Ksar Ghilane : le fort de Tisavar

Conversation avec Gemini - construction, occupations et histoire militaire

Fort de Ksar Ghilane
Le fort de Ksar Ghilane - Tunisie, novembre 1991
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Que sait-on du fort de ksar Ghilane, en tunisie ?

Qui l'a construit, quand et successivement

Gemini

Le fort de Ksar Ghilane, connu historiquement sous son nom antique de Tisavar, est un témoignage fascinant de l'histoire militaire aux portes du Grand Erg Oriental tunisien. Érigé sur un affleurement rocheux dominant l'oued bel Recheb, il servait à surveiller les pistes du désert et la route du Dhahar.

L'histoire de sa construction et de ses occupations successives s'étend sur plusieurs siècles.

1. La construction romaine : la naissance de Tisavar (fin du IIe siècle)

Le fortin a été bâti par l'Empire romain entre 184 et 191 apr. J.-C., sous le règne de l'empereur Commode.

Le rôle : Il constituait un poste avancé du Limes Tripolitanus, la frontière fortifiée fort complexe protégeant l'Empire des incursions des tribus nomades du désert (comme les Gétules ou les Garamantes).

La garnison : Le site était tenu par un détachement de la célèbre Legio III Augusta (la Troisième Légion Auguste), commandée sur place par un centurion nommé Ulpius Paulinus, comme l'atteste une inscription peinte découverte sur le plâtre d'un mur.

L'architecture : C'est un petit fortin rectangulaire compact (environ 25 × 35 mètres). Ses murs de calcaire brut, hauts d'environ 3 mètres, abritaient des pièces rudimentaires tournées vers une cour centrale, des citernes (capables de stocker un peu plus de 2 000 litres d'eau) et des écuries. Un linteau intérieur porte encore la gravure dédiée à Jupiter : « Iov(i) Opt(imo) Max(imo) Vic(tori) » (À Jupiter, le meilleur, le plus grand, le vainqueur).

2. L'abandon et l'époque médiévale (IVe siècle - époque islamique)

Le fortin a perdu son utilité romaine directe et fut déserté au début du IVe siècle. Au fil des siècles, sa structure solide a servi d'abri temporaire aux caravanes nomades et aux voyageurs traversant le Sahara. Le nom s'est transformé pour devenir Ksar Ghilane (ksar signifiant château ou village fortifié en arabe).

3. La réoccupation moderne (début du XXe siècle)

Au début du XXe siècle, durant la période du Protectorat français, l'armée française (notamment les Compagnies Sahariennes) réinvestit et réaménage partiellement les ruines du fortin romain pour en faire un poste de surveillance des confins sahariens, profitant de sa position surélevée stratégique.

4. La Seconde Guerre mondiale : l'épopée de Leclerc (1943)

Le fort et ses abords immédiats redeviennent un haut lieu stratégique lors de la Campagne de Tunisie.

Février - mars 1943 : Le Général Leclerc et la Force L, venus à pied d'œuvre depuis le Tchad après une fantastique épopée saharienne, s'installent dans la zone pour bloquer les troupes de l'Axe.

La bataille de Ksar Ghilane : Du 23 février au 10 mars 1943, les troupes de Leclerc y soutiennent victorieusement les assauts de la 15e Panzerdivision allemande (appuyée par l'aviation), leur infligeant de lourdes pertes et permettant de déborder la ligne fortifiée de Mareth.

Une stèle commémorative (la colonne Leclerc) s'élève aujourd'hui à environ un kilomètre à l'est du fort pour rappeler ce fait d'armes.

Aujourd'hui, le fort de Tisavar, proposé depuis 2012 pour un classement au patrimoine mondial de l'UNESCO, dresse fièrement ses murs de pierre blonde au milieu des dunes de sable fin, à environ 6 kilomètres de l'oasis moderne et de sa source chaude.