Voyage au Tchad - octobre 1998 – (3 / 3)
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Dimanche 1er novembre 112 km
(16 48,499 N / 22 1,120 E) Wadi qui coule au sud.
(16 47,638 N / 21 53,932 E) Végétation, au sud de Baména . Aiguilles déchiquetées à 11 h.
contour de Baména vers Anoko l'éléphant, vers Anoko
l'éléphant, vers Anoko
vers Anoko
(16 46,481 N / 21 52,799 E) Passe. L'arche introuvable nous hante encore et au premier défaut de la muraille qui nous barre l'accès au sud, on s'engage sans hésitation.
(16 45,303 N / 21 53,868 E) Passe étroite, belle plaine après.
(16 42,364 N / 21 58,653 E) Sommet de dune. Vue superbe.
(16 40,119 N / 22 4,491 E) Arc de triomphe . Nous avions repris la marche à l'est en quête de l'Arche, et Puthod fonçait sans attendre. Moi, je traînais à l'arrière avec appareil photo et caméscope. Et c'est comme cela que nous sommes tombés sur cette superbe arche, aussitôt dénommée Arc de Triomphe. Les photos (à l'époque diapos…) une fois développées au retour en France ont donné bien des regrets à tous ceux qui sont passés devant sans la voir.
l'arc de triomphe, vers Anoko
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"L'arc de triomphe" d'Anoko
vers l'oued Toli
vers l'oued Toli
(16 40,937 N / 22 9,952 E) En pleine pampa. Mont Aléka au cap 43.
(16 42,654 N / 22 15,584 E) Plaine immense. Mont Aléka au cap 334.
(16 43,075 N / 22 18,290 E) Au sud du Wadi Sini . Mont Aléka au cap 295. Sous les parois à la verticalité assassine, beaucoup de végétation arbustes perchés sur des buttes de sable et buissons ébouriffés. Dans les hauteurs, des clochetons, des arches, des pitons en forme de chapeau de polichinelle. Un peu plus loin de fines aiguilles fuselées dont les hauteurs insoupçonnées échappent à la pesanteur.
Plus loin encore… J'arrête : Cela n'en finit pas, l'Ennedi est bien plus fou que notre imaginaire
Et pourtant, ce canyon l'était bien moins qu'Aloba. Un grand massif tabulaire, rehaussé de deux pitons jumeaux en pagode, dominant tout le sud de la région. Comme le suggère Gillet, l'un est rond, c'est la femelle, l'autre pointu, c'est le mâle. Les nomades les disent hantés par les démons. Souvent perdues dans une écharpe de nuées, ces cimes captent l'eau et alimentent deux sources en contrebas, où s'abreuvent les troupeaux.
(Daniel Popp - Ennedi, un Éden au Sahara, p.46)
(16 41,990 N / 22 18,834 E) Chaumières au pied d'une falaise. Pique-nique.
Arrivé à l'entrée de l'oued Sini, toujours pas d'arche en vue. Puthod commence à se lasser. Avant l'abandon, il propose que nous partions chacun en reconnaissance aux alentours. Je pars aussitôt vers le massif de l'Aloba, me doutant bien que l'arche ne serait pas au milieu du sable. Une fois au contact des falaises, je commence à les longer méthodiquement. Et la chance sourit aux audacieux. Après 15 km d'écart et quelques acrobaties, on la découvre enfin. Grande émotion solitaire et Martine et moi n'en revenons pas de cette chance.

Grande Arche d'Aloba
 
l'arche d'Aloba
l'arche d'Aloba
Première séance photos avant de retourner prévenir les autres.
Après avoir rejoint le groupe, l'annonce ne fait pas que des heureux : Puthod a les boules de se faire doubler par un jeune blanc-bec et commence à parler d'horaire de retour, mais tout le groupe attendait tellement cette découverte qu'il finit par suivre la trace jusqu'à cette fabuleuse Arche d'Aloba.
(16 44,547 N / 22 14,441 E) Grande Arche d'Aloba . Magnifique et géante.
(16 38,672 N / 22 14,024 E) Morne plaine. Pas très roulante.
(16 36,372 N / 22 14,832 E) Habitants, Wadi Djoua . Renseignements sur Ba-Chigueri .
(16 33,609 N / 22 17,430 E) Approche de la guelta. Pitons ventrus à gauche.
(16 32,577 N / 22 18,980 E) Belle arche ciselée entre deux molaires.
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À la recherche de l'Arche
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Découverte de la Grande Arche d'Aloba
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Grande Arche d'Aloba
Soudain, je la vois, me surprenant à penser : « C'est impossible ! » Une arche, je devrais dire l'arche, car il n'y en a pas deux comme celle-là au Sahara ou sur notre planète, inouïe, gigantesque et élégante, inimaginable, 80 mètres de haut peut-être !
Seuls les marcheurs, minuscules au pied de sa trouée éventrant littéralement la muraille d'Aloba, me donneront plus tard l'échelle de ce prodige de la nature : l'archétype de l'arche! Aussi impressionnante vue du haut du cirque dont elle est la porte que vue de la plaine ou, quand la nuit tombe, le grand hublot trouant son arc s'allume comme un œil de dragon. Plus tard, au camp. Philippe, ému, me confiera : « Tu sais, je crois qu'elle pourrait contenir Notre-Dame ! »
(Daniel Popp - Ennedi, un Éden au Sahara, p.47)
l'arche d'Aloba l'arche d'Aloba Guelta de Ba-Chigueri l'arche de Djoula

Guelta de Ba-Chigueri
 
bivouac au fond de la guelta de Ba-Chigueri l'arche de Djoula le fond de la guelta de Ba-Chigueri
(16 31,964 N / 22 19,330 E) Entrée de la guelta.
(16 31,005 N / 22 20,393 E) Approche de la guelta.
(16 30,669 N / 22 20,693 E) Fond de la Guelta de Ba-Chigueri . Bivouac nº 15.
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L'arche de Djoula, fine et élégante
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Entrée dans la guelta de Ba-Chigueri
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Le grand bain de Ba-Chigueri
Les voitures s'entassent au fond de la guelta, sur la dernière plage avant le lac. Un filet d'eau s'en échappe en méandres pour aller se perdre dans le sable. Le bain est tentant et après quelques éclaboussures, il devient réparateur.
Bonne ambiance au retour, le bain nous a détendus et la soirée dans ce lieu sera sublime. Il y a quand même pas mal de cynocéphales qui circulent et Catherine préfère installer sa tente sur la benne du Def'.

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Bivouac au fond de Ba-Chigueri
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Les cynocéphales du matin, à Ba-Chigueri
Lundi 2 novembre 136 km
Le lendemain matin au réveil, une bande d'une bonne vingtaine de ces singes débarquent en hurlant du fond de la guelta et se trouvent coincés par notre campement. Après des instants de stupeur partagés entre eux et nous, ils choisissent de passer par les hauteurs sans nous affronter, ce dont nous les remercions et nous offrent une démo des acrobaties dont ils sont capables.
On est trois à tenter une exploration plus profonde. Il semble qu'après 15 m de nage entre les roseaux, un escarpement peut s'escalader pour rejoindre
exploration au fond de Ba-Chigueri
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Exploration du fin fond de Ba-Chigueri
exploration au fond de Ba-Chigueri
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La sortie de Ba-Chigueri
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Les dromadaires de Ba-Chigueri
Une terrasse et aller voir plus loin. Je range le matos photo dans un sac-poubelle qui ne me quitte plus depuis l'Australie (visite des Twin Falls). Je le ferme avec assez d'air pour qu'il flotte et le pousse à la nage avec mon nez.

J'escalade le promontoire aperçu du bord et me retrouve sur un balcon de première classe qui nous permet d'admirer l'ampleur de cette magnifique guelta. Le lac se faufile entre les falaises de plus de 100 m, barré par endroit de roseaux serrés. Noëlle et Pascal ont suivi.
On quitte cet endroit magique avec regrets. D'un apogée à l’autre, nous voici à Bachikélé. Cher Burthe, il faut à nouveau vous rendre hommage, car c'est la description que vous en avez faite qui avait en partie fortement motivé notre voyage, mais que diable aviez-vous en tête ce jour-là pour voir autant de phallus dans le paysage ?
Le site, unique au Sahara, est magique. Au pied de barres rocheuses rouge orange superbement découpées, l'oued bordé de palmiers s'enfonce dans une vallée de plus en plus étroite. Plusieurs filets d'eau au débit régulier courent sur le lit blanc, au milieu de buttes de sable recouvertes de pelouse vert tendre.
Les aboiements étranges des singes cynocéphales que l'on voit courir sur d'étroites vires, plus haut sur le rocher, se répondent en écho. Des troupeaux de chèvres font voler la poussière, s'abreuvent aux mares alimentées par le ruisseau.
Plus loin, trois femmes nous croisent dignement sur leurs ânes surchargés de guerbas qui ballottent. Au fond de l'oued qui se resserre, l'eau coule de plus en plus abondante. Ce ruisseau alimenté par une source pérenne à fort débit recrée les conditions de l'époque où les oueds coulaient en permanence grâce aux pluies régulières.
Sur les rives, une véritable forêt galerie de type soudanien ! Entre Adina et Ficus surgissent de somptueuses Rauvolfia, espèce soudano-guinéenne tout droit surgie de l'ère tropicale humide. Leurs racines énormes, presque monstrueuses, s'agrippent accrochées comme des serres aux murs de la gorge.
Dénudées par les crues, elles forment d'étonnantes sculptures végétales, des bonsaïs indomptés.
Étrange paradoxe, l’eau qui donne la vie à ces arbres miraculés, un jour les emportera. La marque du niveau de l'eau sur la paroi à plus de 3 mètres du sol, les énormes troncs d'arbres morts fracassés, leurs branches enchevêtrées, prouvent des crues dantesques.
Au bout du défilé, elle paraît nous attendre : une merveilleuse guelta remplissant l'arrière de la gorge dont le fond est recouvert de roseaux des phragmites au plumet blanc ondulant sous le vent.
À cet instant, sa surface irisée sous la lumière si douce, semble inspirer à l'oued tout entier une indicible prière.
(Daniel Popp - Ennedi, un Éden au Sahara, p.50)
Voir aussi la description de ce lieu (qu'il nomme Béskéré) du Lt Colonel de Burthe d'Annelet
au nord du puits Sonia
dans la plaine de l'oued Sini
(16 34,992 N / 22 14,433 E) Petchi trialisant. Gueule de grande plaine.
(16 35,725 N / 22 12,752 E) Belle montagne à 1 kil au sud.
(16 37,616 N / 22 7,630 E) Dernier bitard d'une chaîne à 1 kil sud.
(16 36,632 N / 22 2,614 E) Petite arche ovale dans un triangle, mignonne. Piquenique pas loin.
(16 40,193 N / 21 51,873 E) Grande pampa, touffes secouantes sur une barrière partant au nord.
(16 41,411 N / 21 47,699 E) On croise une piste nord-sud. Torkou au nord.
(16 42,567 N / 21 42,386 E) Collection de Boudas à 500 m au sud. 2 000 km de Tazerbo , dernier ravito gasoil, à Ba-Chigueri .
(16 42,801 N / 21 41,086 E) On repique dans le Terkeï . Passe, un seul champignon SO. L'heure du retour a sonné et on entame une remontée qui s'annonce longue et fastidieuse : nous sommes à 3 500 km de Villard à vol d'oiseau et ne sommes que des insectes rampants. Mais quelle récolte de souvenirs !
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Curieuse grotte sur le chemin de retour
(16 43,250 N / 21 40,162 E) Gros bitard carré en vue au 340.
(16 45,722 N / 21 35,133 E) Caillasse à la con.
(16 45,811 N / 21 25,739 E) Plaine, Mont Saint Michel ( Déli ), gazelles à droite.
(16 44,692 N / 21 19,969 E) Arête de rochers vachement chiants Souleymani .
(16 46,625 N / 21 16,494 E) Un peu meilleur.
(16 46,928 N / 21 16,130 E) Piste de Fada à Oum Chalouba . Traces fraîches.
(16 46,075 N / 21 8,844 E) Plaine du vieux aux médicaments. Bivouac nº 16. Wadi Soala.
À peine le bivouac installé, un vieux chibani débarque et nous supplie de lui donner le médicament miracle qui seul peut sauver sa femme mourante. Quel déchirement de frôler une telle catastrophe sans aucun moyen d'aider. Sans diagnostic, ce dont nous sommes bien incapables, impossible de choisir. On sort de l'aspirine de nos pharmacies occidentales avec ce terrible sentiment d'impuissance face à ce dénuement. Peut-être a-t-on un peu soulagé cet homme en lui permettant de croire quelques instants qu'il allait enfin sauver sa compagne…

Mardi 3 novembre 271 km
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Les grandes caravanes en direction de Yogoum
au nord du puits Sonia
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Migration africaine vers l'Europe, via le Tchad et la Libye
(16 48,029 N / 21 6,520 E) Piste.
(16 48,003 N / 20 59,521 E) On croise une piste nord-sud. Nombreux bidons.
(16 49,978 N / 20 48,654 E) Piste de Fada - Faya . Nombreux bidons.
(16 51,898 N / 20 31,454 E) Ondulation avec touffes. Nombreux bidons.
(16 54,576 N / 20 14,183 E) Grands plats roulants. 70 Km/h. Grandes caravanes.
(17 2,787 N / 19 42,055 E) Mous.
(17 25,586 N / 19 31,438 E) Puits de Yogoum .
(17 38,964 N / 19 21,971 E) Piste de Faya .
(17 51,933 N / 19 15,514 E) Piste de Faya .
(17 57,102 N / 19 13,593 E) Rochers et barkhanes. Bivouac nº 17.


Faya
 
Puis, ce sont quelques dunes, d'autres dépressions sableuses où des roches plus hautes, aux sommets tabulaires, émergent. La dernière de ces roches démasque une vaste étendue d'un vert sombre : Faya, la palmeraie, le poste blanc sous le soleil, le village gorâne, le village des goumiers, le village des passagers, formés de cases identiques à celles que j'ai remarquées à Oum Chalouba; le village des Bornouans; une large place, une mosquée neuve en briques séchées; quelques pâtés de modestes maisons à terrasses, habitées par les Fezzanais; le tout peu important.
(Bruneau de Laborie - Du Cameroun au Caire par le désert de Libye - 1923 - p.265)
Mercredi 4 novembre 12 km
(17 56,091 N / 19 6,712 E) Faya . Ministère de la Sécurité publique.
On doit ravitailler à Faya obligatoirement. On pénètre dans la ville de mauvaise grâce, pensant à la sinécure des formalités. L'accueil à la préfecture est relativement sympa et après quelques hésitations, on se sent un peu en sécurité.

Les fonctionnaires nous indiquent un hôtel, l'Emi Koussi, pas loin, et nous y allons pour commander le repas de midi. On nous propose du poulet / riz que l'on accepte sans difficultés et surtout sans savoir qu'il va falloir que le cuisinier aille au marché négocier la volaille avant de la cuisiner et ce n'est que vers 16 h que les bestioles arrivent dans nos assiettes et qu'il va nous en coûter une bonne heure de mastication pour entamer un peu la musculature de ces gallinacés d'exception.

Puis, nous devons aller au marché pour faire du gasoil : pas de pompe dans ce coin, tout se livre et se négocie en fût de 200 l. Nous sommes instantanément envahis et serrés par toute la population qui commence à toucher les bagnoles et tout ce qui pourrait en dépasser avec l'espoir d'en emmener quelques souvenirs… La tension monte.

Un olibrius me propose d'acheter tout ce que je veux à bon prix. Je lui demande s'il a des couteaux Toubous et il m'emmène chez un forgeron local qui en fabrique. Le deal se fait lentement avec l'olibrius comme interprète et au moment de payer, je n'ai pas assez de monnaie locale pour le satisfaire. L'olibrius se propose comme cambiste et les trois partenaires semblent satisfaits.

Mais à peine revenus vers le Def', je suis interpellé par des gars de la part du forgeron disant qu'il n'a pas reçu l'argent. J'explique mon point de vue, mais sans vraiment les convaincre. J'ai très envie de fuir vers la préfecture pour trouver des intermédiaires un peu plus sérieux.

Je démarre et suis pris en chasse aussitôt par une bande de voraces qui montent sur le plateau du Def'. Je commence alors une série d'embardées de plus en plus vigoureuses pour décrocher ces mecs qui me font peur, et parviens à les éjecter. J'arrive à la préfecture avant eux et ai le temps de m'expliquer.

déco de l'hôtel Emi Koussi à Faya déco de l'hôtel Emi Koussi à Faya déco de l'hôtel Emi Koussi à Faya
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Ravitaillement sur le marché de Faya
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Les poulets de l'Emi Koussi
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Camping dans la cour de l'Emi Koussi
Je suis prêt à rendre le couteau sans récupérer de fric, mais le flic va patiemment expliquer aux agents du forgeron que c'est lui qui s'est fait "bananer" par l'olibrius - désormais introuvable - car moi, j'ai donné les euros contre le couteau, donc je peux le garder. Les palabres sont interminables, mais le flic ne changera pas d'avis et je pourrai garder le couteau. Du coup, ce souvenir restera bien mitigé…

De retour à l'hôtel, on décide d'y passer la nuit et après la visite des chambres, on décide à l'unanimité de dormir dans la cour de l'hôtel, dans nos tentes ou nos bagnoles…
Bivouac nº 18 à l'hôtel Emi Koussi !

Jeudi 5 novembre 213 km
La police exige que nous prenions un guide pour rejoindre notre but, Ounianga Kébir . Puthod est hors de lui, d'autant plus que le guide va s'installer dans sa bagnole pour le voyage. Évidemment, le guide n'était pas prêt à ce voyage et nous allons l'attendre des plombes avant d'avoir l'autorisation de partir, ce qui ne fait qu'augmenter la fureur de Puthod.
(17 54,740 N / 19 6,323 E) Piste au sud de l'aéroport.
(17 57,171 N / 19 9,345 E) Barrière de police.
(17 56,627 N / 19 12,662 E) Piste.
(17 53,793 N / 19 14,730 E) Bifurcation.
(17 49,753 N / 19 22,816 E) Enfin vers le nord, pneus peints en jaune.
(17 48,226 N / 19 39,289 E) WPT236.
(17 50,299 N / 19 46,486 E) Cailloux.
(18 1,575 N / 20 6,573 E) Versant sud d'un caillou.
(18 13,082 N / 20 18,419 E) WPT239.
(18 24,383 N / 20 26,244 E) Convoi de camions libyens. C'est un chargement de migrants, traversant le Sahara en direction de l'Europe, empilés sur des chargements hétéroclites et spectaculaires.
(18 25,046 N / 20 22,587 E) Palmiers et ruisseau. Village éparpillé.
(18 32,142 N / 20 11,441 E) Bidonville en plein désert.
Là, on va comprendre le motif des flics qui nous ont imposé un guide : nous devons traverser l'ancienne base militaire libyenne au Tchad de Wadi Doum lors de la guerre Libye-Tchad de 1986.

Tout a été bombardé par l'aviation Française et la base était retranchée derrière des champs de mines en tous sens. Impensable de se dépatouiller seuls dans cette zone de guerre sans un guide local et merci aux flics de Faya d'avoir refusé de discuter avec Puthod. On va installer le bivouac dans un coin de ce capharnaüm, mais pas vraiment sereins.

(18 35,749 N / 20 12,245 E) Wadi Doum , Champs de mines de Wadi Doum . Bivouac nº 19.

Vendredi 6 novembre 336 km
(18 44,827 N / 20 15,106 E) Montagne 300 m à l'est.
(18 54,473 N / 20 24,682 E) .
(19 1,905 N / 20 28,191 E) Approche d' Ounianga Kébir .
Là, Puthod qui ne supporte plus le guide, décide de l'éjecter avant d'entrer à Ounianga . Il ne veut pas que le guide raconte ce qui s'est passé, pouvant entraîner d'autres hostilités administratives et il calcule que le gars à pied mettra deux ou trois heures à pied pour faire les 10 km qui le séparent d' Ounianga , délai qu'il n'entend pas dépasser à Ounianga .

Bien vu, pense-t-il, oubliant que ces gens se rappelleront de lui et l'attendront avec patience lors de son prochain passage. Ce qui ne manquera pas d'arriver. Il sera pris avec un groupe peu de temps après, démasqué avec ses passeports truqués, emmené de force à Fada , puis de Fada à N'Djaména , mis en tôle un moment, son groupe sera disloqué, certains rentrant en avion + container, d'autres sur Douala et bateau et lui, une fois relâché, par l' Algérie puisque sa technique de bricolage de passeports sera éventée.

Un médecin lyonnais du groupe portera plainte contre lui et il se fera supprimer sa licence de voyagiste par la justice Française… et paiera les indemnités qui vont avec.

(19 03,350 N / 20 29,540 E) Ounianga Kebir . 341 km depuis Faya .
(19 3,043 N / 20 31,886 E) Contrôle au départ piste vers Koufra . Peut-être minée, d'après un libyen du convoi.
(19 3,876 N / 20 40,006 E) WPT250.
(19 7,017 N / 20 46,317 E) Wadi Zéringa .
(19 11,472 N / 20 52,347 E) Vaste plaine à fond la caisse.
(19 21,966 N / 20 58,356 E) Grande plaine. plusieurs piles d'obus gros calibre : sans doute les 152 mm soviétiques. Le Papé se fait un plaisir de rafler quelques obus qui traînent là par centaines et s'improvise artificier : il démonte les bestioles, en répand la poudre pour tenter une belle explosion. Il est bien le seul à être rassuré et y met le feu quand même la nuit venue. Heureusement, la poudre semble avoir perdu ses qualités d'antan et le spectacle sera semi-poussif… Du matos militaire traîne partout et Puthod se trouve un casque guerrier pour rétablir son autorité.

(19 31,783 N / 21 6,460 E) Dune. Pique-nique.
(19 39,010 N / 21 5,009 E) WPT255.
(19 42,232 N / 21 4,217 E) Hors traces. La piste continue vers le NO.
(19 47,830 N / 21 3,567 E) Immense sérir à 80 km/h.
(19 59,297 N / 21 8,083 E) Toujours le même sérir à fond la caisse.
(20 9,471 N / 21 10,219 E) Fin du sérir. Quelques cailloux.
(20 12,620 N / 21 5,614 E) Passe très large entre deux faux tas de cailloux.
(20 19,331 N / 21 0,283 E) En fuite au NO. Cailloux au nord et à l'est.
(20 20,261 N / 20 57,500 E) Traces fraîches NE.
(20 22,180 N / 20 58,248 E) Petit col.
(20 25,870 N / 20 59,539 E) Zone moins dense en cailloux.
(20 29,392 N / 21 0,083 E) Encore moins de cailloux.
(20 31,981 N / 21 1,459 E) Belle plaine à 50 km/h. Plus beaucoup de cailloux.
(20 36,291 N / 21 4,536 E) Belle plaine de sable à 60 km/h.
(20 46,298 N / 21 11,124 E) Belle plaine de sable à 60 km/h.
(20 51,526 N / 21 16,186 E) Sérir. 80 km/h.
Nous sachant proches de la frontière libyenne, il est temps d'enlever la page tchadienne de nos passeports. Aussitôt dit, aussitôt fait. On reprend notre allure sur ces grands sérirs sablonneux et à peine 20 km plus loin, un Toy gris-vert nous fonce dessus.

Halte police ! Les Libyens nous contrôlent. Un par un, nous récitons par la fenêtre le petit couplet appris juste avant : non, nous ne sommes pas allés au Tchad , nous avons juste frôlé la frontière et jamais nous n'aurions voulu quitter la Libye ! Quand vient mon tour, je récite cela de ma voix calme et imperturbable. Le douanier m'écoute sans broncher, scrutant l'intérieur du Def'. Il y trouve dans le petit logement devant la passagère une magnifique noix de palmier doum et d'une voix aussi calme et imperturbable que la mienne me demande ce que c'est. Je réponds un peu vite que c'est une noix de palmier doum, évidemment.

Il me dit alors : « Mais ça ne pousse pas en Libye cela ! »
Je déglutis difficilement et lui réponds que c'est un cadeau porte-bonheur d'un ami qui voyage beaucoup. Il me rend alors mes passeports avec un large sourire et me souhaite bienvenue en Libye … comme s'il n'avait pas capté que je n'en étais pas sorti !
(20 56,129 N / 21 17,500 E) Frontière, Algéco au bord des dunes.
(20 59,001 N / 21 20,913 E) Épave d'avion Voir la discussion avec ChatGPT à ce sujet . Bivouac nº 20.

Maaten al-Sarra
 
Samedi 7 novembre 270 km
(21 10,756 N / 21 29,757 E) Grands plats. 80 km/h. Quelques dunes à gauche.
(21 21,371 N / 21 37,549 E) Quelques cailloux. Plus près des dunes.
(21 26,611 N / 21 39,296 E) Saut d'un cordon.
(21 32,433 N / 21 39,752 E) Saut d'un autre cordon.
(21 40,014 N / 21 45,988 E) Saut d'un autre cordon.
(21 41,169 N / 21 47,996 E) Bidons louches. Mines ?
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Repérage à l'approche de la Base aérienne de Maaten al-Sarra
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Panne dans le champ de mines de Puit Sarra
On s'approche de la base aérienne libyenne de Puits Sara , autre vestige de la guerre de 1986 et on choisit de l'éviter par l'ouest. On tombe alors sur des séries de fûts vides semblant barrer le passage.

Puthod a l'intuition d'un champ de mines protégeant la base et décide alors de rentrer directement dans la base. Ne sachant pas si la base est occupée, on se faufile en rampant sur la crête d'une dune pour observer avant de se jeter dans la gueule du loup.

On franchit alors plusieurs murets de sable au mépris de toutes autres protections par des mines et on se retrouve sur la base elle-même sur laquelle il reste le minimum de surveillance, avec un atelier de réparation et des milliers de débris en tous genres.

C'est un vestige de la célèbre « **guerre des Toyotas** », les Tchadiens, sous-équipés militairement, ayant inventé la mitrailleuse lourde montée sur un plateau de pick-up Toy, beaucoup plus efficace qu'un tank dans cet environnement. Voir la situation actuelle…

On nous prévient alors que tous les abords sont minés et que le seul accès se fait par un corridor vers le nord délimité par des barbelés à ne franchir en aucun cas. Le passage, très sablonneux, est bien entendu complètement ravagé par les passages, et c'est là que Puthod vient planter son Toy surchargé.

On découvre alors qu'une des jumelles qui tiennent ses lames de ressort a lâché : le châssis n'est pas loin de tomber dans le sable. Galère abominable, les deux Def' de Pascal et moi s'y collent pour le sortir de là et il retournera sur l'atelier de la base pour négocier une réparation de fortune.

Pendant ce temps, à l'extrémité de ce passage, on découvre un camion de migrants (ceux qui traversent le Sahara, empilés sur des chargements improbables) immobilisé depuis trois jours par une panne, sans vivres, ni eau !

On remarque alors immédiatement l'hostilité de ces gens qui nous voient avec tout ce confort pour eux indécent et nous sommes obligés de prendre la fuite avant de se faire totalement détrousser. Ils tiennent en otage un camion-citerne de gasoil destiné à ravitailler les passants et n'attendaient que notre arrivée pour le ravitaillement - mais le leur, pas le nôtre !

(21 41,827 N / 21 48,794 E) Au nord d'une base énorme, cap 125 à environ 3 à 5 km.
(21 41,058 N / 21 49,972 E) Piste d'envol.
(21 40,958 N / 21 50,732 E) Puits Sarra . Végétation 300 m à droite.
(21 46,614 N / 21 53,226 E) « Départ de la piste « sable » pour Koufra .
(21 56,697 N / 22 0,744 E) Dos de baleine hyper mous.
(22 3,162 N / 22 5,664 E) Police volante.
(22 10,970 N / 22 12,365 E) Quelques cailloux, beaucoup de mous.
(22 20,550 N / 22 18,363 E) Djebel Tarrhoni à droite 10 km.
(22 26,929 N / 22 21,149 E) Graviers roulants. 60 km/h.
(22 35,251 N / 22 23,793 E) Garet el Ramla , piste poussiéreuse.
(22 41,240 N / 22 25,816 E) Sable mou. 80 km/h.
(22 59,106 N / 22 38,883 E) Puits Bichara , cabane à 4 km.
(22 59,645 N / 22 41,098 E) Djebel Bichara . Bivouac nº 21.

Dimanche 8 novembre 343 km
(23 7,195 N / 22 46,124 E) Piste entre deux bitards.
(23 26,613 N / 22 59,168 E) Traversée du Djebel el Boueb avec police incrustée.
(23 37,793 N / 23 2,250 E) Sable roulant.
(23 49,910 N / 23 5,810 E) Mous troisième à 1,1 bars. 60 km/h.
(23 56,363 N / 23 8,107 E) Mous roulants.
(24 3,359 N / 23 11,073 E) Goudron. 1 084 km de Faya.
(24 13,400 N / 23 15,400 E) Koufra . Contrôle. Station-service.
On laisse Puthod ici, car il enchaîne un autre voyage vers le Niger et le grand ouest. Il attend ses nouveaux clients ici. Raymond a signé aussi pour ça.

Ils en profiteront pour se fâcher à mort, car Raymond sera assis à côté d'un nouveau client de Puthod, genre Rambo primaire, qui finira par le menacer avec son grand couteau …

On héberge Catherine, sa passagère, jusqu'en Haute-Savoie.
(24 20,110 N / 23 12,549 E) Contrôle.
(25 8,892 N / 22 56,712 E) Accalmie dans le goudron.
(25 35,204 N / 22 14,339 E) Petite oasis. Bivouac nº 22.

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La fête du retour en Libye
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Camion libyen en panne de batterie
Lundi 9 novembre 746 km
(25 38,267 N / 22 11,255 E) Goudron tout neuf.
(25 40,138 N / 22 10,760 E) Contrôle. Station-service.
(26 17,489 N / 21 55,767 E) Carrefour Tazerbo .
(28 48,227 N / 21 35,141 E) Sérir.
(29 02,683 N / 21 31,422 E) Jalu . Station-service.
(30 43,150 N / 20 11,950 E) Ajdabiya . Station-service.
(30 17,140 N / 19 24,507 E) Restau bien sympa, bonne viande. Station-service.
(30 14,590 N / 19 02,593 E) Bifurcation plage.
(30 15,949 N / 19 02,347 E) Plage des barbelés. Bivouac nº 23.


Mardi 10 novembre 873 km
(30 48,415 N / 18 4,064 E) Proche d'un gros bled.
(30 59,741 N / 17 31,137 E) Départ plage. Juste après une baraque.
(31 19,989 N / 15 53,028 E) Plage bof. Pique-nique.
(31 23,719 N / 15 44,046 E) Mer.
(31 27,273 N / 15 15,200 E) Abugrin . Station-service.
(32 22,000 N / 15 04,400 E) Misrata . 94 km de Khoms .
(32 38,581 N / 14 15,005 E) Khoms . Bifurcation pour le bled.
(32 52,079 N / 13 8,043 E) Tripoli . Carrefour ouest.
(32 50,585 N / 13 3,254 E) 4 voies ouest.
(32 45,372 N / 12 34,093 E) Surnam .
(32 47,650 N / 12 28,850 E) Sabrata . Auberge de jeunesse sur la gauche.
(32 55,838 N / 12 04,857 E) Zouara . Station-service.
(33 08,864 N / 11 33,466 E) Ras Jedir . Douane tunisienne.
(33 08,275 N / 11 13,310 E) Ben Guerdane . Carrefour.
Zarzis , Hôtel Giktis.

Mercredi 11 novembre 214 km
(33 53,021 N / 10 05,206 E) Gabès . Carrefour nord.
(34 30,200 N / 10 31,300 E) Mahrès , Hôtel Tamaris.
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Jeudi 12 novembre 257 km
(36 48,557 N / 10 18,352 E) Tunis . Port de la Goulette.

Vendredi 13 novembre
(44 24,698 N / 8 54,634 E) Gênes , entrée du port.

Samedi 14 novembre 279 km
(46 13,125 N / 6 26,208 E) Villard . 7 904 km.


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