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Jeudi 11 octobre
.
Départ 7 h. On rejoint Pascal et Corinne au
col d'Évires
. Convoi à 2 Land. On déguste un hamburger au Quick avant
Marseille
(2 casquettes de l'OM en prime) et Christian et Marylène nous retrouvent sur la terrasse pour le dessert.
Les Colombo sont sur le parking de départ, ainsi que Jean, un baroudeur Puthod qui part rejoindre une belle
en
Tunisie
pour mariage éventuel.
⏯️
⏯️
Jean ne fait pas le voyage, il profite du tarif groupe sur le bateau.
Colombo nous montre son nouveau téléphone Iridium. Il voyage dans un camion jaune de 10 tonnes, plus près du
Motocrotte parisien que de la gazelle africaine. Les dunes vont se régaler… et se faire toiletter.
L'organisateur tarde un peu, puis beaucoup. Panique dans les billets. Il arrive d'extrême justesse, mais en
panne, 15 arrêts entre
La Seyne
et
Marseille
. Son nouveau Toy n'a pas compris le branchement gasoil qu'il lui a infligé. Je le prends en remorque pour
embarquer et lui suggère de tout remettre comme avant, s'il se le rappelle.
Le
Carthage
est indisponible et remplacé par ce bon vieux
Habib
, toujours aussi sale.
Vendredi 12 octobre
.
⏯️
Traversée calme, conférence dans les salons du
Habib
digne de la plus prestigieuse société d’explorateurs du 19ᵉ siècle. Puthod se frappe le front en disant «
merde, j'ai oublié toutes mes cartes sur la table de la cuisine ! ». Dommage, mais pas pour moi, j'ai un PC
portable plein de vitamines – 4 347 cartes d'Afrique numérisées sous OziExplorer, avec surimpression de la
position du véhicule en temps réel, de son tracklog et du parcours prévu – et suis prêt à parer toutes
défaillances…
On décide de faire
la route ensablée de Sif Fatima à Debdeb
pour se soustraire à un éventuel convoi obligatoire sous protection de l'armée à
Gassi Touil
. Puthod nous épargne la queue pour la douane voiture sur le bateau.
Arrivée vers 14 h, les Tunisiens nous accueillent de plus en plus vite. À terre, on décide de faire les 550
km pour
Taleb Larbi
d'une traite. Colombo part devant, Christian D. aussi. À
Kairouan
, Puthod rate le carrefour. Je peste derrière avec mon nouveau GPS, car je l'ai vu faire. Je me décide à
l'arrêter pour me faire dire qu'il discutait profondément avec Catherine et qu'il n'a pas fait attention.
Errance de 80 km en campagne, puis en montagne la nuit. On réussit à perdre 1 h 30.
Poulet vite fait à
Gafsa
, la douane tunisienne de
Nefta
est impeccable. Puthod avait perdu son permis de circuler, il s'en est fait refaire un à la douane. La
douane algérienne est presque agréable. On sort vers 2 h du matin. Nuit à l'auberge de jeunesse et
complément assurance le lendemain matin. Change 1 000 FRF pour 10 500 Dinars, gasoil 11.75 Da/l soit 1,12
FRF/l. On se retrouve tous pour la suite.
⏯️
Samedi 13 octobre
.
Départ précoce. Puthod nous égare de nouveau dans
El Oued
. Colombo nous plante 2 h à
Hassi Messaoud
pour chercher une ampoule.
Dans les déchets autour de la station, je ramasse un plot aggloméré pour faire un repose-pied à Martine qui
se plaint de fourmis dans les jambes et un bout de carton usé pour faire un pare-soleil à mon GPS, puisque
Martine ne veut pas que je touche au carton à fromage.
On vise
Rhourde el Baguel
et le bivouac s'installe dans le sable, pneus gonflés : Pascal donne le signal des plantages et le Hilux
gagne haut la main : il est vraiment intouchable dans sa spécialité.
Dimanche 14 octobre
.
⏯️
La route au début est peu encombrée. Discussion détendue à
Sif Fatima
avec l'armée. Ils nous expliquent que tout est calme, car l'émir local est parti d'urgence en
Afghanistan
pour aider ses frères et rembourser ses "études".
Les difficultés augmentent, il faut quitter la route souvent et plonger dans des trous très mous. J'obtiens
un accessit spécial au concours des plantages avec mention surrégime.
En suivant Pascal, on croise une bande d'autochtones plantés : ils sont surexcités, très inquiétants et lui
piquent les plaques en vociférant. Pris au piège, on les aide et la moitié nous remercient quand même. 80 km
avant la sortie, on croise le bull qui remonte. La route est complètement dégagée par ce bel
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instrument. Sortie à
Debdeb
. 528 km depuis
Hassi Messaoud
et 62 l, soit une conso moyenne de 11.74/100. Le pompiste prétend que la
Libye
est grande ouverte sur
Debdeb
et que nous pourrions y passer sans problème.
La nuit nous prend à
In Aménas
. Le pompiste plaisante. Marylène, qui nous a annoncé avec fierté la venue prochaine d'un petit-fils ou
fille, s'est mise à tricoter. Elle veut surprendre sa fille avec une layette bleu marine et jaune guêpe.
Elle a perdu du matos dans le sable immonde de la station-service et envoie son Christian à la recherche de
cette ressource irremplaçable. Mais elle est débutante et ses copines lui font défaire tout ce qu'elle a
raté.
Puthod nous trouve un bivouac agréable en sable dur et mouillé dans
Bourarhet
.
Lundi 15 octobre
.
Dune du matin et photos. Il y a de belles choses à faire dès le goudron, le long de
Bourarhet
.
Illizi
s'offre au soleil du matin. Changement complet depuis la dernière visite de mai 1993. Constructions
modernes, boutiques achalandées, on trouve des melons, du raisin et des concombres.
Illizi
est passé Wilaya depuis et toutes les administrations s'y sont implantées.
Colombo nous fait le coup des "surbottes" à la station-service. Il est vrai que le sol de la station n'est
pas véritablement nickel. Alors pour ne pas salir ses chaussures, il s'enveloppe les pieds dans des sacs
plastiques bleu ciel fluo : on dirait 2 poubelles de dessin animé qui partent s'encanailler dans la boue
d'une décharge…
⏯️
⏯️
Départ en désordre pour le
Fadnoun
. Les 2 Land et le Hilux trouvent une guelta boueuse et peu ragoûtante. Pique-nique et baignade.
Le Motocrotte double et Puthod s'arrête un instant : il mange ses boîtes vraiment 3 fois plus vite que nous
et repart avant nous. Je pense qu'il évite de s'user les dents, probablement par souci d'économie.
Pascal nous promet du gasoil à
Bordj Helloues
, ce qui se confirme et nous facilitera le retour.
Belle lumière à
Tin Taradjeli
. Passage éclair à
Djanet
, mais le rendez-vous à la piste des gueltas est manqué : Colombo n'a pas attendu. On bivouaque légèrement à
l'écart. Puthod repart à la recherche du Motocrotte qu'il trouve à l'hôtel. Nouveau RV pour le lendemain.
Mardi 16 octobre
.
Départ pour l'autre bout du monde. Puthod craint les voyeurs, et, pour ne pas prendre le
Tafassasset
comme tout le monde, il longe l'
erg Admer
. Il a vu dans un songe des cabanes Algéco le long de l'
Adrar Mariaou
. Et il ne faut surtout pas qu'ILS nous voient.
Il a quand même raison, car nous allons traverser une grande partie du
Niger
par le
Ténéré
puis le
Termit
jusqu'à la frontière du
Tchad
de
Nokou
et bien sûr, sans les visas nécessaires…
En plein sable, il crève. Nous sommes à 110 km de Djanet. Démontage dans la bonne humeur. On découvre une
chambre complètement en miettes et un pneu cuit de l'intérieur qui nous fait des bourres de caoutchouc comme
un vieux pull mohair. Puthod s'écrie pathétique : « ah le salaud, il m'avait dit que ces nouvelles chambres
convenaient bien pour au moins 2 dimensions de plus ! ».
⏯️
Puthod a essayé de mettre son véhicule en TT sous le nom de Colombo, pour la détaxe. Il n'y est pas parvenu,
mais ça lui a pris tout son temps. Au moment de mettre en cohérence ses jantes, ses pneus et ses chambres,
il n'a trouvé qu'un clown pour lui vendre des chambres de 205/16 pour du 235 et il a marché ! Il a oublié
qu'au dégonflage, les chambres trop petites « flottent » dans le pneu et s'émiettent rapidement.
On décide un inventaire (nous sommes au début du voyage), on démonte 3 roues pour changer les chambres par
de vieilles 7.50.
Un décor stable s'installe pour plusieurs jours : Puthod bricole ses roues, Les 2 Colombo téléphonent,
Marylène tricote et Christian D. rouspète parce que Marylène ne veut plus qu'il lui parle pendant qu'elle
compte ses mailles.
Je décide de retourner à
Djanet
avec Puthod pour acheter des chambres convenables. On se met d'accord avec Colombo sur le point du bivouac
de l'an passé (le sien est faux), les 3 autres véhicules se gavent de gasoil avec les réserves de Puthod qui
me paie aussi mon gasoil à
Djanet
. Le pauvre, il est vraiment atteint !
Puthod n'a pas l'air dans son assiette. Je l'attends 30 min. À la station d'essence de
Djanet
, puis 1 h au bistrot, puis on se sépare : souk, boutique souvenir, restau. Catherine fait une razzia sur
les croix Touareg au souk. Je retrouve le couteau Touareg de mes rêves de 1999 à la boutique souvenir,
Martine trouve une croix mixte avec du bois. Puthod trouve à 16 h un pneu 7.50 sable Michelin et 2 chambres,
(chacun ses passions…) redépart.
La nuit nous prend devant l'
Adrar Mariaou
en zigzag dans de petites dunettes désagréables à cette heure-là. Puthod allume ses phares. Conciliabules
sur les phares, les Algécos et la nécessité de retrouver les autres. Mais tout a changé : les méchants des
Algécos qui nous surveillaient ce matin ont tourné la tête et fermé les volets ; ils se sont même bouché les
oreilles, donc on peut y aller tranquille. Puisque Colombo nous a prêté un de ses 2 téléphones, on va le
prévenir qu'on couche ici, à 100 km d'eux et qu'on se retrouve demain matin à l'heure habituelle.
Nuit paisible au pied d'une dune intime. Sarabande de gerboises en fête, aussi endiablées qu'un groupe
folklorique payé pour distraire les touristes.