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Mercredi 11 juin
Bonne nuit malgré le vent qui s'est levé pendant la nuit et faisait faseyer la tente. Petit-déj' sympa. Départ vers 8 h.
Belle lumière du matin sur les petites rizières fluos.
Arrêt au village de
Bédigro littéralement « là où il y a beaucoup de lémuriens ». Ancienne
zone de culture et séchage du tabac au temps des colonies, vestige de hangars en ferraille délabrées et presque
abandonnées.
Ils vivotent d'une production pour
Mada et en partie l'
Afrique de l'Est.
Il y a d'ailleurs 2 barges en cours de chargement dans le port avec de grosses balles de feuilles de tabac séché dans les
cales et sur les ponts.
On se balade dans le village. Des gamins nous accompagnent, gentils, même s'ils réclament des bonbons. Bonne humeur. On
fait des photos sans problème.
Petit marché très modeste où l'on trouve des roussettes comme celle que Jacques a mangée il y a deux jours : au dépliage,
l'envergure fait bien 80 cm.
Village d'aspect pauvre, pourtant il y a beaucoup de cultures et le fleuve offre son potentiel. On ne pense pas qu'ils
souffrent de la faim, mais plus de l'isolement : le fleuve est leur seule voie de communication et n'est pas navigable
toute l'année : la production est donc condamnée à l'autarcie.
Liv achète des canards pour ce soir. Des femmes ont le visage enduit de produits ocres pour se protéger la peau. À midi,
salade avocat tomate, ragoût de zébu, papaye. La cuisinière « Masy » est un vrai chef !
Toujours ces berges ponctuées de mini cultures de riz, parfois d'à peine quelques mètres carrés, dès que la décrue les
découvre. Sur les berges inclinées, on voit plus volontiers des haricots.
Beaucoup de bananiers en arrière-plan. Premiers baobabs. Arrêt près d'une forêt pour aller voir les lémuriens et se
dégourdir les jambes. Une famille de bruns et de blancs et noirs.
Plein de petites scènes de la vie au bord du fleuve : pirogues, cultivateurs, enfants qui nous font de grands signes,
zébus. Le soleil descend, la lumière devient belle et nous offre de beaux spectacles comme ce paysan qui attendait comme à
un passage à niveau que notre chaland passe pour traverser avec ses zébus.
Bivouac sur un banc de sable. Petit punch autour du feu. Des musiciens et danseurs du village voisin d'
Ambato Misay
viennent nous voir. C'est la fête chez eux en ce moment. Une histoire de lune.
Ils dansent, chantent et jouent de la musique tous les soirs et vont venir faire la fête ce soir chez nous. On mange nos
fameux canards, délicieux et en plus quand tu as fini de les manger, il te reste assez de tendons pour te faire une belle
harpe.
Bananes flambées… après ce repas pris à bord, on descend à terre, car la fête commence. Musique et chants très rythmés.
Leurs instruments sont des Kaposy genre banjo, à double ou simple caisse et des tam-tams sur bidons.
C'est la danse kilalaky ou danse des voleurs de zébus.
Ils dansent les uns derrière les autres. Le meneur, mime en rythme les paroles du chant et tous ses suivants doivent
l'imiter ses gestes le plus rapidement et fidèlement possible, y compris et surtout les grimaces.
C'est génial, très expressif, beaucoup de rythme, très drôle parfois. Il y a beaucoup de jeunes et même des petites
filles. Le village est assis autour du feu. Ils s'amusent vraiment entre eux, ne font pas le spectacle pour les
Wasahas.
Liv nous explique que cette musique et cette danse, dont c'est la zone d'origine a fait un tabac dans la capitale et que
toute l'île en est folle. Le groupe musical qui en a fait la promotion est devenu riche et maintenant dans chaque village
d'autres groupes essayent de sortir de l'ombre.
Ils ont été absolument ravis que nous fassions films et photos, rêvant grâce à cela d'une promotion fulgurante. Martine
essaye de filmer, mais manque de lumière. Jacques fait plein de photos.
Il y avait ce soir-là trois groupes musicaux qui s'affrontaient, chaque groupe ayant son orchestre, son meneur et ses
enfants. Un groupe s'appelait Marovavy, avec 1 enfant chanteur et plusieurs filles, sans doute une famille, un autre
Tsiribihina Mamiratra (le fleuve qui brille) et un troisième Ankiliabo Bory (les stars d'Ankiliabo). On passe vraiment une
super soirée.
Jeudi 12 juin
Grand beau et frais au lever. Éclairage superbe sur le fleuve. Dernière demi-journée en bateau. Forêt de baobab,
débarcadère à
Bello sur Tsiribihina, capitale de l'ethnie Sakalava.
On quitte à regret notre gentil équipage. Cadeaux. Resto : gambas grillées. Puis, on part en 4x4 avec un nouveau
chauffeur, Tony pour 4 h de piste d'enfer soit 100 km de forêt de jujubiers et de palmiers « satany albizra ».
Beaucoup de feux. On croise le pyromane, éleveur qui brûle les herbes sèches pour qu'elles repoussent vertes pour les
zébus. Mais tout brûle en même temps. Les arbres et les petits animaux : les rapaces tournent en rond au-dessus en
guettant leur proie.
Beaucoup de troupeaux de zébus et de zébulettes et de zébulons. Charrettes tirées par des zébus. Arrivée complètement
cassés au
camp crocos de
Bekopaka.
C'est un camp fixe, géré par Club Aventure et le chef est justement en inspection. Grandes tentes sur plancher bois avec
une vraie literie, genre lodge Britannique, pas mal du tout, au bord de la
rivière Manambolo.
On s'installe au bar alors que coucher de soleil flambe, on demande un punch : il n'y en a pas. Le chef de camp entend ce
refus, vient s'assurer de notre demande et apprend lui-même la recette au barman.
Finalement, plus rien ne manque pour que l'ambiance devienne magique. Douche et WC petit resto sous les immenses manguiers
super nuit.