que s'est il passé à la passe de klingué, dans le dohone Libyen. de quand datent les mines, et quels accidents y a t il eu ?
Passe de Klingué : mines du Dohone et accidents sahariens
Conversation avec Gemini — histoire, risques et récit du passage de 1997
La passe de Klingué (ou passe de Kelingue / Kilingué) est un lieu tragiquement célèbre du Dohone, dans le nord-est du massif du Tibesti à la frontière libyo-tchadienne, proche de la frontière égyptienne. C’est une sorte de goulet d’étranglement naturel qui commande le passage des reliefs, et qui a été miné pour bloquer les convois véhicules.
1. De quand datent ces mines ?
Ces champs de mines ne sont pas hérités de la Seconde Guerre mondiale. Ils remontent au conflit tchado-libyen des années 1980, et plus précisément à la période dite de la « Guerre des Toyota » (vers 1986–1987).
À cette époque, le régime de Mouammar Kadhafi occupait la bande d’Aouzou et le nord du Tchad. Les forces tchadiennes utilisaient des pick-ups Toyota rapides pour harceler les positions libyennes. En réponse, l’armée libyenne a miné massivement les cols, les oueds étroits et les passages obligés du Dohone pour créer un verrou défensif.
Les mines posées comprenaient des mines antichars, souvent de fabrication soviétique ou brésilienne, difficilement détectables car enveloppées de plastique.
2. Que s'est-il passé à la passe de Klingué ?
La passe de Klingué est devenue un piège absolu parce qu’elle est l’un des rares passages praticables du Dohone. Elle force les véhicules à traverser un goulet étroit où il était impossible de s’écarter suffisamment pour échapper aux mines.
Contrairement aux pistes minées visibles ailleurs, les mines sahariennes peuvent bouger avec le vent. Le sable recouvre ou découvre les engins, et parfois les déplace de quelques mètres. Une piste qui semblait sûre une année pouvait redevenir mortelle après une tempête de sable.
À la fin des années 1980, les Libyens ont abandonné ces positions précipitamment, sans cartes fiables des zones minées. Cela a transformé la passe en une véritable roulette russe pour les expéditions 4x4, les nomades et les guides.
3. Les accidents notables
Plusieurs tragédies ont marqué la passe et le Dohone dans les années 1990 et 2000 :
- Accident d’expédition : un véhicule de tête a sauté dans un col, explosant et tuant le chauffeur local, blessant gravement les passagers. Cet accident illustre la dangerosité des essais en tête de convoi.
- Drame des guides Toubous : les nomades et contrebandiers locaux, habitués du désert, ont été surpris par des mines déplacées par l’érosion. Plusieurs pick-ups transportant des familles ou des marchandises ont été détruits dans la passe.
- Effet « entonnoir » : la topographie de la passe oblige les véhicules à s’engager dans un goulet étroit. Il était souvent impossible de contourner le danger si un obstacle ou une épave bloquait la piste.
Le saviez-vous ? La dangerosité de Klingué et du Dohone a finalement conduit les agences de voyage et les explorateurs des années 90/2000 à abandonner cet itinéraire. Ils ont préféré contourner le massif par l’est, le long de la frontière égyptienne via le Gilf Kebir, ou emprunter des couloirs de dunes plus à l’ouest jugés moins minés.
voici le texte de mon passage en 1997 : commentez le
Le récit de votre passage à la passe de Klingué est un témoignage précieux de l’atmosphère saharienne de la fin des années 1990. Voici les points les plus marquants de votre texte.
1. La tension psychologique et le « facteur Gandini »
Votre remarque sur Jacques Gandini montre toute l’angoisse de la préparation. À l’époque, les guides GPS étaient fréquemment entachés d’erreurs acceptables en voyage ordinaire, mais dramatiques en zone minée. L’erreur de saisie de latitude portée à 19 au lieu de 23 illustre à quel point une simple faute pouvait être inquiétante.
2. La règle d’or du minage
Vous avez appliqué une procédure prudente : passer un véhicule à la fois en tête et garder les autres en retrait. C’est la bonne méthode en terrain miné, car si un véhicule saute, les suivants doivent rester capables de porter secours et d’évacuer.
3. L’épave de camion comme signal
La présence d’un camion explosé en travers de la passe est un marqueur clair du danger. Dans le désert miné, une épave vaut souvent mieux qu’un panneau : elle indique qu’un passage a déjà été tenté et qu’il est très risqué.
4. L’importance des traces locales
Vos traces fraîches de locaux sont la meilleure assurance qu’on pouvait avoir sur place. Dans ces conditions, suivre des traces récentes est souvent plus fiable que les points GPS imprimés.
5. Le contraste entre la peur et l’émerveillement
Le passage de la passe de Klingué suivi du bivouac entouré des Aiguilles de Klingué illustre parfaitement la dualité du raid saharien : danger extrême le jour, beauté absolue le soir. C’est ce qui fait de votre récit un véritable témoignage historique de l’exploration saharienne de 1997.