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Voyage : Sentiers et rivières du Nord Laos et des montagnes du Nord-Ouest à la baie d'Along au Vietnam,
avec l'agence Tamera
Samedi 3 novembre 2012
Départ de
Genève vers
Paris Roissy CDG sur Air France à 07
h 30 et arrivée à
Paris à 08 h 40.
Puis vol en correspondance à 13 h 30 de
Paris vers
Bangkok toujours sur Air France.
Dimanche 4 novembre
Arrivée à l'aéroport de
Bangkok à 06 h 15, puis correspondance à 08 h 15 de vers
Chiang Rai
Le vol AF a pris du retard au départ et je vois fondre le délai de transfert à
Bangkok. Je
me prépare à une course effrénée, j'obtiens un peu d'attention d'une hôtesse qui me fait sauter la queue épouvantable pour
l'immigration et cours au quatrième étage de l'aéroport des lignes intérieures.
Je suis accueilli par un hourra de Manuela qui comptait les participants. Grosse chaleur ! J'ai appris plus tard que
j'avais raté – trop pressé – les pancartes mises en zone transit par Tamera, qui m'auraient ôté bien des soucis.
Arrivée à
Chiang Rai à 09 h 35.
Accueil à l'aéroport de
Chiang Rai par notre guide — en souliers vernis, excellents pour la
marche en montagne comme prévu — qui baragouine à peine le français et bègue de surcroit… L'agence locale est en vacances,
et nous a trouvé un remplaçant parmi son personnel administratif. Il fera la première partie du parcours, puis sera
remplacé par un vrai guide devenu disponible.
Un minibus nous attend et nous embarque illico pour 80 km afin de rejoindre la frontière nord de la
Thaïlande, sur la rive sud du
Mékong.
Transfert vers la bourgade de
Chiang Khong, au bord du
Mékong, côté
Thaïlande.
La traversée du Mékong n'est qu'une simple formalité, et les autorités laotiennes nous accueillent sans nous embêter.
Arrivée à
Ban Houay Xai, côté
Laos. On étrenne notre
condition de marcheurs dans les rues de la ville. Des porteurs se sont littéralement jetés sur nos bagages et se sont
sauvés à l'hôtel pour bien montrer que ce voyage se fera les mains dans les poches. Transfert vers un petit hôtel "de
campagne" (en ville) pour une nuit.
À peine installé en hôtel, on repart pour une visite du
Wat Chom Khao Manilat, temple en
teck de style Shan qui domine
Ban Houay Xai et le
Mékong.
Les gongs et les cloches sont des instruments essentiels dans les temples bouddhistes du Laos : ils sont utilisés pour
marquer le temps, appeler les moines et les fidèles à la prière ou à la méditation, et rythmer les cérémonies
religieuses.
Le son du gong et de la cloche est considéré comme ayant le pouvoir de chasser les mauvais esprits et d'attirer la bonne
fortune. Il symbolise également le Dhamma (l'enseignement de Bouddha) qui résonne dans le monde.
Celui-ci est un grand gong de bronze, suspendu dans un cadre en bois décoré. Le cadre de celui-ci est orné de motifs
traditionnels. On peut également lire une inscription sur le cadre, en écriture laotienne. Elle mentionne probablement les
noms des donateurs du gong ou de la cloche, ainsi que la date de la donation. Ces inscriptions témoignent de la générosité
des fidèles et de l'importance de leur contribution à la vie du temple.
Ces éléments décoratifs sur la toiture du temple sont appelés chofa (ou dok so fa en laotien). Ce sont des éléments
architecturaux emblématiques des temples bouddhistes en Asie du Sud-Est, notamment au Laos et en Thaïlande.
Leur signification est à la fois symbolique et religieuse : Le chofa est censé protéger le temple des mauvais esprits et
de la malchance. Sa forme élancée et pointue est vue comme une flèche qui perce les forces du mal. Sa forme évoque souvent
celle d'un animal mythologique, comme le garuda (un oiseau divin) ou le naga (un serpent mythique), qui sont des figures
importantes dans le bouddhisme et l'hindouisme. Ces figures sont considérées comme des gardiens sacrés.
L'élévation de ces flèches vers le ciel symbolise la connexion du temple avec le monde spirituel et le chemin vers
l'éveil. Ces ornements sont généralement dorés ou recouverts de feuilles d'or pour accentuer leur caractère sacré et
précieux.
Le Wat Chom Khao Manilat est un point de repère important à
Ban Houay Xai, la capitale de la province de Bokeo, située
à la frontière avec la Thaïlande (Chiang Khong) et le long du
fleuve Mékong.
Huay Xai est une ville de transit clé, notamment pour les voyageurs qui font le "slow
boat" vers Luang Prabang ou qui se rendent au
Gibbon.
Le temple est perché sur une colline, ce qui lui confère une vue panoramique spectaculaire sur la ville de
Ban Houay Xai, le puissant fleuve Mékong et même la
Thaïlande de l'autre côté. C'est un endroit prisé pour admirer le coucher du soleil.
On y accède par un escalier imposant flanqué de Nagas (serpents mythiques, protecteurs du
Bouddha et des lieux sacrés dans la culture bouddhiste).
Le temple lui-même présente une architecture bouddhiste laotienne traditionnelle, avec des toits ornés et des décorations
détaillées.
À l'intérieur de la salle de congrégation (sim ou viharn), on trouve une grande statue de Bouddha, décorée de joyaux.
Les murs sont ornés de fresques murales complexes représentant des scènes de la vie du Bouddha et de ses enseignements.
Un vaste parvis avec des stupas et des chedis (structures reliquaires) entoure le bâtiment principal.
Certaines sources indiquent que le Wat Chom Khao Manilat a été construit autour de 1880.
Il est un exemple typique de l'architecture religieuse laotienne de cette période et a traversé l'histoire locale, servant
de centre spirituel pour la communauté.
C'est un lieu de culte actif pour les moines et les habitants bouddhistes.
Il offre un espace de sérénité et de méditation pour les visiteurs.
Malgré le fait que Ban Houay Xai soit souvent considérée comme une ville de "transit", le
Wat Chom Khao Manilat est l'une des principales attractions culturelles à visiter sur
place, offrant un aperçu de la spiritualité et de l'art laotien.
Comme pour tout temple en Asie du Sud-Est, il est recommandé de s'habiller respectueusement (épaules et genoux couverts)
et de retirer ses chaussures avant d'entrer dans les bâtiments sacrés.
Premières extases devant ce style asiatique et ces temples bouddhistes omniprésents. Superbe montée des marches en
douceur. Très belle ambiance, tout en calme et beauté.
Après quelques dévotions dans le temple, on se fait alpaguer par une fille, jeune, en rupture : elle s'agglutine aux
moines et raconte des sornettes sur sa vie cachée au Laos, manifestement boostée par la fumette et l'opium ambiant :
facile à éviter.
Descente aussi douce de l'autre côté, quelques zigzag puis retour au fleuve pour rentrer à l'hôtel.
Splendide repas le soir en terrasse sur pilotis au bord du
Mékong. Découverte de la
somptueuse cuisine laotienne. Température idéale.
Découverte ensuite de ces fioles d'alcool, dans lequel ont été conservés des serpents, des scorpions, et d'autres animaux.
Cette pratique est courante dans plusieurs pays d'Asie, dont le Laos, et elle est liée à des croyances de médecine
traditionnelle.
La mise en bouteille de ces animaux dans de l'alcool, souvent de l'alcool de riz, est faite dans un but principalement
médicinal et culturel. Selon les croyances traditionnelles, l'alcool permet d'infuser les propriétés curatives des
animaux. On prête à cet "alcool de serpent" ou "alcool de scorpion" des vertus pour soigner des douleurs, notamment
articulaires et dorsales, et pour renforcer le système immunitaire. Le venin, une fois dénaturé par l'alcool, est
considéré comme ayant des effets thérapeutiques.
On pense aussi que la force et la vitalité du serpent ou du scorpion sont transférées à l'alcool, et qu'en le buvant, on
peut bénéficier de ces attributs. Il est souvent perçu comme un aphrodisiaque.
Ces boissons sont souvent des remèdes populaires et ne sont généralement pas validées par la médecine moderne. Il faut
noter que la vente et la consommation de ces produits peuvent être soumises à des restrictions légales dans de nombreux
pays.
Nuit à l'hôtel à
Ban Houay Xai.
Lundi 5 novembre : Remontée de la
Rivière Nam Tha.
Après un petit déjeuner bien agréable sur la terrasse de l'hôtel, nos bagages s'envolent tout seuls, tandis que dans le bistrot d'en face,
des Laotiens mangent goulûment leur soupe aux herbes matinale.
Puis on fait connaissance avec nos piroguiers qui vont nous faire remonter la
Rivière Nam Tha sur 60 km en un jour et demi. Puis un minibus nous récupérera.
Les préparatifs sont méticuleux, ce qui jette un léger trouble sur notre future destination : on se demande quand même à
quelle sauce nous allons être mangés.
Ça commence par la descente d'une petite partie du
Mékong de
Ban Houay Xai vers
Pak Tha, à l'embouchure de la
Rivière Nam Tha. Forte circulation fluviale, on sent que le fleuve « circule » mieux que
l'autoroute (absente).
Bref arrêt pour une demande d'autorisation, la circulation a-t-elle besoin de régulation ? On voit des temples partout,
souvent très proches de l'eau.
Il y a environ 8 heures de navigation par jour. La position en pirogue est inconfortable et il faut bouger les jambes
assez souvent. Je filme les rapides que nous remontons avec la petite GoPro 2, pas forcément top. Le dépaysement est
total, cette remontée de la
Nam Tha est un grand moment.
Ravitaillement à une station sur pilotis : on charge 6 bouteilles de gaz, dont 4 seront dévorées par notre voyage. Le
changement de bouteille se fait simplement : la moussaillonne qui est devant en balance une à l'eau, le pilote la récupère
à l'arrière et la branche aussitôt. Il vaut mieux ne pas se faire prendre en panne de gaz en plein rapide, car là c'est
tout de suite beaucoup plus compliqué !
Quelques promène-couillons de bonne taille attestent que le tourisme s'est installé.
On croise une "maquette" de bateau échoué sur le rivage. C'est probablement le vestige d'un festival laotien sur le
Mékong.
Ce type de barque ou radeau décoré est souvent utilisé lors du festival des lumières appelé Boun Lai Heua Fai au
Laos, qui a lieu à la fin du carême bouddhique (Vassana).
Pendant cette fête, les fidèles lancent sur l'eau des radeaux décorés de fleurs, de bougies, d'encens et de nourriture en
guise d'offrande aux esprits de l'eau (les nagas) et en l'honneur de Bouddha. On croit que cette tradition permet de
chasser la malchance et d'attirer la bonne fortune pour l'année à venir.
Découverte des pirogues à moteur à gaz : gros 6 cylindres – sans doute des moteurs hors-bord de marques japonaises
(Yamaha, Honda, Suzuki) ou chinoises – échappement libre, alimentation par des bouteilles de 13 kg de GPL. Les réserves
sont faciles à stocker, et il suffit d'en brancher 2 avec un inverseur pour avoir la continuité. Vitesse 15 à 20 km/h.
Ce sont les "long-tail boat", ou simplement "bateau à longue queue" en français. Le moteur hors-bord est monté à l'arrière
avec un long arbre de transmission qui s'étend loin derrière la poupe, avec l'hélice directement immergée dans l'eau. Cela
permet une grande maniabilité dans les eaux peu profondes et encombrées des rivières et lacs de la région. Le modèle turbo
se pratique avec casques et gilets de sauvetages, 40/60 km/h, déjaugé, décoiffant, voire hallucinant !
Un bon soleil chaud nous accompagne avec juste ce qu'il faut comme nuage pour le contraste des photos.
Une fois sur la
Nam Tha, le décor est plus intime. Le relief monte autour de l'eau, et
les bords se rapprochent. Tous les représentants de l'habitat local sont sur l'eau, grands bateaux, petites pirogues, avec
ou sans moteur, pour la pêche ou l'agriculture, les maisons sont au bord ou en hauteur. Ambiance inconnue jusque-là, cette
remontée entrecoupée de rapides et de plats est une découverte enthousiasmante.
On reprend notre agréable croisière sur la Nam Tha, et on ajoute à nos découvertes l'absence totale de pont. On croise un
attelage improbable de tracteur et remorque de sacs de riz en train d'embraquer sur 2 pirogues en travers d'un caillebotis
: on a l'impression que si une mouche se pose dessus pendant la traversée, tout part à l'eau.
Arrêt pique-nique tout soudain. On est sur le seul tas de cailloux du coin ! Mais sans doute bien moins piégeux et plus
stable que le limon que l'on voit partout. Tout était prêt d'avance, et on commence à apprécier de se faire dorloter.
On croise une vraie forêt de figuiers rouges, grands arbres dont les fruits poussent également en cauliflorie,
c'est-à-dire dont les fruits poussent directement sur le tronc et les grosses branches. Son nom commun "Red river fig"
suggère qu'il est souvent trouvé près des rivières.
Mais la digestion reprend le dessus, et on peut surprendre cette bande de joyeux touristes effondrés en sieste dans cette
pirogue vraiment pas faite pour ça. Et le bétail aussi est en pleine digestion.
Comme la rivière n'est pas bien large, nous profitons bien du paysage aux rives parfois très escarpées et recouvertes de
vraie jungle, et découvrons les activités villageoises ainsi que le trafic fluvial. Le
Mékong et ses affluents constituent toujours les principales voies de pénétration à
travers les montagnes du
Laos.
À l'approche du village de
Ban Kavang que nous allons visiter, un temple de Bouddha monte
la garde.
Le village, comme toute la région, est totalement orienté vers le tissage et la confection de vêtements. Les maisons sont
en teck, sur pilotis, et entre le sol et le 1er plancher, beaucoup de métiers à tisser rouets, fuseau, quenouilles.
L'habitat est très dense, peu d'espaces entre les constructions qui ne sont pas des bidonvilles, mais carrément, faites pour
durer. Dindons et cochons sont en liberté, chargés sans doute du "nettoyage".
Et nous repartons vers de nouvelles aventures. On est vraiment prisonniers de cette vallée de la
Nam Tha qui se resserre de plus en plus. Très peu d'espaces en fond de vallée, et malgré
tout, pas mal d'habitants.
Les rapides commencent à être inquiétants, on se demande comment une pirogue si lourdement chargée va franchir ceux qui
barrent la rivière, mais ça passe.
Arrivée à
Ban Nou. Première nuit chez l'habitant chez nos piroguiers : accueil impeccable,
notre guide qui avait passé du temps à faire ses provisions avant le départ se défonce et nous fait un carrousel de petits
plats succulents.
Le village est très paisible et les gens très sympas. On aménage la pièce principale en dortoir, ce qui met une bonne
ambiance dans ce groupe de 5 touristes un peu citadins. Le mobilier de la famille est extrêmement restreint : une armoire
et rien d'autre ! Les murs sont couverts de calendriers photos de jeunes filles "stars".
Mardi 6 novembre :
Luang Nam Tha
Visite du village le matin après des averses nocturnes.
L'inévitable temple bouddhiste au sommet, les métiers à tisser sous chaque maison qui sont toutes sur pilotis. La
distillation du riz est omniprésente.
Hélas, j'apprends en 2025 que ce village a été noyé par la construction du barrage
Nam Tha 1, situé 50 km en aval ! Il a été reconstruit sur la rive d'en face, 50 m plus
haut et s'appelle
Nalae. Ça a été le déplacement forcé de 87 familles de
Ban Nou qui se plaignent de la perte de leurs lieux sacrés (esprit du ruisseau) et de
terres moins productives.
Le barrage
Nam Tha 1 fait 90m de haut, d'une puissance de 168 MW (40% de Génissiat),
Développé par China Southern Power Grid (CSG) et Électricité du Laos (EDL). Une grande partie de l’énergie est vendue à la
Chine ou la Thaïlande, ce qui favorise les critiques sur le manque de bénéfices pour les communautés locales.
On repart le matin avec un temps un peu brouillé, quelque gouttes, puis le soleil revient. La
Nam Tha se rétrécit fortement et les rapides deviennent plus sportifs : je suis à
l'avant et légèrement mieux épargné que mes collègues qui se font copieusement doucher.
On trouve une vingtaine de femmes en train de pêcher avec un fil au bout d'un bâton : ce doit être un bon coin car elles
sont toutes très attentives.
Nous faisons quelques marches en cours de route vers des villages habités par les ethnies
Lamet, Khamu et Tai Lü. Les
Khamu font partie du
groupe de langues dites mon-khmères, aux origines très anciennes dans les pays d'Indochine. On retrouve ce type d'ethnies
tout le long de la Cordillère Annamitique entre
Laos et
Vietnam, ainsi qu'au sud du
Laos, au
Cambodge et dans quelques régions de
Birmanie.
Les
Lamet ont aussi une langue de type môn / khmère avec des origines dans la région
tout aussi anciennes que les
Khamu. Les
Tai Lü, de
langue de type Thaï, sont d'habiles tisserands.
On visite plusieurs villages qui ne vivent que par le fleuve – je devrais dire la rivière car elle ressemble à l'Arve en
amont de Chamonix – aucune piste pour s'échapper. Peu de monde, il ne reste que des enfants et quelques vieux.
La pirogue nous pose à
Nam Tha bridge, à côté de
Ban Pawi à l'heure du repas.
On s'installe dans un petit restau local à l'entrée du pont, dans lequel est organisé un banquet de notables. Bon comme
d'hab'. Puis un minibus nous récupère pour un gymkhana sur une piste détrempée et sinueuse.
On longe la rivière et à mi-parcours, on est bloqué par des travaux : 2 h à regarder les papillons et autres coléoptères,
ou les scrapers, c'est selon. Candice s'écarte un peu dans un fourré pour un besoin bien naturel et en ressort cafite de
boue : le fossé était plus profond que prévu !
Du coup, on se met en retard (pas à cause de Candice, mais des travaux…) et on arrive largement après la nuit tombée à
Luang Nam Tha où nous nous arrêtons dans un bon hôtel. Dîner dans un retau chic en
paillote en face de l'hôtel.
Mercredi 7 novembre : De
Luang Nam Tha à
Muang Sing
D'une manière générale, il y a beaucoup de cueillette dans les villages. Ils sont tout le temps encerclés de forêt dense
et les femmes se harnachent avec bottes, chapeaux et de nombreuses protections, pour échapper à toutes sortes de
bestioles.
Transfert par la route (2 heures) vers Muang Sing. Nous découvrons en chemin quelques villages des ethnies
Lantene, Iko et Tai Lü. Les
Lantene sont des cousins
ethniques des
Yao.
Visite du
stupa That Xieng Tung.
Arrivée à
Muang Sing et
installation à l'hôtel Phou Iou. Très belle installation dans un lieu d'allure coloniale luxe. J'en profite d'autant mieux que j'ai souscrit l'option
chambre individuelle.
Muang Sing, établie dans les plaines de la rivière
Nam La aux confins du
Laos, tout près des frontières
birmane et
chinoise, est un fief traditionnel de la
culture Lü (
Tai Lü) et fut d'ailleurs l'ancienne capitale d'une principauté
Lü, ainsi qu'un carrefour commercial important pour toutes les minorités ethniques de la région.
Les
Tai Lü sont de proches cousins des
Shan de
Birmanie et des
Dai du sud de la
Chine, tous de langue Thaï et ils habitent plutôt les plaines des zones montagneuses. Ils
avaient constitué par le passé des principautés indépendantes, telles que celles de
Muang Sing, de
Kengtung et du
Sipsongpanna, de chaque côté du
Moyen Mékong, qui
contrôlaient toute la région.
L'après-midi, transfert vers
Alima, non loin de la frontière avec la
Chine. Visite de villages habités par les ethnies
Yao et
Tai Lü.
Les
Yao sont de langue proche de celle des
H'mong,
mais moins nombreux que ceux-ci. Ils sont surtout nombreux au sud de la
Chine et au nord
Vietnam, répartis en groupes très disparates du point de vue costume. Les femmes
Yao de la région de
Muang Sing portent des vestes indigo
à bord brodé de sortes de boas rouges.
On tombe en plein mariage, à Ban Tin Thad, ce qui est un rêve pour un photographe.
Puis on visite Ban Pangha, juste à côté.
Retour à
Muang Sing. Nuit à l'hôtel.
Jeudi 8 novembre : Randonnée dans la région de
Muang Sing – 5 heures de marche environ.
Visite du marché principal de
Muang Sing, qui fut pendant la période coloniale le premier
marché d'opium du Triangle d'Or, autorisé officiellement par les Français. Nous y rencontrons une population polyglotte de
Tai Lü, Iko (Akha), Yao, Thaï Noir, H'mong, Shan et Chinois du Yunnan.
En discutant hier soir avec notre guide, nous lui avons appris qu'il y avait une grosse marche en montagne aujourd'hui.
Horreur ! Il n'a pas prévu d'autres chaussures que ses souliers vernis ! Il veut en acheter une paire au marché. Un gars
du groupe lui en propose une paire qu'il accepte. Puis transfert vers le village
H'mong de
Ban Done Mai, point de départ de notre
randonnée. Un Deuxième guide de
Muang Sing s'est joint à nous Un troisième guide local de
Ban Done Mai se joint à nous.
Heureusement, car le guide de Vientiane n'a pas du tout l'air au courant de la ballade. Il va d'ailleurs en chier très
rapidement et disparaitre à la traîne avec le deuxième guide. Nous suivons le 3éme qui mène bonne allure. Le sentier passe
à travers des plantations de riz et de canne à sucre, avant d'atteindre un village habité par l'ethnie
Iko.
Puis on commence à monter dans les montagnes, à travers la jungle, avec le bruit des oiseaux, les fleurs et les rivières.
Très beau parcours de forêt sur des sentiers paumés de chez paumé, mais découverte de la jungle laotienne. Belle
dénivellation. Pique-nique emballé dans des feuilles de bananiers.
À la fin de la descente, un superbe lac se présente : la tentation du bain est trop forte. Je me baigne en slip dans une
eau bien fraiche : un délice inestimable. Un seul de mes collègues se lance, les autres balancent entre l'envie et la
pudeur, qu'ils regretteront juste après.
Nous arrivons en fin de journée au village de
Ban Houayla, habité par l'ethnie
Iko.
Les
H'mong ne sont pas très nombreux dans la région de
Muang Sing, mais constituent pourtant le principal groupe ethnique (non Lao) de tout le
nord du
Laos, mais aussi du nord du
Vietnam et du sud de
la
Chine (où on les appelle
Miao). Ce sont des
montagnards fiers et indépendants.
On s'installe dans une case pour visiteurs et tout le village vient voir ces drôles de bêtes qui se font appeler
touristes. Le soir, 3 femmes en costume débarquent et proposent des massages. Comme personne ne sait où ça va nous
emmener, refus polis. Mais à tort, car rien n'est ambiguë. C'est le guide qui s'y colle, sans doute pour leur éviter la
bredouille.
Les
Iko, appelés aussi
Akha en
Thaïlande et en
Birmanie, et
Hani au sud de la
Chine, constitue le groupe ethnique le
plus important de ces confins nord-ouest du
Laos.
Ils sont de langue de type tibéto-birmane et habitent plutôt sur les hauteurs sont cependant répartis en plusieurs
sous-groupes aux traditions vestimentaires complètement différentes, notamment concernant les étonnantes coiffes, faisant
parfois penser à des casques d'argent.
Nuit chez l'habitant
Iko dans le village de
Ban Houayla.
Maison traditionnelle en bambou avec toit de paille.
Vendredi 9 novembre : Trekking dans la région de
Muang Sing, puis celle de
Luang Namtha – 5 heures de
marche au total.
Nous quittons nos hôtes
Iko de
Ban Houayla pour
rejoindre notre véhicule en 2 heures de marche environ, en passant par les villages de
Ban Houa Na et
Ban Seua Deng, habités par l'ethnie
Iko, puis transfert vers
Ban Kok Moang, habité par
l'ethnie
H'mong.
Superbe déambulation dans des rizières immenses, ambiance formidable.
On escalade une colline en pleine récolte de latex. Les Chinois envahissent leurs voisins pour y planter des hévéas et
subvenir à leurs immenses besoins. La descente se fait par un sentier magnifique et un décor de rêve : petite rivière
aménagée en rizière façon escalier de Versailles, petite cabane à riz dissimulée dans les arbres, mais avec vue sur la
rizière…
Puis retour par la route (2 heures) vers
Luang Namtha et transfert vers le grand village
de
Ban Nam Ngain, habité par l'ethnie
Thaï Noir, d'où
nous partons en randonnée (3 heures) vers le village de
Ban Phiang Ngam, habité par
l'ethnie
Thaï Deng.
Nuit chez l'habitant
Thaï Deng à
Ban Phiang Ngam.
Samedi 10 novembre : Trekking dans la région de
Luang Namtha, puis route vers
Muang Namo – 3 heures de
marche environ.
Retour dans les rizières. On attaque par un cloaque boueux, et le guide nous exhorte à remonter les chaussettes sur les
pantalons, car, dit-il, les sangsues sont féroces dans ce coin. Mais il n'a pas de solution pour les pantacourts… Il nous
fera subir une exploration minutieuse à la sortie, et sa chasse sera fructueuse…
Nous continuons notre randonnée (3 heures) vers le village de
Ban Nam Hoi, habité par
l'ethnie
H'mong. Nous sommes en bordure du parc de la
Nam Ha, au sud de
Luang Namtha, qui a été déclaré en
1993 « zone nationale de conservation de la biodiversité », comportant sur ses 445 km² jusqu'à 96% de couverture
forestière primaire.
Visite de Poumpouk stupa. Le stūpa original a été construit en 1628. Il a été détruit par des bombardements aériens
américains pendant la guerre d'Indochine. Le monument que l'on peut voir aujourd'hui a été reconstruit en 2003 par la
population locale pour témoigner de sa foi religieuse. Les ruines de l'ancien stūpa sont toujours visibles à côté du
nouveau.
Nous continuons notre marche vers le village
Thaï Deng de
Ban Done Khoun, puis transfert en véhicule (2 heures) l'après-midi vers
Muang Namo.
Et notre guide nous apprend que c'est là que nous changeons de guide. Lui a fini son taf, et saute illico dans un bus,
nous laissant seuls, sans véhicule, dans cet hôtel que du coup on trouve minable. Il soutient mordicus qu'un nouveau guide
va arriver demain matin pour nous prendre en charge. Il suffit d'y croire…
Aller, pas grave, le gars a fait le job, il était très dévoué et tout s'est très bien passé, l'organisation était au
top.
Nuit en petit hôtel local à
Na Mor.