bien
français, mais on lui fait comprendre notre problème et qu'on repart demain matin à l'aube. On monte se coucher et
lui
attaque le ménage de la maison, à la bougie, non sans nous avoir proposé le thé.
On a cru comprendre que c'est la maison des gardes forestiers (le prochain arbre est sans doute encore à 500 km !)
mais
rien de sûr. Ça restera un mystère. Encore environ 700 km aujourd'hui.
Vendredi 12 décembre
Lever à l'aube. On range discrètement et on repart sans avoir réveillé le gardien. On est à 130 km de
Tan-Tan. Ce matin le ciel est gris, c'est moche. Puis dans la matinée ça se lève
et le
temps se remet au beau.
Arrêt à
Guelmine pour faire le change. 50 minutes pour changer 100 €. Ah l'
Afrique
! On cherche toujours à manger un tajine. Tout est fermé. Finalement, on pique-nique au passage de l'
Anti-Atlas
dans un coin montagneux.
On se trouve un petit bout de route qui nous amène sur une terrasse surplombante orientée plein sud à l'abri du
vent. Il
fait frais, mais on est bien au soleil. On s'arrête après le pique-nique pour acheter un plat à tajine pour
Manette qui
nous l'avait commandé et un autre plat assez joli pour quatre euros les deux.
On passe
Agadir. Cette région fait plus cossue, très habitée le long de la route,
des
immeubles corrects, très propres. Direction
Marrakech on trouve un coin de bivouac
sympa
peu après
Agadir.
Montagneux, début du
haut Atlas. Téléphone à Yannick pour lui dire qu'on passera à
Pozzo lundi soir. Hélas il ne sera pas là : réunion à Lyon. Téléphone à Johann
pour lui
dire qu'on arrivera sans doute mercredi. Il se bat avec la neige qui tombe en abondance. Il a passé la
fraise.
Samedi 13 décembre
Lever frisquet. 5.9°, ça change. Thé dans un bistrot après le col. Dans la descente, il y a vent terrible et ça
caille. On
quitte les sandales pour les chaussettes et les chaussures fermées.
Thé plus crêpes sur une place ensoleillée sans vent à
Chichaoua. Tajine délicieux
au resto
route au péage après
Marrakech. On prend le mauvais temps entre
Marrakech et
Casa.
Il a dû beaucoup pleuvoir dernièrement, car les champs sont inondés. On roule jusqu'à
Larache où on arrive de nuit. Hôtel de la station-service, très pratique, propre
et
parking fermé. On saute le repas du soir. La crêpe au beurre plus le tajine nous pèsent un peu. Quelques dattes,
une
orange et dodo.
Dimanche 14 décembre
Très fort vent toute la nuit et ce matin, il pleut, c'est moche. Direction
Tanger.
On
pourrait peut-être arriver à
Pozzo ce soir et voir Yannick si la chance est avec
nous.
Tanger. Énormément de monde pour le bateau. Les Marocains d'
Espagne
étaient rentrés chez eux pour l'Aïd et retournent au boulot. Il fait un temps pourri, on part avec 1 h 1/4 de
retard.
Le bateau "rapide" va lentement, car la mer est houleuse et en
Espagne les
contrôles se
font au compte-gouttes. On sort d'
Algésiras à 16 h ! Ce qui nous met à 21 h chez
Yannick.
Vers 19 h tempête de neige dans la
Sierra Nevada, peu après
Grenade. Tout est bloqué sur l'autoroute les voitures sur deux files, on attend 1
h dans
le vent et la neige à l'arrêt total, au chaud dans la voiture.
Quand la sécurité fait mettre les voitures sur une seule file pour laisser passer un chasse-neige, voyant le 4x4,
ils nous
font signe de passer.
On déboite, laissant des milliers de malheureux à leur sort… Quelques téméraires nous suivent un moment, mais
disparaissent à la moindre petite montée. On a prévenu Yannick de nos problèmes à 9 h, on avance lentement,
toujours dans
la tempête.
Beaucoup de voitures de camions ont passé la nuit sur place, car ça patine à mort et il y a plein de montées et de
descentes. Martine téléphone à Yannick pour lui dire qu'on n'arrivera pas ce soir. Il reste 250 km jusqu'à
Murcia plus 50 km jusqu'à
Pozzo, à 30 à
l'heure.
On reste sur la route jusqu'à minuit où on trouve un hôtel paumé dans un coin paumé vers
Velèz de Rubio. Jacques n'a pas voulu s'arrêter tant qu'il y avait de la neige sur
la
route, de peur d'y être bloqué pour plusieurs jours vu les conditions et le peu de matériel pour nous
dégager.
On réveille la patronne qui nous installe dans une chambre très bien, propre, mais glaciale. On grelotte. Il fait
zéro
dehors avec beaucoup de vent.
Lundi 15 décembre
On aura mis plus de 10 h pour faire
Algésiras Murcia 550
km. Nuit courte et pas très bonne. On a eu froid et le lit était creux.
On reprend la route, Martine téléphone à Belén pour lui dire que finalement on ne passera pas à
Pozzo. Jacques n'a plus le courage de rajouter 100 km juste pour boire le café et
repartir.
Le temps est assez beau ce matin, mais très frais. À midi, téléphone à Laure pour lui dire qu'on sera mardi soir à
Villard et qu'elle prépare une raclette pour tous
aux Prés. Yannick sera de passage. SMS à Jo pour le prévenir. On dort à
Giron, dans l'hôtel de l'aire d'autoroute.
Mardi 16 décembre
Sans histoire jusqu'à
Villard.