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Vendredi 31 octobre
Départ vers 9 h de Villard. Le temps est gris. La neige a un peu fondu. Hier, c'était tout blanc et avec un soleil
magnifique. Nous laissons Manette qui repart un peu plus tard en
Corse. (arrêt à
Chamonix et bateau le soir à
Savonne).
Grosse pluie vers
Montélimar. Pas mal de circulation. Énormes averses avant
Barcelone. Embouteillages jusqu'à
Tarragone.
Vers 20 h 30, on cherche un hôtel à l'
Hospitalet de l'Infant, 30 km après
Tarragone, sous des trombes d'eau. Les rues sont inondées. On finit par en trouver un
ouvert, avec parking dans la contre-allée.
C'est mieux que de laisser la voiture en pleine ville. Repas au resto italien voisin. Il nous reste 500 km à faire pour
Pozzo estrecho.
Samedi 1er novembre
Petit déjeuner à 8 h 30. Départ à 9 h. Le ciel est plus clair et il ne pleut pas. Arrivée vers 14 h 30 chez Yannick. Enzo
est génial, dégourdi, marrant, visage très expressif. Il caracole à quatre pattes et touche-à-tout. Il pleut.
Dimanche 2 novembre
Beau temps frais. Le jardin est encore plein de fleurs. Repas dehors. Photos du petit rigolo. Ramassage des clémentines et
des grenades. Petite balade en fin de journée vers la
Manga et thé chaud sur le port au
coucher du soleil.
Lundi 3 novembre
Beau temps. Départ pour le grand voyage à 9 h 15. On quitte Enzo avec regret. Il est trop ! Pluie après
Grenade.
Algésiras vers 15 h. On se fait rouler de 20 € en
achetant des billets dans une agence guidée autoritairement par un gars et son parapluie.
Traversée houleuse. Arrivée à
Tanger. Il pleut. Autoroute. Tajine dans le restoroute à
Assilah. Le même que l'an dernier. Toujours aussi délicieux.
On est sorti de l'autoroute pour rejoindre un bivouac connu : damned ! L'entrée du champ est barrée, on doit chercher
ailleurs, en pleine nuit et brouillard. On trouve difficilement une piste pas trop en vue, ni trop boueuse pour dormir.
Pluie et orage toute la nuit.
Mardi 4 novembre
Il pleut. On décolle à 7 h. Petit déjeuner dans une station-service vers
Larache. Arrivée
à
Rabat vers 10 h. Ambassade de
Mauritanie. On laisse nos
passeports et 400 DRM (40 €) par passeports. On doit revenir les chercher demain vers 15 h. Le temps est pourri. Après
quelques tergiversations, on se rabat sur la côte au sud de
Rabat.
Marché archiboueux dans un bled pourri :
Sidi Yayayh. Pizza dans un boui-boui crade.
Camping pourrave à 15 km de
Rabat « la palmeraie ». Tout est déglingué, à l'abandon.
Heureusement, les gardiens sont sympas.
On profite d'une éclaircie pour aller se balader en bord de mer. Rochers. Grosses vagues. Jacques se fait un petit malaise
en se baladant sur la digue. Il s'assoit cinq minutes et repart.
Des bistrots sont installés avec chaises et tables en équilibre dans les rochers ! Retour à notre super camping. Il pleut…
Un Hilux avec cellule vient s'installer à côté de nous. Des Français qui rentrent en
France. Ils ont eu un mois de mauvais temps au
Maroc !
Repas de friture de poissons dans le village.
Mercredi 5 novembre
Il a plu toute la nuit. Petit déjeuner dans nos gamelles interrompues par la pluie. On part pour
Rabat où on va tuer le temps en se baladant dans la ville. Avant de partir, Martine fait
des cadeaux à la famille des gardiens du camping.
Rabat : une partie moderne, une partie ancienne. Plein de commerces, eux aussi, modernes
et anciens. Martine achète plein d'épices pour toute la famille. Petite pause sur un banc dans un jardin public.
Repas de brochettes dans un petit resto. On récupère la voiture, direction l'ambassade de
Mauritanie. Belles éclaircies ce matin. Nous récupérons nos passeports à 15 h comme
prévu.
Direction
Marrakech à 250 km. L'idée est de passer la soirée sur la place
Djemaa El Fna. On arrive de nuit. Grâce au GPS, on trouve la place et un parking gardé à
200 m (circulation d'enfer dans la ville).
On est à côté de la
Koutoubia, minaret superbe, tout illuminé. Il mesure 77 m (aussi haut
que
Notre-Dame). La place
Djemaa El Fna est l'endroit le
plus animé de
Marrakech et le plus célèbre du
Maghreb.
Très touristique, mais en cette saison il y a plus de Marocains que de touristes : orchestres de percussions, conteurs…
Stand de fruits (jus pressés délicieux) de dattes, noix, amandes et autres graines super bien présentées. Odeur de friture
omniprésente, des dizaines de petits restos qui proposent tous la même chose : brochettes de viande, ou de poissons,
calamars, etc.
On s'assied et on déguste dans une effervescence et un brouhaha terrible (plus l'odeur). On achète aussi des dattes très
bonnes. Jacques suggère qu'on dorme dans le parking. En fait une partie est réservée aux camping-cars. Pour 5€ on dort à
200 m de la
Koutoubia.
Évidemment pas de toilettes. Il est 2 h du matin, plusieurs camping-cars sommeillent et Jacques déclenche l'alarme de la
voiture avec le plip depuis l'échelle ! (à cause d'une porte mal fermée) : bravo pour les voisins.
Vers 5 h du mat. La
Koutoubia lance son appel à la prière… On l'entend bien ! C'est ça les
sites privilégiés. Toutes les mosquées de la ville lui répondent et ça nous remet dans l'ambiance.
Jeudi 6 novembre
Lever à l'aube. On dégage, poussés par une envie pressante (Martine). On sort de
Marrakech et on s'installe sur une piste au milieu de cultures. Tables, chaises, petit
déjeuner au soleil. Les gars sont en tracteurs et nous saluent gentiment.
Direction le
col de Tizi n'Test dans le
haut Atlas.
Montagnes couvertes de neige. Très beaux paysages. Villages à flanc de montagne en terre brune. Cultures. Beaux
campements. Pas mal de circulation. Beaucoup de gens se déplacent en mulets.
On achète et troque quelques souvenirs : un bracelet, collier, pierres de lune à des gars au bord de la route. Rien de
bien formidable, mais c'est le jeu. Les rivières et torrents sont pleins d'eau. Il a beaucoup plu et les bas-côtés de la
route s'en ressentent. Rochers, boue.
Des gens nettoient et remettent de l'ordre. Détour par
Imlil à 15 km. Route en cul-de-sac.
Très chouette.
C'est la saison des pommes.
Imlil, petit village en pente, rue principale et boutiques
d'artisanat. Boutiques touarègues jusqu'ici (hé oui !). Mais aussi de petits commerces, tajines qui mijotent.
C'est le départ pour de nombreuses excursions dans le massif du
Toubkal le plus haut
sommet du
Maroc à 4 167 m. Thé à la menthe en terrasse et on reprend notre route vers le
col.
Repas de midi dans une auberge au bord de la route à l'
hôtel Atri Marigha à
Wirgane, délicieux tajine de poulet au citron. On est les seuls clients installés sur le
toit-terrasse au soleil très chouchoutés.
En fait le relief monte très lentement depuis ce matin avec des marches dans des plaines cultivées. Toujours des ksour
perdus dans la montagne, des cultures en terrasse, des moutons et plein de chèvres qui crapahutent sur des pentes
verticales.
Col du Tizi n'Test à 2 000 m environ (la carte et le GPS ne sont pas d'accord). Paysage
plus aride, plus austère. Arrêt. Gentil vendeur de souvenirs. Martine lui achète un bougeoir en pierre avec des oiseaux et
lui fait des cadeaux pour ses enfants. Il lui offre une petite tortue en pierre car « elle est très gentille ».
Descente sur la
plaine du Sousse et
Taroudan. On remplit notre réservoir
de douche à une source en montagne et on s'aperçoit qu'il fuit !
Joli coin de bivouac à flanc de colline, plat et calme. Douche glacée. Repas et dodo. Pendant la nuit, on remarque
plusieurs lampes torche assez puissantes dans le maquis d'en face, peut-être des braconniers. Légère inquiétude s'ils nous
trouvent, mais on ne les reverra pas.
Vendredi 7 novembre
Bonne nuit. Lever avec le soleil. Petit déjeuner au calme, température idéale. Grand beau.
Taroudan.
On cherche un soudeur pour notre réservoir d'eau. On embarque un jeune désœuvré qui nous emmène à l'atelier. Réparation à
l'africaine. Aimable et bon enfant. Espérons que ça tienne. On poursuit une étude sur les soudeurs africains. Deux fois l'an
dernier !
Plein d'eau dans une station-service pour tester l'étanchéité. Pique-nique sous les arbres au bord de la route entre
Agadir et
Tiznit.
On roule, on roule. La route est bonne, mais le paysage un peu monotone. Belle lumière en fin de journée. Très fort vent.
Froid. Le relief ne nous aide pas à trouver un coin abrité pour la nuit. À 20 km de
Tan-Tan , on trouve une pancarte indiquant un hôtel camping à 6 kilomètres à droite. Piste
chaotique. Vieux ksar sur un piton et très bel hôtel de style ksar un peu plus loin : c'est le
Ksar Tafnidilt.
Belle décoration. Soigné et de bon goût. Emplacement de camping derrière l'hôtel. (Sol dur, pas pour les tentes !) Un
ancien Unimog belge est déjà là. On discute avec le couple. Lui a fait pas mal de voyages semble-t-il. Ils se sont mariés
il y a une semaine à
Agadir !
On se retrouve dans le petit salon, plein de gens sympa. Des organisateurs de circuits, en quad surtout et des clients.
Bonne ambiance. Tajine de chameau aux légumes. Pas mal.
Samedi 8 novembre
Lever avec le soleil. Petit déjeuner dans nos gamelles. Bonne température. On papote avec les voisins, une autre voiture
part pour le
Sénégal. On se retrouvera peut-être avec nos Belges à
Nouakchott. Ils ont un problème avec leur véhicule, ils nous avaient demandé s'ils
pouvaient rouler avec nous. On échange nos téléphones. On roule. Nappes de brouillard.
Nombreux pêcheurs sur les falaises. Arrêt pour photographier les flamants roses sur l'
oued Mafatma. Longue pause à la
lagune de Naïla, Parc National de
Khnifiss : sable, eau bleue, verdure, oiseaux.
C'est une réserve. Le gardien est très aimable. Apparemment on doit pouvoir y bivouaquer. Pique-nique avec vue sur la mer.
Jacques descend la falaise et longe une grande partie de la lagune près des flamants roses.
Tarfaya est à 64 km. Tentatives après
Tarfaya, à 30 km de
prendre une piste à droite pour rejoindre la piste côtière qui nous mènerait jusqu'à
Laayoune.
Après presque 1 h on abandonne : ou c'est la mauvaise piste, ou elle est inintéressante et débile, ou elle est
abandonnée. On avait pourtant eu de très bonnes informations au
ksar Tafnidilt.
On jardine dans la caillasse, sur des petits cordons de dunes. Retour à la route par le même chemin. Ce soir, on retrouve
un coin de bivouac derrière une dune à 10 km au sud de
La Marsa et à 2 km de la route. On est super bien caché, au calme. Il fait frais.
On apprendra en rentrant lorsque Jacques mettra à jour ses informations sur les sites minés qu'une barrière de mines frôle
cet endroit.
Dimanche 9 novembre
Petit déjeuner au soleil et au frais. À 8 h, on décolle. Plus que 800 km jusqu'à la frontière Mauritanienne ! RAS. Route
longue et monotone, casse-croûte debout dans un vent terrible.
⏯️
Arrêt aux belles falaises photographiées il y a trois ans au coucher du soleil (
N'Amia).
Même avec les lumières de jour, c'est grandiose. Jacques part crapahuter un peu. Martine contemple.
Autre arrêt pour se décoller les fesses (il fait chaud) au bord d'une falaise. Beau banc de sable. À la nuit, on arrive à
60 km environ de la frontière avec l'espoir de dormir derrière la butte à côté du poste militaire, comme l'an dernier.
Cette zone est réputée minée. Ça ne simplifie pas la recherche des bivouacs.
De jeunes militaires en poste téléphonent à leur chef pour demander l'autorisation : c'est niet. On discute et finalement
ils nous autorisent à dormir de l'autre côté de la route (dans la zone minée). À la demande de Jacques, Les gars passent
devant à pied pour nous montrer la trace et l'emplacement et prouver que le terrain n'est pas miné. (Comme dans les
films). Très sympas.
On est au calme malgré la proximité de la route. Peu ou plus de circulation dès la nuit tombée. Ils reviennent visiter
notre installation au moment où Martine prend sa douche. On leur fait un petit panier repas.
Lundi 10 novembre
On part pour être de bonne heure à la douane.
Bir Gandouz. On y arrive vers 9 h et on en
ressort à 14 h 30 soit 5 h 30 pour faire les formalités. Aberration d'organisation. Jacques a les boules. Moi, ça va. Je
trouve ça long, mais je discute avec plein de gens.
Ça avait pourtant bien commencé, le commandant du poste de douane était venu discuter dans la queue et avait l'air
sérieux. Mais une inefficacité viscérale a pris le dessus. De gros travaux sont en cours côté marocain, notamment avec un
immense espace qui pourrait devenir un aérodrome international.
Arrivée à
Nouakchott (500 km) à la nuit.
Auberge Akwar. Comme l'an
dernier, on dort dans la cour. Un bon accueil. On retrouve le patron et le rabatteur qui nous reconnaissent tous les
deux.
Poulets frites salade que nous a commandé le chef et que l'on déguste à l'auberge (on a sauté le repas de midi à cause de
cette connerie de douane) avec un couple de Français qui part passer l'hiver au
Sénégal où
ils ont une petite maison et un autre gars qui part à
Bamako. On papote un peu avec notre
"rabatteur" et un jeune bien sympa.
Mardi 11 novembre
Bonne nuit avec des bouchons d'oreilles (même Jacques !) Car l'appel à la prière est tonitruant dans cette ville. En plus
un petit grillon nous a agacé toute la nuit. Petit déjeuner derrière la voiture. Douche. Petite lessive et on décolle.
Martine appelle sa mère pour lui dire que tout va bien (les SMS ne passent pas en
Mauritanie) et de transmettre à toute la famille. On achète des fruits à la sortie de la
ville : melons, clémentines, bananes.
On roule pour être au
fleuve Sénégal ce soir. On n'a pas vu nos Belges en Unimog. Mais il nous a semblé en voir
un en sens inverse peu de temps après
Tan-Tan. Le gars avait déjà crevé X fois (au goudron
!) et avait l'obligation de réparer sa roue de secours avant de « s'engager ».
Pique-nique avant
Aleg sous un acacia agressif au milieu des cram-cram non moins
agressifs. Mon linge sèche en un rien de temps vu la chaleur.
⏯️
Grandes plaines d'herbes jaunes parsemées d'acacias où paissent de grands troupeaux de vaches. Entre
Boghé et
Kaedy, près de
Bababé, on prend une piste pour rejoindre le fleuve.
On atterrit dans un petit village chez les particuliers. On recule et on se recentre sur le village. Plein de gamins et de
mamas. À 200 m de l'autre côté, c'est le
Sénégal. Des pirogues bariolées font la
traversée, quelques pêcheurs à l'épervier.
Jacques commence ses photos et tout de suite, il est interrompu par le gendarme local qui demande si on a l'autorisation.
Discussions pénibles. Le gars cherche un responsable au téléphone pour étayer son discours. Sans succès. Avec regret, il
succombe devant l'envie de tous les gamins du village d'être pris en photo.
Peu après, on installe le bivouac dans une plaine très plate avec de nombreux acacias par-ci par là. Très chouette. De
petites carrioles tirées par des ânes ou des petits chevaux passent à droite et à gauche.
Jacques part à pied en direction du fleuve avec son « pèloto ». Mais à l'approche du fleuve, il met les lavandières en
fuite. Dommage !
Les gens nous saluent et passent leur chemin. Installé dans nos fauteuils pénards à attendre la fin du jour, on voit un
grand gars à pied venir vers nous pour nous demander le chemin pour
Bababé. Il a l'air étonné quand on lui dit qu'on n'est pas d'ici ! On lui indique la
direction selon le GPS. Aurions-nous l'air d'autochtones ?
Soirée géniale, température idéale, calme, pas de bestioles. On traîne en écoutant de la musique. J'ai pu envoyer un SMS à
Jean-Yves pour son anniversaire. Je suis sur le réseau du
Sénégal et ça marche.
Mercredi 12 novembre
Nuit calme. Départ pour
Kaedy où on a envie de traîner au marché. En fait
Kaedy est une décharge à ciel ouvert. C'est hyper crade ! Dommage, il y a deux belles
mosquées, mais on n'a pas le courage d'aller se balader dans ce cloaque.
⏯️
⏯️
On se coince dans un cul-de-sac vers le fleuve où on découvre des milliards d'oiseaux en nuées. Jacques finalement cherche
un angle pour prendre la mosquée en photo et au moment d'appuyer, il se fait interpeller pour l'autorisation. Encore
raté.
On prend la piste en direction de
M'Bout. Grande, large, en latérite, mais pas mal de tôle
ondulée et de travaux. Peut-être vont-ils la goudronner un jour ? Rizières, maïs de temps en temps. Toujours beaucoup de
vaches, de chèvres et les adorables petits ânes gris au ventre blanc et barre noire sur le cou.
Casse-croûte à l'ombre avant
M'Bout. RAS. On achète du pain. On demande notre chemin pour la
passe de Soufa. Ils ne sont pas tous d'accord, mais finalement, on trouve.
Piste beaucoup plus intime pour la
passe de Soufa. Elle se perd souvent, les ponts sont
tous cassés par les crues et il faut trialiser pour descendre dans les oueds et remonter de l'autre côté.
Beaucoup beaucoup de Calotropis depuis quelques jours. Toujours cette belle herbe jaune. En fin de journée, on arrive dans
une zone de petites montagnes. Très belle lumière, beau coin de bivouac au bord d'un grand oued asséché, à 10 km avant la
passe.
Soleil rouge, tout rond qui se couche derrière la montagne. La lune aussi est ronde. Presque pleine. C'est calme, on a eu
très chaud aujourd'hui. Pointes à 40°. On a fait 240 km et il en reste 200 jusqu'à Kayes.
Si on y arrive le week-end, ça va être chaud pour les formalités. Jacques part se dégourdir les jambes sur la montagne d'à
côté dans une très belle ambiance très sauvage.
Jeudi 13 novembre
Le bivouac était à côté d'un petit village
Aniétir. Grande plaine où la piste se perd. On
jardine. Aller-retour entre deux villages, sans trouver de départ dans la bonne direction. Des petits bergers s'enfuient,
d'autres nous indiquent la direction de la passe.
On s'engage avec appréhension dans un chemin d'ânes qui franchit d'abord un oued bien creusé et atterrit dans un champ de
maïs. On y trouve des gens qui nous engagent à continuer. Martine donne des peluches un groupe de personnes avec bébé
femmes et chameau. Elle avait l'impression d'être le Père Noël. Ils étaient ravis.
La montée à la passe est une galère. Trial dans des gros rochers instables. Piste emportée qu'on retrouve plus loin. C'est
chaud. Jacques craint à tout moment de casser son beau land. La solitude lui pèse beaucoup dans ces moments-là.
Paysages très beaux, montagnes, gros rochers ocres et petits baobabs chacals aux fleurs roses : très très jolies. Il fait
hyper chaud. La passe culmine à 260 m d'altitude.
Heureusement la descente est moins chaotique. Par contre, très sablonneuse par endroits. Ça ne doit pas être évident de la
remonter de ce côté-là. Dans une descente en virage très creusée et raide, le land se fait embarquer, les freins ne
répondent plus et à 10 km/h, on se fait le talus ! Peu de bobo, mais le parechoc est venu pousser la tôle, c'est fâcheux
pour l'esthétique…
On vise
Kankhosa pour les formalités. Il nous semble que la trace fait un immense détour au nord
et qu'il serait plus simple d'y aller tout de suite en coupant à gauche. On part en hors-piste, juste au GPS et on tombe
sur un lac qui nous barre complètement le passage.
Kankhosa est de l'autre côté, mais inaccessible. On se fait un tour de plus de 20 km pour
revenir à la berge d'en face (comme prévu sur le tracklog !).
Douanier très sympa. En panne d'encre pour son tampon. On a un gros « caca boudin » comme cachet, car il a essayé de diluer
le peu d'encre qui lui reste avec Dieu sait quoi.
Il gribouille plein de trucs sur notre passeport. Puis à
Hamoud, un militaire nous
interpelle et continue à gribouiller notre passeport. Malgré la sortie déjà faite à
Kankossa, il nous raconte que son intervention est réglementaire.
Mais quand il nous demande des cadeaux, on comprend mieux sa démarche. Comme d'hab', on ne donne rien aux
fonctionnaires.
Toute la journée distribution de casquettes aux gentils qui ne réclament rien. Martine fait des heureux avec ses balles en
plastique. Tout le long dans les villages, c'est « Cadeaux ! Cadeaux ! Donne-moi un bic ! » C'est tout ce qu'ils savent
dire, car lorsqu'on leur parle, ils ne comprennent pas le français.
Rencontre avec le directeur d'une école dans un grand village. Il a 300 élèves et six instituteurs. Il est à pied entre
deux villages et aimerait bien profiter du voyage. Martine lui donne des livres d'enfants et des bics.
Journée très chaude. La température est montée jusqu'à 44°. Bien qu'on suive le tracklog de 2005, on se perd souvent.
À la sortie d'un village, on est en train de se paumer dans un marécage lorsque deux femmes nous remettent sur le droit
chemin.
Bivouac sur une plate-forme de terre dénudée sorte de termitières avachies, au milieu de grandes herbes. Des petits arbres
nous cachent. Des troupeaux passent au loin.
On a vu des milliers de vaches aujourd'hui avec de grandes cornes et certaines avec une bosse comme les zébus. Plutôt
blanches par ici. Un grand troupeau passe à côté de nous à l'apéritif (c'est nous à l'apéro, pas les vaches).
On entend les bergers dans la forêt d'à côté, mais sans les voir. Un petit agneau traîne en arrière bêle pendant des heures
à côté de nous : il est perdu. Le troupeau l'a abandonné. Il va bêler jusqu'à notre coucher. Au matin vu le silence
complet Jacques en conclut qu'il a été bouffé par le chacal cette nuit.