Ma première Libye – décembre 1992 de Serdelès à Villard – (2 / 2)

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Lundi 28 décembre Serdelès – Tadrart
Matin du 28, départ à 8 h 39.
(25 52,015 N / 10 18,002 E) : un superbe creux dans les dunes assez profond, bien joli. J'ai trouvé une fulgurite et un petit morceau de poterie, c'est marrant. Le temps n'est pas extrêmement beau. On s'enfonce à gauche dans la montagne, toujours sur le sable.
tessons de poterie
(25 49,250 N / 10 21,544 E) : non, tout faux. Finalement on continue à longer le truc en laissant de côté l'échancrure qui semblait tentante, toujours les grandes dunes à droite et les rochers à gauche.
(25 46,920 N / 10 21,438 E) : on retrouve une piste de sable assez marquée.

À gauche première découverte, après un joli piton, un pylône d'antenne hertzienne. On laisse l'antenne à gauche et on reprend pied sur le goudron pas loin de l'antenne qui est encore en vue.
(25 47,019 N / 10 23,456 E) : le 28 décembre à 9 h 42. Au goudron, on tourne à gauche évidemment, en direction de l'antenne. Quel effet bizarre après toutes ces dunes et toutes ces bosses de se retrouver sur un goudron hyper lisse, il n'y a plus un bruit dans la voiture, c'est hallucinant.

On marche contre le soleil, le GPS avoue 12 km pour Serdelès , le cap a l'air bon, mais c'est un point calculé sur ma carte Russe, attention. Curieux dialogue entre un banquier et un pompiste où le banquier se bâche d'une unité : je m'apprêtais à lui payer 105 dinars alors que je lui en devais 10,5. J'ai eu du mal, il m'a arrêté quand je lui en ai donné 25, j'ai eu du mal à en récupérer 10, enfin, c'était bien joué. J'ai consommé 125 l moins 20 l donnés à Pierre donc 105 l pour 805 km au compteur, mais avec une différence de 7% pour les pneus, mais dégonflés. (13,04 l/100 km) .
Voir la description de Serdélès par Henri Duveyrier (25 47,436 N / 10 33,451 E) : pompe à essence de Serdelès .
C'est d'ailleurs l'entrée de Serdelès depuis Ghat . On est en train d'employer des ruses de Sioux pour sortir de Serdelès , Puthod s'est mis dans la tête qu'il peut échapper au guide, obligatoire pour visiter le Parc National de l'Acacus . On a tourné de 90 degrés à droite en face du minaret pour aller dans l'Acacus. Un point pour la sortie de Serdelès , fin du goudron, début de la piste, dans une haie de je ne sais quoi, tamaris sans doute.
(25 46,226 N / 10 33,444 E) : sur un angle droit, on sort de la haie.
On se précipite dans la pampa. (25 45,323 N / 10 32,919 E) .

On vient de se faire rattraper par une bagnole de flics qui va sans doute nous faire des ennuis, on va voir. Voilà, retour au village, on a mangé à la sortie de la palmeraie, on s'est fait courser par un pilote hors pair dans sa Toyota fantastique et il est interdit d'aller dans l' Acacus sans la nouvelle carte touristique spéciale. Retour au bled, on s'en va vers Oubari à 250 km de goudron, avec peut-être une modification de parcours. Je viens de passer sur les traces d'un poste désaffecté, avec des barrières défoncées et tout, mais il n'y a vraiment plus personne.
(25 49,447 N / 10 38,645 E) : poste de contrôle désaffecté.
(25 48,968 N / 10 53,700 E) : on lâche le goudron à la borne 212.
On vient de passer 20 min planqués dans un petit coin à l'abri des regards.
(25 48,658 N / 10 54,061 E) : planque en attendant Jean-Paul.

Il était convenu que Jean-Paul irait voir devant avec les jumelles si on était attendus et Jean-Paul n'est pas revenu. Alors on va voir s'il nous attend devant les dunes, mais c'est complètement le cirque. On se rapproche des dunes dans une poussière infernale, toutes vitres fermées, par une température d'horreur.
(25 42,609 N / 10 55,811 E) : on se rapproche des dunes.
J'ai vu des traces de la moto, mais pas la moto. À droite, on longe une espèce de pierrier qui ressemble au Désert de Burren en Irlande , c'est de la pierre plate assez agressive, avec des effondrements, des diaclases ! Et des tas de tortures. Avec résignation, on s'enfile dans le Désert de Burren . On a de nouveau été rattrapés par le Toyota de l'armée. (25 41,229 N / 10 55,600 E) .

Puthod a l'air tout déstabilisé, je ne sais pas ce que l'on fait, toujours pas de motard, en fait, c'est le Toyota que l'on a vu partir à fond devant nous depuis Serdelès , manifestement, il est allé se poster pour nous attendre et ne nous voyant pas arriver, il est revenu à notre rencontre sur nos traces.
(25 40,871 N / 10 55,424 E) : on se sépare, je passe derrière la dune.

Gros dilemme : on longe l'erg sans vouloir y rentrer. Le motard y est parti pour une reconnaissance et ne revient pas. Que faire ? Il faut envoyer quelqu'un pour le retrouver. Après une longue hésitation, je propose d'y aller – seul – et je m'enfile dans un cordon sur les traces de la moto. Je n'ai jamais fait ça, je n'étais pas préparé pour faire ça et maintenant, je suis seul dans cet erg et ma vie dépend de mon Def' et de mon GPS. Inutile de dire que j'étais sur mes gardes, j'avançais à 30 km/h, évitant chaque grain de sable, très tendu.

Je reprends contact. Je suis passé derrière la dune, j'ai galéré, j'ai fait ça tout seul comme un grand, puis la moto m'a rattrapé, Jean-Paul avait cassé son réservoir, on a commencé par mécaniquer dans le sable, c'était assez sympa et maintenant, je suis à :
(25 38,456 N / 10 51,559 E) : j'attends après avoir franchi la dune.
On marche droit sur le soleil, dans un enfer de pierres. On se cherche un bivouac, on arrive au pied d'une dune serrée entre une falaise et la dune.
(25 32,117 N / 10 50,113 E) : dune serrée entre une falaise et la dune.

Mardi 29 décembre Tadrart – Mathendous
On a bivouaqué, on s'est fait rattraper par les flics, on a dormi sur place, ils voulaient nous piquer nos passeports, on a tenu bon et maintenant, on est obligé de les suivre jusqu'à Oubari .
(25 30,576 N / 10 50,403 E) : je viens de trouver une meule : un gros bloc sombre avec sa boule (elle va passer sa nouvelle vie aux Prés, en haut de l'escalier en pierre) et on fonce vers Oubari . N'empêche que le « Droumadaire Organisation » a fait une belle démo là, entre le Cric'Air, le gonfleur Air-Locker et tout le bastringue, l'armée était sciée. (Le Toy' des militaires avait crevé. Je le leur ai montré, puis les ai aidés à changer de roue et à regonfler la nouvelle qui était plate elle aussi) .

On a bien fait les cons en essayant de refranchir mon escalier d'hier.
(25 40,470 N / 10 51,819 E) : ils nous ramènent à Serdelès . On a pris une nouvelle piste à côté du goudron qui commence à (25 46,178 N / 10 36,290 E) .

Il y a de drôles de rangées qui traversent cette piste en perpendiculaire, on dirait que ç'a été labouré et avec des pneus enterrés pour délimiter, c'est très bizarre. On s'est fait ramener à la station d'essence pour avoir un interprète et il s'avère que le chef de l'armée qui était dans cette camionnette n'était pas au courant, les autres lui sont tombés dessus et il n'était toujours pas content, il voulait nous emmener à Ghat sans discuter, on a fini par s'en aller, je ne sais pas pourquoi.

Cassette n° 2 face B.

On est en train littéralement de se sauver de Serdelès , le gars de l'armée nous a lâchés, on ne sait pas pourquoi et maintenant ce sont les Suisses qui traînent, des vrais connards qui n'ont pas compris que c'était le moment de se sauver, alors ils s'attendent dans le village, c'est n'importe quoi. Il est 11 h 35, on est en route vers Oubari , 240 bornes de goudron, sur un vrai billard d'ailleurs et on n'a pas mangé. Je savoure quand même quelques petits gâteaux à la noix de coco gentiment mis dans ma cantine par quelqu'un d'assez attentionné, allez, même très attentionné. En fait, il semble que Puthod n'ait jamais eu l'intention d'aller dans l' Acacus , parce qu'il est nécessaire d'avoir un guide et il aurait sans doute été obligé de payer le guide, en plus le guide ne veut pas sortir sans sa voiture et son infrastructure, donc c'est 3 personnes, c'est 2 500 FF par jour et ils feraient tout le tour avec nous, alors c'est une affaire à 10 000 balles et voilà, on ne verra pas l'Acacus.

Je me demande si notre super militaire n'était tout simplement pas au courant de la récente parution de la carte touristique, cette nouveauté qui n'existait pas en novembre et à l'aide de cette carte touristique sur laquelle il est écrit qu'on a le droit d'aller où l'on veut, le gars n'a pas compris et voulait nous ramener à Ghat , pensant qu'on venait d' Algérie par Djanet . C'était le retour à la frontière pur et simple, mais pas la bonne. Contrôle de police au milieu du désert.
(25 49,563 N / 11 00,217 E) : contrôle de police sur la route Serdelès Oubari .
À côté d'une antenne hertzienne avec un grand pylône. On a sorti nos cartes touristiques et le miracle s'est produit, la barrière s'est ouverte.

Ils vont encore nous faire chier, il y a un HJ61 qui vient de nous doubler comme une bête, c'est celui qui discutait avec nous à la station, il a mis les warnings en passant devant Puthod et maintenant, il fonce chercher les autres.
Rendez-vous fixé par Puthod :
… (Bande effacée par erreur lors de la reprise des points donnés par Puthod)
Le HJ61 est celui de gendarmes qui nous proposent de nous montrer une nouvelle piste pour le Mathendous . Après une brève discussion, le groupe se sépare, en suivant le HDJ, je conduis 5 voitures au rendez-vous fixé par Puthod, pendant que lui attend ou essaie de rattraper ceux qui ont continué sur Oubari . (Jean-Paul, Pierre, Vittorio et Denis qui leur court après). Les Suisses sont très perturbés par cette séparation.

La piste démarre dans un oued à droite, en face d'une casse de voiture à gauche (petite), Après quelques passages sablonneux, la gorge se resserre lentement, une dune semble barrer tout le passage, on la franchit par la gauche, sable assez mou, petite trace, peu fréquente, détours par un bras gauche du canyon. On quitte le fond à l'apparition d'une trace de bulldozer sur la gauche et on se dirige en zigzag sur le plateau couvert de pierres noires…
(25 51,422 N / 11 39,342 E) : col.

C'était juste un col et on retourne sur nos pas à droite, je crois qu'on aurait pu passer tout droit, mais je n'en suis pas très sûr. Très jolie plaine à gauche avec des acacias, ou des talhas, je ne sais pas. On est de retour à la grande plaine, ça doit être pour éviter des sables mous, parce que ici, il y en a partout.
(25 51,048 N / 11 40,063 E) : grande plaine.
(25 50,108 N / 11 40,607 E) : on s'enfile encore à gauche.

C'est marrant, on retrouve bien la Tadrart algérienne , mais pour l'instant, un peu moins belle, les falaises sont moins hautes, les oueds sont plus larges, les rochers n'existent pas, ce sont des tas de pierres, des tas de gravats.
(25 48,817 N / 11 41,872 E) : de nouveau à gauche sur un confluent.
Attention les cailloux.
(25 48,078 N / 11 43,308 E) : il y a un confluent qui part à droite, on le laisse.
(25 47,939 N / 11 43,712 E) : on laisse un confluent à gauche.

On entame un machin de cailloux pas piqué des hannetons. On passe à côté de 2 tombeaux, qu'on laisse à droite, sorry on the left. Sur les conseils du guide, on remonte en arrière chercher la piste des crêtes qui partait derrière les tombeaux, il est sûr que la Suzuki ne va pas passer.
(25 48,152 N / 11 43,942 E) : on a pris pied sur le plateau qui est absolument noir de cailloux, c'est la Lune. Là, dieu sait pourquoi, on est sortis de la piste, à gauche, en pleine pampa dans les cailloux. On est sur une piste à chameaux, on va refaire un coup à droite, il a retrouvé de vieilles traces, c'est un malin.
(25 48,327 N / 11 44,233 E) : on passe entre les cairns.

On voit mieux maintenant un précipice qui nous attenda rattrapé dit droit devant, il a vraiment bien fait de tourner à gauche, il s'est quand même fait avoir par un autre précipice. On aes traces toujours à gauche. (25 48,590 N / 11 44,066 E) .
Je me fais un massage complet, je ne sais pas si vous entendez le bruit, mais c'est quelque chose de spécial, c'est le désert de pierres, c'est l'enfer, l'enfer noir, j'ai un pneu dans la trace de chameau et l'autre, et bien mon pauvre, il n'y a pas de place, alors démerde-toi.
Cailloux toujours. (25 50,173 N / 11 44,008 E) .
C'est carrément la poursuite infernale, le guide est barré devant comme un tordu et moi, je cours derrière et les Suisses ne suivent pas. (25 51,364 N / 11 44,094 E) .

Je ne vois plus personne, ni devant, ni derrière. (25 52,704 N / 11 44,728 E) .
Je ne sais pas ce que ces emplumés nous mijotent, mais ça a l'air malsain : ils cavalent devant et s'ils voulaient nous semer dans la pampa, ils ne feraient pas mieux.
(25 53,972 N / 11 44,514 E) .
Je passe sur une grande tache blanche. Je commence à perdre leurs traces.
(25 54,665 N / 11 43,937 E) .
(25 55,250 N / 11 44,285 E) .

Je retrouve une piste tracée au bulldozer qui redescend vers l'oued, aïe, je vais manger mon volant. C'est le comble, j'ai entendu 3 coups de fusils et on découvre que nos guides sont en train de chasser je ne sais quoi, peut-être un mouflon, d'ailleurs, ils l'ont eue alors on va peut-être voir. C'était bien ça, ils ont chassé, ils ont tué la gazelle, d'ailleurs on l'a vue et maintenant on reprend la piste qui est une vraie horreur, je n'arrive même pas à parler tellement ça secoue. Le point je le donnerai tout à l'heure.
(25 55,038 N / 11 46,332 E) : on est de retour sur la piste.
(25 54,833 N / 11 47,545 E) : on a bifurqué légèrement à droite.

La galère, les chasseurs se barrent devant, on a un mal fou à leur faire attendre tout le monde.
(25 52,575 N / 11 50,207 E) : la trace s'améliore, on est plus qu'à 33 km du point de rencontre.
(25 51,556 N / 11 50,428 E) : surprise, on repart à gauche sur une grande piste.
Enfin grande pour cette région.
(25 53,044 N / 11 53,329 E) : belle balise, virage à angle droit, on tourne à droite.
Et cette fois-ci, on est exactement dans l'axe. Ce raid est bizarre, maintenant le crépuscule est tombé, je suis dans une poussière d'enfer pire qu'un brouillard de Londres et j'ai mon guide devant qui n'a qu'un feu arrière, je ne sais vraiment pas où je vais. Toujours cette poursuite infernale.
(25 51,536 N / 11 55,214 E) : on est à 25 km du but, il n'y a plus beaucoup de phares derrière.
(25 50,611 N / 11 56,340 E) .
Moi, je continue. À 19 km de l'objectif.
(25 49,227 N / 11 57,998 E) .

Les phares sont revenus, apparemment, j'ai réussi à faire attendre le guide, mais ce n'est pas évident. Ça fait 3 h que l'on fait une course infernale sur les cailloux, j'ai la tête liquéfiée, je ne sais plus comment j'habite. On est entré dans une espèce d'oued, du moins j'en ai la sensation, il y a toujours autant de cailloux.
(25 48,211 N / 11 59,302 E) .
À 11 km du but, toujours dans un brouillard épais, avec des cailloux infernaux.
(25 46,307 N / 12 01,611 E) .
Je viens de montrer mon GPS en pleine nuit au chasseur, alors qu'il venait de m'expliquer qu'il regarde les étoiles pour savoir où il est, ça a rendu la conversation encore plus difficile déjà qu'il ne parle pas un mot de langues européennes, il ne parle que l'arabe, il dit tout le temps "chouff", alors là ç'a été bizarre.
Pauvre gazelle
Mon 1er cuisseau de gazelle, façon assado argentino
Je suis devenu pote avec ces Libyens, on rigole. Et tout à coup, l'un d'eux part dans sa bagnole et revient avec un cuissot de la gazelle de tout à l'heure ! Stupéfaction. Je suis partagé entre réprobation de ce braconnage et la furieuse tentation d'y goûter. Je flanche et embarque la bidoche en douce des autres membres du groupe, car le cuissot me semble un peu court pour un tel groupe… On a quitté Puthod au goudron, il m'a chargé de conduire les Suisses (qui trainaient derrière comme d'hab') en suivant ces guides inespérés : lui va foncer chercher ceux qui sont devant et tenter de suivre nos traces. Je suis très inquiet, car nos traces dans ce paysage de cailloux sont invisibles et de surcroit en pleine nuit ! Mais il finira par arriver avec tout le groupe. Chapeau l'artiste !

Cependant, il y a eu une défection. Favier, entrepreneur lyonnais, celui qu'on a déjà perdu après l'entrée en Libye a pété les plombs. Comme d'hab', il avait roulé à fond la caisse et était quasiment à Oubari quand Puthod l'a rattrapé, mais quand il lui a demandé de retourner en arrière, il n'a pas supporté et est parti sans doute jusqu'au pôle nord en hurlant « tous des cons »… Je me suis entendu avec Jean-Paul pour cuire la gazelle après le coucher des autres et elle sera à point lors de l'arrivée de Puthod. Je l'ai cuisinée comme l'asado argentino, appris de mon copain Jacquot lors d'un bivouac dans les gorges de l'Ardèche , juste planté sur un pic oblique. Le régal est assez cérébral, car la viande n'a pas un poil de graisse et j'apprendrai une autre méthode plus tard dans ma carrière… Mais c'est incontestablement la première !

On plonge dans l'oued, on est à 2 km de l'arrivée, il faudrait faire un cap 168 alors que l'on est à 138, mais ça va changer. Fin d'alerte, j'ai remis la bande dans l'ordre. Malheureusement hier soir j'ai oublié de la rembobiner, donc il va me manquer le début du départ goudron, que j'ai écrasé par la visite des gravures.
Alors l'entrée du Mathendous, tu en as 2, on va se retrouver ça dépend où ils vont, mais au bivouac par exemple .
(25 42,00 N / 12 06,75 E) : point Puthod deuxième site Mathendous .
Tu as le premier .
(25 43,76 N / 12 10,09 E) : point Puthod 1er site Mathendous .

Mathendous
 
Mercredi 30 décembre Mathendous – idehan Murzuq
Mathendous : les Félins de combat Mathendous
Mathendous Mathendous
Le matin du 30, il est 11 h 30, on vient de visiter l' oued Mathendous , en le descendant légèrement, on a bivouaqué à
(25 42,934 N / 12 05,740 E) : bivouac au Mathendous .

On a récupéré Puthod et Jean-Paul très tardivement, au moins 2 h après nous, qui ont fait tout le chemin pleins phares dans les cailloux, beau courage. On est de nouveau réunis pour de nouvelles aventures. Peu de lumière, des nuages, c'est vraiment dommage, l'oued est très joli ici, en contraste avec plein d'arbres verts, un petit peu d'herbes, de fleurs et un désert de cailloux indescriptible. Finalement, côté sud du Mathendous , on quitte assez vite les cailloux, ça dure 3 km ou quelque chose comme ça.
(25 42,055 N / 12 06,906 E) : il n'y a déjà presque plus que du gravier. Il y a une poussière infernale, quelle horreur. On s'est branchés plutôt à droite en
(25 42,535 N / 12 08,952 E) .
Vingt minutes plus loin, ayant franchi un petit col, nous débouchons dans une nouvelle vallée bordée d'une belle falaise aux tons ocres. Déjà El Madani a baraqué son méhari. C'est le signal de la halte. Nous rejoignons à notre tour. Le Targui, d'un geste, désigne les rochers:
Adrar Iktebin... dit-il simplement. La « Montagne aux écritures », la « montagne écrite »!
Alors nous allons d'enchantement en enchantement.
Chaque bloc, chaque pierre de cette falaise haute d'une trentaine de mètres sont littéralement couverts de signes, de gravures, de caractères archaïques, de figures magiques... Il y en a tellement que nous restons muets de saisissement, puis nous extériorisons notre joie.
Là-haut! des girafes! crie Vacher.
Sur cette dalle un grand bœuf en forme de lyre, regardez !
Et ce lion stylisé.
Des autruches !...
Il faut choisir, je n'ai pas le temps de faire un inventaire complet de ce gisement qui est un des plus abondants qui aient été découverts au Sahara.
(Roger Frison-Roche - Carnets Sahariens - 1948 - p.228)
Récit de la visite de Philippe Diolé en 1955
discussion au sujet des gravures
Puthod a l'air très méfiant, il est sans arrêt aux jumelles, il cherche la mauvaise rencontre. Il est passé là dans son voyage précédent et s'est fait emmerder par un contrôle de flics entre le Messak et la dune, il cherche à prendre un cordon de distance avec eux. On avait raté la piste pour aller à la première station, la plus basse sur l'oued. La piste démarre au point (25 43,788 N / 12 10,123 E) .
On prend un embranchement à gauche, il y a un arbre pas loin sur la droite.
(25 45,865 N / 12 10,127 E) : pique-nique devant les gravures.

Après une super démo des Italiens, on s'apprête à en faire une nous-même. Bon c'est Puthod qui s'est planté, bravo. De nouveau dans le pierrier infernal. J'espère que c'est la dernière fois, mais déjà avec regrets.

On fout le camp cap 210 dans la pampa, pour l'instant dans du sable, en direction de l' idehan de Murzuq .
(25 43,299 N / 12 09,876 E) .
On a vraiment lâché les cailloux, on est dans du gravier cette fois, assez peu de poussière et c'est immense. On a rencontré des touristes allemands et italiens qui ont expliqué qu'ils avaient pu obtenir assez facilement une carte touristique d'accès aux 3 parcs, l' Acacus, le Mathendous et Murzuq pour visiter, ce n'est pas si compliqué que cela, c'est à Sebha vers l'office du tourisme, tout se fait en un seul endroit, ça n'a pas l'air d'être complètement impossible, sauf pour Puthod ! Bifurcation radicale alors que l'on allait droit sur les cailloux.

(25 42,102 N / 12 06,545 E) .
Cap 230 et on a une trace. Au moment d'entrer dans les cailloux, on tourne à gauche.
(25 41,790 N / 12 06,195 E) : cap 160.
On rejoint une grande piste que l'on prend à droite.
(25 41,174 N / 12 06,428 E) : cap 240.
On retourne dans la caillasse.
(25 40,495 N / 12 04,696 E) .
On se remet sur un bout de piste.
(25 40,866 N / 12 04,534 E) : cap 260.
On se stabilise un peu.
(25 40,116 N / 12 03,494 E) .

(25 39,424 N / 12 03,113 E) : on longe un oued, qui est sans doute celui dans lequel il y a les gravures de la vache que l'on trait.
(25 39,791 N / 12 02,921 E) : on semble revenir maintenant le long de l'oued
Dans l'autre sens, pour être sur l'autre rive.
(25 39,964 N / 12 02,826 E) : point arrêté, on descend dans l'oued.

En fait, Puthod avait obtenu le point GPS de la gravure du mât aux calebasses d'un scientifique auquel il avait promis la non-diffusion. Comme il voyait mon GPS d'un très mauvais œil (concurrence déloyale !), il a tenté de m'enfumer par des ronds dans le sable plutôt que d'aller droit au but. Avec Jean-Paul le motard, on est mort de rire de sa "feinte".
L'hiver suivant (1979), des documents exceptionnels furent découverts par Serge Berthoud et Gérard Jacquet dans une zone du Messak demeurée inexplorée, et à laquelle le second donna le nom de Wadi « Haleeb » à cause de la scène de traite située au centre de la composition principale, halib signifiant « lait » en arabe.
En réalité, cette scène se trouve dans la partie médiane de l'oued Tiksatîn et, bien que d'autres scènes de traite gravées aient été découvertes depuis, celle-ci constitue un sujet resté unique au Sahara jusqu'à nos jours, du moins avec cette qualité artistique et cette complexité.
La publication de cette œuvre dans un numéro de la revue « Archeologia » permit à un grand nombre de lecteurs de comprendre que certainement des chefs-d'œuvre attendaient toujours leurs découvreurs au fond des vallées du Messak.
(Jean-Loïc Le Quellec - Art rupestre et préhistorique du Sahara - p.51-52)
Descendre 60-80 m, faire 200 m à gauche sur le fond, rester à gauche, les fresques sont peu nombreuses, à 3 m du fond .
On voit de belles dunes au cap 130, on est reparti en direction de ces dunes.
(25 38,984 N / 12 03,021 E) : cap 113, qui tourne.
(25 35,147 N / 12 11,294 E) : on franchit une bande de végétation.
(25 34,141 N / 12 16,274 E) : on s'enfile dans la dune.

J'ai remis 40 l de gasoil et dégonflé à 1,5, on attaque le sable. On prend l'allée de gauche et on r'attaque le sable.
(25 31,770 N / 12 16,042 E) : c'est plutôt à gauche.
Ça ressemble bien à un bivouac, ça.
(25 31,502 N / 12 15,928 E) : bivouac.

Jeudi 31 décembre idehan Murzuq – Tekerkiba

Murzuq
 
Ma 1ère dune en « S »
Matin du 31 à 8 h 26, on fait chauffer, bivouac tergiversant, temps maussade, j'ai eu du mal à attraper un tout petit rayon de soleil, c'est dommage, les dunes sont splendides, très vastes, très hautes, très ouvertes.
(25 30,670 N / 12 16,596 E) : immense gassi fait en panoramique.
(25 28,999 N / 12 17,589 E) : premier col.
(25 29,122 N / 12 17,773 E) : sommet de bosse.
(25 29,360 N / 12 18,177 E) : cap 80. On s'enfile dans la branche de droite.

On se fait une pellée de traces qui sont en travers en fait, qui sortent d'une vallée qui est à droite, mais vraiment, il y a 1 000 traces. Finalement, on prend les traces, sur un cap de 140.
(25 27,046 N / 12 19,903 E) : on s'enfile dans un gassi à gauche.
(25 27,087 N / 12 20,690 E) : je vois un gros pneu sable de camion.
(25 27,550 N / 12 22,792 E) : j'oublie un peu le GPS, c'est tellement super.
(25 28,954 N / 12 24,298 E) : on est sur le bord droit d'un gassi fantastique.
(25 31,945 N / 12 26,964 E) : cap 40 gassi fantastique, toujours le même d'ailleurs.
Au fond de ce gassi, il y a un forage abandonné, avec plein de pneus, de tonneaux, de tubes, etc…
(25 32,923 N / 12 27,467 E) : forage abandonné.

Et la fête continue.
(25 34,127 N / 12 29,216 E) .
(25 35,098 N / 12 29,884 E) : on franchit une passe.
(25 38,121 N / 12 33,177 E) .
(25 40,456 N / 12 34,250 E) : on reste à gauche.
(25 41,953 N / 12 35,598 E) .
J'ai oublié de vous dire, mais tout est super.
(25 43,795 N / 12 37,555 E) : gassi fantastique.

On tire à droite, pour changer un petit peu. C'est un gassi fertile, parce qu'il y a des tas d'herbe à chameaux, d'ailleurs les chameaux ont tout bouffé, c'est assez rigolo, il ne reste que les petits moignons d'herbe : on pourrait dire que c'est une sorte de gazon tondu, enfin, il faut voir, c'est parce que je n'ai pas le mot. Fantastique.
(25 44,357 N / 12 39,269 E) : les chameaux ont peur et ils partent à la course.
(25 45,242 N / 12 40,036 E) : terrain mou, course de chameaux.
(25 51,497 N / 12 44,894 E) : toujours le gassi fantastique.
On se dirige vers un col qui serait plutôt à gauche, mais va savoir, enfin plutôt à droite, droite . on franchit un col, enfin un colût quoi.
(25 52,599 N / 12 46,123 E) : colût.
Murzuq
Murzuq
Joli pique-nique au pied de la grande dune, au sommet de laquelle il y a un panorama fantastique.
(25 53,138 N / 12 46,797 E) : pique-nique, grande dune du défi. La rivalité Land / Toy prend naissance : Puthod a un HDJ80 dont il est très fier (il en a d'ailleurs un deuxième à louer à des clients…). Il a bien discerné que je suis fier moi aussi de mon Def' qui n'en est qu'à son deuxième voyage. Il me lance le défi de la plus grande dune du coin. Je n'en ai jamais vu de pareille, mais j'accepte crânement. Je ne vous dirai pas qui a gagné, par pudeur, mais moi je le sais. C'est là que j'ai pris ces 2 photos.

(25 52,982 N / 12 47,747 E) : on se dirige vers la passe de sortie.
(25 54,838 N / 12 50,035 E) : toujours le gassi fantastique.
(25 57,371 N / 12 52,973 E) : on arrive à la fin de ce gassi fantastique. On commence à voir des cultures. On tente la sortie par la droite. On est venu direct en
(25 58,235 N / 12 53,671 E) .
Mais les autres ne suivent pas, je retourne voir. On change de gassi.
(25 58,417 N / 12 54,009 E) .
(25 58,816 N / 12 54,458 E) : on retrouve de la végétation.
(25 59,633 N / 12 54,198 E) : première ferme pilote.

C'est un immense rond d'herbe tendre en plein milieu du désert, c'est complètement fou. Il semble que les arbres morts que l'on vient de voir sont ceux de l'oued Mathendous et les fermes puisent dans la nappe. À gauche, c'est encore plus fou parce que je ne sais pas si la machine est en panne ou quoi, mais il y a cette espèce de grande sauterelle d'arrosage prête à tourner, la terre est noire, apparemment, c'est l'engrais, d'ailleurs là, on passe au dépôt d'engrais, c'est quelque chose à voir et il n'y a rien qui pousse, on ne voit que les traces des pneus. On tourne autour de cette grande ferme en la laissant à droite, on voit les silos là-bas au fond, il y a des arbres, c'est absolument hallucinant. De mieux en mieux, ça c'est le terrain d'atterrissage, une piste pour avions, que l'on traverse.
(26 02,228 N / 12 55,532 E) : piste d'atterrissage.

On traverse les traces des camions qui vont chercher le grain dans les silos, c'est complètement démentiel, le Land passe presque dans une roue. On finit par encaper une piste qui part du silo.
(26 03,149 N / 12 56,574 E) : piste des silos, cap 6-8.
On a lâché la piste et on est dans de la tôle ondulée hors-piste. On passe à côté d'une magnifique centrale électrique avec des lignes qui partent partout, surtout dans le désert et des arbres, ah les bosses !
(26 03,400 N / 12 58,288 E) .
Le but du jeu était de rejoindre un gassi qui longe la grande ligne électrique.
(26 03,196 N / 12 59,543 E) : cap 75.

On retrouve un bout de piste un peu plus dure, marquée par des petits bâtons, on est toujours assez proche de la grande ligne électrique.
(26 05,617 N / 13 05,951 E) .
Je suis à une bifurcation.
(26 08,144 N / 13 09,711 E) : à gauche.
On se la fait au milieu, c'est-à-dire sans piste et on a tendance à reprendre celle de gauche. Je pense que le chef a un point qui est un peu trop éloigné. J'ai perdu de vue la ligne.
(26 09,730 N / 13 11,866 E) .
Piste un peu fastidieuse.
(26 12,908 N / 13 15,603 E) .

On s'échappe à droite de la piste, comme si on voulait échapper à un village qui a l'air d'arriver devant.
(26 16,302 N / 13 21,383 E) .
On arrive à une deuxième ferme, avec ses machins en train d'arroser. Passage difficile dans les cultures, on a tout évité par la droite.
(26 16,404 N / 13 24,404 E) : deuxième bande de cultures, passer à droite.
Reprise sur le goudron.
(26 16,727 N / 13 24,804 E) : on tourne à gauche, cap 346.
(26 18,063 N / 13 24,509 E) : station d'essence.

Je viens de remettre 40 l de gasoil à 9 826 km, j'ai payé ça 3,5 dinars, ça ne fait vraiment pas beaucoup (11,66 FF pour le plein, moins de 2 €) . Jolie petite station de disjoncteurs à côté de la pompe à essence, c'est dommage que Bernard ne soit pas là. L'étape depuis Serdelès faisait à peu près 620 km, plus les 7%, moins le dégonflage. Je m'aperçois au GPS que le compteur kilométrique est tout à fait exact par rapport à ce qu'il affiche et je suis gonflé à 1,5.

Cassette n° 3 face A.

On est sur la route goudronnée, cap 347, le 31 décembre à 17 h, le paysage s'anime un peu, on retrouve des tertres bien noirs, ces espèces de montagnes américaines, en forme de cône avec un sommet tronqué et plat et on découvre une oasis au pied de la dune qui est à gauche. Il y a à gauche un grand grand cordon de dunes et à droite des espèces de trucs dans les ocres foncés. ( Plateau d'Adjal ? )

Immense oasis, aussi grande que celle de Nefta sans doute et en demi-lune, mais c'est dommage, elle est hérissée de pylônes électriques haute tension du dernier modèle. Grand carrefour.
(26 31,706 N / 13 21,343 E) : Carrefour Murzuq Sebha Oubari . Police.
On tourne à gauche. En fait, c'est un contrôle de police, on est sur un cap 270. Je passe dans un village avec 2 châteaux d'eau, 1 minaret. De nouveau des poteaux électriques, une belle centrale à béton et beaucoup d'arbres, mais pas beaucoup de palmiers, c'est essentiellement de l'eucalyptus, sans doute pour protéger les cultures.
(26 32,406 N / 13 18,912 E) .

Les petits congolais sont parfaits, onctueux, désirables, superbes, merci à celle qui a mis ça dans ma caisse. Il y a des milliers et des milliers d'hectares de cultures, il y en a partout, c'est complètement fou. Ils ont fait des miracles avec des puits et des forages et du fric. La route est une 2 fois 2 voies genre autoroute avec terre-plein central, il y a au moins 8 m sur chaque voie.
(26 33,373 N / 13 15,036 E) : piste à gauche, pour bivouac.
On s'enfile sous la ligne de haute tension, entre le village, l'oasis, les cultures et un petit bout de montagne, sur un bout de piste un peu crad'. On a envoyé Jean-Paul en émissaire devant, faire je ne sais quoi, on verra tout à l'heure. Et tous ces petits 4x4 s'en vont vers le sable, attirés comme les crabes par la mer. Le chemin nous amène exactement au pied de la dune.
(26 33,959 N / 13 15,533 E) .
(26 34,161 N / 13 14,821 E) : somptueux bivouac.

Tékerkiba Le bivouac de Tékerkiba Le bivouac de Tékerkiba Palmiers d'Oum el Ma
Nous sommes au pied des dunes d' Oubari , dans une petite forêt de tamaris, dont plusieurs sont couverts d'une sorte de pollen blanc. C'est irréel pour une soirée de Nouvel An ! J'ai caché ma tente sous l'un d'eux.
Nous étions bien en marche le lendemain, 4 mai, lorsque, près du village de Tekerkiba , notre caravane s'arrêta soudain, je ne sais pour quelle raison. Afin de ne pas passer le temps en pure perte, je montai sur l'une des crêtes étroites et escarpées qui s'avancent parmi les murs de rochers situés au midi de la vallée, et je jetai un coup d'œil sur un site des plus intéressants et des plus riches en contrastes.
D'un côté, la végétation la plus vivace et la plus abondante, de l'autre, les hautes collines de sable à la blancheur éblouissante, formant comme une barrière empreinte du cachet de la désolation.
(Heinrich Barth - Voyages et découvertes dans l'Afrique - T1 p.95)
Lacs Mandara et Oum el Ma
 
Vendredi 1 janvier Tekerkiba – Lacs des Daouada
Salut, 1er janvier 1993, 9 h 31, le moteur tourne, on va partir aux lacs des Daouada. Aller-retour dans la journée sans doute. Grand beau, très beau feu de camp hier soir, on a fêté le Nouvel An à l'heure libyenne, pour gagner du temps. Nuit très froide pour les autres, moi je n'ai pas eu froid, c'est impeccable, je suis bien équipé. Par sécurité, je répète le point du bivouac.
(26 34,228 N / 13 14,818 E) : bivouac.

Grande discussion hier soir ! Les Suisses sont de moins en moins contents de leur voyage et le disent de plus en plus fort. Puthod va crever l'abcès : apparemment, ils n'ont pas payé la totalité du voyage (en espèces…) et Puthod sent qu'il va perdre ce reste, il pose donc l'ultimatum : pas de lacs des Daouada sans le pognon ! J'ai un haut le cœur, car moi, j'ai tout payé d'avance et je suis dans le même sac… Léger flottement, puis les Suisses plient et payent leur dû. Le voyage reprend, mais l'ambiance en a pris un sacré coup !

(26 34,290 N / 13 15,590 E) : première passe des Daouada .
Galère infernale pour le Pajero qu'on a tiré, poussé, conspué et finalement extrait.
(26 35,265 N / 13 15,561 E) .
(26 36,112 N / 13 15,913 E) .
(26 36,886 N / 13 16,601 E) : un peu trop à gauche.
(26 37,260 N / 13 17,264 E) .
(26 38,160 N / 13 17,806 E) .
(26 38,440 N / 13 17,948 E) .
On aborde une très grande plaine plate, genre lac salé.
(26 40,240 N / 13 17,865 E) : reprise sur un gassi.
(26 41,020 N / 13 18,283 E) .
Mandara et son lancers
Lac Mandara
En vue du Lac Mandara . On en fait le tour par la gauche en le laissant bien à droite. Il y a, semble-t-il de l'autre côté, des petits problèmes. Ces lacs sont magnifiques, mais très isolés et il ne reste que quelques bougres qui vivent là à l'âge de pierre. Quelques dattes, si la récolte est bonne et des vers (les Daouada) qui vivent dans l'eau. L'eau est natronnée, donc ils récoltent ce natron pour vivre ! Kadhafi, dans sa grande mansuétude, leur a construit des maisons en dur au bord du goudron, mais peu sont tentés, donc il les a contraints à déménager ! Et il envoie les flics pour choper ceux qui y retournent… Pique-nique au Lac Mandara (vers les maisons) .
(26 41,708 N / 13 18,992 E) .
On repart vers un autre lac dont j'ai bouffé le nom. En direction de l'autre lac.
(26 42,320 N / 13 19,326 E) .
(26 42,790 N / 13 20,032 E) : bivouac le long du lac Oum (pâhpâh) (Oum el Ma, le plus beau, andouille !).

Samedi 2 janvier Lacs Daouada – idehan Oubari
Départ le matin à 8 h 15, après une nuit glaciale, tout a gelé, le gaz, l'eau, l'électricité. Déjeuner sur le feu de bois, super. Un joli feu de camp hier soir, magnifique, sous les palmiers, splendide. Il semble qu'on lâche la trace au retour.
Bivouac d'Oum el Ma Bivouac d'Oum el Ma Bivouac d'Oum el Ma
Oum el Ma Oum el Ma Oum el Ma
Bivouac d'Oum el Ma Bivouac d'Oum el Ma Bivouac d'Oum el Ma
(26 40,486 N / 13 12,463 E) : variante retour.
(26 40,319 N / 13 11,312 E) .
On est dans un ancien lac sans doute avec des petites taupinières, des palmiers, c'est joli et ça roule facile. Montée un peu plus hard, en deuxième, juste.
(26 39,279 N / 13 10,220 E) : beau col.
(26 39,288 N / 13 10,204 E) : col assez facile.
(26 38,303 N / 13 10,290 E) : col assez facile.
(26 38,173 N / 13 10,256 E) : gassi presque final.
(26 37,272 N / 13 10,131 E) .
(26 36,464 N / 13 09,714 E) : on est en vue de la plaine.

Devant nous, un village avec minaret et antenne parabolique hertzienne.
(26 34,020 N / 13 08,489 E) : jonction goudron.
On est 500 m avant l'antenne parabolique, dans la direction d' Oubari , On est repartis en direction d' Oubari .
(26 31,648 N / 13 03,868 E) : on a trouvé une Station-service.

Gonflage de pneu exceptionnel, avec un appareil fantastique qui ressemble à ceux qu'on trouve aux passages à niveau. On était à Germa , la fameuse station d'essence. Rodolphe a fait refaire son parallélisme (à force de sauter quelques dunes, il a tordu son pont avant et arraché toutes les commandes électriques du volant. Il changera le pont en Suisse à son retour). Et on repart pour s'arrêter un peu avant Oubari , puis bifurquer à gauche dans l'erg. Quel bonheur à la station, il y avait un robinet d'eau courante et je me suis lavé les mains. Tu n'imagines pas ce que c'est que de se laver les mains.

J'ai oublié de te dire hier soir dans la nuit glaciale, je me suis quand même foutu ma combinaison de ski pour passer la soirée au coin du feu et après, j'ai gardé ma combinaison de ski pour entrer dans mon duvet altitude, sous la tente, elle-même fermée avec du sable sur le double-toit, je ne sais pas si tu vois le froid. On pique à droite dans la pampa, par un petit bout de piste qui s'enfile sous les lignes électriques et qui va peut-être être barré par un grand mur.
(26 35,249 N / 12 48,616 E) .

On retourne vers le château d'eau du village, on zigzague dans des baraques à moitié construites, il y en a une quantité invraisemblable, au moins 200, qui sont toutes au même stade de finition, c'est-à-dire les murs debout, mais pas de toit, et tout a l'air abandonné, c'est un grand chantier. Il y a déjà l'adduction d'eau, le tout-à-l'égout, mais ce n'est pas fini, c'est abandonné. Il y a un meilleur moyen de venir au château d'eau qui est à
(26 35,345 N / 12 49,116 E) : château d'eau.
On voit le minaret.

(26 35,401 N / 12 49,215 E) : la mosquée est au goudron, c'est mieux.
La pompe à essence, c'était Germa . Nouvelle tentative pour abandonner le goudron, en prenant à droite.
(26 36,147 N / 12 48,794 E) .
(26 36,494 N / 12 48,683 E) : on finit par encaper tout droit vers les dunes.
(26 36,714 N / 12 48,383 E) : on zigzague dans l'irrigation, on suit une grande haie de tamaris.
(26 36,805 N / 12 48,228 E) : on s'ouvre sur l'erg.

On repart sur un cap de 20, assez confiant. C'est bizarre, car leurs tubulures d'irrigation sont complètement molles, ça ressemble à des chéneaux en tôle zinguée, je ne te raconte pas quand tu roules dessus.
(26 40,693 N / 12 51,186 E) : pneu marqué.
(26 41,715 N / 12 52,285 E) .
(26 43,054 N / 12 53,700 E) : piquet genre Dakar.
(26 44,799 N / 12 55,075 E) .
(26 44,879 N / 12 55,240 E) : il y a un pneu en travers de la piste.
(26 45,857 N / 12 56,980 E) : première bosse.

Paysage complètement fou, on ne peut absolument pas distinguer si à l'avant il y a une bosse ou un creux, la seule façon de se rendre compte de ce que l'on fait, c'est d'aligner l'horizon qui est devant, avec celui que l'on voit dans le rétroviseur, et alors là, on constate que la voiture n'arrête pas de monter et descendre, mais on n'en a absolument pas la sensation.
(26 48,170 N / 13 01,323 E) : un pneu comme repère.
(26 49,854 N / 13 04,739 E) : descente assez délicate.

Le sable a changé de couleur de manière radicale, on a fait un petit peu de cap 20 et je pense qu'on va reprendre le cap 60. Manifestement, on s'approche des difficultés.
(26 50,624 N / 13 06,648 E) : la barrière est devant nous.
(26 51,264 N / 13 07,633 E) .
(26 52,241 N / 13 09,654 E) : mais assez dur.
(26 52,564 N / 13 09,997 E) : je prends pied sur un gassi.
(26 52,833 N / 13 10,690 E) : passage d'enfer (probablement le nombril mou) .
(26 52,978 N / 13 11,455 E) : bivouac sur un gassi.

Dimanche 3 janvier idehan Oubari – Oasis – idehan Oubari
⏯️
Démo Cric Air
Mon beau Def' à la corvée de bois
Joli bivouac, joli feu de camp, bien agréable, Vittorio allumait les buissons avec son jerrican. J'ai découvert une nouvelle façon d'aller à la corvée de bois : avec un Def, tu ne fais plus qu'un aller-retour. Et le soir à la veillée, Vittorio, qui voyageait avec une « copine » rémunérée (celle qui lisait des polars toute la journée en attendant le soir et le turbin…), nous brulait ses vêtements du jour pour ne pas avoir à les laver… Ce matin, je suis allé faire un tour à pied de 2 km, et j'ai trouvé une petite pointe de flèche – rikiki, mais la première de ma vie ! Le temps est très gris ce matin et la nuit était assez chaude.
(26 53,410 N / 13 11,695 E) : belle barkhane.
(26 54,617 N / 13 12,456 E) : beau gassi de nouveau, avec plusieurs traces.
(26 56,304 N / 13 13,240 E) : cratère infernal et on est de l'autre côté.
(26 58,546 N / 13 14,428 E) : jolie bosse, on rejoint les herbes.

Passage extrêmement limite, très très mou, des mauvais dévers, j'ai vraiment failli me foutre dans un trou infernal.
(26 59,852 N / 13 15,613 E) : ça devient dur.
(27 00,790 N / 13 16,708 E) : oasis de rêve.
(27 01,701 N / 13 17,662 E) : passage assez bon.
(27 03,014 N / 13 19,271 E) : assez facile.
(27 04,301 N / 13 20,976 E) : saute-mouton.
Il est 15 h, l'ange Mozart est avec nous.

(27 04,425 N / 13 21,264 E) : de plus en plus mou, assez hard, vive la sortie.
(27 04,758 N / 13 22,142 E) : superbe oasis de nouveau avec palmier et tutti quanti.
(27 06,911 N / 13 23,851 E) : peut-être la sortie, mais toujours hard.
Le terrain est un peu plus désolé, les dunes sont nettement moins hautes autour de nous, mais on est vraiment dans le mou cette fois. Le sable est portant, la sortie commence à être visible aux jumelles.
(27 07,977 N / 13 24,360 E) .
Encore une très belle oasis à droite, avec grands palmiers, magnifiques.
(27 08,354 N / 13 26,411 E) : bivouac sous les palmiers.
Bivouac de l'oued Zelaf Bivouac de l'oued Zelaf Bivouac de l'oued Zelaf

Lundi 4 janvier Oasis idehan Oubari – Garyat
Départ le matin à 8 h 50, cap 50 à peu près.
(27 08,124 N / 13 26,800 E) .
(27 08,429 N / 13 27,627 E) .
(27 08,815 N / 13 28,030 E) : ça se termine, on a encore un peu de mous. Mais il n'y a plus de bosses.
(27 09,193 N / 13 28,371 E) .

Séquence poudreuse le matin, toute molle, toute douce, toute belle, léger dévers, on laisse le gassi à la droite et comme ça, c'est plus rigolo. Quatrième à 2 500 tours, c'est royal. Un petit coup de saute-mouton à (27 11,191 N / 13 32,158 E) : et cette fois-ci, on suit les chameaux.

Oued Zellaf
 
(27 11,851 N / 13 33,207 E) : on commence à voir les palmiers de l' Oued Zellaf .
Point d'entrée dans l'oued.
(27 14,579 N / 13 34,690 E) : avec un puits offert par Michelin (juste 4 ou 5 pneus empilés sur l'épaisseur du sable sec), l'eau est à 1,5 m. J'ai 168 km depuis le dernier plein qui doit être Germa , donc on a fait 30 bornes goudron, ce qui fait 130 km de sable. Encore un autre puits 200 m plus loin. On est sur une assez bonne piste.
(27 17,654 N / 13 35,985 E) : cap 13.

T'es la plus belle avec tes jantes turbines, allez, viens ma cocotte, on rentre
(27 19,099 N / 13 36,210 E) : très beaux palmiers de tous les côtés, espacés, opulents.
J'ai pris en photo mes derniers palmiers, ce sont vraiment des adieux déchirants.
(27 20,691 N / 13 36,667 E) : derniers palmiers.

Fini les palmiers, bonjour la poussière, cap 15, quelques travées de sable, pénibles d'ailleurs, je vais me planter, à part ça on commence à voir des cailloux, le sol devient noir, assez beau d'ailleurs, un sable blond clair, tendance rose.
(27 27,036 N / 13 37,571 E) : il y a un joli petit bitard.
Et un p'tit congolais offert par la choupette. On se glisse entre des dunes aux formes féminines et couleur chocolat au lait, c'est pas mal. Et là, il commence à y avoir des grumeaux dans le chocolat au lait, c'est de la caillasse vacharde, agressive sur les pneus.
(27 31,253 N / 13 38,390 E) .
On approche du goudron sans doute, on commence à voir les grandes lignes électriques, l'antenne parabolique, le petit minaret, etc.

(27 31,955 N / 13 38,747 E) : on récupère un goudron dégueulasse, c'est l'horreur, il est boursouflé. On a pris pied sur le goudron à 2 km d'un village qu'on n'arrive pas à nommer ( Birgen , d'après Google Earth), les cartes sont un peu fausses, très belle centrale électrique, dommage pour Bernard, je ne sais pas du tout si c'est français.
(27 32,546 N / 13 37,829 E) : la porte d'entrée du village.

Village complètement étonnant, tout est en construction, il n'y a rien de fini, c'est un chantier, les routes, les maisons, tout tout tout. On a gonflé dans le village chez des petits marchands de pneus, réparateurs, car ils ne doivent pas en vendre tous les jours, il voulait m'acheter mes plaques à sable . De nouveau à peine entré dans le village, on a eu la police sur le dos avec les questions rituelles, cette fois, on s'est éparpillés, la ruse a l'air bonne, le compteur marque 10 140.
(27 29,938 N / 13 58,422 E) : c'est un bled épouvantable ( Al Mahruqah ), un vrai tas d'ordures, il y a un lac à moitié pollué, c'est vraiment l'horreur et de nouveau plein de trucs en construction en béton armé, précontraint(?), préfabriqué même.

Le retour à la civilisation est dur, je viens de traverser un autre village avec une odeur complètement putride, c'est absolument inconcevable.
(27 32,101 N / 14 08,752 E) : pique-nique sous les palmiers.
En route sur Brak , maintenant, il est 13 h 25 et on s'est séparés de nos amis Suisses (euh, normalement). Je suis dans un bled où on vient de prendre une route à 4 voies avec les lampadaires au milieu, c'est le super luxe.
(27 32,730 N / 14 15,339 E) : route 4 voies.

Petit tour chez le boulanger, on est bien à Brak . Je roule dans un tas d'ordures en revenant du boulanger vers le goudron. Minaret très amusant, on dirait 2 fusées Polaris.
(27 32,367 N / 14 16,989 E) : pompe à essence de Brak .
À la sortie sur Sebha . Je n'ai pas tout compris, on est encore sur un cap 130, la bifurcation doit être après. La remontée au nord se fait à
(27 32,010 N / 14 20,601 E) : carrefour Tripoli .
Le GPS dit 628 km jusqu'à Tripoli et 1 100 km pour Tunis . À l'époque, les GPS parlent en « vol d'oiseau ».
(28 28,709 N / 14 18,725 E) : je me fais un petit coup de pluie.
(28 44,997 N / 14 17,997 E) .

Barrage de l'armée au milieu de la route, mitrailleuse en bandoulière, c'est tout à fait exceptionnel.
Le carrefour fatidique est passé, il était à GPS (29 24,654 N / 14 16,892 E) .
Il y a des flics qui nous ont recopié les passeports et les numéros de plaques, c'est très sérieux.

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J'en ai marre, j'ai maigri, je suis en train de perdre mon pantalon, chaque fois que je monte dans la voiture, j'ai la zigounette qui passe du mauvais côté.
(29 45,710 N / 14 17,047 E) : je vois un superbe erg qui se dessine là-bas avec ses dunes, il est à droite pour moi en montant et malheureusement, il fait un temps épouvantable, on a déjà eu un peu de pluie, maintenant, il fait un ciel noir d'orage vraiment malsain, un vent à décorner les bœufs, un froid de canard. Avec toute cette ménagerie, Jean-Paul est derrière pratiquement accroché au parechoc, il se cache et il caille comme un voleur.

Puthod devait lui porter sa moto accrochée derrière, mais il a refusé et va le laisser trainer comme ça jusqu'au bivouac, dont plusieurs heures de nuit ! C'est la qualité du service avant tout… Cette fois-ci ça se transforme en vrai déluge, le pauvre Jean-Paul a mis sa combinaison, c'est l'horreur.
(29 59,190 N / 14 15,265 E) : Tripoli à gauche.
On est à la bifurcation, nous on tourne à gauche, les Suisses tournent à droite, mon compteur marque 272 km depuis Brak , ou 10 472.

Je repense aux 2 passes qui sont dans l'Acacus, on parle du Col d'Anaï et du Col de Tilemsin qui sont tous les 2 occupés par l'armée et qui nécessitent des autorisations spéciales à obtenir soit à Sebha , soit à Ghat , mais en tout cas pas à Oubari . Je me rappelle le bel oued de ce matin, il s'appelait Zellaf .

À 450 km, je suis tombé en panne de gasoil, la jauge est juste sur le trait blanc.
(31 09,142 N / 13 12,443 E) : panne sèche. Évidemment, je m'arrête, il fait nuit, je fais des appels de phares à Puthod qui s'en fiche et disparait. Je suis abandonné dans ce pays inconnu et commence à ressentir un stress intense : je ne connais aucun carrefour et pense ne jamais arriver à sortir de ce pays. Perte de confiance totale. Je me dépêche de remplir ce réservoir qui m'a mis dans cette situation et repart pied au plancher pour tenter de rejoindre ce fuyard de merde avant le prochain carrefour. Ouf, j'y suis arrivé, mais dès le 1er voyage, en le voyant traiter ses clients, j'ai compris 2 ou 3 détails sur Puthod.

Mardi 5 janvier Garyat – Djerba
Ce matin, je suis au bivouac à GPS (31 15,260 N / 13 04,016 E) .
Après un bivouac d'enfer, très glacial et un petit feu de planches, planqué dans un coin, nuit d'enfer, surtout pour les autres, moi, je n'ai quand même pas trop eu froid, j'ai mis tous mes habits dessus, combinaison de ski y compris.

On vient de tomber sur une sacrée bande d'enculés : c'est des flics qui nous rançonnent au milieu de la route, ils ont piqué le poignard de Puthod, ils voulaient tout nous piquer, finalement, il a fallu palabrer avec une voiture qui venait dans l'autre sens et on s'en est sortis parce que Jean-Paul a fait une roue arrière et le type a accepté de rendre le poignard, complètement débile.
(31 20,469 N / 13 03,817 E) : police pourrie.

L'enfoiré, en plus il m'avait chouravé mon bel Opinel n° 9, cadeau de « Bocuse » dépanné en Tunisie. J'ai dû y retourner, et gueuler comme un âne et il me l'a rendu pour finir. Maintenant, je suis dans un brouillard Londonien, tout à fait nouveau.
(32 02,342 N / 12 58,347 E) .
On coupe une route à 2 voies qu'on a ratée d'ailleurs, on retourne la prendre.
(32 04,300 N / 12 56,295 E) : carrefour Tripoli à droite pour gauche.

Immense choix de poteries de toutes sortes, peintes, natures, des cruches, j'en connais qui seraient déjà à 4 pattes.
(32 14,204 N / 13 02,970 E) : et je suis bientôt en panne sèche. Je suis tombé en panne d'essence juste devant un potier, mais c'était vraiment trop minable, je n'ai vraiment rien pu emporter, il y avait des tambourins trempés dans la peinture, la peau éclatée, il me disait d'acheter ça, mais vraiment, ce n'était pas possible.
(32 31,748 N / 13 01,028 E) : on s'enfile en ville au lieu de tourner à gauche.
(32 32,213 N / 13 01,077 E) : pompe à essence Aziziyah .

Je suis dans une station-service dans un grand bled, on a franchi la ligne médiane pour aller dans la station qui était à gauche sous le nez de la police, on ne pouvait pas faire mieux, ils ont même failli nous rentrer dedans par le travers et il y a fallu palabrer un bon moment pour échapper à la contravention, le policier a fait un stage à Paris, la Rochelle et encore plein d'autres bleds, il dit que ça ne se passe pas comme ça en France, faut voir.

On a dépassé Mihzda , on serait à Aziziyah . Je viens de me refaire le plein plus 4 jerricans pour 9,7 dinars. On voit même sur la carte le bled qui s'appelle Aziziyah .
(32 40,675 N / 13 03,413 E) : droite pour aller à gauche.
On prend une bretelle qui nous emmène à droite vers la gauche, on passe par-dessus un pont assez visible et on échappe à Tripoli qui est à 50 km. On vient de se faire un tas d'ordures immondes à la sortie d'une grande ville, je n'ai jamais vu ça, c'est une drôle de conclusion pour un tel voyage. Au milieu d'une décharge fantastique, on trouve le rond-point qui nous ramène sur la route côtière, une autoroute carrément.
(32 47,958 N / 12 54,579 E) : police à moto, tatillons.

Le 5 janvier à 13 h 06, la circulation est assez dense, il faut quand même faire gaffe. Et voilà ce qui arrive, on est en (32 45,099 N / 12 42,343 E) .
C'est un bled qui n'a pas de nom, il est vraiment dégueulasse et Jean-Paul s'est fait choper par les motards, ils lui ont reproché d'avoir pris seulement 15 jours d'assurance au lieu d'un mois, il lui manque effectivement quelques jours, ça a fait tout un pastis, heureusement, ils se sont arrangés entre motards. C'est des coins hyper dangereux, il y a un souk continu au bord de la route, ils vendent des oranges, des portes cochères, n'importe quoi, un vrai bazar, chacun fait ses courses et quand la bagnole est pleine, ils démarrent sans regarder, c'est l'horreur. Ici, c'est une 4 voies, ça roule.
(32 55,248 N / 12 06,922 E) : je répète les plaques.

Il a dû y avoir un orage fantastique, les rues sont inondées, tout est boueux comme pas possible et Puthod se balade là-dedans sans essuie-glaces, c'est à mourir de rire. Je viens de croiser Rodolphe à la sortie de Zouara , à la pompe à essence, il zigzague, il ne peut pas conduire la nuit parce qu'il n'a pas les phares, il est tout seul, il a l'air hagard. Le prix du gasoil, c'est 0,085 dinar le litre (28,3 centimes) . Douane à 16 h 15, je répète la position (33 04,710 N / 11 44,021 E) : Douane libyenne .
Sortie 16 h 45. Il faut tamponner le passeport et la fouille pour 1 sur 3, puisque je suis le seul à avoir été fouillé par un olibrius mal luné. Je ne dois pas leur plaire parce que je ne suis pas rasé.

Cassette n° 3 face B.

Cette fois-ci le douanier regardait la télé française, ce n'était plus Vivaldi. Fin de la frontière tunisienne à 17 h 20. Ça fait 35 min pour le tout. À la frontière, je suis à 55 km au compteur, ou 11 010. Déluge à Ben Guerdane . Un change impossible à 66 DT pour 100 DL. Ça s'est terminé par un couscous d'enfer mangé sur le pouce et maintenant, on est dans les flaques en train de chercher le passage de Zarzis . Je fais mes comptes et je m'aperçois que j'ai dépensé là-bas 75 DL, ce qui fait 250 FF (38.11€ !!!) pour l'ensemble du parcours libyen.

Mercredi 6 janvier Djerba – Hammamet
« Il est à quelques lieues marines, dans le golfe de Gabès, un site admirable où les oiseaux chantent dans la verdure et où l'air est si pur qu'on oublie d'y mourir. »
(citation apocryphe du roman de Gustave Flaubert - Salammbô - 1862)
Triste soirée à Houmtsouk , sur l'île de Djerba où nous avons posé Jean-Paul à l'avion, après une traversée de Ben Guerdane où l'on avait mangé un couscous Garr'bit bon comme là-bas, un hôtel vraiment dégueulasse, à 2 balles et choisi pour ça. Mais j'ai quand même pu trouver un taxiphone, j'ai eu des nouvelles de France, ça fait du bien par où ça passe et petit plaisir, j'ai trouvé une superbe lampe à pétrole à pression, chinoise dernier cri absolument moderne et ravissante, avec un verre de rechange et 12 manchons, 39,5 DT (237 FF, le verre était déjà cassé en arrivant à Villard).

C'est le même modèle que celui acheté à Pointe-Noire : une lampe à pression formidable.


Bivouac somptueux, dans une oliveraie toute couverte de filet anti-moineaux, un peu avant Hammamet , après un dîner fantastique chez le boucher. Je vais tenter d'extorquer de Puthod quelques points GPS de ce voyage, effacés par erreur de mon dictaphone. Il ne m'en donnera que 6 ! Sans doute terrorisé par l'idée qu'avec ça, je lui ferai concurrence. J'essaie de faire ami avec ce mec qui vient de me faire faire un somptueux voyage, et je mettrai des années à constater que pour lui, je ne suis qu'un client de plus en plus exigeant, donc de plus en plus emmerdant. Dommage !
(36 22,149 N / 10 32,402 E) : bivouac Hammamet .

Jeudi 7 janvier Hammamet – Tunis
Petit lever du matin, deux fois le petit déjeuner, soleil levant sur la mer, beaucoup de poésie, un peu froid et Puthod m'a raconté plein d'aventures. Je suis sur la plage de l'Amilcar, je viens de réécouter un peu mes cassettes, la nostalgie démarre… re-dommage.

Vendredi 8 janvier Tunis – Gênes sur l'Habib

Samedi 9 janvier Gênes – Villard
Voilà la fin de l'histoire, je suis sur l'autoroute d' Aoste , il est 15 h 45, je suis assez en retard parce que le bateau a merdé, les Italiens nous ont fait chier comme des cons. Philippe, un des 3 Suisses a cassé sa bagnole, il a explosé son moteur à 170 km au sud de Tripoli , ils ont dû passer la soirée chez un Libyen vachement accueillant, parait-il, un peu trafiquant quand même, qui leur a immédiatement trouvé un camion pour monter la voiture à Tunis pour 500 CHF. Là, ils ont tiré la voiture sur le bateau et ont appelé Europe assistance pour se faire dépanner à Gênes . (la carte verte n'est pas valable en Libye). Ce même Philippe, après des rapports plus que méprisants dans ce voyage, ayant appris que j'étais en charge de la construction du bâtiment Botta, m'a fait une cour éhontée ensuite pour que je lui achète ses meubles : tu parles, un lot de 200 bureaux complets… C'est devenu le sparadrap du capitaine Haddock !

Ça fait donc 2 voitures esquintées chez les Suisses, mais pas la mienne pour l'instant.
20 l pile pour Gênes – Aoste péage, pour 223 km au compteur. À 3 h de Gênes et 1 h d'Aoste, je suis sous le tunnel, je vais bientôt sortir. 18 h 50, je passe devant la colo, je tourne à droite, le compteur dit 12 027 km et il y a un chien qui se barre.

Soit environ 4 800 km pour le tour complet Villard – Villard.

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