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Vendredi 19 octobre
Départ de
Villard
à 10 h. Grand beau.
Tarragone
à 21 h 30. Restaurant de tapas. Après avoir recherché éperdument un coin en pleine nuit (restau oblige) on
bivouaque dans un chantier derrière un tas de terre. Route et usine à proximité.
Samedi 20 octobre
Lever à 8 h, petit déjeuner au lever du soleil. Drôle de têtes des gars qui passent avec leurs camionnettes
! Les touristes cette année…
Arrivée chez Yannick et Belén à 16 h. Soirée tranquille. Repas fruits de mer. Beau temps.
Dimanche 21 octobre
Temps gris et pluvieux. Repas au restau de «
Cabo de Palos
» : paella miam miam ! Petite balade à pied jusqu'au phare.
Soirée à regarder le grand prix de formule I du Brésil. Sardines, palourdes…
Lundi 22 octobre
Départ à 9 h 30, direction
Algésiras
par le bord de mer. Route plus longue que prévu car il reste une portion sans autoroute.
Petit casse-croûte très agréable (chaleur et soleil) dans un snack en bord de mer.
Arrivée à
Algésiras
à 17 h. Départ du bateau à 18 h 30 (1 h de retard) traversée de 2 h 30 au lieu de 1 h, et Gros souk au
passage de la douane. C'est l'Afrique ! On est tout de suite dans le bain question organisation…
Notre avion était venu de Rabat presque en fraude (comme s'il n'y avait que cette façon de plausible pour
aller à Tanger). Délaissant les terres, il avait longé la côte atlantique à raisonnable distance, laissé
sous son aile droite Larache et quelques petits ports joujoux de la zone espagnole assis à l'embouchure
des oueds.
Un peu avant d'arriver au cap Spartel, changeant de direction, nous avions survolé à basse altitude un
maquis frangé de dunes et lépré de marécages d'argent ; le petit aérodrome était alors apparu à nos yeux.
C'est curieux comme on s'intéresse à la terre dans un avion.
(Roger Frison-Roche - Reportages africains - p.15)
On quitte enfin le port vers 10 h et on pinaille un peu pour sortir de
Tanger
, car on a besoin de gasoil et on ne sait pas s'il y en aura une fois sortie de la ville. Puis direction
sud.
Tajine délicieux dans l'aire d'autoroute avant
Assilah
puis bivouac dans un champ tout plat sur l'ancienne route de
Larache
.
Mardi 23 octobre
Réveil humide, brouillard. On prend l'autoroute. Le coin n'est pas si génial que ça, car il y a une décharge
en feu pas loin.
Brouillard moche jusqu'à
Rabat
, puis soleil et température idéale. On roule jusqu'à
el Jadida
. Itinéraire sans intérêt à part le thé à la menthe et la crêpe au miel dégustés avant
Casablanca
.
À
el Jadida
on décide de prendre la petite route côtière très belle. Tomates, mandarines, olives sur un marché de la
ville. Pique-nique vers
Dar ed Dou
en haut de falaise.
Très beau à droite, très moche à gauche, car il y a là un grand port industriel… Mais d'où on est on ne voit
que le beau côté !
2 jeunes viennent discuter et nous expliquent qu'ils sont déjà allés deux fois en
France
sans papiers et se sont fait refouler. Il leur est très facile de s'embarquer sur des cargos depuis le port
d'à côté.
Paysages très beaux avant
Oualidia
, lagune et champs cultivés en contrebas de la route, séparés de la mer par une bande de sable.
Oualidia
, pays d'huîtres, mais ce n'est pas la saison.
Safi
: on traverse sans s'arrêter et on se fait l'intégrale de la zone des conserveries de sardines sur des
kilomètres dans une odeur épouvantable.
Bivouac après
Sourira
dans la petite montagne qui sépare la route de la mer.
On est sorti de la route principale dans l'intention d'aller en bord de mer, mais le terrain s'est révélé
compliqué, surtout après le crépuscule.
On a bien réussi à atteindre un village haut perché, mais en cul-de-sac et tout le village (les hommes) nous
ont expliqué la route en arabe. Un seul gars parle français, ce n'est pas très clair, il fait nuit
(pléonasme ?). On recule et on s'arrête, on verra demain.
Mercredi 24 octobre
Réveil avec des bergers qui n'approchent pas. On retrouve la route puis la mer, belle plage à marée basse et
beaux rouleaux, belle lumière du matin.
Arrivée à
Essaouira
. Discussions avec le gars du parking qui réclame 10 dirhams au lieu des 2 indiqués sur la pancarte ? Ça n'a
pas marché pour lui… C'est ballot d'être trahi par une pancarte !
Balade sur le port sardinier, plein de chalutiers, beaucoup d'animation au débarquement des poissons.
Citadelle bien conservée, c'est vivant.
On va changer de l'argent, le gars essaye de nous enfumer… Il nous fait un cours qui n'est pas à l'affiche,
prétextant qu'elle n'est pas à jour. Comme c'est à son avantage Jacques se méfie et lui demande un cours
écrit. Il part avec un papier dans l'agence principale pour demander le cours : évidemment ce n'est pas le
bon.
Il se le fait écrire sur son papier et retourne voir le cambiste qui obtempère illico en disant qu'il s'est
trompé ! (de client, sans doute…) Il ne fait pas bon être touriste.
Dans la ville, on achète des babouches pour Jean-Paul (deux ans après la commande !) Jacques craque pour une
belle boîte en thuya, car nous sommes dans la région de la marqueterie. Ils font de très belles choses, bien
finies.
Balade dans les ruelles et sur les remparts. Descente sur
Agadir
par la région des arganiers, arbres qui produisent des noix qui sont récoltées pour faire de l'huile
d'argan, alimentaire ou cosmétique.
Il y a pas mal de coopératives de femmes qui ont pris les choses en main. Les champs sont hyper bien nettoyé
sous les arbres, (comme dans les oliveraies bien tenues). Pique-nique sous un arganier à l'ombre, il fait
35°.
Avant
Agadir
, énorme nuage de poussière dans une zone de grands travaux. On ne voit pas à 10 m. Et ça continue dans
Agadir
et après. Pique-nique puis on retourne vers la mer pour aller demain jusqu'à
Sidi Ifni
.
On découvre la mer couverte d'une épaisse couche de brouillard où le soleil va se coucher. 2 km avant
Mirleft
, somptueux bivouac sur une petite montagne qui domine la mer.
On a d'abord cherché en contrebas de la route sur une belle terrasse qui domine la mer, mais on s'est fait
chasser par les embruns.
Visite de 2 petits vieux surpris de notre présence, car le coin est vraiment paumé. Après mille « labès »,
« choukrane » et autres salamalecs ! Ils sont repartis dans leur maison derrière la montagne.
Les chibanis nous parlent de De Gaule, heureusement qu'ils n'ont pas connu Vercingétorix (et nous non plus
!). Martine a cassé la monture de ses lunettes de soleil. Il fait bon, on écoute les CDs achetés à Essaouira
: Rockia Traoré. Gouana plus un instrument du coin.
Jeudi 25 octobre
Très beau départ par
Mireleft
puis passage rapide par l'Oued des flamants roses nommé
Mafatma
. Piste agréable en terrasse au-dessus de la mer, belle lumière du matin.
Plage touristique et spots de surf,
Sidi Ifni
a bien changé en 33 ans. Grande ville maintenant. On erre pour trouver la route de
Goulimine
dans des odeurs de poissons.
Très beaux paysages de montagnes entre
Sidi Ifni
et
Goulimine
, route sauvage. On erre dans
Goulimine
pour trouver la route de
Tan-Tan
. Deux cow-boys à Mobylette nous montrent le chemin. Ça sent l'arnaque. On les remercie et on file.
Paysages sans intérêt jusqu'à
El Ouatia
(
Tan-Tan plage
) où on retrouve la mer. Pique-nique en haut d'une falaise. Petite plage en contrebas avec des gars qui
construisent une cabane. Il fait bon et il y a de l'air.
Grande portion le long des falaises avec des percées d'oued. Ça roule pas mal. Il y a quand même beaucoup de
camions. Contrôles réguliers et sympa. Ils aiment bien les fiches avec toutes nos coordonnées. On fait les
grands pleins de gasoil hors-taxes avant
Tarfaya
.
On cherche de l'eau pour remplir le réservoir de douche, mais personne n'accepte : l'eau « mafish » à
Tarfaya
.
On profite de notre solitude, mais aussi de notre liberté pour visiter le
musée Saint-Exupéry
, très sympa et innovant sur l'histoire de l'aéropostale. Petit coin de culture un peu perdue dans ce
désert. Belles aquarelles. On nous autorise en photographier deux.
Nédélec nous emmena à Villa-Cisneros par une matinée douce comme une perle.
L’accueil de l’Afrique fut alors plus cordial : le gouverneur espagnol et les aviateurs français s’en
chargèrent de bonne grâce. Devant leurs tentes déguenillées, les Maures nous saluèrent avec de grands
sourires, mais quelque chose brillait dans leurs yeux qui n’était pas très rassurant.
Les constructions blanches crénelées de bleu donnaient l’impression, par leur groupement et leur unité,
d’être tout un village. Il n’y avait en réalité que la caserne, l’aviation espagnole, la base d’Air
France, la pêcherie, une factorerie, l’école hispano-arabe et quelques baraquements.
Après, rien que le sol nivelé comme de main d’homme, sec et roussi comme une poterie recuite. Assez loin,
un épais barrage de barbelés fermait la presqu’île en reliant des fortins.
Au-delà, c’était l’immense liberté, l’aventure, l’attirance d’un horizon fluide. C’était le désert ! Et,
derrière la barricade, une caravane attendait, comme une invite mystérieuse…
(Odette Du Puigaudeau - Pieds nus à travers la Mauritanie - première escale africaine à Villa Cisneros -
1933)
Séjour de Saint Exupéry à Tarfaya / Cap Juby
Il y a très peu de pêcheurs aux heures où l'on passe. Il y a deux ans, on avait vu ces fameux gars qui
pêchent du haut de ces falaises impressionnantes. On trouve enfin de l'eau avant
Laayoune
dans une station-service avec des gars très accueillants. Petits cadeaux aux petits garçons.
On erre dans
Laayoune
pour trouver la route de
Dakhla
. La nuit est tombée, on traverse la zone d'exploitation de phosphate, on s'éloigne et on trouve une piste
dans cette zone plate comme la main qui nous emmène vers quelques dunettes derrière lesquelles on se
blottit. Petit vent frais, bonne douche, fraîche. Tout va bien.
Vendredi 26 octobre
Martine a beaucoup lu cette nuit. Elle se demande si elle aura assez de piles ! Jacques prend sa douche, il
fait plus chaud et le vent est tombé.
Toujours de beaux spots sur la mer, on achète du pain à
Boujdour
: « magnifique » porte d'entrée de la ville avec statues monumentales d'autruches et de dauphins (à la
Mussolini ?). Pique-nique en haut d'une falaise avec vue sur la mer.
On reprend du gasoil à 80 km de la frontière et on cherche un bivouac à la tombée de la nuit. Après avoir
tournicoté sans succès en dehors de la route dans une grande plaine pour se mettre à l'abri du vent et de la
route, on retourne au goudron et on tombe sur une pancarte « danger mines » : ça fait froid dans le dos. On
fait demi-tour jusqu'au départ d'une piste vue vers une guérite de militaires.
Ceux-ci nous accueillent chaleureusement et nous offrent l'hospitalité derrière une petite butte à côté de
leurs casemates. On accepte. On n'est manifestement pas les premiers visiteurs… Mais à la guerre comme à la
guerre. De toute façon, plus loin, c'est « terrains militaires ».
On envoie des SMS à tout le monde et tout le monde répond sauf Manette !
(la mère compte ses poussins en toutes circonstances…)