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Péage au village de
Vohitsoaka. Rizières, rivière
Mangoky,
départ du plus grand fleuve de
Mada que nous avons traversée en bac, il y a longtemps à
Bevoay.
Le ciel est couvert. On reçoit même quelques gouttes : dommage pour les photos, car les paysages sont grandioses : hautes
montagnes de roche, falaises verticales. Une belle éclaircie nous permet de « shooter » l'approche du
Camp Catta où nous allons dormir 2 nuits.
Tentes igloo (minus) pour deux personnes plus les bagages, mais le cadre superbe. Le bar et le resto en terrasse. Le camp
est au pied du
Tsaranoro et LA « Face Jaune » du
Karambony nous surplombe.
Coucher de soleil superbe sur les montagnes en face du
Camp Catta, du nom des lémuriens de
cette zone, avec une queue panachée noire et blanche.
Ambiance alpinisme de l'extrême : la face jaune du
Karambony semble être de nos jours
l'équivalent du
pilier ouest des Drus ou de la
face sud du Fou dans les années 60 : on se croirait au bar du choucas dans les Années
Folles de
Chamonix.
Sauf que les gars bardés de baudriers et autres dégaines discutent avec des PC portables en Wifi direct pour s'échanger
les dernières photos de leurs exploits et elles partent illico sur les réseaux sociaux. Ils « plantent » leurs spits avec
des perceuses sur batteries et redescendent pour la recharge…
Armand Charlet n'a pas fait que se retourner dans sa tombe, il
s'est transformé en toupie au Biollay !
Un binôme est là depuis huit jours et a entrepris la « directissime » en tranches de 8 h par jour avec descente au
Camp Catta et apéro tous les soirs ! Je pense que leur syndicat milite pour leur avoir des
congés payés.
Repas brochettes de zébus. On décide de la balade de demain avec les guides du parc.
Mercredi 25 juin
Nuit pas terrible, car le sol est dur. Départ à 7 h 30 pour notre balade de la journée. Ascension du
Mont Caméléon (594 m de dénivelée).
Montagne imposante que l'on voit du camp. Le sommet de rocher ressemble à un profil de caméléon. Au début forêt de
feuillus, groupe de lémuriens Kata qui se chauffent au soleil sur les rochers, ne fuient pas, mais gardent leurs
distances.
Puis on monte sur le flanc d'une vallée où coule un ruisseau, région pleine de cascades, ruisseaux et rivières. Beaucoup
de rizières en fond de vallée, Pachypodiums, plein d'espèces de
kalanchoés et d'orchidées ou
d'autres végétaux bizarres dont je n'ai pas retenu le nom.
Au bout d'un moment ça commence à grimper sec. Heureusement, on fait plein de petites pauses, le guide est super sympa
marrant et intéressant. Dernier coup de cul pour atteindre le sommet vers midi.
Panorama extraordinaire depuis le sommet sur la plaine en bas avec les petits villages. La rivière, les falaises
verticales. Ça valait le coup vraiment.
Martine est contente d'elle. Le guide dit qu'elle a bien marché, car les hollandaises s'arrêtent tous les 4 m et certaines
personnes pleurent et d'autres abandonnent et pour certaines, il faut leur tenir la main parce qu'elles ont peur !
Évidemment, rien de tout ça pour Martine… pique-nique de super sandwiches en contrebas à l'abri du vent. Descente assez
raide sur l'autre versant, vue exceptionnelle pendant toute la descente.
Martine trouve ses chaussures géniales. Elle n'a pas du tout mal aux pieds. On passe dans un petit
village Betsiléo et retour au camp vers 16 h.
On boit un coup avec nos guides en terrasse (comme au « Choucas »…) puis bonne douche chaude. Beau coucher de soleil.
Demain, c'est la fête nationale fête de l'indépendance. Ce soir, c'est la fête partout. On nous invite à la fête dans le
petit village en contrebas du camp, mais on est un peu crevés, donc dodo !
Jeudi 26 juin
Départ vers 8 h. On refait la piste avec une lumière du matin très très belle, nombreux arrêts photos (à l'aller, c'était
couvert). Villages, cascades, montagnes, rizières tout est doré, c'est super.
On retrouve le goudron direction d'
Ambalavo, à une cinquantaine de kilomètres. On s'arrête
sans arrêt pour des photos de maisons de Betsiléo. On traverse les villages dans lesquels les gens ont sorti leurs plus
beaux vêtements pour la fête.
Des files de marcheurs convergent vers les villages depuis les hameaux. Il y a un monde fou. Tout le monde est content.
Je tombe en arrêt devant un superbe masque en palissandre d'une très belle facture. Je tente le marchandage habituel en
Afrique, mais le vendeur est totalement inflexible. J'utilise tout mon catalogue, y compris la sortie du magasin simulant
la rupture. Rien n'y fait, et je paie le prix initial.
À
Ambalavo, visite de la fabrique de papier « Antemoro » que Martine avait déjà vue, mais
aujourd'hui pour cause de fête nationale, la visite est brève.
Petit atelier de tissage de la soie sans tisseuses. Quelques achats à la boutique, balade dans la ville parmi une foule
compacte, maisons Betsiléo, puis repas au resto de la fabrique qui se développe. Il y a un hôtel et un resto
maintenant.
On repart pour
Fianarantsoa où nous dormirons ce soir. Nombreux arrêts pour photographies
de rizières ou de vignobles. Liva est formidable, il a compris que Jacques photographiait tout et ils se stimulent
réciproquement.
À
Fianar, on monte sur une montagne d'où on a une vue panoramique sur la ville et ses
innombrables églises. C'est la ville plus catholique de
Mada (les missionnaires ont été
efficaces !).
Ville des intellectuels.
Hôtel Cotsoyannis dans la ville basse.
Accueillant, chambres confortables. On part se balader en ville, c'est la fête, ça grouille et c'est bruyant. Les gens
sont très sympas avec nous. Retour à l'hôtel puis apéro rhum arrangé. Puis repas trop copieux et dodo.
Vendredi 27 juin
Passage à la banque pour changer. La MasterCard ne marche pas : ils ne prennent que Visa et on n'en a pas ! 50 minutes
d'attente, avec le prétexte habituel que l'informatique ne marche pas… puis visite chez les marchands de T-shirt.
Les marques locales de vêtements sont très dynamiques : Maké, Carambole, Baobab, Black Wear. Martine craque pour 2 T-shirt
pour les petits puis on roule direction
Ambositra.
La route est sinueuse, plus de montagnes, de rizières, de jolis villages Betsiléo. Arrêt pour acheter des cuillères en
bois et des PokPoks dans un petit chapeau Betsiléo en raphia que les femmes portent dans cette région.
Plus de forêt (+). Eucalyptus puis pins. Nous traversons une région où le reboisement est intense et efficace !
Ambositra vers 13 h, resto avec des gamins qui nous font de la musique, tam-tam et
guitares « Kabossy ».
Visite « arrangée » de la fabrique de marqueterie. On regarde un gars découper les motifs en bois de différentes essences
avec des outils bricolés, mais une précision incroyable. Sculpteurs puis boutique bien sûr.
Martine achète de jolies écharpes en soie sauvage.
Ambositra, la ville la plus artisanale
de Mada, art Malagassy. Le travail du bois vient des tribus avoisinantes des « Zafimaniry », sous-groupes de Betsiléo,
inventeurs des fameuses chaises démontables en bois avec 2 planches emboitées.
Départ pour
Antsirabe. Des routes toujours sinueuses, montagnes puis nombreuses, rizières
en terrasse avec une rivière, lumière de fin de journée. On rentre en
pays Mérina dont
Antsirabe est la capitale.
Jolie ville propre avec beaucoup de pousse-pousse « posy-posy ». On visite en arrivant la fabrique de petites voitures,
vélo, etc. En matériaux de récupération. C'est génial d'inventivité, puis l'atelier de broderie à côté. On achète 1
posy-posy, 1 vélo, 1 voiture DS et une superbe nappe plus serviettes brodées.
Notre hôtel «
La Résidence » est une maison de retraité de l'époque coloniale. Il reste peu
de pensionnaires, mais ils sont restés d'époque ! Ils ont transformé une partie de ces bâtiments en hôtel.
Notre chambre est une suite avec salon qui doit faire 50 m², bien décorée dans un style rétro-kitch d'époque.
Martine envoie des SMS à tout le monde pour confirmer notre arrivée dimanche soir et repas. Liva nous apprend que l'avion
de samedi est supprimé : on ne part que dimanche après-midi.
On doit aller à Air Mada demain matin à
Tana pour confirmer ce vol. Nouvelle rigolade une
fois couchés dans ce décor qui ne ressemble à rien de ce que nous avons fréquenté.
Samedi 28 juin
Départ 7 h 30 pour essayer de régler le problème de l'avion à Air Mada. 3 h 30 de route avec de superbes paysages. Arrivée
à l'agence de justesse : elle ferme derrière nous pour la journée ouf !
On part bien demain à 13 h 30. Ils nous réservent nos places sur
Paris-Genève à 7 h lundi
matin.
Petit resto en terrasse sur une des collines de Tana à côté du
Palais de la Reine, avec
vue panoramique sur la ville. Repas délicieux comme d'hab'. Puis on va au marché artisanal sur la route de l'aéroport.
1 km de boutique d'artisanat en tout genre. Parfois très beau, parfois très moche. Martine achète plein de petites
bricoles. Jacques achète de serre-livres en bois pétrifié poli.
Retour à l'hôtel payé par Air Mada au centre-ville, mais pas mal. Liva nous quitte avec promesse de nous conduire à
l'aéroport le lendemain matin. Repas loufoque dans un petit resto indien en face, à côté de jeunes qui bossent en ONG pour
répandre quelques bases de contraception et lutte contre le sida. On case tous nos achats. Sacs supplémentaires
obligatoires.
Dimanche 29 juin
Liva nous dépose à l'aéroport, on entame les formalités et une fois en salle d'attente on appelle Jacques sur le
haut-parleur et un douanier lui explique qu'il a fraudé l'exportation de pierres précieuses et qu'il doit payer la taxe,
plus l'amende puisqu'il a omis de déclarer son exportation au bureau des mines.
Il veut bien retourner à ce bureau pour payer ce qu'il doit, mais c'est impossible, ce bureau n'est plus accessible ! Une
vingtaine de valises font partie du lot. Les premières se débloquent facilement avec un billet glissé au fonctionnaire.
Jacques affiche sa tête de mule : pas question de payer un fonctionnaire sans reçu. Un quart d'heure avant le départ, le
douanier rembarque tous les bagages y compris de ceux qui n'ont rien donné : Mada est peut-être une île, mais quand même
d'une forte culture africaine.
Arrivé tardive à Roissy. Bordel innommable pour les correspondances. On nous attribue un hôtel à 1 h du matin, dont il
faudra repartir vers 5 h pour l'avion de 7 h. Jacques se démonte le dos avec les valises, à 2 doigts de l'hosto.
Le matin, après une guerre entre clients au pied de la navette, on constate que ni la réservation promise depuis Air Mada,
ni celle refaite hier soir à minuit n'ont fonctionné : On rate l'avion de 7 h, évidemment plein le lundi matin. Il faudra 3
h d'un siège tenace auprès de la chef d'escale d'Air Mada pour obtenir un vol vers 11 h. Le retour sur (nos) terres fut
sévère !
La partie aérienne de ce voyage a été massacrée, tant à l'aller qu'au retour.