Zone occidentale de Dal, Ferka et Mograkka

Conversation avec OpenAI - cataracte de Dal, Ferka Ouest, Mograkka et passages entre Nil nubien et désert

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Que sait-on de la zone ouest de Dal, Ferka et Mograkka ?

OpenAI

La zone occidentale de Dal, Ferka et Mograkka est beaucoup plus intéressante qu'elle n'en a l'air sur une image satellite. Ce n'est pas seulement une lisière désertique derrière les villages du Nil : c'est une zone de passage très ancienne entre la vallée nubienne et le désert occidental, occupée de façon discontinue depuis la préhistoire.

Un paysage de transition

Entre Dal et Mograkka, la rive occidentale présente successivement :

  • au nord, la vaste plaine sableuse et caillouteuse de Dal ;
  • vers Ferka, des affleurements et massifs granitiques, notamment le djebel Kitfogga ;
  • plus au sud, vers Mograkka, des collines rocheuses basses et des alignements granitiques qui finissent par rejoindre le Nil.

André Vila décrit la plaine de Dal comme une immense étendue ponctuée de gros blocs arrondis, avec des croupes granitiques souvent presque entièrement ensevelies sous le sable. A hauteur de Ferka, le relief devient progressivement plus marqué autour de Kitfogga, dont le nom nubien signifierait approximativement « la pierre qui tombe ». Puis une ligne de collines orientée nord-sud accompagne le fleuve jusqu'à la courbe de Mograkka.

Cette succession explique assez bien votre tracklog venant de Sélima : on atteint d'abord une région très ouverte, puis des passages où le relief rocheux impose davantage la trajectoire.

Une ancienne porte entre le désert et le Nil

Le secteur forme depuis longtemps un débouché naturel des itinéraires venant de l'ouest. Il ne faut pas nécessairement imaginer une route caravanière unique et permanente, mais plutôt un faisceau de pistes variant selon :

  • l'état des puits ;
  • l'ensablement ;
  • la sécurité ;
  • la saison ;
  • la destination exacte sur le Nil.

Les recherches récentes insistent d'ailleurs sur le fait que, pour les pasteurs et les voyageurs du désert, les chemins et les corridors de déplacement comptaient davantage que les villages fixes. La distribution des gravures rupestres, des campements et des cimetières montre que ces espaces occidentaux ont été parcourus à plusieurs reprises par des populations mobiles.

Votre arrivée de Sélima à Ferka Ouest s'inscrit donc dans une logique ancienne : rejoindre le Nil en évitant les reliefs les plus difficiles de Dal et en visant un secteur habité où l'on trouve eau, cultures et traversées possibles.

Une occupation très ancienne

Les prospections menées dans les années 1970 par André Vila ont recensé des dizaines de sites sur les deux rives et les îles. Pour le seul district de Ferka, 46 sites furent enregistrés, dont 21 sur la rive occidentale. Les occupations couvrent presque toute l'histoire de la Nubie.

Préhistoire et Néolithique

La zone a livré :

  • des outils attribués au Paléolithique nubien ;
  • des industries microlithiques ;
  • des campements néolithiques ;
  • des tessons décorés par impressions, zigzags ou chevrons ;
  • des emplacements de poteaux et de légères structures circulaires.

Ces installations sont généralement modestes, souvent placées sur de petites éminences graveleuses ou sur d'anciennes terrasses, à proximité du Nil mais hors de portée des crues ordinaires. Cinq des sept principales occupations néolithiques relevées à Ferka se trouvaient sur la rive occidentale.

Cela suggère que cette rive, aujourd'hui aride, offrait autrefois des espaces adaptés aux campements, à la pêche, à l'élevage et à une agriculture saisonnière.

Culture de Kerma et âge du Bronze

La région se trouvait dans une zone de contact entre :

  • les populations liées au royaume de Kerma ;
  • les communautés du Groupe C ;
  • des groupes pastoraux souvent associés à la tradition dite Pan-Grave ;
  • les influences égyptiennes venues du nord.

Des cimetières de la culture de Kerma ont été identifiés près des oueds et des reliefs. Plusieurs furent très pillés ou dégradés par l'érosion. Le massif de Kitfogga et ses environs ont livré des cimetières, des installations et des gravures pouvant être mises en relation avec les déplacements pastoraux de l'âge du Bronze.

La zone Dal-Ferka-Mograkka était donc probablement une frontière culturelle souple, où se rencontraient habitants sédentaires du Nil et pasteurs fréquentant le désert.

Les gravures rupestres

Les districts de Dal, Mograkka et Kosha comptent parmi les secteurs les plus riches de cette partie de la Nubie en art rupestre. Les thèmes recensés comprennent :

  • bovins ;
  • girafes ;
  • éléphants et hippopotames sur les panneaux les plus anciens ;
  • autruches ;
  • chiens ;
  • personnages ;
  • plus tardivement, chameaux et croix chrétiennes.

Les gravures ne sont pas réparties uniformément : elles se concentrent là où la roche convient, sur certains blocs et promontoires longeant d'anciens passages entre le Nil et l'intérieur. A Ferka Ouest, une partie des gravures paraît relativement tardive, notamment médiévale, avec des croix et des chameaux, tandis que Mograkka et Kosha possèdent davantage de représentations bovines attribuables à l'âge du Bronze.

Ces gravures constituent probablement autant des marques de passage et d'identité que des représentations purement décoratives.

La période méroïtique et post-méroïtique

L'occupation méroïtique est attestée, mais elle est souvent difficile à distinguer, car les établissements ultérieurs ont recouvert ou réutilisé les mêmes emplacements.

La période post-méroïtique, anciennement appelée Groupe X, est beaucoup plus visible par ses grands tumulus funéraires. Près de Ferka Est, certains de ces tumulus occupent le débouché de l'oued Sibée. Des ensembles comparables sont présents dans l'ensemble de la région, traduisant une occupation importante entre la fin du royaume de Méroé et la christianisation de la Nubie.

Une forte occupation chrétienne

C'est probablement la période chrétienne, entre environ le VIe et le XIVe siècle, qui a laissé les vestiges les plus spectaculaires.

Sur la rive occidentale se trouvaient :

  • de grandes agglomérations ouvertes ;
  • des cimetières ;
  • des villages fortifiés ;
  • des carrières ;
  • des établissements agricoles linéaires entre le Nil et les dunes.

Au nord de Kitfogga, Vila a identifié un village chrétien fortifié établi sur une croupe granitique. Plus au sud, il décrit un très grand établissement chrétien s'étendant sur près de deux kilomètres entre la berge et une ligne de dunes à tamaris.

Les îles jouaient également un rôle important. Firkinarti, en face de Kitfogga, portait une ville chrétienne fortifiée sur son promontoire rocheux. L'endroit aurait encore servi, à une époque relativement récente, de résidence à des chefs locaux. A basses eaux, le bras oriental pouvait parfois être traversé à pied.

Cela montre que la région n'était pas périphérique : elle appartenait pleinement au réseau dense des royaumes chrétiens nubiens, probablement celui de Makouria.

Après la période chrétienne

Les installations médiévales furent progressivement réoccupées ou transformées durant les périodes islamique et Funj. Les îles, plus faciles à défendre et moins touchées par les constructions modernes, ont parfois conservé des villages fortifiés en briques crues.

Les recherches récentes entre Attab et Ferka ont montré que certains sites autrefois considérés comme « médiévaux tardifs » pourraient plutôt dater de la période Funj. Les archéologues ont aussi constaté que les îles conservent souvent mieux leurs vestiges que les rives, aujourd'hui affectées par l'extension des villages, les pistes automobiles et l'orpaillage.

La voie ferrée et les pistes coloniales

A la fin du XIXe siècle, les Anglo-Egyptiens établirent une voie ferrée militaire dans la région lors de la reconquête du Soudan. Le verrou rocheux de la cataracte de Dal empêchait un passage direct et facile le long du Nil. La voie ferrée et les pistes contournaient donc certains reliefs, notamment par la vallée de l'oued Sibée, entre Ferka et Akasha.

André Vila signalait encore dans les années 1970 les remblais de cette ancienne ligne entre Ferka et Kosha, ainsi que divers aménagements militaires et routiers anglo-égyptiens.

Dans votre parcours, certaines traces rectilignes visibles loin du fleuve peuvent donc correspondre soit à des pistes modernes, soit à des tronçons ou terrassements liés à ces anciens axes.

Ce que représente finalement cette rive occidentale

La meilleure manière de comprendre l'ouest de Dal, Ferka et Mograkka est de le voir comme une zone intermédiaire :

une mince bande cultivée au bord du Nil, adossée à un arrière-pays désertique parcouru depuis des millénaires par des chasseurs, des pasteurs, des caravanes et des armées.

Elle n'a jamais été densément occupée loin du fleuve, mais elle n'était pas vide. Les blocs gravés, campements, tombes et villages fortifiés montrent une fréquentation répétée, liée à la fois :

  • aux ressources du Nil ;
  • aux pâturages temporaires ;
  • aux voies venant du désert ;
  • aux passages imposés par les reliefs ;
  • aux relations entre la Nubie nilotique et les oasis occidentales.

Pour votre récit

En venant de Sélima, nous atteignons le Nil à Ferka Ouest, dans une région qui fut pendant des millénaires la charnière entre la vallée nubienne et le désert. Derrière les villages et les cultures s'étend la plaine de Dal, ponctuée de massifs granitiques, de cimetières anciens et de gravures rupestres. Les pasteurs de l'âge du Bronze, les habitants de Kerma, les royaumes chrétiens, puis les caravanes et les troupes anglo-égyptiennes ont tous emprunté ou occupé cette étroite zone de passage.