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Frontière à
Koloko
. Formalités de sortie du
Mali
et d'entrer au
Burkina
assez simples et rapides, on a juste à payer 5'000 CFA pour le laisser-passer. Martine achète des noix de
cajou à une petite vendeuse.
On s'arrête pour acheter du pain au bord de la route. Un petit gamin de trois ans environ se met à hurler de
terreur en la voyant. Ça déclenche une bonne séance de rires. Du coup, sa mère le garde dans une case
jusqu'à notre départ. On prend une piste tout de suite à droite, direction
Sindou
.
Piste super, bordée d'arbres, on dirait une allée. Lumières du soir. Plein de femmes et d'hommes chargées
(les femmes…) à vélo ou moto (les hommes).
Coin de bivouac au bord d'une piste secondaire en direction de
Gouassa
, assez pénible à trouver, mais assez bien planqué finalement. Très joli, très calme on attend la suite.
Mercredi 14 novembre
Belle nuit dans notre beau petit coin. Un gars est passé le soir à moto. On lui a dit qu'on dormait là. « Pas
de problème », il est reparti. On reprend notre belle petite piste bordée d'arbres, parfois en tunnel. Elle
est très bonne jusqu'à
Sindou
.
On se fait un aller-retour de 15 km vers les chutes de
Tourny
qui n'existent plus à cause d'un petit barrage.
Arrêt dans un village de femmes qui pilent le sorgho. Martine achète un morceau de boubou à un colporteur à
vélo.
Village de
Kankalaba
: gros producteurs de tomates. Des tas de bassines pleines par terre ou sur les têtes des femmes. Ils
attendent les camions. Martine veut acheter six tomates, ce sont des grossistes, ils nous les offrent en
cadeaux. Tous très souriants.
Le massif de
Sindou
est connu pour ses « aiguilles ». On paie notre contribution avec reçu (tout va au village). Un guide qui ne
peut nous accompagner, car il est de garde nous explique le topo.
On part à pied (en plein midi comme d'hab') avec une bouteille d'eau. On grimpe par un escalier taillé dans
la roche et on débouche sur un grand plateau où se dressent des rochers aux formes incroyables.
Pitons, cathédrale, arches, le tout très stratifiés. Ça nous fait penser aux
Bungle Bungle
en
Australie
(en plus modeste). C'est super et vraiment beau, mais il fait super chaud.
Contents de notre balade, on continue, la piste devient moins bonne plus fréquentée, mais toujours belle.
Pique-nique à côté d'un arbre qui porte des fruits durs comme des noix, de la taille d'un citron. En fait,
c'est du caïlcédrat, arbre très répandu au
Burkina
et au
Mali
.
La route est bordée de manguiers de variétés différentes si bien qu'ils ont des récoltes étalées dans
l'année. Ce n'est pas la saison pour nous, mais ce sont des arbres majestueux et avec les caïlcédrats, ça a
de la gueule ! Beaucoup de cultures et les autochtones sont souriants et paisibles.
On arrive au lac de
Tengréla
où il y a des hippos que l'on peut voir si on fait la balade en pirogue (grosse barcasse) et si on a de la
chance (?). Le guide est sympa. Le lac est assez grand, lisse comme un miroir. Quelques pêcheurs. On
s'acquitte du droit de passage et du droit de faire de la pirogue.
Notre piroguier est très sympa, il se dit le photographe du village. Mais, on n'a pas vu d'Hippos. Au retour
on s'arrête dans un campement, «
chez Seydou
». Petites cases en banco, des chambres avec moustiquaire, douche WC très propres, le tout tenu par un
Burkinabé désinvolte et sa smala.
On préfère dormir dans notre tente, on se gare dans la cour. Très bon poulet vasa et riz (recette
Sénégalaise), sous la paillote du campement. Discussion cordiale et animée avec un gars d'ici qui bosse au
Ghana
sur le grand
port de Tema
. On refait le monde ou plutôt les mondes, car il y a un fossé entre l'Europe et l'Afrique.
Jeudi 15 novembre
Bonne nuit dans l'ensemble. Il ne fait pas trop chaud sans doute vers les 30 °. Départ en direction de la
cascade de Karfiguéla
.
Banfora
, grande ville qui vit des cultures de riz, de maïs, de canne à sucre et de cultures maraîchères.
On s'égare un peu pour trouver la cascade dont on n'avait pas le tracklog. On a raté la piste directe qui
part de
Banfora
et on erre au gré des informations recueillies par la fenêtre du land. On traverse d'immenses champs de
canne à sucre et on atterri à la sucrerie. Il y a plein de monde. Ça doit créer de l'emploi.
La piste est recouverte de mélasse ! Recyclage écolo ? Cascade. On s'acquitte du droit de visite. On prend
le guide après le parking payant, on part à pied dans de belles allées ombragées par d'immenses manguiers et
caïlcédrats centenaires.
On découvre la cascade progressivement en crapahutant dans les rochers. Elle est jolie, un peu modeste, mais
belle ambiance. Jacques se douche tout habillé sous une chute. Il fait chaud, c'est midi, c'est normal.
Martine achète un panier de mariage et des colliers en perles de terre cuite (qu'est-ce qu'on va en faire à
Villard ?) à notre guide.
En partant, on rencontre un vendeur de pacotille qui nous attendait. J'avais acheté à Banfora un masque bobo
et ce vendeur en avait un « oiseau » bien plus séduisant. J'ai donc entamé un troc partiel déstabilisant pour
ce vendeur : je t'achète ce masque oiseau et je te paie avec ce masque (que je n'aime plus) et un « petit »
surplus. Ça a pris du temps - mais le temps en Afrique ne coute rien -, on a passé soigneusement en revue
chaque défaut des 2 masques, mais ça a marché.
On prend la direction de
Bobo
. On trouve tout de suite un bon goudron qui nous permet de faire les 30 km restants. On tournicote un
moment à la recherche d'un hôtel : «
les Palmiers 2
» est complet, on choisit «
le Pacha
». Tranquille, propre, une cour bien gardée, des chambres ordinaires, ventilées, une douche sur le palier.
Restaurant intégré sous une belle paillote bien décorée : beaucoup de « masques oiseaux », « antilopes », très
typiques de la région. Tenu par un Suisse en exil. On choisit d'aller en ville à pied, nous ne sommes pas
loin.
On met quand même un certain temps pour atteindre le grand marché. Ça grouille. On cherche la vieille
mosquée, des gens nous l'indiquent facilement, elle n'est pas très loin. Surprise : la visite des infidèles
n'est pas interdite.
Hélas, peu de lumière, le guide nous conduit sur la toiture où il veut nous faire observer la qualité des
tuiles en terre cuite. Retour à l'hôtel, où un bon petit repas nous attend.
Vendredi 16 novembre
Départ de bonne heure. Le projet est de longer la frontière
Burkina
–
Ghana
jusqu'à celle du
Bénin
. La piste démarre 50 bornes après
Bobo
.
Au début, belle piste, qui s'élargit malheureusement en même temps qu'elle s'ensable. On aborde une région
très peu habitée. Grandes et longues forêts (10m. De haut) de part et d'autre de la piste à laquelle il faut
prêter beaucoup d'attention à cause des obstacles.
Pique-nique à l'ombre en bordure de piste, on regarde passer les vélos. On commence à rencontrer beaucoup de
cultures de coton : il est mûr et la récolte a commencé. Arrêt pour visiter un champ. On est accueilli par
un grand escogriffe à chapeau, très maigre, entouré de tout petits gosses lilliputiens.
Bon accueil quoique légèrement intéressé. Les femmes transpirent en pleine chaleur et n'ont pas l'air très
chaude (façon de parler…) de cette séance photo improvisée. On tente d'amadouer par des cadeaux. Martine
distribue des casquettes à tout le monde. On constate alors à peine reparti que l'escogriffe attrape un des
gamins qui n'étaient pas le sien pour lui piquer ses cadeaux et le chasse de ses terres…
On refait un grand détour pour rattraper ce pauvre gosse et on lui redonne des cadeaux. Martine crève de
chaud. On cherche un bivouac de bonne heure et on s'installe vers
Koalga
dans un champ à l'écart de la route sur une termitière effondrée pour être à l'abri de tous les piquants.
Martine dit qu'elle est fatiguée, qu'elle ne mangera pas ce soir et monte se coucher. À partir de là, elle
développe une monstre fièvre et grelotte toute la nuit. Jacques ne sait que faire. On utilise la pharmacie
du coffre, sans amélioration.
Samedi 17 novembre
Au petit matin, la décision est prise de rejoindre
Ouaga
, la capitale pour consulter. Recherche pénible d'un hôtel, pour aboutir après plusieurs refus dans un truc
de quatre étages climatisé.
Jacques appelle le médecin du
consulat de France
qui se dit débordé, mais promet de passer. Il arrive vers 17 h. Martine a toujours une fièvre de cheval. Il
suggère après examen de l'hospitaliser.
Jacques contacte alors l'assurance de la voiture pour obtenir une assistance. Ils nous rappellent et nous
orientent vers « la
clinique du cœur
». Taxi compliqué que Jacques doit suivre de nuit. C'est dans le nouveau quartier de «
Ouaga 2000
» et le taxi ne sait absolument pas où c'est : tension, Jacques a peur qu'il nous lâche là, car il a négocié
le prix de la course avec l'aide du médecin avant de partir et le gars ne rentre plus dans ses frais avec
tous ces détours.
Entrée en clinique facile. Le médecin entame illico un traitement paludéen. Jacques rentre seul à l'hôtel.
Le lendemain, les doses de traitement augmentent, les analyses sont négatives, le traitement continu et la
fièvre aussi. L'opération est maintenant pilotée entièrement par l'assureur parisien.
Le médecin local lui envoie tous les éléments de son diagnostic. Il faudra trois jours pour que Martine
abandonne sa fièvre ! Mais garde une fatigue extrême. Jacques commence à se dire qu'elle ne sera pas capable
de supporter le voyage de retour en voiture et en même temps qu'il vaudrait mieux qu'elle se rapproche de la
médecine européenne pour plus de certitudes.
La négociation pour un rapatriement sanitaire commence avec le parisien, mais s'avère difficile. Au
cinquième jour, Jacques entame une nouvelle démarche avec l'assurance-maladie cette fois. La décision est
quasi instantanée : rapatriement ! Jacques prévient alors le premier assureur de sa démarche et déclenche un
scandale : impossible d'utiliser les deux assureurs en même temps, ils refusent de collaborer.
Le médecin local que Jacques a commencé à presser recommande enfin le rapatriement sanitaire : il a sans
doute compris que Jacques allait remuer ciel et terre et ne veut sans doute pas d'ennuis. La suite est
simple : un médecin parisien arrive en avion le matin suivant et embarque Martine le soir même. Jacques a
demandé l'hospitalisation à
Genève
auquel Martine a droit, elle est accordée facilement. Martine après un transit à
Paris
sera à l'hôpital de
Genève
le lendemain vers 15 h.