Qu'est devenu ce village mursi en vallée de l'Omo situé en 36.285124 E, 5.820830 N ?
Village mursi près de Mago depuis 2003
Conversation avec OpenAI - campements mursi, mobilité, tourisme et territoire du Sud-Omo
Un village difficile à suivre comme une localité permanente
Les coordonnées 5,820830 N - 36,285124 E désignent un emplacement situé à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Jinka, dans la zone de transition entre le parc national de Mago et le territoire mursi. Ce point se trouve sur ou à proximité de l'itinéraire traditionnel emprunté depuis Jinka pour visiter les campements mursi.
Je n'ai trouvé ni nom officiel associé à ces coordonnées, ni document permettant d'affirmer que le village photographié en 2003 existe encore exactement au même endroit. Cela n'a toutefois rien d'étonnant : chez les Mursi, le mot "village" ne désigne pas nécessairement une implantation fixe comparable à un village éthiopien des hauts plateaux.
Il a probablement été déplacé ou reconstruit à proximité
Les établissements mursi sont, ou étaient traditionnellement, des regroupements de familles semi-mobiles. Les habitants déplaçaient leurs huttes selon :
- la disponibilité de l'eau et des pâturages ;
- les zones cultivables en saison des pluies ;
- les mouvements du bétail ;
- les tiques, les mouches tsé-tsé et les maladies animales ;
- les tensions avec d'autres groupes ou avec l'administration du parc.
Les huttes, faites d'une armature de branches recouverte de chaume, pouvaient être abandonnées puis reconstruites assez rapidement ailleurs. Les groupes mursi eux-mêmes se définissent davantage par les personnes qui vivent et se déplacent ensemble que par un territoire villageois précisément délimité. L'anthropologue David Turton décrit ainsi des groupes passant régulièrement entre plusieurs sites de culture, de pacage et de résidence.
Il est donc vraisemblable que le petit ensemble de huttes vu en 2003 ait disparu physiquement, brûlé, effondré ou été rendu à la végétation, tandis que ses habitants ou leurs descendants se sont établis dans un autre campement, parfois à quelques centaines de mètres ou quelques kilomètres seulement.
Ce secteur est resté habité par des Mursi
Le territoire mursi se situe toujours principalement entre l'Omo, à l'ouest, et la rivière Mago, à l'est, dans l'actuel district de Salamago. Des campements continuent d'exister aux abords occidentaux et septentrionaux du parc de Mago. Les cartes communautaires réalisées avec les Mursi recensent de nombreux sites distincts : lieux de résidence, cultures, sources, pâturages, salines et passages du bétail.
La population n'a donc pas quitté cette partie de la vallée. En revanche, les implantations ont changé, et certains campements proches de la piste sont devenus plus stables parce qu'ils reçoivent régulièrement des visiteurs.
Le tourisme a pu fixer un nouveau village sur la piste
Depuis 2003, l'excursion depuis Jinka vers les Mursi est devenue l'un des circuits classiques du Sud-Omo. Plusieurs villages accessibles en véhicule, parfois désignés sous les noms de Maki, Haylo ou Hayloha selon les guides et les transcriptions, accueillent les groupes de touristes. Un récit de voyage publié en 2025 décrit encore un hameau nommé Maki, composé d'une dizaine de huttes, atteint après environ deux heures de piste depuis Jinka.
Il est possible que votre point corresponde à l'un des anciens campements de cette zone touristique, mais je ne peux pas l'identifier formellement comme Maki ou Haylo : ces noms sont employés de manière fluctuante, et les coordonnées publiées sont rares ou imprécises.
Le tourisme a eu un effet paradoxal :
- il a apporté de l'argent liquide aux familles situées près de la piste ;
- il a encouragé certains habitants à demeurer plus longtemps dans des campements accessibles ;
- il a transformé une partie des rencontres en séances payantes de photographie ;
- il a parfois séparé le village montré aux visiteurs des campements pastoraux où se trouvent réellement les troupeaux.
Ainsi, le village actuel le plus proche pourrait être plus permanent que celui que vous avez vu en 2003, tout en étant aussi beaucoup plus tourné vers les visiteurs.
Des changements plus profonds autour des Mursi
Depuis votre passage, les Mursi ont subi une pression accrue sur leurs terres : limites du parc national, développement de routes, projets agricoles et sucriers, réduction de certains pâturages et irrégularité des crues de l'Omo. Des travaux consacrés au projet sucrier Omo-Kuraz font état de pertes d'accès aux terres, à l'eau et aux ressources pastorales dans le district de Salamago, même si les effets varient fortement selon les secteurs et les communautés.
Votre village se trouvait cependant assez à l'est de l'Omo et plus près du parc de Mago que des principales plantations industrielles. Sa disparition éventuelle serait donc probablement due à la mobilité normale des campements et aux évolutions locales du tourisme, plutôt qu'à son engloutissement direct sous une plantation de canne à sucre.
Conclusion
Le plus honnête est de dire que le village matériel de 2003 n'existe probablement plus sous la même forme et exactement au même point. Mais rien ne permet de conclure que sa communauté a disparu ou a été expulsée très loin. Les familles ont vraisemblablement reconstruit leurs huttes ailleurs dans le même secteur, certaines s'étant rapprochées de la piste et des villages désormais visités depuis Jinka.
Vous retrouveriez aujourd'hui des Mursi dans cette région, mais probablement pas le même cercle de huttes : chez eux, le village était moins un lieu immuable qu'un moment dans le déplacement d'un groupe familial et de ses troupeaux.