Voyage en Guinée – octobre 2007 – Guinée 1 – 3 / 6
Voir le contexte
←   Étapes   →

Guinée
 
La frontière : police du Mali , pas de problème, douane du Mali , il veut garder le laissez-passer alors qu'à Kayes , on nous avait dit qu'il marcherait un mois pour nos trois passages.

Discussions. C'est la loi, vous devez en reprendre un à chaque entrée « et repayer ? » « Et repayer 5'000 CFA ! » « Pourquoi 5'000 CFA, on a déjà payé 9'400 à Kayes, voilà le reçu » « ah oui c'est 5'000 de plus à cause du travail en heures supplémentaires ». « Et quel travail supplémentaire ? »

En fait on se fait assaisonner. Le gars a téléphoné à son collègue de Kayes , puis l'a passé à Jacques. Ça sent la magouille à fond. On laisse notre laissez-passer. Côté Guinée : la police ça va. La douane 30 € pas de reçu.

Au moment de changer notre argent Jacques commence la discussion avec un cambiste dans la cour de la douane. Le gros chef des douanes s'en aperçoit : il chasse le cambiste et nous change lui-même nos 300 € contre une liasse de 10 cm d'épaisseur de billets de francs guinéens. C'est lui qui demande quel cours on veut : Jacques lui sort le cours de Yahoo pris sur le net avant de partir : il est d'accord sans discuter.

Il explique que lui et son frère veulent acheter un gros réservoir en Europe et qu'il doit les payer en euros. On retourne à la police pour le tampon et là, il faut donner 40 000 FG (). On demande un reçu : gêne, rigolade (jaune) il veut rendre l'argent, c'est rocambolesque.

Jacques lui a laissé quand même pour la gloire (ça fait 6.66€) et on est enfin libre. Direction Siguiri . Bivouac sur une branche de route désaffectée. Légère inquiétude due à l'isolement dans un pays inconnu.

Lundi 5 novembre .
Goudron, paysages verdoyants, forêts de feuillus, prairies de grandes herbes, cultures, rizières, le fleuve n'est pas loin.

 Gbehutu (Cochlospermum planchonii) 1er bivouac Guinéen  sur les bords du Niger
Quelques spots sur le Niger . Achat de paniers. Les guinéens sont plus réservés que les Maliens. Ils répondent au salut avec le sourire, mais sans exubérance. Les enfants crient toubabous, mais de loin.

 en face de Damisa Koro  en face de Damisa Koro  en face de Damisa Koro
⏯️
⏯️
 vers Dougoura  vers Dougoura
 Dopatrium longidens Skan
 bivouac vers Kouroufing
On abandonne cette route pour 100 km de piste chaotique et on reste sur la même rive du Niger. Arrivée au bivouac après 300 km dans la journée, de piste, de goudron très bon ou de goudron plein de nids de poules.

Après Mamou , ce sont les contreforts du Fouta Djalon à 670 m d'altitude. Joli emplacement au pied de collines, trois cases et un petit ruisseau pas loin. Dans l'ensemble les paysages sont beaux, mais pas très dépaysants. Le coin de ce soir a plus de caractère. Belle lumière au coucher du soleil. Martine attend les moustiques. Finalement, on n'a pas de moustiques et il fait même frais. Elle zappe la douche (pouahh !).

Mardi 6 novembre
 bivouac vers Kouroufindeng
 bivouac vers Kouroufindeng
 bivouac vers Kouroufindeng

Un jeune de 15 ans vient nous voir au petit déjeuner. Il parle français. Il est forestier (avec sa hache préhistorique, il vend des petits fagots de branchettes sur le bord de la route) et voudrait venir faire le forestier en France ! On a du mal à le décourager. Il déjeune avec nous, on lui donne un pull et un pantalon : il est ravi.

Direction Labé . Goudron. Paysages montagneux. S'il n'y avait pas les nids de poules et plein de gens tous noirs, on se croirait dans le Massif Central . De plus en plus d'hommes portent le petit calot blanc des musulmans et les femmes des vêtements moins « boubous » et un voile sur la tête.

⏯️
 lavandière du Baffing vers Sokotoro  tulipier du Gabon  Erythrina Senegalensis
Les tissus sont du genre de ceux des femmes de Mauritanie . Pique-nique sous un micocoulier ? (d'après Jacques) qui nous bombarde de petites noix dures comme des billes.

 Erythrina Senegalensis
⏯️
 Euphorbia pulcherrima Willd (Poinsettia)

Pont de Dieu
 
Avant Labé , visite du Pont de Dieu à Dalaba . Piste un peu acrobatique, mais pas pour un land ! On se gare près d'une maison enfouie dans la végétation et on continue à pied, accompagnés par cinq petits gamins.

 le Pont de Dieu
⏯️
 le Pont de Dieu
Petit pont en arche naturelle au-dessus d'un ruisseau. Joli cadre. Beaucoup de végétation, le tout assez intime. Retour à la voiture et distribution de casquettes à nos « guides ». On découvre alors que c'étaient des écoliers qui ont manqué la classe pour nous accompagner.

 vaneries vers le Pont de Dieu
⏯️
 vaneries vers le Pont de Dieu  vaneries vers le Pont de Dieu
Une femme âgée appelle. Elle passe sur la route avec des petits. Petit cadeau. Un gars de passage nous traduit qu'elle veut nous vendre des paniers qu'elle a chez elle. On lui dit qu'on l'attend. On va voir débarquer sept ou huit femmes avec des paniers et pas la petite Mamie.

On dit à notre traducteur qui est resté là qu'on l'attend. On achète quatre objets (5'000 FG soient moins d'un euro), elles sont contentes et reçoivent en plus un petit savon-cadeau. Le pied !

Arrivée à Labé en fin d'après-midi, hôtel Bel Air Chalet , conseillé par le futé. Hôtel africain au bout d'une rue défoncée. Accueillis par le fils de la patronne. Chambres africaines propres avec douche WC et moustiquaire. Pas de ventil' ni clim', mais il fait nettement plus frais : on est à 1020 m d'altitude. Le matelas est une carpette de paille de 5 cm sur un sommier en béton et l'oreiller est une brique. Ils ne font pas les repas. Enfin, c'est bien quand même. Douche froide et bien rafraîchissante.
 vers Dalaba
 en terrasse au Provincial de Labé

On discute avec fiston (le fils de la proprio) on lui parle de nos projets du lendemain. Il se propose comme guide, le gardien nous lavera notre linge. On part faire une visite de Labé Bye Night avec l'idée de trouver un resto.

Rues défoncées, sans électricité, poubelles, plein de gens qui vivent autour d'une multitude de petites échoppes de toutes sortes. Quelques vestiges de bâtiments coloniaux. En tout cas, on ne trouve pas de resto. On retourne dans le quartier de l'hôtel manger dans le resto d'un autre petit hôtel « Le Provincial ». Très bon accueil, très bonnes brochettes, très bon capitaine et très bons fruits.


Mercredi 7 novembre
On a eu toute la nuit pour compter nos os sur ces lits de fakir. Départ après un petit déjeuner dans la cour de l'hôtel, dans nos caisses. Direction les chutes de la Sala à une trentaine de kilomètres de Labé .

Piste archipourrie au début, c'est la piste pour Mali (la ville guinéenne, pas le pays !) et le Sénégal . Quasiment impraticable tellement elle est défoncée par les camions.

Dès la bifurcation vers Lélouma , la suite est plus agréable, bien que la piste soit irrégulière. Il faut quand même bien 1 h 30 pour faire les 30 km. On aime beaucoup cette piste, belle végétation, plein de gens chargés qui marchent, (les femmes bien sûr), des villages aux cases de plus en plus souvent en dur à cause des intempéries.

 amont des chutes de la Sala  amont des chutes de la Sala  amont des chutes de la Sala  amont des chutes de la Sala
 chutes de la Sala
⏯️
 chutes de la Sala  chutes de la Sala
Passage aux chutes de la Sala . Petite brume sur les flancs des montagnes, ambiance « gorilles dans la brume ». Les chutes sont belles. Un premier spot avec des rapides et une piscine dans les vestiges d'un camp de touristes et un beau point de vue plus loin du haut de la falaise dominant les chutes.

Des femmes en groupes, chamarrées, à l'horizon, droites comme des « i » avec leur « point » sur la tête. Encore presque 2 h pour les 30 derniers kilomètres. Au village des échelles, on est assaillis par des gamins « guides ». Je ne suis pas du tout rassuré : les gamins sont surexcités, hors de contrôle, fiston est avec nous, mais semble mou de chez mou, incapable de gérer une émeute. On discute. Une dizaine gardent la voiture et 2 viennent avec nous.

échelles de Lélouma
 
Puis direction les échelles de Lélouma . Cette piste est absolument géniale, très africaine, en forêt galerie sur un profil ondulant et légèrement sinueux. Sol en latérite humide, donc orange fluo, ponctué de flaques où se reflète un ciel qui guigne à travers les feuilles.

 descente vers les échelles de Lélouma  descente vers les échelles de Lélouma
⏯️
 échelles de Lélouma  échelles de Lélouma  échelles de Lélouma  échelles de Lélouma  échelles de Lélouma
Petite marche d'une demi-heure dans des paysages superbes. Plaine d'herbes jaunes, rochers, ruisseaux. Les échelles sont là, verticales dans une faille et permettent aux gens de circuler entre le bas et le haut de la falaise.

 Thunbergie érigée  remontée à la voiture  Thunbergie érigée
 les belles pistes du Fouta Djalon
 les belles pistes du Fouta Djalon
Les Peuls nobles en haut, les anciens captifs en bas. Les gamins sont super gentils et attentionnés avec la vieille « porto », nom qu'ils donnent aux toubabs. Ça veut dire blanc en Peul. Au retour, distribution de petites récompenses. Pique-nique à l'ombre au bord de la piste du retour.

Des tas de gens passent, toujours discrets et réservés. Les femmes ont des tenues chatoyantes : robes dans des tissus roses, turquoise, blanc, plein de dentelles et de froufrous, vraiment surprenant, mais ça a une sacrée gueule. On n'ose pas faire de photos : le coin à l'air beaucoup plus musulman et on craint les représailles.
Les échelles de Lélouma 3 h pour rentrer à l'hôtel, on arrive un peu cassés. Martine remarque en souriant qu'un gars ne dit pas chimpanzé mais « chiens panzés ». Toujours de la brume. On attend 19 h pour avoir du courant « groupe », pour nous faire patienter, ils nous ont mis une bougie dans le couloir.

Poulet frites au « Provincial ». Grande discussion avec un gars qui est chauffeur pour je ne sais quelle O.N.G. Et semble connaître toutes les pistes du Fouta comme sa poche.

À Labé , il y a du réseau. On a des nouvelles de Laure, Manette et de Johann. On avait eu des nouvelles de mamy Jo à la douane (non, elle n'était pas dans les entrepôts Guinéens, mais chez elle). Tout le monde va bien et nous aussi. Nuit d'enfer sur nos planches de torture.

Jeudi 8 novembre
 hôtel Bel Air Chalet à Labé
 les belles pistes du Fouta Djalon
Ce matin petit déjeuner dans nos caisses. On fait la connaissance de la patronne de l'hôtel. Mme Bistou Condé, inspectrice régionale du tourisme, de l'hôtellerie, de l'artisanat à Labé . Très sympa. Femme instruite et évoluée. Parti en croisade pour développer le tourisme en Guinée . Il y a du boulot !

Principalement à cause des infrastructures : les pistes en mauvais état, pas d'électricité dans les villes. Tout le monde a son groupe électrogène, même dans la plus grande partie de Conakry parait-il. Pas d'eau courante alors que le Fouta regorge de rivières et a le surnom de château d'eau de l'Afrique.

Les pluies ici sont abondantes. On discute longtemps avec elle, ambiance chaleureuse. Un ami à elle est là, prof d'informatique à Conakry . Il semble tous les deux assez proches du gouvernement de l'époque. On part et après une quinzaine de kilomètres Martine s'aperçoit qu'elle a gardé la clé de la chambre. Demi-tour.

 lavandières vers Wansan  lavandières vers Wansan  lavandières vers Wansan  lavandières vers Wansan  lavandières vers Wansan
Route de Mamou . Avant Pita , on tourne en direction Kinkon et Kinda à 260 km. Piste pourrie au départ, photos de femmes à la lessive : une mère et ses 3 filles. Instants de gaité.

 champ de fonio blanc  vers Donghol Touma  vers Donghol Touma  vers Donghol Touma  vers Donghol Touma
 vers Donghol Touma  vers Donghol Touma  vers Donghol Touma  vers Donghol Touma
Les paysages sont de plus en plus beaux. On monte, on descend, beaux villages de cases rondes dont les toits descendent très bas. Beaucoup de fleurs au bord de la piste, des jaunes, des rouges, des oranges. Cultures. Beaucoup de bananiers. Des portails barrent la route pour protéger les cultures du bétail nombreux qui divague.

Toujours de la brume. Les horizons sont bouchés. On aperçoit des montagnes, des cascades, le tout très flou : dommage, car quelques panoramas sont grandioses.

 vers Dofaoré  vers Dofaoré  vers Dofaoré  vers Dofaoré
Pique-nique près d'un rocher troglodyte et d'une carrière de latérite. Évidemment un camion vient charger de la terre. On déplace la voiture. Les gars sont sympas. Les gamins s'approchent. En fait, on est à côté de rochers plats où ils font leurs prières après leurs ablutions dans ce petit ruisseau. Ils se tournent vers l'est et prient avec beaucoup de ferveur.

 vers Touma Weedou  vers Touma Weedou  vers Touma Weedou  vers Touma Weedou  vers Touma Weedou
Bonne rigolade aussi avec un groupe de femmes dont certaines âgées. Photos. Martine distribue une grande partie de son stock d'écharpes et foulards. Elles ont des sourires radieux. Plein de mercis. On achète des beignets au bord de la piste. Dans les villages toutes les femmes en vendent.

 vers Dompandjé  vers Dompandjé
⏯️
 vers Dompandjé
Petites vaches, chèvres. On ouvre un portail, on le ferme. Sur l'un d'eux, Jacques trouve par terre une boucle d'oreille perdue. Rencontre avec un vieux qui se présente comme président du district. Sacrée gueule. Vêtements brodés. Des instits passent à moto et lui marquent beaucoup de respect.

 les belles pistes du Fouta Djalon  Dartrier ou Douille de candélabre  les belles pistes du Fouta Djalon  Dartrier ou Douille de candélabre  les belles pistes du Fouta Djalon
Les gens sont dans l'ensemble toujours réservés, presque apathiques. Mais quand les sourires sont là, ils sont bien installés. En fait, on fait peur aux enfants. Apparemment les blancs ne sont pas fréquents dans ces contrées.

Des petits qui buvaient à une source au bord de la piste partent en hurlant de terreur. Le père vient voir et rigole quand il comprend l'objet de leur terreur.

2 gamins nous regardent de loin. Jacques leur propose des beignets : ils restent à distance et lui demandent de les poser par terre. Ce qu'il fait. Ils attendent alors qu'il ait reculé et seulement à ce moment-là s'en approchent, s'en saisissent et déguerpissent comme des moineaux.

Bac de la Kakrima
 
⏯️
 Bac de la Kakrima, vers  Bac de la Kakrima, vers Ley Miro  Bac de la Kakrima, vers Ley Miro
 Bac de la Kakrima, vers Ley Miro  Bac de la Kakrima, vers Ley Miro  Bac de la Kakrima, vers Ley Miro  Bac de la Kakrima, vers Ley Miro  Bac de la Kakrima, vers Ley Miro
On arrive pile pour un bac à manivelle qui permet de traverser une petite rivière, la Kakrima , vers Lei Miro . Des piétons, femmes, hommes, enfants, provisions, poules, etc. ont déjà embarqué. Tout le monde se pousse pour laisser de la place à la voiture qui va leur assurer un départ immédiat, le tout dans une apparente indifférence totale à part quelques gamines rigolardes.

 Bac de la Kakrima, vers Ley Miro  Bac de la Kakrima, vers Ley Miro  Bac de la Kakrima, vers Ley Miro  Bac de la Kakrima, vers Ley Miro
 Bac de la Kakrima, vers Ley Miro
 Bac de la Kakrima, vers Ley Miro
On filme. On fait des photos et tout le monde fait semblant de ne pas remarquer. C'est le retour du marché vers leur village en fin de journée.

Il y a beaucoup de marchés tout le long de cette piste. On trouve des bananes délicieuses et du pain. Il y a aussi, différentes farines, différents tubercules, qu'on ne saurait pas cuisiner.

Le Fouta est la région de la pomme de terre : avant Labé , il y en avait plein à vendre au bord de la route.
 les belles pistes du Fouta Djalon  les belles pistes du Fouta Djalon  surveillant de récolte, vers Kaffimma  les belles pistes du Fouta Djalon  les belles pistes du Fouta Djalon
On passe à côté d'un truc inconnu : Un type est allongé sur une sorte de litière ombragée et surélevée, sa femme en bas à côté. Ils sont surveillants de récolte, chargés d'effaroucher toute bestiole, voir humain, tentés par cette bouffe prête à manger. Ils sont armés de pierres de tous calibres et sans doute de cris terrorisants…

 bivouac vers Gougoudjé
 bivouac vers Gougoudjé
Difficile de trouver un bivouac dans toute cette végétation et ce relief. On finit par trouver un champ de grandes herbes avec une petite piste et un endroit un peu dégagé.

Nous sommes en fait sur une dalle de granit, il y a tellement peu de terre végétale dans ce coin que l'os de la montagne fait fréquemment surface par plaques.

Finalement, c'est le bon plan (sauf pour planter le pied de lampe !).

Il fait bon ce soir. On explique à un gars qui passe qu'on va dormir là. Il est surpris, mais dit qu'il n'y a pas de problème.

page précédente page suivante Haut