Djebel aux serpents - Jabal az-Zalmah en Libye

Conversation avec Gemini - Analyse du Jabal az-Zalmah

Vous

Que sait-on du Jabal az-Zalmah ?

Gemini

Le Jabal az-Zalmah (parfois orthographié Djebel az-Zalmah, Jabal al-Zalmah ou Jebel al-Zalmah, que l'on peut traduire par le "Mont des Ténèbres" ou de l'Obscurité) est un massif montagneux et un affleurement rocheux remarquable situé en Libye, sur le flanc nord du bassin de Koufra (Al Kufrah Basin).

Ce site est mondialement connu parmi les géologues pour abriter des preuves spectaculaires de la glaciation de l'Hirnantien (il y a environ 444 millions d'années, à la fin de l'Ordovicien). À cette lointaine époque géologique, le pôle Sud se situait au niveau de l'Afrique du Nord.

Le Jabal az-Zalmah expose des structures sculptées directement par d'immenses calottes glaciaires et des torrents d'eau de fonte sous-glaciaires. On y trouve une discordance géologique majeure (un relief d'érosion d'environ 100 mètres) qui montre de gigantesques cannelures, crêtes et sillons parallèles créés par le passage des glaciers sur le substrat rocheux.

Il se trouve dans le désert libyque (Sahara oriental), délimitant la bordure septentrionale de la grande dépression de Koufra. Le paysage y est typiquement saharien, très aride, marqué par des réseaux d'oueds asséchés qui entaillent le plateau rocheux et des formations de grès massives.

En dehors de son importance majeure pour la compréhension de l'histoire climatique de la Terre et de la paléogéographie du Sahara à l'ère primaire, c'est une région particulièrement isolée et difficile d'accès.

Vous

j'y suis passé en 1997, voici mon récit avec des coordonnées gps. Pouvez-vous m'aider à étoffer ce texte ?

Gemini

Quel incroyable récit de voyage ! Traverser cette partie de la Libye en 1997, à une époque où la navigation GPS grand public en était encore à ses balbutiements et où la zone était d'un accès d'une complexité rare, relève de la véritable exploration saharienne.

Le Jabal az-Zalmah (ou Jebel al-Zalmah, que l'on peut traduire par le "Mont des Ténèbres" ou de l'Obscurité) est un relief gréseux très isolé et particulièrement hostile du désert Libyque, situé juste à l'ouest du Grand Erg de Libye (Great Sand Sea). Vos coordonnées décrivent une descente Nord-Sud magnifique, partant de la zone de transition des gassis (les couloirs entre les dunes) vers le plateau rocheux, pour finir par plonger sur la dépression de Koufra.

Voici des éléments scientifiques, historiques et naturalistes pour étoffer votre récit et éclairer les mystères que vous y avez croisés :

Gemini

1. Le mystère scientifique du Verre Libyque (Libyan Desert Glass)

Dans votre texte, vous mentionnez à juste titre la controverse sur sa formation.

L'origine de l'impact confirmée :
Le débat entre "explosion atmosphérique" (comme à Toungouska) et "impact météorique" a été tranché récemment. Des analyses ont révélé la présence de reidite, un minéral qui ne se forme que sous des pressions extrêmes (supérieures à 30 gigapascals), typiques de l'impact direct d'une météorite contre le sol, et non d'une simple explosion aérienne.

Vos "cailloux à hublot" :
Ce que vous décrivez est un phénomène fascinant de fusion superficielle. Lors de l'impact (il y a 29 millions d'années), la chaleur rayonnante a été si intense qu'elle a vitrifié la couche externe de certaines roches locales sans en altérer totalement le cœur, créant cette illusion de "hublot" permettant d'en voir l'intérieur.

Gemini

2. Le mystère des serpents géants dans une zone lunaire

Votre rencontre avec ce sifflement glaçant et ces énormes traces n'était pas une hallucination. Le Jabal az-Zalmah est connu pour abriter des reptiles particulièrement résistants.

Qui sont-ils ?
Les traces massives que vous avez vues appartiennent très probablement à la Vipère cornue (Cerastes cerastes) ou à la Vipère de l'Erg (Cerastes vipera). Elles se déplacent par "déroulement latéral" (sidewinding), ce qui laisse des traces en forme de J ou d'esses parallèles, donnant l'impression d'un serpent beaucoup plus grand qu'il ne l'est en réalité.

De quoi vivent-ils ?
C'est le grand paradoxe du désert absolu. Ces serpents survivent grâce à un écosystème invisible. Ils se nourrissent de petits geckos de sable, de rongeurs (gerboises) qui vivent en profondeur, mais surtout : ils interceptent les oiseaux migrateurs.

Fatigués par leur traversée du Sahara, beaucoup d'oiseaux se posent au pied des rochers du Djebel pour chercher de l'ombre... et finissent dans la gueule des vipères qui s'enterrent dans le sable pour ne laisser dépasser que leurs yeux.

Gemini

3. Les "Coussins" et "Taupinières" (Géomorphologie)

Vos notes évoquent le "bivouac du 1er coussin" et un "cirque de taupinière". En géographie saharienne, ces formations de grès sculptées par l'érosion éolienne (le vent chargé de sable qui polit la roche) portent le nom de barchanes corrodées ou de yardangs.

Le vent use la base des rochers plus vite que le sommet, leur donnant des formes de champignons, de dômes ou de "taupinières" lisses, qui contrastent magnifiquement avec la platitude des plaines de sable.

Vous

quelle différence entre le djebel Al Hawaish et Jabal az-Zalmah ?

Gemini

C'est une excellente question géographique. Puisque vous avez longé le Jabal az-Zalmah avant de descendre sur Koufra, vous étiez à la frontière même de ces deux massifs.

Bien qu'ils appartiennent tous deux à la même structure géologique globale (la bordure nord du grand bassin sédimentaire de Koufra), le Jabal az-Zalmah et le Jabal Al Hawaish (parfois orthographié Al Hawari ou El Hawaish) présentent des différences majeures de morphologie et de position.

Voici ce qui les distingue fondamentalement :

1. La situation géographique : Le rempart ouest vs le verrou nord

Jabal az-Zalmah : Il s'étire selon un axe Nord-Nord-Ouest / Sud-Sud-Est. C'est le relief que vous avez franchi. Il forme une sorte de longue barrière rocheuse qui sépare les plaines de gassis à l'ouest et le Grand Erg de Libye (Great Sand Sea) à l'est. C'est l'itinéraire logique quand on descend du nord directement vers Koufra par les couloirs de sable interdunaires.

Jabal Al Hawaish : Il est situé un peu plus à l'est et s'étend davantage comme un verrou transversal, barrant en partie l'accès au nord-est de l'oasis. Historiquement, c'était le point de repère absolu et redouté des caravanes qui venaient d'Égypte (par l'oasis de Siwa ou de Djalo) vers Koufra.

2. La morphologie : Plateaux découpés vs "Taupinières" isolées

Au Jabal az-Zalmah (votre parcours) : Le relief est très marqué par des oueds encaissés, des passes (comme celles que vous avez notées) et des plateaux de cailloux (reg). C'est là que se trouvent les déformations géologiques spectaculaires dues au soulèvement tectonique ancien, créant de vrais labyrinthes de pierre et des "entonnoirs" de sable.

Au Jabal Al Hawaish : Le paysage s'aplanit en s'ouvrant sur la dépression. C'est là que l'érosion éolienne extrême a fini son travail : le massif est "ruiné". On y trouve de grandes plaines de sable d'où émergent ces fameuses Garas (buttes-témoins) et les fameuses "taupinières" (les yardangs lisses) que vous avez admirées lors de votre bivouac nº 9. C'est le signe géologique que vous quittiez le relief dur d'Az-Zalmah pour entrer dans le domaine sédimentaire mou d'Al Hawaish.

3. L'importance historique (Rohlfs et Almásy)

Dans la citation d'Almásy que vous avez partagée, il évoque Gerhard Rohlfs en 1879.

Rohlfs, arrivant du nord, s'est d'abord heurté au labyrinthe du Jabal az-Zalmah.

Mais c'est au niveau du Jabal Al Hawaish qu'il a enfin aperçu, au loin, la tache verte de la palmeraie de Koufra. Al Hawaish servait de "mirador" naturel : les vagues de fanatiques Senoussis s'y postaient pour surveiller l'arrivée des intrus ou des caravanes de commerce.

En résumé, lors de votre voyage en 1997, votre tracé du 12 au 14 octobre est la transition exacte : vous avez attaqué le relief trialisant et rocheux du Jabal az-Zalmah, et votre "extase" du lundi 13 octobre au bivouac des taupinières marque votre entrée dans les plaines sablonneuses et les structures érodées caractérisant les abords du Jabal Al Hawaish, juste avant de plonger sur le jardin de Koufra.