Voyage en Guinée – octobre 2007 – Mauritanie et Mali – 2 / 6
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Nouadhibou
 
Samedi 27 octobre
 Bivouac derière une butte, à côté du poste de police
 Bivouac derière une butte, à côté du poste de police
Passage des douanes. Côté Marocain assez simple, mais on est derrière un troupeau d'italien de 60 ou 80 voitures. Il y a pas mal de chiens renifleurs de drogue.

En fait, on s'apercevra plus tard qu'ils ont pas mal de problème avec le trafic. No man's land toujours aussi dégueu entre les deux douanes. Des cow-boys nous tombent dessus en disant par ici, par là. On finit par se planter dans une petite flaque de sable. Ils rigolent bien, c'est de bonne guerre. Ils sont tous contents d'avoir enfin du poisson dans leurs filets.

On dégonfle et on repart, après quelques échanges comparatifs sur la notion d'entraide nord – sud. Ils sont très dépités de ne pas pouvoir nous racketter pour pousser la voiture.

Douanes Mauritaniennes : ça se complique le visa est accordée pour 72 heures, à faire prolonger à Nouakchott . Assurance et change à la douane.

Gasoil Marocain détaxé 3.45 DRM, douane Marocaine gratuite, Mauritanie : police 10 € par personne et 10 € par voiture. Le change pour 1 € 340 Ouguiyas et l'assurance pour 10 jours 3'200 Ouguiyas (9.41€).

On roule vers Nouakchott . Rien de bien passionnant, des contrôles fréquents : police, gendarmerie, ils sont plutôt aimables et comme nous le sommes aussi, on leur donne notre fiche signalétique préparée d'avance, ce qui gagne du temps.

Langue dunaire de sable rouge très chouette, 200 km avant Nouakchott . On se tâte pour savoir si on bivouaque loin de la ville, ou si on se trouve un camping.

Finalement, à un contrôle à l'entrée de Nouakchott , un rabatteur légèrement insistant (!) propose de nous emmener dans une auberge très propre où on peut camper. On le charge, il parle un excellent français, originaire de Chinguetti , réduit à faire ce boulot pour un hôtel.

L'auberge est très « clean », on est très bien accueilli par un écossais qui dépanne le boss en son absence. Bonne douche. Petites brochettes dans un petit restau du coin.

On achète 2 colliers à un gars qui nous fait vraiment pitié avec son air triste. Il est resté à côté de nous sans rien dire jusqu'à ce qu'on s'intéresse enfin à sa pacotille.

En principe le patron de l'auberge pourrait nous avoir les visas « doubles entrées » très facilement demain dimanche si la police est ouverte.

Nuit avec bouchons d'oreilles, muezzins et plusieurs heures de litanies et de sourates du Coran dans les haut-parleurs de la ville. Puis quelques chiens qui aboient longuement pour saluer la fin de ces litanies.

Jacques se bat avec des moustiques entrés dans la tente et vers 5 h du matin reprise du Muezzin.

Martine a appelé Mélodie à midi pour son anniversaire. Les SMS ne passent pas depuis qu'on est en Mauritanie .

L'écossais est un infirmier psychiatrique de Glasgow. Il s'installe en Mauritanie pour devenir berger de chameaux. Il est complètement allumé, mais rigolo, sorte de soixante-huitard du nouveau millénaire. C'est à se demander si les problèmes psychiatriques ne seraient pas contagieux ? Tout le monde l'appelle l'écossais. Il nous raconte une histoire invraisemblable d'un vol de carabine Winchester alors qu'il était en plein désert. Mais il pense savoir qui c'est…

Dimanche 28 octobre
Petit déjeuner dans la cour de l'auberge sous un parasol. Le patron nous annonce que la police est fermée le dimanche. On peut attendre lundi ou partir.

Il nous garantit qu'on peut dépasser les 72 heures de quelques jours sans problème. On tente le coup. On quitte Nouakchott par la route de l'espoir. Banlieue sur des kilomètres, crade, encombrée et très animée. On achète des melons d'eau, des mandarines et des bananes.

Direction Aleg , où on bifurque au sud vers le fleuve Sénégal . Au début paysages désertiques, sable, calotropis, des constructions en briques posées au milieu de rien du tout. Il n'y a pas d'eau, il n'y a pas de végétation. Parfois des villages très miséreux.

Suivent de belles plaines d'herbe blonde avec des acacias et d'immenses troupeaux de vaches. Des kaïmas blanches isolées ou regroupées en village, c'est superbe.

Kaédi
 
À Boghé , arrivée au fleuve normalement. En fait, il est loin de la route. On part en direction de Kaédi au goudron en principe, on le quittera ensuite.

Pique-nique après Aleg Mare après Boghé Le fleuve Sénégal en craque
Arrêt photos près d'une grande mare où des vaches s'abreuvent et où des gamins sont en train de pêcher de minuscules petits poissons. On souhaite prendre notre temps et un peu plus loin, on décide de quitter le goudron pour aller au bord du fleuve. On prend une piste à droite, vers le village de Bolol Doggo , quelques maisons, une mosquée. Restes des inondations.

 vers Bolol Doggo  vers Bolol Doggo  vers Bolol Doggo  vers Bolol Doggo  vers Bolol Doggo
Photos de petites filles rigolotes. Un grand gars vient nous voir, c'est le chef du village. Il nous indique la piste vers le fleuve qui est encore loin. On le retrouve là-bas où il va pêcher : très gentil. Avec un de ses potes, ils nous font visiter les plantations.

Coopérative de femmes avec plein de fruitiers, manguiers, goyaves, citrons, pamplemousses. Champs de maïs sur les alluvions, patates, riz, ignames, carcadet.

 vers Bolol Doggo  vers Bolol Doggo  vers Bolol Doggo
 le troupeau traverse le fleuve Sénégal  le troupeau traverse le fleuve Sénégal  le troupeau traverse le fleuve Sénégal
⏯️
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Quelques pirogues. On découvre un grand rassemblement de vaches sur l'autre rive du Sénégal : il nous confirme que le troupeau va traverser à la nage. Précipitation ! On filme et photographie cette scène formidable de 200 vaches à la nage dans le fleuve à contre-jour. Le tout dans la simplicité et la gentillesse.

Il nous donne deux énormes pastèques qu'on n'arrive pas à refuser. On leur donne des livres d'enfants et des crayons pour l'école du village. Un homme veut absolument qu'on aille dormir chez lui. On arrive à s'échapper.
 vers Bolol Doggo  vers Bolol Doggo  vers Bolol Doggo  vers Bolol Doggo  vers Bolol Doggo
 Boscia Senegalensis ou Hanza  bivouac odorant  Boscia Senegalensis ou Hanza
 Bivouac dans le Hanza
Super bivouac, pas loin du village, dans des bosquets parfumés d'une odeur proche du jasmin. C'est sans doute le Boscia Senegalensis ou Hanza, malgré que ChatGPT ne lui trouve pas cette odeur de Jasmin. Plein de petites charrettes qui passent, des vaches, des chèvres. Discussions avec un berger qui cherche ses bêtes après la traversée du fleuve. Tout le monde vachement discret.

La journée, on a pris 15° il a fait 42 ° 43 ° et 46 ° vers le fleuve.

Lundi 29 octobre
La chaleur est tombée pendant la nuit grâce à un petit vent qui traverse la moustiquaire. À propos, hier soir, on s'était enduit de produit antimoustique : on n'en a pas vu un seul, par contre, plein d'insectes non identifiés autour de la lampe.

 pécheur vers Kaédi  Kaédi  sur la digue amont de Kaédi
Ce matin direction Kaédi . On pinaille un peu pour trouver la piste, mais tous les gens sont pleins de bonne volonté pour nous renseigner, même s'ils ne parlent pas français.

 sur la digue amont de Kaédi  rizières vers Kaédi  la crue du Sénégal  la crue du Sénégal
On traverse des régions de cultures incroyables, champ de maïs, haricots, sorgho, immenses rizières après Kaédi . Les gens sont souriants contents de discuter quand c'est possible. Par contre, les villages sont hyper hyper crades, de véritables décharges, ça vaut le Yémen ! Quel dommage !

Les inondations de la crue n'ont pas encore reculé si bien qu'il y a pas mal de plans d'eau avec de beaux arbres plantés au milieu.

 la crue du Sénégal
 mère peule
Pique-nique sous de grands acacias à l'ombre : il fait plus de 40 ° au bord du fleuve. Un chibani passe 1 h à faire une toilette quasi rituelle. Des gamins viennent nous voir, sauvages, mais avides du spectacle : tables, chaises… Photos, bananes au chibani, bonbons aux gamins.

Des femmes passent chargée comme des mules. D'autres font la lessive dans le fleuve. Bonne ambiance. On s'arrête pour photographier des nénuphars moches dans une mare. Des jeunes femmes viennent nous voir. Maquillage des lèvres peul. Une parle français. Elles veulent qu'on aille dans leurs cases boire du lait. Manger la poule et le riz. On a du mal à refuser (mais on y arrive…). Photos – cadeaux pour les bébés et on continue notre route.

 vers Maghama  vers Maghama  vers Maghama
Les troupeaux peu à peu remplacent les cultures. L'herbe, quand il y en a, est déjà sèche (à mon avis, elle pousse déjà sèche) alors que l'hivernage vient à peine de se terminer : en fait, ils ont de très grosses crues du fleuve, mais peu de pluie contrairement à d'autres pays d'Afrique.

Arrivée à Maghama en fin de journée. On apprend que la piste est inondée pour aller à Woumpou . Au barrage, une bande de types arrogants qui veulent nous servir de guides. À les entendre, c'est la fin du monde : tout est inondé, on ne passera jamais sans un excellent guide. Ils ne nous inspirent pas du tout.

On essaye de trouver une piste tout seul le long du fleuve, mais sans succès. La solitude nous interdit de nous envaser et se trouver coincé pour 10 ou 15 h de travaux herculéens. On choisit de s'écarter un peu au nord pour rejoindre Selibabi .

On demande notre chemin à des bergers, sans succès, on se perd dans une multitude de petites pistes. Finalement, pressés par la nuit tombante, on cherche la piste de M'Bout . Ça fait un grand détour, mais la piste sera plus visible. Après avoir encore demandé un tas de fois la direction, on retrouve la piste.

 le guérisseur de Maghama
 vers Maghama
Bivouac enfin ! On trouve dans cette savane arborée un de ces fameux ronds de 10 m de diamètre totalement dégagé par les termites : ça fait vraiment des bivouacs confortables, on pourrait y marcher pieds nus. Il fait une chaleur à crever. Des milliers de bestioles dont des mantes religieuses carnassières s'agglutinent autour de la lampe.

Des moustiques « zonnent ». On s'enduit, on apprécie la douche, car on est trempés de chaud et crépis de poussière. Un petit moment à écouter de la musique au calme et dodo. Des bêtes ont réussi à s'introduire dans la tente malgré divers sprays. Dommage, le lendemain, on y oubliera notre pédiluve.

 bivouac au nord de Maghama
 village à 3 km ouest d'El Mankous
Mardi 30 octobre
Direction M'Bout . La piste est grande, mais souvent en tôle ondulée. Ce matin villages aux cases rondes entourées de troupeau de vaches et chèvres qui s'éveillent mollement. Il fait déjà 40 ° à 11 h du matin. Toujours des gens souriants. Des gendarmes ou policiers charmants, serviables, aucun ne réclame de cadeaux.

 village à 3 km ouest d'El Mankous
Succession de zones arides avec de la petite herbe jaune et des arbres rabougris et de champs immenses de cultures dans les zones inondables. Ça s'appelle la culture de décrue. Les villages sont toujours aussi sales, quelle plaie !

 vers Tassota Barene  vers Tassota Barene
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vers Tassota Barene
On s'arrête à un puits pour remplir le réservoir de la douche. Des petites filles remplissent leurs bassines qu'elles porteront jusqu'au village sur leur tête pendant que les petits garçons regardent. Ça commence jeune !

D'autres arrivent, photos, petits cadeaux, minisavons et bonbons. Super bon moment. Une gamine aide Martine à remplir son seau : elle est plus forte en manipulation du delou !

 Selibabi  Selibabi  Selibabi  Selibabi
Sélibabi : on nous a dit qu'on peut faire les formalités de sortie, ça nous arrange, on en profite pour demander quelle est la meilleure route pour Kayes . Malheureusement les policiers avachis, mais corrects nous disent que le responsable du tampon n'est pas là. Il est parti avec des américains (?). Il reviendra peut-être bientôt, Inch'Allah.

 Selibabi  Selibabi  Selibabi
On va faire quelques courses au marché, pain, mandarines, œufs bouillants (en fait ils sont cuits). On attend de voir… Super ambiance sur le marché, des gens calmes et souriants. Jacques fait des photos de choupettes sans problème. De retour à la police, on nous dit qu'en fait, on n'a pas besoin de tampon. On insiste, car on doit repasser en Mauritanie en rentrant et on ne veut pas d'embrouilles. Surtout pour la voiture.

Jacques va voir la concurrence, la gendarmerie de l'autre côté de la place. Officiellement, ils n'y peuvent rien, mais téléphonent au chef sans doute dès qu'il (Jacques) a le dos tourné : pendant ce temps un type est arrivé à la police en trombe sur une Dominator. Martine part en courant chercher Jacques (en fait à tous petits pas et très lentement, car il fait au moins 45 ° sur cette place !).

Quand Jacques arrive, le motard l'interpelle extrêmement fâché contre ces « touristes pressés ». Il essaie de le provoquer en vociférant… On s'en fout, il a les clés du tampon. Un gars nous conseille de passer par Khabou , au sud et au bord du fleuve.

On descend et dans un village les gens disent qu'il n'y a pas de piste de Khabou à Kayes , car il y a un affluent à traverser. Ça discute ferme, cartes, GPS, ordinateur, le grand jeu. Une vingtaine de personnes donnent leurs avis. Le tout dans la bonne humeur et la gentillesse.

On décide de continuer cette piste surtout pour se trouver un bivouac avant la nuit. On trouve le bivouac peu après dans un joli petit coin calme à l'abri de quelques arbres. Soirée agréable. On monte se coucher au moment où des tam-tam et percussions diverses démarrent. Ce sera un concert formidable et on hésitera vraiment à se relever pour aller les rejoindre si nous n'avions pas le handicap de plier le camp de nuit.

Mercredi 31 octobre
Départ. Jour plombé. On opte pour Melgué qui semble être le meilleur passage sur la rivière Karakoro qui nous barre le passage jusqu'au fleuve. On passera par Sabou Ciré .

 vers Sabou Ciré  Sabou Ciré  Sabou Ciré  Sabou Ciré
On jardine sévère sur des pistes pour ânes. On demande notre chemin dès qu'on voit quelqu'un, hommes, femmes, enfants. À Melgué , après palabres, un gars à moto nous montre le gué sur la Karakoro pour rejoindre le Mali .

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Gué de Melgué
 Gué de Melgué
Des femmes et jeunes filles font leur toilette. On leur demande si c'est profond. Une traverse devant nous à pied. Sympa, tout le monde rigole. Photos et film. Pendant qu'elle traverse, Jacques photographie, elle relève lentement, mais sûrement sa robe pour ne pas la mouiller.

Une de ses collègues lui crie quelque chose et aussitôt elle choisit de lâcher sa robe plutôt que de continuer ce léger strip-tease. De deux maux il faut choisir le moindre !

On jardine encore pas mal jusqu'à la piste principale pour Kayes . Piste correcte, mais ravinée par la pluie par endroit et quasi marécageuse à l'approche de Kayes . Un homme barre la piste, sa charrette à âne s'est renversée avec tout son chargement de bois.

En même temps des centaines de chèvres dévalent, zigzagant au milieu des énormes flaques qui mangent la piste, accompagnés de leurs bergers beaux et élancés, avec de jolis visages et leurs pagnes roulés autour de la tête.

Kayes
 
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 hôtel Khasso, Kayes
Un camion de 20 t qui a tenté d'échapper aux flaques est allé s'embourber au milieu des cases : il va en avoir sans doute pour une semaine à se sortir de là.

Arrivée à Kayes vers 17 h. On va direct à l' hôtel Khasso où on avait dormi il y a deux ans (le meilleur de la ville paraît-il, du coup, on n'a pas envie d'aller voir les autres).

Douche, lessive, le climatiseur fait un bruit de casseroles. Apéro et repas sur la terrasse au-dessus du Sénégal avec les moustiques : pas de capitaine, mais steak frite. Jacques est déçu.

Jeudi 1er novembre
 hôtel Khasso, Kayes  hôtel Khasso, Kayes  hôtel Khasso, Kayes
Nuit d'enfer malgré les bouchons d'oreilles. Le climatiseur s'arrête à minuit. On crève de chaud. Jacques part à la recherche d'un dépanneur. Il suffisait de re-appuyer sur un petit bouton minuscule à côté du lit.

 dragueurs de sable sur le Sénégal, devant l'hôtel Khasso, Kayes  dragueurs de sable sur le Sénégal, devant l'hôtel Khasso, Kayes
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Petit déjeuner et départ pour le parcours du combattant : il n'y a qu'une seule banque qui fasse du change. Un monde fou. Puis l'assurance : carte brune qui couvre toute l'Afrique de l'Ouest sauf la Mauritanie . Puis police à côté de la gare : la route est barrée par le train on attend un peu : commissariat dans de vieux bâtiments coloniaux, l'ancien hôtel de la gare. Hyper hyper crade.

Ça va assez vite puis douanes à l'autre bout de la ville. Ça va aussi assez vite. On rentre à l'hôtel, on paye et on part après un arrêt en ville pour acheter une bassine puisqu'on a perdu notre « pédiluve » pour la douche (sans doute oublié dans le bivouac de Maghama ).

Ruelles surpeuplées. Il fait chaud chaud chaud. Enfin, on quitte Kayes en direction de Sadiola et de ses mines d'or. Le Mali est le troisième producteur d'or mondial.

On cherche vainement les chutes du Papara , un flic qui se gaussait lorsqu'on lui a demandé notre route est incapable de les situer : il en a bien entendu parlé sans savoir où elles sont. On abandonne.

Belles pistes de latérite, pas mal de camions donc de poussière. On met la clim. La végétation devient plus abondante. Il y a des arbres assez grands et bientôt presque des forêts. Petits villages aux cases rondes propres entourées de barrières en tressage de tiges plates, genre cannage.

 falaises de Tambaoura, vers Tabako  falaises de Tambaoura, vers Tabako
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 falaises de Tambaoura, vers Tabako
 falaises de Tambaoura, vers Tabako
Arrêt dans un village pour acheter une pastèque, Martine donne un petit habit pour le futur bébé. Les falaises de Tambaoura apparaissent dans une belle lumière ocre du soir. Photos de femmes et d'enfants devant leurs cases.

On cherche un bivouac. On prend une petite piste en direction de la falaise pour traverser la barrière de végétation qui longue la piste. Bon terrain dégagé au pied de la falaise. Des gamins arrivent d'un village qui n'est pas loin : on voit les toits des cases. Puis les gars qui passent sur la piste soit à vélo, soit à moto. Les gamins sont cools et les adultes très courtois. On leur demande si on peut rester là pour la nuit « pas de problème ».

Photos. La nuit tombe et avec elle, les sévices de nos ennemis les moustiques : il y en a des tas ! Il fait hyper chaud, on dégouline. On se fait dévorer. On est sale. Une bonne douche et on se tartine de produits antibestioles.
 falaises de Tambaoura, vers Diokéba  falaises de Tambaoura, vers Diokéba  falaises de Tambaoura, vers Diokéba
Dans la nuit des enfants et des femmes reviennent. Elles racontent des trucs auxquels on ne comprend rien. Elles finissent par nous chanter un petit air. Dodo de bonne heure, mais pas de lecture, car les bestioles arrivent toujours à rentrer dans la tente, on ne sait pas comment. Les gens appellent ces falaises (200m de haut) des « collines ».

Vendredi 2 novembre
 falaises de Tambaoura, vers Diokéba  falaises de Tambaoura  falaises de Tambaoura
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Kéniéba
 
On reprend notre belle piste latérite, de plus en plus roulante jusqu'à Kéniéba . Gros bourg qui pour nous signifie qu'on approche de la Guinée . Petites courses au marché avec Youssef, un petit garçon qui nous a pris sous sa protection.

 marché de Kéniéba  marché de Kéniéba  marché de Kéniéba
 marché de Kéniéba  marché de Kéniéba  marché de Kéniéba  marché de Kéniéba
Martine achète huit minuscules tomates défraîchies, 2 petits citrons et 6 petites bananes. Il n'y a pas grand-chose et surtout pas de pain. On se prépare à repartir, il est environ 13 h. En quittant la ville un gars nous annonce que ça ne passe pas par là, la piste qu'on a choisie pour aller en Guinée est barrée par un fleuve.

Il y a bien un projet qui prépare un pont, mais il n'est pas encore terminé. C'est une tuile, un très gros changement d'itinéraire. On est dépité, on fait demi-tour. Pique-nique sous une ombre relative. Il fait chaud. On se pose des questions. Le prochain passage en Guinée est Siguiri , accessible depuis Bamako .

 au pied de la montée à Kassama, vers la rivière Danbala  au pied de la montée à Kassama, vers la rivière Danbala  au pied de la montée à Kassama, vers la rivière Danbala  au pied de la montée à Kassama, vers la rivière Danbala
Il faut remonter au nord peut-être jusqu'à reprendre la route d'il y a deux ans vers Kita ou les chutes de Billy. En fouillant son ordi. Jacques trouve un tracklog de gars qui ont traversé la falaise de Tambaoura en direction du barrage de Manantali . On se décide et on essaye.

Kassama
 
Minuscule piste au début en direction de Kassama qui se trouve au sommet de la falaise. Piste trialisante en pierre. Les gens rencontrés, les marcheurs, les cyclistes, les femmes et leurs enfants, ont l'air de dire que ça passe.

La piste est en rénovation, son tracé en lacets pour monter la falaise est impressionnant, c'est du beau 4x4 en première courte.

 vers Kassama  vers Kassama  vers Kassama
 vers Kassama  vers Kassama  vers Kassama
Kassama est un beau village bien entretenu, bon accueil encore et toujours ces arbres magnifiques, immenses et de grande envergure. Plus on avance, plus il fait chaud et humide. La piste est boueuse par endroit et on doit traverser pas mal de flaques ou de ruisseaux. On double plusieurs fois des cyclistes locaux. Quel courage. Leurs vélos sont loin d'être modernes.

Quelques "émeutes" dans les villages quand les enfants nous voient. Les difficultés vont crescendo, Jacques se demande comment ça va finir et s'il faut faire demi-tour ça va nous coûter au moins trois jours : c'est l'inconvénient d'un véhicule solitaire, lorsque le parcours est exposé ça crée des angoisses, surtout ne rien casser, surtout ne pas se planter.

 Pont sur la Bahé Ko  Pont sur la Bahé Ko
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C'est une piste coloniale abandonnée : heureusement les ponts ont tenu, sinon c'était foutu ! Bivouac chaud voir archichaud et humide. Douche et badigeonnage de produits antimoustiques. Il semble qu'il y en a un peu moins qu'hier soir. On met toujours la lampe à distance pour éloigner un maximum d'insectes de nous.

Samedi 3 novembre
 bivouac après le Pont sur la Bahé Ko
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pont sur un affluent du Balinn, 500m avant le fleuve  vers Foré
 pont sur le Balinn, après Nanifara  pont sur le Balinn, après Nanifara  piste de Koundian
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La piste devient de plus en plus trialisante : boue, ornières, rochers, très étroite par endroit avec de grandes herbes au milieu. Beaux spots sur des pitons rocheux orange, plantes grasses inconnues.

 Trial à 1.5 km de Koundian  Trial à 1.5 km de Koundian
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 Martine en trial  l'instit' désabusé  vers Koundian  après Koundian
 vers Kéniékéniéko
 vers Kéniékéniéko
Dans un passage scabreux, on rencontre une moto chinoise qui galère dans la montée, chargée comme une mule : c'est l'instituteur qui rejoint son poste en brousse. Il a l'air épuisé et déjà désappointé.

On rejoint le barrage de Manantali , petit pont pour traverser le Baffing et on reprend la même route qu'il y a deux ans en direction de Kita . Deux petites filles nous coursent avec leur petite sœur, on s'arrête, photos, cadeaux, mignonnes comme tout.

Un gendarme à vélo arrive d'on ne sait où et semble choqué de nous voir prendre les petites en photo ! Nous prêteraient-ils de mauvaises intentions ? – En fait, on apprendra en rentrant qu'une association française au Tchad a essayé d'exfiltrer 30 enfants par des méthodes douteuses et a défrayé la chronique. Le flic s'est inspiré de ce fait tragique pour mener son enquête et nous avons échappé à la prison d'office de justesse…
 vers Toumajima  vers Toumajima  vers Toumajima  vers Toumajima
Pique-nique avant Tambaga , à côté d'un petit village de cases rondes sous une belle ombre (il fait chaud…) On boit plus de 6 l d'eau par jour. Un gars passe à vélo, s'arrête « Bonjour, Ça va », etc. C'est un agriculteur qui part dans son champ chercher trois épis de maïs pour le repas de sa famille. Lorsqu'il repasse il nous invite à venir chez lui. Il ne comprend pas qu'on reste dans un champ. Martine lui donne une petite banane qu'il prend « pour sa petite fille », et un petit sweat. Il veut absolument qu'on passe à sa maison en partant.

On s'arrête comme promis chez lui : trois cases dans un enclos de branchages, sol en terre battue, hyper propre. Il nous présente sa fille, sa femme. Il nous fait promettre de ne pas aller dans le champ la prochaine fois, de venir chez lui. Martine offre un « magnifique sac à main » à sa femme (don de Mamie Jo…).

 vers Niantanso
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 vers Niantanso  vers Niantanso
Peu après, vers Niantanso , on trouve sur le bord de la piste plusieurs personnes en train de nettoyer le maïs, sous un grand arbre à l'ombre. Lumière et ambiance magnifique : beaucoup de joie partagée.

Arrivée à Tambaga : une pancarte annonce une déviation, route coupée au pont sur le Bakoy . On se renseigne, le détour nous met à 4 h de Kita , alors que par la route normale, on en est à une demi-heure. On tente le coup, espérant le cas échéant trouver une piste avant le pont. Gros chantier, mais quand on arrive, on voit une voiture franchir le pont en cours de finition : on s'engage.

La police est de l'autre côté et nous démarre une scène à l'africaine : « votre ordre de mission ? » « il n'y a que ceux qui ont des autorisations qui peuvent passer », etc., etc. Jacques le prend de face « lui, il est passé, pourquoi pas moi », ça dure.

Au bout d'un moment, on pense que c'est foutu et qu'on va faire demi-tour pour se faire les 4 h de piste. Un gars vient nous voir « un médiateur ? » Si tu lui donnes 2'000 CFA, il te laissera passer. Jacques joue les incorruptibles : « je ne paye pas la police, dans mon pays on emprisonne pour ça », etc. « alors va lui faire des excuses ». Il y va et s'excuse de leur avoir « fait penser qu'il s'énervait parce que quand il s'énerve, c'est différent »…

Finalement, ils se lassent et on est libre de continuer notre chemin sans bakchich. Jacques ressent une joie intense lorsqu'il arrive à lasser un africain pris à son propre jeu, comme s'il recevait un « diplôme d'Africanité »…

 le soudeur inox de Kayes
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 le soudeur inox de Kayes
Depuis midi, on a une fuite dans l'angle du réservoir d'eau de la douche en inox. Arrivée à Kita , on cherche un soudeur inox et du pain : on trouve les deux. Des gars sympas et démerdards (comme d'habitude) ressoudent au milieu d'une ambiance de fête et un gamin part nous acheter du pain.

Ce réservoir de douche a été mal conçu : j'ai voulu lui donner un profil aérodynamique en triangle vers l'avant. J'ai oublié l'effet poinçon au freinage donc en peu de temps, les soudures avant lâchent. De plus, quand il est plein, il n'y a que peu d'effet bélier au freinage, mais à moitié vide, c'est la fuite garantie. Et pour couronner le tout, le gars qui me l'a fait a plié sa tôle pour mettre les soudures à l'avant alors qu'à l'arrière, c'eut été mieux ! Et l'inox, moins solide que l'acier, en rajoute une couche !

Discussions avec un grand escogriffe de 2.20m. Qui a été basketteur en Europe. On sort de Kita à l'heure du bivouac. On se trouve un coin éloigné de la route au milieu d'une végétation dense, il fait chaud et humide et il y a des moustiques. Heureusement, la température baisse assez vite, les moustiques s'en vont. Martine met même sa petite polaire. Belle soirée.

Bamako
 
Dimanche 4 novembre
Direction Bamako . Piste puis goudron (il arrive bientôt à Kita ), tomates et concombres à des femmes au bord de la route. Bamako : circulation intense, motos, voitures mal réglées, pollution, mais vivante et gaie avec le contraste entre ses beaux quartiers, le Niger , les quartiers populeux où ça grouille de millier de petites échoppes, le bruit, les rires.

 bivouac après Kita  bivouac après Kita  pique-nique vers Samalofira, avant la Guinée
On se fait deux fois la traversée du pont dans une sacrée cacophonie : erreur de navigation ! On quitte Bamako par la piste rive gauche du fleuve, plein sud en direction de la Guinée et la frontière à Kourémalé .

90 km de mauvaise piste puis goudron. On en avait déjà fait les 20 premiers kilomètres il y a deux ans en revenant des monts Mandingues .

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