Houidhat Erreched : un lac chaud dans les dunes

Conversation avec Gemini - forage artésien, nappe fossile et oasis lacustre

Lac de Houidhat Erreched dans les dunes
Houidhat Erreched, image extraite de la vidéo du 23 avril 2001
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Comment s'est formé Houidhat Erreched dans le sud tunisien

Gemini

Le lac de Houidhat Erreched (ou Hwidhat Erreched), véritable anomalie bleutée et tiède posée au cœur des dunes géantes du Grand Erg Oriental dans le Sud tunisien, n'est pas un lac naturel au sens classique (comme un lac de pluie ou de crue).

Sa formation résulte de la conjonction d'une structure géologique profonde particulière et d'une intervention humaine d'exploration pétrolière ou hydrogéologique datant de la seconde moitié du XXe siècle.

1. L'origine mécanique : un forage artésien

Dans les années 1970 à 1980, des campagnes de prospection (principalement pétrolières ou pour la recherche d'aquifères profonds de l'État tunisien) ont été menées dans le grand désert. À cet emplacement précis, à plus de 100 kilomètres au sud de Douz et au sud-ouest de Ksar Ghilane, un puits a été foré.

Le forage a percé la roche supérieure pour atteindre le Continental Intercalaire, une gigantesque nappe phréatique fossile et captive qui s'étend sous une grande partie du Sahara (Algérie, Tunisie, Libye).

2. Le phénomène hydrogéologique : la résurgence

La nappe du Continental Intercalaire est soumise à une très forte pression hydrostatique et confinée sous des couches géologiques imperméables. De plus, en raison de sa grande profondeur (souvent plus de 1 000 à 2 000 mètres sous terre), l'eau y est soumise au gradient géothermique : elle est chaude.

L'artésianisme jaillissant : Dès que le forage a brisé la couche imperméable, l'eau sous pression est remontée d'elle-même vers la surface sans aucun besoin de pompe.

La création de la cuvette : En jaillissant de manière continue au milieu des cordons de dunes (les ghourds), l'eau chaude (qui sourd aux alentours de 35 à 38 °C) a progressivement inondé une dépression inter-dunaire (un gassi ou une feidj).

3. La stabilisation du lac

Au départ, l'eau s'infiltrait massivement dans le sable. Mais au fil du temps, le flux constant a saturé le sol sablonneux sous-jacent. Des sédiments fins, des minéraux transportés par l'eau thermale (chargée en soufre et en fer) et le développement rapide d'une micro-faune et d'une flore aquatique (roseaux, algues) ont progressivement imperméabilisé le fond de la dépression.

Le lac a ainsi trouvé son équilibre entre le débit de la source jaillissante, l'infiltration périphérique et l'évaporation intense due au climat saharien. Des roseaux (Phragmites) ont colonisé les berges, fixant le sable et donnant naissance à cette oasis lacustre totalement isolée.

Cette origine humaine mais devenue sauvage explique pourquoi cette eau est thermale, légèrement sulfureuse, et maintient une température constante propice à la baignade, même au cœur de l'hiver saharien.

Pour découvrir l'atmosphère unique de ce lieu en plein désert, vous pouvez visionner ce reportage sur le Lac Houidhat Erreched. Cette vidéo montre les paysages de dunes colossales qui entourent le plan d'eau et témoigne de l'isolement total de cette source chaude au cœur du Grand Erg Oriental.