La palmeraie de Rachid

Extrait de Du Sénégal au Cameroun — Lt-Colonel de Burthe d'Annelet (1932-1935) [T1 p.137]

Description Géographique et Fondation de Rachid

La vallée s'élargit pour se resserrer ensuite. Des palmiers espacés surgissent à un tournant: c'est une **palmeraie de Rachid**, entrecoupée de lougans de mil, de blé, d'orge, d'oignons indigènes, qui s'étire et s'égrène pour se donner de l'importance. Rachid (**km. 6**), bâtie dans un site pittoresque sur le bord de l'**oued Tijikdja** qui prend ici le nom d'**oued Rachid**, est adossée aux pentes de la montagne de l'est, protégée au nord par le ravin du défilé de **Bin Hilmelhé**, en face du **Guelb Menri** où subsistent quelques ruines **Sarakolé**.

Créée par les **Kounta** il y a environ cent-soixante-dix ans, elle a été jadis une oasis prospère où les transactions se faisaient selon le mode des peuplades primitives, l'échange ou troc.

Histoire, Guerres et Abandon

Maintes fois détruite par les guerres, elle a été reconstruite, jusqu'au jour où les **Ahel Souid Ahmed** défirent les Kounta et les en chassèrent.

Aujourd'hui, elle est à peu près abandonnée. Elle n'abrite que quelques familles de **«haratin »**, captifs libérés par les Kounta et qui entretiennent comme ils peuvent la palmeraie. Mais, au moment de la *guetna* la population afflue.

Le **ksar est accablé sous le soleil brûlant, silencieux et mort**. Au milieu des venelles sinueuses, les maisons sont ruinées, les façades sont lézardées, les terrasses sont effondrées, les murailles sont écroulées et les murs en pierres sèches encombrent le chemin de leurs débris. Tout n'y est que décombres et misère.

La Palmeraie et l'Économie

La palmeraie, environ **12.000 pieds dont 8.500 en rapport**, est la propriété des **Kounta Ouled Sidi Louafi et Ouled Sidi Boubakar**. Les dattes, dont certains plants proviendraient du **Touat** et seraient par suite appelés **« Touetiyat»**, sont de bonne qualité, mais, la production est faible en raison du demi-abandon dans lequel sont laissés les palmiers et aussi de la sécheresse qui, l'an dernier, a donné une récolte déficitaire, malgré la présence de nombreux puits.

Source : Lt Colonel de Burthe d'Annelet - Du Sénégal au Cameroun - 1932-1935 (T1 p.137)