Le texte est haché par de nombreuses coordonnées GPS, qui ont maintenant perdu leur valeur. Mais ce
n'était pas du tout le cas à cette époque. J'en ai un peu atténué le graphisme pour ne pas tout gâcher.
Samedi 5 novembre
Le GPS dit 8 h 34.04 le 5 novembre, on a 2 crevards qui caillent la mort en pyjama sur le mur à côté de nous
et on s’en va.
On vient de passer le péage de
Cluses
et le compteur du Defender est à 55 950 km. Il se bloquera à 59 100 dans l'
Idehan d'Oubari
. Soit 3 150 km plus 2 000 km de retour : 5 000 km au total.
On passe chez Maubert au
plateau d’Assy
pour récupérer nos passeports et ceux des Daudin. Nous n’avons eu nos visas que de justesse après une erreur
d’adresse dans un courrier avec B. Maubert.
9 h 48, on arrive à
Servoz
, on vient de se faire la petite route du
Lac vert
avec quelques petits rayons de soleil sur les feuilles d’automne, c’était très joli. Évidemment il y a
quelques virages en trop sur une route un peu petite pour un si grand départ.
Nous retrouvons Yves et Michèle Daudin sur la plate-forme du tunnel. Adieux rapides à leurs enfants.
Sortie d’autoroute inopportune pour laisser Martine courir aux toilettes, pluie fine. (Aucun rapport ?)
Quelques lasagnes quelconques sur l’autoroute. Retrouvailles vers 14 h sur le port.
⏯️
Déchargement du précieux quad
Il y a 2 quads sur ce voyage conduits par Francis et Josiane Baudart. Ce sont de petits modèles Blaster
loués par Puthod qui compte s'en servir pour les reconnaissances. Mais ces bestioles étonnantes vont attirer
mon attention…
Puthod arrive le dernier. Les billets sont pour un autre bateau. Cabine 4 personnes, nous faisons équipe
avec Yves et Michèle. Somptueux orage en mer, éclairs formidables pendant plusieurs heures.
Dimanche 6 novembre
Grande conférence dans le petit salon du Habib, Puthod fait un discours et paie l’apéritif, présentations en
tour de table, personne ne veut avouer son âge. Sortie des photos satellites qui sont formidables : nous
allons les regarder jusqu’à en attraper le mal de mer. Nous sommes plusieurs à comprendre qu’il ne s’agit
plus d’une plaisanterie. L'émotion est comparable à celle d'un Jules Verne découvrant les avions
Ces photos satellites ont une histoire : Je fonctionnais jusque-là avec des quick look de l'Esa, gratuite
sur le net, mais avec une résolution d'un pixel pour 30 m, ce qui n'est pas top. Ils vendaient à l'époque
des tirages papier de bonne qualité, mais soit 4 000 FF/carré coordonnés et orthonormés, soit brutes pour
500 FF. Je me suis groupé avec Jean-Paul, Denis et Papé pour acheter les 4 carrés couvrant
Murzuq
, avec l'intention de les coordonner moi-même…
Débarquement à
Tunis
sans histoires, même pour les 2 Quads. Autoroute jusqu’à
Bouficha
, salade Mechouïa et grillades, j’achète 3 kg d’oranges et 2 kg de clémentines qui dureront 2 semaines sans
problème. Arrêt à l’hôtel Continental de
Kairouan
vers 11 h du soir. Crados.
Lundi 7 novembre
Salut, il est 11 h à l'entrée de
Médénine
, on commence à voir la banque de la route, je t'appelle pour te dire qu'on a fait du change Dinars tunisiens
à La
Goulette
à 5.46 (500 FF pour 91 DT). À
Ben Guerdane
, change d'enfer 500 DL pour 1 000 FF.
15 h 45, on sort de toutes les formalités libyennes, on ne s'en est pas trop mal tiré.
Un contrôle de vaccination contre le choléra vient d'être instauré par les Libyens depuis 2 jours. Au
retour, nous avons rencontré des gens de l'Allier, département favori de Michel et Christian de Marylène.
Ils nous ont dit que peu de temps après notre passage, les Tunisiens fâchés par le contrôle du choléra mis
en place par les Libyens, ont exigé un vaccin contre la peste. La frontière est restée totalement fermée
pendant 3 jours avant la suppression des contrôles des 2 côtés.
Après avoir rempli les fiches de police, nous sommes allés en groupe au « contrôle sanitaire » où le médecin
nous a déclarés indemnes du choléra sur présentation et recopie de nos passeports. Il nous a rendu la pile
et nous sommes repartis vers la police. La police avait simplifié sa carte, finalement, il n'y a bientôt
plus rien à mettre dedans. Ils se sont mis à 3 pour tamponner assez vite, bien sympa.
Après, on est rentré dans le grand bâtiment de la douane d'où ils nous ont expédiés « faire l'assurance » à
2 km. À l'assurance les prix se sont envolés, on nous a d'abord parlé de 100 FF par voiture pour 15 j pour
des voitures normales, après quand il a vu le tonnage des voitures, il a dit que ce n'était plus le même
prix, on a dit qu'on payait en dollars, il a dit 10 dollars par voitures, puis 12 dollars et quand il a vu
les Toyota, il a dit 15 dollars et il nous a tous assaisonnés. Il vaut mieux payer en dollars.
On est revenus dans la cabane, on a fait les plaques, relativement long. Dans la cabane de la douane, il y a
2 banques maintenant qui se regardent en chien de faïence, ils nous ont demandé si nous voulions changer, on
a dit non, il n'y a eu aucune suite. Les fonctionnaires sont assez sympathiques. On a vu un petit gars d'une
agence de voyage qui prétend que dans 3 ou 4 mois maximum, il n'y aura plus une seule voiture privée qui
pourra rentrer, on sera obligé de se faire accompagner. Ça, ça reste à voir.
18 h 42, on sort de
Zouara
, on a paumé Cesare, eh oui ce n'est même pas croyable, Puthod est retourné à la douane sur 60 km, il a
d'ailleurs failli ne pas ressortir de la douane, on lui cherchait des poux dans la tête et maintenant, on
essaie d'avancer en cherchant Cesare.
On s'est trouvé un petit restau 8 km avant la bifurque de
Surnam
, c'est à
Sabrata
, sur une petite place en retrait, le bâtiment ressemble à une petite mosquée, il me semble qu'il y a des
bouteilles dessinées sur les murs, c'est hyper copieux pour 15 DL par tête et on sort de là repus.
21 h 42, super bivouac
(32 32.835 N / 12 24.311 E)
on quitte le goudron à gauche après un arbre. Il y a en fait une piste à droite et une autre en face à
gauche, avec super tas d'ordure, etc.
22 h 06
(32 32.639 N / 12 24.395 E)
bivouac assez ouvert, on voit des lumières au loin, ça n'a pas l'air mal, il y a un peu de sable.
Michel monte sa tente : un parallélépipède accroché à 2 piquets et son Patrol, cousu main par Bèbère.
Mardi 8 novembre
Départ 8 h 14, on se retrouve au goudron, tout le monde est aligné, sauf Cesare hélas et on pique au sud.
Le ciel est gris bleu avec un petit soleil qui commence à chauffer en travers, il n'y a personne sur la
route, c'est tout droit, l'ambiance est douce, ça avance.
Carrefour à droite
(32 09.477 N / 12 29.025 E)
cap 200 contrairement à moi qui l'avait pris à gauche en mai 94.
Station d'essence
(32 08.100 N / 12 28.069 E)
carrefour à gauche avec la police
Minaret de
Yafran
?
(32 03.651 N / 12 31.320 E)
Après avoir pris un petit coup à droite, on reprend un petit coup à gauche
Carrefour
(31 58.891 N / 12 32.662 E)
pris à gauche
Grande première à
Mizdah
, ils nous ont seulement recopié le passeport de Puthod et on est tous partis aussi sec, les formalités
maintenant c'est 5 minutes, pas possible !
Par contre, pas de nouvelles de Cesare, on ne sait pas s'il est devant ou derrière, on ne se comprend pas
(avec la police)
15 h 37, on arrive sur une route complètement trempée, la pampa aussi d'ailleurs, on n'a pas beaucoup de
gouttes mais des traces d'orage devant nous et un peu à l'est, l'orage a l'air assez important. Ici, il a dû
faire une bien belle averse.
Excellente nouvelle, 16 h 35
(29 24.250 N / 14 16.863 E)
la police vient de nous montrer un billet laissé par Cesare : il a écrit sur un petit papier du Banco
Ambrosiano (celle du Vatican ! Ça ne s'invente pas…) le dessin d'un Toy avec un quad sur la tête, il a
laissé la liste approximative des bagnoles, malheureusement, il n'a encore pas laissé son nom. Il aurait 3
ou 4 heures d'avance sur nous en direction de
Brak
où on va essayer d'aller le retrouver.
Bivouac
(27 44.665 N / 14 18.692 E)
en pleine pampa cailloux.
On plante les tentes et je pars avec Puthod en direction de
Brak
. On retrouve Cesare à 25 km au croisement de
Brak
. Embrassades, sourires, il a les yeux brillants même dans le noir, on se raconte nos angoisses en rigolant.
Il était depuis 3 h avec la police pour nous attendre. Il a couché sur place, après nous avoir dit que
maintenant, il avait tout le temps de lire le mode d'emploi de sa nouvelle tente. On retourne au bivouac et
nous le reprendrons demain au passage.
En fait voilà comment il s'est perdu : il était devant nous à la sortie de la douane. Il s'est arrêté pour
pisser un coup, il a vu passer Puthod et il s'est dit maintenant, il est devant. Puthod s'est avancé jusqu'à
une station-service où on prend le gasoil à l'arrière, Cesare est passé sans le voir et il l'a cherché
devant jusqu'à
Tripoli
sans savoir qu'on devait bifurquer avant. Et depuis il court devant comme un fou. Il a dormi quelques heures
au volant au bord de la route devant une station d'essence.
Ce qui est amusant, c'est qu'au bout d'un moment, il s'est rendu compte que nous étions derrière et il a
essayé de nous laisser des messages sur la route. On en a retrouvé un chez les flics, mais il en reste 3
autres au bout de petits alignements avec des boites de conserves, des bouteilles de Coca et des petites
ordures ménagères prises sur le bord de la route, il les a disposées de manière rectiligne avec des cailloux
par-dessus et au bout, il a écrit en cailloux Puthod et encore au bout, il a mis son message sur une feuille
blanche sous un caillou. Malheureusement, on a vu les signaux, mais personne ne s'est arrêté pour
interpréter ça, on ne pensait pas que c'était lui.
Mercredi 9 novembre
7 h 08, on décolle, bonne température, lever de soleil tout en douceur, on avance.
On a passé les montres à l'heure libyenne, moi je te parlerai en heures GPS (GMT + 1), pour l'instant, il
est 8 h 25, on vient de passer un certain temps pour le contrôle au carrefour de
Brak
, on part en direction de
Sebha
.
Premier carrefour
(27 32.354 N / 14 22.612 E)
Puthod avait appris qu'un groupe d'Allemands s'était fait bloquer à ce carrefour pour rouler en convoi
accompagné jusqu'à
Sebha
à cause de l'insécurité dans ce secteur, mais Cesare en parlant avec la police s'est aperçu que notre convoi
ne serait accompagné que si nous le demandions. Nous n'avons rien demandé. Le policier a quand même
téléphoné à Sebha pour les prévenir de notre arrivée. Malheureusement, il a transmis 16 passeports sur les
19, les 3 autres n'ont pas été ramassés.
Contrôle des passeports
(27 10.822 N / 14 31.993 E)
on file sur
Sebha
.
À l'entrée de
Sebha
on a trouvé un chaperon en HDJ80 formidable avec 2 lanternes rouges sur la tête et maintenant il nous
escorte, il a compté les voitures et il va probablement nous emmener directement chez ses collègues.
11 h 38, les formalités sont finies à Sebha, (16 DL par passeport, les prix montent) on est précédés par un
Toy de flics qui nous sort de la ville, apparemment par la même avenue que l'autre fois, avenue double avec
lampadaires centraux allumés à 11 h du mat'.
Carrefour
(26 54.920 N / 14 25.584 E)
on prend la branche de gauche en direction de
Murzuq
par la route de l'est.
Contrôle de police
(26 52.509 N / 14 25.179 E)
.
C'est le point de largage de notre escorte. Pour finir, on n'a pas échappé au contrôle des passeports, on
est tombé sur un jeune connard qui faisait du zèle et qui a tout fait recopier en nous expliquant son point
de vue.
Nous décidons avec Puthod de prendre un max de repères pour bien cordonner les photos aériennes.
Petit changement de cap
(26 39.614 N / 14 23.531 E)
cap 190 avant.
La route est beaucoup moins bonne, plus étroite, le goudron est assez fortement craquelé, il y a déjà
quelques débuts de nids-de-poule, on longe 2 lignes électriques, une assez près de la route, une autre
doublée, les 3 lignes sont à ma gauche, le cap est 204-205.
Léger changement de cap
(26 33.3911 N / 14 20.464 E)
on est revenu de 205 à 196.
Léger changement de cap droite gauche au milieu des cultures.
Premier changement de cap
(26 29.893 N / 14 19.296 E)
cap 209.
Départ de goudron à gauche, légèrement en arrière du sens de la marche vers un transformateur
(26 28.758 N / 14 18.750 E)
à 100 m de la route.
Station-service
(26 26.951 N / 14 16.673 E)
dans un virage à gauche assez marqué, quasiment à angle droit, d'ailleurs, on a un bled. C'était un bon
petit village et on sort maintenant tout droit sur un cap 176.
Cap 168
(26 15.052 N / 14 17.238 E)
22.0 km.
Cap 162
(26 10.689 N / 14 18.386 E)
8.28 km.
(26 03.110 N / 14 21.034 E)
séparation des lignes H.T.
Les 2 grandes lignes à 3 fils s'en vont à l'est et la petite ligne 6 fils repart un peu à l'ouest.
Léger virage à l'ouest cap 167
(26 01.764 N / 14 21.703 E)
grandes cultures au fond et probablement début d'erg, mais assez loin.
Un peu d'est cette fois-ci
(26 00.037 N / 14 22.185 E)
cap 143.
On arrive dans une grande zone de cultures, ça commence par un très grand bâtiment mal fini avec des piliers
en béton qui sortent et une enceinte fermée, l'ensemble de l'oasis est plutôt à l'ouest de la route et il y a
quelques constructions de hangar qui sont juste collées à l'est, mais de petite dimension.
On est rentré en ville, on est passé sous le porche, on est à un carrefour goudronné avec des départs à
droite et à gauche, je vois une station d'essence à gauche à 200m,
Carrefour
(25 56.674 N / 14 24.977 E)
cap ouest 275.
On se regroupe 300 m après le carrefour.
On vient de traverser un village
(25 55.413 N / 14 16.331 E)
avec lampadaire et trottoirs.
La route évolue avec des changements de cap assez fréquents dans une sorte d'oasis prolongée.
Goudron perpendiculaire sud
(25 55.222 N / 14 15.282 E)
.
La route se dégage de l'oasis, il n'y a maintenant plus rien au nord et encore pas mal de plantes au sud ça
devient clairsemé, sur un cap 265.
Goudron perpendiculaire sud
(25 55.314 N / 14 09.599 E)
.
Terre-plein central
(25 56.025 N / 14 04.719 E)
et lampadaires.
On traverse un petit village avec beaucoup de maisons, mais peu d'habitants, ça a l'air un peu détruit, je
ne sais pas pourquoi.
Goudron plein sud
(25 55.880 N / 14 02.835 E)
200 m après goudron plein nord.
Belle plantation de tamaris
(25 55.860 N / 14 00.946 E)
en carré au nord de la route.
Il y a d'autres plantations un peu plus loin, de nouveau au nord, au sud ça a l'air moins structuré,
quelques pistes en quadrillage, ce sont aussi des cultures.
Goudron plein nord, puis ouest, en pleine ville, lampadaires terre-plein central, château d'eau, usine de
préfabriqués en béton à l'entrée.
Peut-être l'entrée de
Murzuq(25 55.368 N / 13 57.305 E)
.
Cette fois, on est vraiment en ville, il y a des villas avec des lauriers roses, des taxis, des maisons de
part et d'autre, c'est quand même un peu détruit, mais il y a pas mal d'habitants.
Grand carrefour
(25 54.789 N / 13 55.091 E)
au sud, il y a un grand bâtiment.
Je passe sous un grand portique tout écrit en arabe, je tourne carrément au nord.
Je viens de voir 2 rôtissoires à poulet, avec un poulet qui tourne encore dedans.
Puthod nous fait faire le tour par le périph' nord, probablement pour éviter le centre-ville.
Murzuq(25 55.283 N / 13 54.654 E)
station d'essence.
Nous déchargeons les quads en profitant du quai vers les bouteilles de gaz.
17 h 12, le départ pour la grande aventure commence par une marche arrière.
Voir le récit du passage d’Heinrich Barth à Mourzouk en 1849
On quitte le goudron
(25 56.060 N / 13 53.806 E)
en faisant un peu de sud.
On sort un peu des cultures
(25 55.674 N / 13 52.972 E)
l'erg est au fond.
Aucun problème, il n'a pas l'air d'être absent, mais on y va très lentement.
On est dégagé de toutes cultures
(25 55.237 N / 13 52.630 E)
.
Il est temps de coordonner les photos satellites, car après toutes les dunes se ressemblent. Première
tentative sur une portion de ligne droite au goudron, repérée sur la photo : échec. Je repère un obstacle
isolé sur le bord de l'erg. On laisse partir Puthod avec le groupe et je pars avec Yves Daudin pour
référencer 3 points pour une triangulation et un peu de trigonométrie…
J'ai cru m'en sortir avec de la trigo simple, mais je ne savais pas que les prises de vues satellites sont
souvent obliques. Il eut fallu avoir un soft de déformation d'image pour revenir à des vues orthogonales. La
finalisation du calibrage se fera donc de manière empirique au fur et à mesure des identifications
d'obstacles caractéristiques.
On cherche un petit carré de verdure qui devrait être devant nous dieu sait où. Il y a une superbe ambiance,
le soleil est couchant, les cailloux sont aiguisés pour l'instant, mais ça ne devrait pas durer, il y a des
traces un peu partout et au fond : l'erg, pour l'instant, on voit des pneus avec des traces, on va aller
voir ce que c'est.
Le quad de Francis est en panne, ça tergiverse. La nuit s'approche, on se sépare
(25 55.049 N / 13 52.682 E)
.
Je vais chercher la touffe d'herbe avec Yves pour coordonner la photo pendant que Puthod me dit qu'il emmène
les autres au bivouac sur un cap 180.
On trouve les points cherchés, extrémité N.-O. du carré de cultures
(25 52.339 N / 13 54.058 E)
.
On va retourner cap plein ouest pour recouper leurs traces à angle droit, puisque la promesse de Puthod est
cap 180.
Petite frayeur, après avoir largement dépassé l'axe que devait prendre Puthod toujours pas de traces de nos
collègues.
Théories embrouillées sur la navigation et dessins dans le sable pour convaincre Yves qui conclut que le
GPS, c'est très compliqué et même que le compas de sa voiture a tourné fou. Au moment où nous décidons de
retourner pleins phares sur notre point de séparation (7 km) pour retrouver les traces, Francis nous
rattrape en quad et nous emmène au bivouac : Puthod a trouvé après coup que le cap 180 n'était pas
intéressant et est parti plein ouest : nous roulions sur des parallèles ! C'est du Puthod tout craché !
Bivouac du 9 11
(25 53.891 N / 13 49.474 E)
.
Jeudi 10 novembre
Michel a eu une nuit très agitée. Il a été poursuivi par un troupeau de buffles qui a fini par le rattraper
et lui passer dessus pendant la nuit : il n'a pas osé ouvrir l'œil pour voir si c'était vrai et ce matin, il
cherche des traces dans le sable.
7 h 27, on est partis pour le grand saut, on vise Anaï à 286 km devant nous, on est assez bien coordonné sur
la photo, les contrôles d'hier soir nous donnent 700 m d'erreur, l'entrée semble effectivement simple, en
tout sur cas 50 km, après ça peut se compliquer rapidement, mais je te raconterai tout ça.
Forage
(25 47.754 N / 13 45.149 E)
.
Changement de gassi
(25 45.651 N / 13 41.683 E)
de manière douce.
Je vois Puthod dans le mou.
Léger cordon
(25 44.827 N / 13 39.777 E)
.
Début du grand gassi 32 km
(25 44.524 N / 13 39.281 E)
.
Petite barkhane de 5-6 m
(25 38.501 N / 13 33.980 E)
.
Petite barkhane douce
(25 36.780 N / 13 33.327 E)
.
Très belle sortie de chicane
(25 36.000 N / 13 33.059 E)
dans les barkhanes.
Forage important
(25 31.842 N / 13 30.477 E)
.
⏯️
Les dunes prennent de la hauteur
Puthod avait équipé le quad de Francis d'une petite radio 144 MHz, mais l'antenne, mal fixée a abandonné le
quad rapidement. Josiane a vu quelque chose tomber et nous passons 1 h à chercher un morceau d'antenne dans
l'erg… et on le retrouve !
Chargement de planches à clous pour les feux de bivouac. La dose est bonne puisque certains en ramèneront en
France.
Encombrement venant du S.-E.
(25 31.134 N / 13 29.993 E)
.
Sortie du gassi, 1ᵉ barkhane
(25 30.165 N / 13 29.238 E)
.
Sif
(25 30.099 N / 13 28.956 E)
on surplombe un gassi d'1 km. L'encombrement augmente.
Sif
(25 29.273 N / 13 28.107 E)
.
À l'ouest d'un gassi
(25 28.850 N / 13 28.077 E)
.
Plantage et pique-nique
(25 28.549 N / 13 26.132 E)
c'est aussi une sortie de gassi.
Petit gassi rikiki
(25 28.506 N / 13 25.835 E)
.
On remonte en face sur un truc hard.
Col, après un dévers serré
(25 28.365 N / 13 25.058 E)
.
On prend pied lourdement
(25 28.069 N / 13 24.379 E)
au fond d'un gassi.
C'est un gassi plein d'herbe, c'est pour cela que j'ai la voix qui chevrote.
On est sur un drôle de truc, c'est une épaule pour changer de gassi, je pense qu'on aurait pu le faire plus
simplement devant nous, mais on a cherché compliqué.
Épaule
(25 25.269 N / 13 21.635 E)
.
Sommet d'une barkhane
(25 25.010 N / 13 21.695 E)
assez jolie.
Petite barkhane pas très haute
(25 24.148 N / 13 20.443 E)
.
Un peu chahuté entre 2 gassis
(25 24.241 N / 13 19.145 E)
.
Succession de bosses
(25 23.756 N / 13 18.665 E)
descendantes vers un gassi.
17 h 03, arrêt bivouac 10-11
(25 23.077 N / 13 17.576 E)
.
Vendredi 11 novembre
7 h 45, on décolle du bivouac qui était fort agréable avec un lever de soleil sur la pointe de la dune,
assez fantastique, la lumière est devenue blanche, on a un peu traîné, mais ça fait du bien.
On a pris pied dans un gassi assez secouant par une très belle descente, toute en ombres avec double cassure
formidable.
Gassi à 300 m du bord
(25 22.339 N / 13 16.800 E)
.
2 ou 3 barkhanes
(25 20.602 N / 13 14.648 E)
au fond du gassi derrière la 1ᵉ.
Au fond du gassi
(25 19.983 N / 13 13.236 E)
on va s'échapper par la gauche.
Très beau sif
(25 19.547 N / 13 13.432 E)
.
Joli pique-nique sur un sommet de dune entre les 2 gassis, celui qui est triangulaire et où on a trouvé du
feu et le petit allongé qui va nous permettre de refaire un peu d'ouest.
(25 18.009 N / 13 11.448 E)
.
On prend pied dans un gassi
(25 17.739 N / 13 11.085 E)
.
Au fond d'un gassi
(25 17.472 N / 13 10.234 E)
qu'on ne franchira pas par ce bout-là, on va le franchir par le bord N.-O., j'ai trouvé un tube de pétrolier
qui fait 1.5 m diamètre. 5 cm.
On prend pied dans un grand gassi après une très belle pente au sommet de laquelle Bernard et Jacques sont
restés enchorbattés, pendus par le ventre et j'ai pris un point à côté, juste avant une petite tache
(25 18.319 N / 13 09.780 E)
.
Et maintenant, on va draguer dans le gassi pour voir.
Pierre et Sophie qui étaient partis pour draguer, pendant que nous aidions Bernard, se sont plantés dans des
mous descendants. Nous sommes passés à côté sans un regard et ils ont dû s'en sortir seuls…
Les gassis s'amenuisent, je suis sur une toute petite barkhane entre un gassi et un mini gassi devant nous
(25 17.832 N / 13 08.812 )
.
Au bord d'une tache blanche
(25 17.466 N / 13 08.621 E)
.
Arrivée dans un gassi
(25 16.886 N / 13 07.989 E)
par le N.-E.
Col
(25 16.279 N / 13 06.265 E)
on attend pour le bivouac, au bord d'une pente sans retour et il faut s'assurer que ça passe devant avant de
s'engager.
Puthod est parti en reconnaissance après mille recommandations de prudence. Chacun lui a préparé une partie
de l'équipement et il est parti tel un martien sur sa soucoupe. Dans l'affolement, il a pris la mauvaise
feuille des photos satellites et n'a pas su se servir correctement du petit GPS qu'on lui avait mis dans son
sac. Il a quand même vu 4 gassis d'avance en 2 h 30, mais n'a pas mémorisé le passage proche : Il y
retournera demain matin.
⏯️
Les fanfarons
Samedi 12 novembre
7 h 46, on part, c'était un très joli bivouac sympa sur un col ! On a été saisi par la reconnaissance, on a
dû tous dormir serrés dans une petite fenêtre entre 2 gassis immenses et moi dans un nombril ouvert sur une
grande pente. Très beau contexte, jolies barkhanes en godille et en travers qu'on doit franchir maintenant
et en long que je suis allé voir depuis le sommet de la dune, c'est magnifique.
On arrive dans le gassi
(25 15.994 N / 13 05.623 E)
par le S.-E.
Après une très belle chute prise en contre-jour.
On prend pied dans un gassi qui n'a pas l'air dans le bon sens, il est orienté sur le soleil de 9 h,
c'est-à-dire S.-E.
(25 14.927 N / 13 03.343 E)
.
Arrivée dans un gassi, théoriquement le cinquième avant le nœud, c'est celui qui présente une passe à gauche
donc sud et qui à mon avis permettrait de changer de gassi.
On suit scrupuleusement notre trace sur ces nouvelles photos satellites : ça se passe très bien. Mais on
voit arriver devant nous un « nœud » inquiétant.
(25 14.158 N / 13 02.369 E)
.
Pour que Martine soit sûre, je confirme qu'actuellement, on va tout droit vers le nœud, cap 240, la passe de
gauche n'est qu'une possibilité pour plus tard si nous avons besoin d'aller au sud.
Arrivée dans le gassi
(25 14.237 N / 13 00.809 E)
versant nord.
On vient de trouver un beau plateau entier.
Sortie de gassi, sur le sif
(25 13.761 N / 13 00.126 E)
.
Arrivée sur le gassi
(25 13.661 N / 12 59.440 E)
après une très belle descente.
Petit gassi intime
(25 13.367 N / 12 57.467 E)
.
Premier tiers du gassi
(25 12.765 N / 12 55.617 E)
.
Au point précédent, je viens de trouver une belle petite hache à gorge et Martine une très belle perle
ronde.
Joli pique-nique
(25 12.332 N / 12 54.605 E)
juste avant de basculer sur le gassi suivant.
Immense dune à descendre
(25 12.152 N / 12 54.229 E)
sif, entonnoir et barkhane.
J'ai fait coup double, je suis dans le gassi mais devant la muraille de
Chine
.
Fin du gassi
(25 11.409 N / 12 52.057 E)
.
Au pied d'une barkhane
(25 11.227 N / 12 52.039 E)
pour aller dans un gassi.
Mine de biface
(25 10.326 N / 12 49.800 E)
on en a sorti 50, et laissé 20 sur place.
⏯️
N'essayez pas la godille...
Après une belle marche d'escalier aérienne.
Entrée d'un mini gassi
(25 10.179 N / 12 49.214 E)
fond de cuvette au pied d'une grande dune, je pense que c'est l'entrée du nœud.
Bivouac du nœud
(25 09.203 N / 12 47.007 E)
.
On a bu le champagne avec des petits feuilletés aux escargots beurre persillé, pour célébrer la fête des 2
Christian, ç'a été formidable : discours de Michel pour sa première venue au désert.
Dimanche 13 novembre
Lever de soleil grand siècle, Puthod est parti faire une reconnaissance de 3 h 30, dont il est revenu sans
les points GPS, car il n'a pas très bien manœuvré les boutons… Celui-là sans son Toy et son « compas
solaire »…
Très belle descente
(25 09.069 N / 12 46.345 E)
pour accéder au gassi.
Mous
(25 08.702 N / 12 45.641 E)
.
Arrivée dans un mini gassi
(25 08.526 N / 12 45.403 E)
après une très belle barkhane.
Entrée de gassi
(25 08.465 N / 12 45.014 E)
après de très belles barkhanes.
Arrivée dans un gassi
(25 07.478 N / 12 43.368 E)
un peu plus au sud.
Très bel enchaînement de grandes courbes en demi lunes à fond dans les mous.
Arrivée dans un gassi
(25 06.893 N / 12 42.076 E)
.
On passe d'un gassi à l'autre par un enchaînement de passages très cool, mais avec des alternances de mous
et de dévers à passer en assez grande vitesse, c'est assez amusant, ça ressemble à de la luge motorisée.
Fin d'un grand gassi
(25 04.893 N / 12 39.007 E)
qu'on s'est fait à fond les ballons en se filmant à droite et à gauche dans tous les sens avec une fin dans
la fumée.
Montée en dévers sur un col sur lequel le « Guylux » nous a occupé une partie de la nuit, grand apéritif au
bivouac, belle ambiance. Quelques mots secs avec Pierre du HDJ pendant la manœuvre.
Bivouac
(25 04.445 N / 12 38.617 E)
.
⏯️
La vague d'étrave
Lundi 14 novembre
Montée très molle à la sortie du bivouac, puis arrivée dans un ensemble de cuvettes qui ne sont pas des
gassis mais qui s'enchaînent avec quelques encombrements, le sable est beaucoup plus mou.
Entrée d'un faux gassi
(25 04.206 N / 12 37.719 E)
après un superbe escalier descendant, en léger contre-jour.
Toute petite tache noire
(25 04.079 N / 12 36.840 E)
mini gassi.
Après ce mini gassi, une toute petite barkhane nous séparait d'un grand gassi.
On est tombé dans une cuisine formidable avec des feux partout, de foyers, dans une petite conque sur le
bord d'un gassi
(25 03.886 N / 12 36.030 E)
Puthod va prendre un échantillon de cendres pour le passer à des scientifiques qu'il connaît. Hélas, aucune
réponse, sans doute un manque d'intérêt.
Joyeux pique-nique au bord du gassi avec les feux, à mi-pente à peu près, on essaie une sortie sud-ouest
( 25 03.553 N / 12 35.588 E)
.
On patauge dans vachement de mous, c'est très encombré, il fait une chaleur à crever.
(25 03.238 N / 12 34.644 E)
.
Arrivée au bord d'un petit gassi
(25 03.061 N / 12 34.205 E)
probablement suivi d'un autre, on y trouve un squelette d'addax.
Au fond du gassi
(25 03.195 N / 12 33.472 E)
.
Petite barkhane
(25 02.940 N / 12 32.844 E)
passée depuis 100 m.
Maintenant, je suis dans un grand gassi bien rond avec un peu de sable à gauche et probablement des cailloux
à droite, mais malheureusement, je suis à gauche.
Dernière barkhane
(25 02.735 N / 12 31.410 E)
avant un nouveau grand gassi.
Les gassis s'élargissent, c'est très joli.
On a trouvé une belle potiche
(25 02.909 N / 12 28.110 E)
au milieu de la largeur du gassi.
Yves et Michèle ont trouvé à 100 m du Defender une quinzaine de très beaux disques et couteaux de silex
taillé qu'ils ont jalousement gardés en prétendant ramasser de « drôles de trucs ». C'est Puthod qui est
revenu nous annoncer la nouvelle en Quad. Piqués au vif, nous avons entamé un quadrillage du gassi en
voiture et ½ heure après, Martine a remarqué des débris de poterie en rond.
⏯️
le faitout préhistorique
La poterie avait l'air d'être entière. J'ai commencé à la dégager lentement au couteau suisse. Elle était
posée à l'envers sur des restes d'herbes, probablement une décoction genre thé vert des Touaregs et de feu.
Le sable extérieur était le même que celui du gassi sur toute la hauteur. Le sable intérieur était le même
que celui des dunes, mélangé avec des brins et des graines d'herbes à chameaux étonnamment blonds.
Notre confrère Georges Menant de Paris-Match, croyant ramasser, lui, le col d'une poterie cassée traînant
sur le sable, se pencha, tira, et sentant une résistance commença de déblayer.
La poterie suivit son col, comme un gros potiron rougeâtre de 50 centimètres environ de hauteur et de
diamètre, fendue, mais complète.
Attention! hurla Hugot. Il n'existe en effet qu'un seul exemplaire connu, celui de Zouzou-Dinga,
actuellement au musée du Bardo. Encore avait-il été imparfaitement étudié.
Fier de sa trouvaille, mais tremblant devant ses responsabilités, Menant céda le soin de continuer
l'exhumation amorcée au groupe scientifique. Mauny et Hugot creusèrent délicatement le sable de leurs
mains, recueillant des échantillons de celui-ci dans des sachets, découvrant la forme intacte du vase,
l'extirpant de son linceul minéral, et le déposant enfin, intact, sur le reg.
Les membres de la mission, à distance respectueuse, formaient le cercle. Plus émus qu'ils ne le
laissaient paraître !
Comment le transporter ? On en fit une momie en l'enroulant de bandelettes de « scotch », cette toile
adhésive si pratique, et bientôt, il prit place en camion sur les genoux d'un savant, en attendant de
rejoindre sa caisse définitive que l'avion de liaison d'Agadès devait ramener à Alger.
(Roger Frison-Roche - Mission Ténéré - p.34)
Les débris du cul de cette marmite étaient tombés au fond, sur les restes d'herbes, puis recouverts par le
sable des dunes. Quelques débris étaient tombés à extérieur. Une fois dégagée, la poterie était fendue en
deux moitiés. Martine a chargé les morceaux sur ses genoux, sur le siège avant et avec sa souplesse
légendaire le Defender nous a monté au col pour le bivouac.
Voir une discussion à ce sujet avec ChatGpt en 2025
Exposition sous les phares de Michel. Incapable d'emballer et de transporter sans dommage ce superbe objet,
nous l'avons laissé à Bernard et Jacques. Qui le ramèneront en miettes.
Disques d'Yves
(25 02.980 N / 12 27.617 E)
.
Bivouac sur le début du col
(25 02.634 N / 12 27.605 E)
au bout du gassi.
Mardi 15 novembre
Puthod part en reconnaissance. Nous repartons dans le gassi d'hier soir. Pierre et Claudine, Yves et Michèle
découvrent un squelette humain, en dégage la tête qui part en fumée, moi je trouve un disque et un couteau
laissé par Yves, puis deux petits plats à moudre. Panne de Dictaphone.
Entrée de gassi
(25 01.256 N / 12 26.509 E)
.
Petite barkhane
(25 01.112 N / 12 24.924 E)
.
Petite barkhane
(25 01.772 N / 12 23.309 E)
.
3 petites barkhanes
(25 00.959 N / 12 21.421 E)
.
Passe vers le grand gassi
(25 01.257 N / 12 19.962 E)
.
Michel s'est planté par les deux parechocs. Petit coup de corde et pique-nique pour s'en remettre.
Forage
(25 01.752 N / 12 20.029 E)
.
Petite barkhane
(25 00.787 N / 12 14.019 E)
.
Minibarkhane
(25 00.083 N / 12 09.141 E)
.
Regroupement
(25 02.816 N / 12 05.284 E)
.
Changement de cap (sud)
(25 02.055 N / 12 01.833 E)
.
Début de la passe
(25 01.079 N / 12 01.157 E)
.
Petite barkhane
(25 00.016 N / 11 58.980 E)
.
Passe en chicane
(25 01.343 N / 11 57.446 E)
.
Petite barkhane
(25 02.666 N / 11 56.475 E)
.
Bivouac du
(25 03.695 N / 11 55.069 E)
.
Instants de folie. Bernard fait 2 tours de « plaque joering » tiré par Jacques dans son GR. Premier tour en
courte, vitesse lente, deuxième tour avec caméscope en longue à fond…
Mercredi 16 novembre
⏯️
Mon beau Def'
⏯️
le boulanger allume son four tous les matins
Depuis quelque temps Yves est passé boulanger, il allume un feu de bois le matin et grille le pain qu'on lui
amène. Son commerce a beaucoup de succès et on se retrouve autour de son feu pour échanger les premières
gentillesses du matin. (enfin, pour ceux ou celles qui en ont le matin…)
Panne bizarre de cette espèce de merde de Dictaphone qui n'est reparti qu'après un jour de repos et quelques
claques bien ajustées pour lui faire cracher son sable.
Je suis hélas à la sortie de l'erg, on est dans la passe finale, exactement dans l'axe, je suis sur une
toute petite dune, il y en a une grande à droite et une grande à gauche, mes camarades sont montés sur celle
de droite, ça a l'air d'être des fourmis au pied de la pente, ils ont lancé leur voiture pour essayer de
faire chanter la dune, mais elle ne va pas chanter.
Alors que tout le monde s'est lancé contre la dune pour la photo du siècle, Puthod regonfle et se plante
avant de monter aussi sur la dune.
Je m'esclaffe lourdement sur les Toyota. La photo faite, je redescends à mon tour, je regonfle et pose
délicatement mon châssis sur le plat à l'Air-Locker.
Même si le résultat ne diffère pas véritablement du Toyota, la manière est incontestablement plus fine.
Puthod, insensible à cette nuance, n'a pas besoin de chercher bien loin dans sa mémoire pour m'assaisonner
copieusement. Punition : 4 plaques et un m³ de sable à remuer.
mes nombreux spectateurs hilares, je démarre sans attendre le signal, prends de court le Hilux qui ne
démarre qu'en voyant arriver en trombe mon pare-chocs contre sa calandre : je lui ramène sa sangle déjà
pliée. L'hilarité change de véhicule, et Christian De Jonghe demande qu'on efface la scène du caméscope…
On longe l'erg sur une petite trace qui part à peu près plein sud, on essaie de rejoindre Tilemsin en
échappant aux regards indiscrets. Comme d'hab', Puthod craint la police…
On zigzague dans quelques arbres rabougris qui font quand même du bien à voir.
On a longé l'erg un bon moment, presque sud, maintenant, on pique plein ouest en lâchant l'erg. On était à
peu près au milieu d'un gassi, il y avait pas mal d'acacias, c'était assez joli.
Milieu d'un gassi
(24 58.766 N / 11 50.586 E)
.
On se glisse dans une espèce d'oued, on sera peut-être un peu enterrés, je vois Puthod là qui repique plein
nord.
Erreur, on filait droit sur le donjon de Tilemsin, on fait demi-tour pour ne pas se mettre le nez dedans.
Jolis petits acacias, un peu d'herbe, beaucoup de cailloux quand même.
Barkhane
(24 54.902 N / 11 49.526 E)
.
On a aperçu une assez belle dépression toute noire dans laquelle on se glisse et ça semble se dessiner comme
une passe dans Tilemsin.
Extrémité d'un cordon
(24 53.151 N / 11 47.486 E)
en face d'un petit bitard caillouteux assez rond, la piste est chaotique, il y a des petits cairns,
paraît-il, il y a pas mal de cailloux piégeux comme tout, dans l'ensemble la piste est molle, pas trop
cassante.
Pointe de cordon
(24 51.765 N / 11 46.575 E)
.
Assez belle cuvette avant le cordon suivant.
Forage
(24 50.733 N / 11 46.099 E)
.
Au bout d'un cordon
(24 48.706 N / 11 43.252 E)
.
On vient enfin de retrouver une zone de graviers portants.
On commence à voir des bitards à droite et à gauche, enfin bitards… très modestes comme des galettes
(24 47.811 N / 11 37.976 E)
cailloux devant.
Très joli point de vue, on vient de passer le début d'une descente, il y a des petits bitards devant moi et
même juste à côté. Devant, on voit le plateau qui s'effondre pour laisser en tout cas 2 trous droit devant,
1 trou encore à gauche, c'est assez joli.
Belle descente en sable mou
(24 48.626 N / 11 36.355 E)
ça ne doit pas être commode à remonter.
Je suis exactement dans l'alignement des bitards de la grande passe, dans les acacias.
Passe
(24 49.890 N / 11 32.266 E)
.
On sort de la passe,
(24 49.715 N / 11 31.425 E)
mais il reste encore de l'encombrement devant. On longe le Messak en remontant N.-O.
Mi-distance entre le Messak et 2 bitards ouest presque collés.
(24 49.804 N / 11 27.845 E)
.
En direction d'
Iguidi Ouan Kassa
,
(24 52.413 N / 11 19.669 E)
on retrouve des traces.
Ça fait 2 fois que je trouve un bidon au milieu de l'erg avec à côté, une piste qui ne mène nulle part.
Bidon
(24 56.133 N / 11 13.433 E)
.
On fonce droit vers
Iguidi Ouan Kassa
, peut-être c'est la passe, attention aux petites bosses.
(25 03.245 N / 11 10.009 E)
.
2 arrangements de pierres bizarres, 50 cm de haut, la taille d'un homme couché, forme ovale allongée,
peut-être des tombeaux 25 03.536 / 11 09.216.
Pique-nique
(25 04.201 N / 11 06.458 E)
on dégonfle.
On est monté sur le plateau qui borde l'erg, de dessous, on a l'impression que c'est un erg, mais c'est un
faux erg, c'est de la pierraille comme avant.
Faux erg
(25 09.169 N / 11 08.460 E)
.
Erg plein ouest
(25 12.065 N / 11 10.553 E)
formes très rondes, petits gassis sans allure, mais très grands.
Un peu d'exercice, des jolis petits mous, des petites choses toutes agréables, un peu plates, on fait du
billard contre les dunes en rebondissant d'une bande à l'autre.
Puthod laisse sa place de guide à Bernard qui souffre dans quelques mous. Séquence de conduite réflexe genre
Tunisie
: Le Defender ouvreur est suivi par tout le monde sans plantage.
(25 11.916 N / 11 04.452 E)
.
Immense gassi tout plat
(25 13.008 N / 10 57.040 E)
.
On passe à l'est des dunes finales, dans une espèce de fech-fech hyper poussiéreux, caillouteux avec une
base en sable.
(25 16.799 N / 10 49.218 E)
.
On voit le djebel Acacus
(25 17.718 N / 10 48.146 E)
droit devant nous, quelques petits acacias.
Bivouac
(25 20.545 N / 10 33.397 E)
.
Jeudi 17 novembre
Foule de photographes au sommet d'un piton.
Défilé de voitures pour les Lelouch sous une arche qui n'avait pas mérité ça.
On est partis, mais on a tourné en rond, on est maintenant dans le cirque aux morilles
(25 21.425 N / 10 33.447 E)
. Pèlerinage au bivouac de mai !
Oued Irala Ouène
, sur l'étagère, malheureusement les ordures étaient ouvertes.
Triomphe de Cesare qui se fait photographier, ravi, avec toutes les filles du groupe à ses pieds.
(25 24.0511 N / 10 34.145 E)
.
Joli point de vue
(25 26.146 N / 10 34.992 E)
en dehors du passage.
Série d'émotions, Pierre et Claudine ont essayé de se foutre en bas dans un super dévers. Sortie scabreuse,
tout le monde n'était pas d'accord sur la manœuvre.
Dévers du 110
(25 27.298 N / 10 34.739 E)
.
Grand champignon
(25 31.224 N / 10 36.158 E)
déjà vu en mai 94.
Luxuriance formidable, dans les jardins de Serdelès, où le paysan nous a ouvert la vanne d'irrigation pour
nous laver, tout le monde s'est douché.
Jardins de Serdelès
(25 44.461 N / 10 34.673 E)
.
On s'est ravitaillé à Serdelès, on a trouvé de l'eau à l'hôpital, 30 œufs au bord de la route (confiés, dieu
sait pourquoi, au Defender), du pain, des tomates et des clémentines.
Bivouac dans Titersine
(25 52.007 N / 10 19.758 E)
.
Fameux bivouac dans une anse de Titersine, où Michel a rencontré les formidables 6x6 mangeurs d'hommes.
Après avoir été intimidé par une immense horde de 5 chameaux qui passaient le soir au loin, il a monté son
lit de camp sur échafaudage (glacière, plaque à sable, seuil du Patrol) mais dans son 1er sommeil, après
l'avoir pris en photo au flash, plusieurs 6x6 ont creusé sous la glacière et patatras, tout est tombé. Si
nous n'avions pas été attentifs pour le secourir les 6x6 l'auraient bouffé. Marylène nous a déclenché un fou
rire formidable et sonore dans tout l'erg.
La légende d'Azekka-n-Bôdelkha : « Avant Titerhsin, sur la rive gauche de l'Ouâdi-Titerhsin, existait une
ligne de dunes, du nom d'Azekka-n-Bôdelkha, assez hautes pour que les chameaux ne pussent les franchir.
Advint alors une crue accidentelle dans l'ouâdi, et elle eut la puissance de faire disparaître toute la
masse de sable qui composait ces dunes. »
(Henri Duveyrier - Les Touareg du nord - p.58)
Vendredi 18 novembre
Après un temps très clément pendant toutes les nuits précédentes, il a fait froid ce matin (2 degrés) ce qui
est frisquet surtout que le soleil a tardé un peu, nous n'étions pas du bon côté. Le chef ne réfléchit pas
assez avant de choisir le bivouac.
On s'enfile au sommet de Titersine légèrement ouest.
(25 55.998 N / 10 19.416 E)
.
Traces à l'ouest d'un petit cordon de dunes très très mignon le matin, où j'ai longuement joué les dévers en
décembre 92 et bordé par un long plateau noir.
(25 58.192 N / 10 19.109 E)
.
Joli passage dans les dunes tout au bord, j'ai même réussi à aller me planter dedans.
(26 01.725 N / 10 19.880 E)
.
On regonfle
(26 07.859 N / 10 20.189 E)
.
Chahut
(26 15.315 N / 10 14.834 E)
je remets le couvercle de la caisse.
Arrivée sur le plateau
(26 17.239 N / 10 13.229 E)
.
⏯️
Manœuvre audacieuse
Marche d'escalier plateau
(26 19.895 N / 10 11.528 E)
sables très mous 2 plantages.
Calvaire du Hilux
(26 21.2201 N / 10 11.553 E)
faux plats mous et montants.
Marche d'escalier sur le plateau
(26 22.118 N / 10 09.822 E)
.
On zigzague, on reprend la piste, je crois que ce sera faux, mais on est sortis à l'ouest.
(26 23.492 N / 10 09.474 E)
.
C'était faux. On a repris une piste qui est à l'est d'une petite falaise dans une grande sebkha.
(26 24.232 N / 10 10.193 E)
.
On se présente dans une passe qui va nous permettre de monter sur le plateau.
À côté d'un joli petit tertre rond
(26 27.901 N / 10 10.313 E)
.
Magnifiques acacias dans un virage en épingle à cheveux.
Après un joli petit pique-nique tomates et oignons verts, on est sortis de la gorge, on a repris pied sur le
plateau en suivant des traces sinueuses.
(26 29.742 N / 10 11.242 E)
.
Après avoir remonté un oued assez sinueux et poussiéreux, on prend pied, cette fois-ci vraiment, sur le
plateau, il y a 2 acacias dont un assez gros.
(26 32.561 N / 10 10.953 E)
.
Toujours sur un plateau caillouteux et poussiéreux, on franchit la énième marche.
(26 37.463 N / 10 13.090 E)
.
Marche d'escalier suivante, on prend pied, je dis toujours sur un plateau, mais je ne sais plus où je suis
finalement, cette fois-ci, on a des tertres tronqués et des cônes un peu partout, il y en avait d'ailleurs
un peu plus bas. Le paysage se renouvelle à chaque fois que l'on passe sur une bosse, on retrouve la même
chose.
Le nez de la marche était à
(26 38.140 N / 10 12.943 E)
.
On arrive vers une simili oasis, il y a quand même des roseaux et des traces de sels partout des arbres,
c'est à côté d'un gros mamelon rond.
Piscine
(26 42.151 N / 10 18.453 E)
.
⏯️
Piscine sauvage
⏯️
Gentil ou méchant ?
C'est un réservoir en ciment de 3 – 4 m de diamètre et 1,5 m de profond et Bernard s'est baigné
volontairement et Yves involontairement, poussé par Marylène.
Juste à côté, à l'est à mon avis
(26 42.134 N / 10 18.757 E)
.
On a vu 2 massifs de roseaux assez importants avec fuite d'eau partant à l'est.
Grande émotion dans la fuite d'eau où on a fini par trouver un serpent qui s'apparente après une longue
analyse communautaire à une couleuvre avec des crocs, elle était assez belle, elle a eu la peur de sa vie,
car Bernard l'a attrapé par le cou et lui a fait l'étreinte du grand jour, photographiée sous toutes les
coutures et relâchée. En fait, elle est très ficelle, très filiforme très fine, 50 cm de long peut-être 60
et nettement plus fine que mon petit doigt, queue très effilée.
On repart sur une piste plein est.
On arrive dans une espèce de dépression, presque un fleuve avec l'eau en moins.
Au milieu du fleuve
(26 43.458 N / 10 21.181 E)
.
Le chef a l'air d'hésiter
(26 46.037 N / 10 22.139 E)
.
On abandonne la piste
(26 46.3091 N / 10 22.591 E)
on part plus au nord.
On longe une petite falaise
(26 48.135 N / 10 23.346 E)
.
Traces
(26 50.305 N / 10 23.482 E)
.
Après être allé seul sur le plateau dans des gravats complètement mous à tirer à fond en seconde et plantage
à tous les coups.
Touristes
(26 52.453 N / 10 23.474 E)
.
On a trouvé 2 touristes suisses de Saint-Gall en Pajero long qui se sont présentés devant les dunes seuls et
qui ont reculé pour attendre des potes. On a voté très démocratiquement pour les emmener avec nous à 7
contre 2, Cesare et Pierre de Sophie n'étaient pas d'accord et on les teste demain, on verra ce qu'ils font.
On approche des dunes
(26 58.042 N / 10 21.516 E)
plateau hyper poussiéreux et fumée du diable.
On circule dans un fond d'oued, on ne voit pas l'horizon, j'ai des dunes à l'ouest et un bord de plateau à
l'est
(26 59.386 N / 10 19.907 E)
.
Le Saint-Gallois commence à être largué au fond derrière, c'est inquiétant pour lui.
Fond d'oued poussiéreux
(27 02.572 N / 10 17.589 E)
.
Le Suisse est juste devant moi et je suis le dernier puisqu'on a fait un peu de photo.
On sort de l'oued
(27 05.352 N / 10 16.078 E)
arrivée sur un plateau saloperie.
Mais cette fois, on voit les dunes au fond.
On est passé près d'une espèce de bordel, Dieu sait quoi, je ne peux vraiment pas dire ce que c'est, c'est à
mi-chemin entre le téléski et le lavabo géant.
Les dunes approchent
(27 06.454 N / 10 15.938 E)
téléski ou lavabo géant.
On rentre dans l'erg
(27 11.466 N / 10 10.686 E)
après avoir dégonflé.
Après un gassi fech-fech épouvantable où j'ai vraiment failli rester, on se fait un coucher de soleil «
dunes roses ».
Bivouac
(27 12.345 N / 10 09.189 E)
.
Samedi 19 novembre
Départ 7 h 45, très belles dunes, on est encore à l'entrée de l'erg, on voit la moitié de la sebkha au
soleil levant, on a eu hier soir un lever de lune formidable, Puthod est revenu d'une reconnaissance en quad
tout halluciné tel Philipulus nous prédisant la fin du monde, puis nous avons eu un coucher de lune au
sommet de la dune puis un lever de soleil à l'envers renversant, je suis monté sur une belle dune d'où on
voit plein d'entonnoirs.
On part sur un cap 60 en essayant de faire du nord chaque fois que ce sera possible.
Passe vers le nord
(27 15.154 N / 10 12.953 E)
on change de gassi.
Je me suis promené dans ce gassi à contre-jour en traversant il y a de belles dunes en face, tout est beau.
Sommet d'une galère
(27 15.310 N / 10 12.665 E)
on bascule vers le gassi suivant.
4 voitures ne sont pas passées : Land 110 de Pierre, Land 90 de Cesare, Patrol de Bernard, Pajero de Pierre
et Charlotte. Francis les rejoint et ils contournent par l'est sur une reconnaissance de Puthod.
Dans le gassi suivant Puthod nous poste au pied du passage où ils devraient sortir et part en reconnaissance
au N.-E. Après une petite visite du passage, je constate que personne ne passera jamais par là et nous
rejoignons les autres à une entrée de gassi N.-E.
Pique-nique
(27 18.921 N / 10 13.953 E)
.
Puthod part en quad prendre des nouvelles des retardataires. Il disparaît et Bernard surgit à pied au sommet
du cordon d'en face et gesticule. Pierre du HDJ part à sa rencontre, ils se parlent.
Les collègues qui ne sont pas passés ce matin ont un problème d'embrayage, il faut dare-dare retrouver le
goudron et rentrer. C'est dommage, c'était très beau et ça sentait bon le sable chaud, mais ce sera pour une
prochaine. À mon avis c'est organisé par Fun Aventure pour attirer ses clients dans le prochain voyage.
Entrée tentante
(27 11.814 N / 10 07.984 E)
mais infranchissable,
Il y a des barkhanes dans les deux sens.
Après une fuite mémorable à travers le gassi, on a fini par aller butter au fond : ça ne sortait pas. Après
le franchissement incomplet du matin, la casse de midi et l'absence de sortie, les conversations ont
lentement évolué sur nos dispositions testamentaires…, on est remontés de justesse par où on était
descendus, après avoir exploré toutes les fenêtres une par une en quad, on a fini par tirer les plus faibles
à la corde, on est redescendus, on a traversé le gassi et on a retrouvé les copains au bout du gassi, vers
la sortie sud-ouest.
On bivouaque
(27 11.5121 N / 10 07.644 E)
.
Dimanche 20 novembre
Départ à 7 h 30, très beau lever de soleil sur la pleine, j'ai filmé quelques ombres chinoises, le bivouac
était sympa, mais froid, un peu poussiéreux quand même puisque nous étions contre mais hors de l'erg, il
faisait entre 2 et 4 degrés à certains thermomètres. Pierre a cassé son embrayage, la coupelle de la pédale,
on n'a pas de rechange, il a du mal à changer les vitesses, on est sur un train de sénateurs, on va longer
l'erg plein est puis légèrement N.-E. On circule entre des chapelets de buttes témoins très jolies sous un
éclairage formidable et les dunes de l'autre côté avec toujours cette lumière splendide du matin, très très
beau.
On retrouve une piste qui vient sans doute du sud et qui longe l'erg, assez bonne trace quand même, dure
pour l'instant.
(27 12.616 N / 10 14.672 E)
.
On quitte la piste
(27 14.870 N / 10 20.494 E)
pour repiquer plein nord.
On zigzague très agréablement
(27 18.600 N / 10 21.224 E)
le long de l'erg, par un petit soleil du matin, sans avoir rien franchi, on est juste sur le plan incliné
qui descend de l'erg et on suit les courbes.
Arrêt matinal, discussions de bâtons de chaise sur les Land et les Toy. Avec les problèmes de Pierre, Puthod
m'assène quelques vérités. On repart et le Toy de Puthod se retrouve dans le mou, pris jusqu'à la gorge. Je
me précipite en Land et me paie un tour d'honneur à 2 m autour du Toy en faisant de « discrets » TUT TUT. On
ne parle plus voiture.
Petite entrée de gassi N.-O.
(27 21.029 N / 10 23.510 E)
.
Piquet de pétrolier
(27 21.448 N / 10 25.649 E)
et boites de conserves alignées.
Traces anciennes de gros camions, il y a sans doute des gens qui rentrent dans l'erg à cet endroit-là sur un
axe qui semble être N.-O.
Cratère de lune
(27 21.314 N / 10 27.758 E)
c'est le désastre, les dunes sont loin, tout est chamboulé, on va être obligés de passer dans des trous
infâmes. Beaucoup de pierres.
Gassi pénétrant au nord
(27 23.1501 N / 10 29.465 E)
on l'ignore.
On s'est laissé prendre par un
(27 23.161 N / 10 30.456 E)
cordon qui vient du sud, le gassi est très large, en ce moment, il est d'ailleurs très touffu, je roule sur
une sorte de bruyère que je n'ai encore pas vue dans ces régions, gassi poussière, mais qui rentre
apparemment plein est ou légèrement N.-E.
On est dans le gassi, c'est assez hard, on a commencé par une longue sebkha à moitié molle et maintenant, on
est dans une sorte de tôle ondulée assez dure toute noire et les dunes nous laissent la paix pour l'instant,
elles sont à l'écart.
On replonge S.-E.
(27 23.990 N / 10 33.999 E)
après avoir une piste raclée.
2 grosses traces de camion qui foutent le camp, droit dans l'erg, mais on n'est pas très sûr que ça passe et
il vaut peut-être mieux contourner.
Nouvelles traces de racloir peu de temps après, traces complètement hystériques qui vont droit sur l'obstacle
sans détours.
Traces abondantes
(27 23.167 N / 10 35.432 E)
.
On a devant nous un grand plateau, quelques dunes posées comme des meringues.
On change de trou
(27 23.871 N / 10 36.961 E)
par un faux col.
On circule toujours au fond des trous poussiéreux, chaotiques, ce n'est pas très agréable, le décor est
assez beau, les dunes sont proches, il y a plein de traces de triangle, les pétroliers s'en sont donnés à
cœur joie, mais maintenant, on les fait en travers.
Même décor
(27 25.845 N / 10 41.341 E)
.
Là, on vient tutoyer une petite dune, ça fait du bien de se reposer sur son flanc.
Petite dune
(27 25.373 N / 10 44.321 E)
.
Au pied d'une dune
(27 25.089 N / 10 45.375 E)
on passe au sud.
Chantier
(27 24.579 N / 10 47.435 E)
on voit des dunes et des tas de cailloux avec des trous, on circule d'un trou à l'autre.
Pique-nique
(27 24.085 N / 10 48.496 E)
au pied d'une dune.
Dans la bonne humeur, Michel s'est planté sévèrement en repartant sur une toute petite bosse de 30 cm.
On s'enfile dans une cuvette
(27 25.370 N / 10 49.897 E)
on n'est toujours pas dans le sable.
Petit bout de cordon
(27 27.442 N / 10 51.128 E)
.
D'ordinaire, ce ne serait que dalle, mais on voit Pierre qui est en transes et qui fait des tours de
chauffe, il attend des nouvelles par la Cibi pour voir si ça passe, il y a une légère tension.
Flanc est d'une dune
(27 30.473 N / 10 52.999 E)
au bord d'un gassi sévère en cailloux, chaotique et sans fin.
Petit cordon tout en douceur
(27 31.283 N / 10 53.741 E)
un peu mou, on change de gassi.
Changement de gassi
(27 32.798 N / 10 55.014 E)
par des petites rondeurs.
Changement de gassi
(27 34.751 N / 10 55.967 E)
par quelques rondeurs.
Une barkhane dans le gassi
(27 37.959 N / 10 58.088 E)
.
Mais les gassis sont maintenant très très grands avec de moins en moins de sable à l'est.
Depuis cet endroit, il y a au moins 5 à / 10 bornes sans sable.
Le sable est maintenant plein ouest.
On rejoint une piste est ouest
(27 39.068 N / 10 57.948 E)
avec des traces fraîches et un bidon avec des inscriptions en arabe, ça a l'air d'être un grand axe.
Il n'y a pas que de l'arabe sur le bidon, c'était écrit NC-151-A1.
Au bout d'un km, le chef est allé voir la piste en cachette, il a dit qu'elle partait plein ouest, qu'il n'y
avait pas d'encombrement visible, qu'elle avait l'air d'être tout en sable, puis il a dit qu'on partait au
nord, alors on a lâché la piste, et maintenant, on est chacun d'un côté du gassi et on attend de trouver le
nord.
Coin fabuleux
(27 40.774 N / 10 58.900 E)
avec des milliers de buttes,
Un soleil couchant et une lumière formidable, des petites barkhanes rondes, ça passe partout, le gassi est
gris, le ciel a des nuages pour le mettre en relief, c'est FA-BU-LEUX.
Bivouac assez plat
(27 42.062 N / 11 00.112 E)
.
Un peu venté, tente plus double-toit, pas trop froid quand même. Visite de la tente à Bèbère.
Lundi 21 novembre
Départ sur un très grand gassi dont on cherche une sortie un peu vers le nord, mais qui pour l'instant nous
pousse complètement à l'est, on a cette piste NC-151 dans le dos, on progresse, on devrait encore passer une
journée de sable.
Le gassi nous tend une oreille au nord, je ne sais pas si elle sera prolongée, oui ça en a l'air.
(27 43.288 N / 11 01.485 E)
.
On refait un cap 300
(27 44.249 N / 11 00.079 E)
pour rester dans le sable, sans cela, il n'y aurait plus que du gassi, pour l'instant, c'est des belles
rondeurs en contre-jour, quelques surprises quand même, des dunes cassées.
(27 44.665 N / 10 59.507 E)
gassi après quelques bosses sportives.
Bord N.-O. Du gassi
(27 45.549 N / 10 58.573 E)
.
Surprise : on a trouvé 2 gros camions-citernes qui se trimbalent en plein erg.
Changement de gassi
(27 45.696 N / 10 57.791 E)
on est sur une bosse.
Gassi avec un peu moins de cailloux, quelques petites herbes, une barkhane au milieu, on le prend en
diagonale.
Entrée du gassi
(27 45.844 N / 10 57.479 E)
.
Petite bosse et nouveau gassi
(27 45.330 N / 10 55.385 E)
.
Petit sif, nouveau grand gassi
(27 44.891 N / 10 54.320 E)
très facile.
Petite bosse
(27 45.814 N / 10 52.328 E)
changement de gassi.
Gassi toujours plus grand
(27 46.203 N / 10 51.451 E)
tout en sable, plus de cailloux.
Puits ensablé
(27 45.064 N / 10 49.771 E)
joyeux pique-nique.
Grand saut d'obstacles
(27 46.422 N / 10 49.356 E)
Martine, Marylène et Chantal.
(… Émotion dans la voix) on a passé le sif.
Fin de l'erg
(27 49.438 N / 10 48.318 E)
on voit très bien la falaise en face, on est encore en plein sable, il y a pas mal d'herbe, mais les bosses
foutent le camp, c'est quand même assez beau, Martine est toujours au volant.
Le GR s'enterre
(27 52.485 N / 10 47.475 E)
royal, il a planté le pare-chocs dans le mou, on est face à la falaise, il y a des tertres chocolat noir en
mélange avec du sable et quelques herbes blondes et vertes.
Grande plaine
(27 54.117 N / 10 50.956 E)
entre falaise et dunes, avec un moutonnement de verdure sur fond sableux, au début un petit peu de
poussière, tout à l'heure un poteau, mais sans plus, on remonte N.-N.-E.
Grande hamada
(27 58.025 N / 10 53.971 E)
quelques dunes de chaque côté.
On perd un peu le sable, on retrouve du gravier.
Piste à scrapers
(28 01.9391 N / 10 55.306 E)
qui s'enfile dans le sable.
Tout petit cordon
(28 05.733 N / 10 55.520 E)
pour changer de gassi.
Les gassis sont en sable, mais tapissés d'herbe, de loin ça fait gazon vert jaune qui ne doit pas être très
ancien, un peu embêtant parce que le vent est passé dessus et a mis de petites traînées de sable en travers
de la marche et ça secoue la bagnole comme de la tôle ondulée, mais c'est assez beau, le soleil est rasant,
il y a des ombres et du sable a 1 km de chaque côté.
Petit cordon
(28 08.617 N / 10 55.626 E)
.
On vient de se faire une petite course après un grand troupeau de chameaux (200 bêtes), mais le berger qui
était dans une hutte pas loin est arrivé, il n'avait pas l'air extrêmement ravi.
Bivouac
(28 10.946 N / 10 53.533 E)
dans une petite anse, derrière une petite barkhane assez exposée au vent, froide, un grand troupeau de
chameaux passent le soir. Une petite gerboise se laisse filmer quelques secondes.
Mardi 22 novembre
Plaine très verte le matin, tout est maintenant assez plat.
Pâturages
(28 13.810 N / 10 50.073 E)
on longe un petit cordon de dunes, très agréablement souligné par le soleil en contre-jour, l'herbe est
jaune vert tendre, on en mangerait.
Grand plateau
(28 19.190 N / 10 48.636 E)
on a définitivement lâché le sable, ça circule bien dans les graviers, encore de l'herbe, on a refait avant
de lâcher les dernières dunes une petite course avec des chameaux en contre-jour, course lente, les chameaux
étaient un peu affolés, pas nous.
Je suis dans des terres un peu rouge violet.
Grande dune à l'ouest
(28 21.360 N / 10 47.179 E)
pas très loin, moins d'1 kil.
C'est sans doute la zone dans laquelle j'avais trouvé en 92 des couleurs formidables (planète orange) une
fin d'après-midi.
Plaine,
(28 24.308 N / 10 49.448 E)
on circule dans des corridors.
Il y a de la place et des traces partout, c'est assez facile, mais on roule troisième quatrième pas plus.
Immense plaine
(28 32.328 N / 10 48.897 E)
il n'y a plus de relief.
Il m'a semblé voir un petit forage à l'ouest.
Zone à cailloux
(28 38.693 N / 10 46.385 E)
assez chiante, en seconde.
Il y a des cassures formidables.
Piste relativement roulante
(28 41.482 N / 10 45.632 E)
nombreuses traces, malgré quelques séquences cailloux, on arrive à faire du 60 en quatrième.
On regonfle
(28 43.570 N / 10 44.625 E)
.
On lâche la piste, car il y a un donjon un peu plus loin.
On retrouve une piste
(28 49.916 N / 10 45.631 E)
.
Croisement
(28 52.622 N / 10 45.727 E)
.
Oued aux mouches
(29 00.374 N / 10 49.825 E)
.
On vient de faire un pique-nique dans un fond d'oued complètement vert avec coloquintes et buissons, à côté
d'une grande réserve d'eau en plastoc, on reprend la piste : 100 km pour
Derj
.
Les Saint-Gallois nous ont dit au revoir sans formalités, on sait qu'ils s'appellent Pierre et Charlotte,
mais c'est tout, perdus de vue, Inch'Allah.
On rattrape la NC-147
(29 04.073 N / 10 50.065 E)
.
NC-147
(29 11.304 N / 10 48.456 E)
.
Piste poussiéreuse et cassante
(29 33.395 N / 10 54.158 E)
.
Piste et poussière
(29 43.585 N / 10 52.917 E)
.
Piste et poussière
(29 47.170 N / 10 47.745 E)
.
Piste et poussière
(29 54.089 N / 10 41.811 E)
.
Bivouac
(29 55.848 N / 10 41.317 E)
dans un tas de cailloux.
Puthod remonte les quads sur les toits des voitures.
Il nous reste un bidon d'eau en trop et nous sommes allés à l'écart prendre une douche formidable, très très
fraîche.
Le soir, autour d'un feu généreux, Michel et Chantal nous ont fait des crêpes flambées au Grand Marnier,
alors je ne te raconte pas.
Mercredi 23 novembre
8 h 20, on décolle du bivouac, assez mou, il n'y a plus la flamme, il ne reste plus que la poussière, ce
matin Puthod s'est dit 3 mots avec Pierre, ça n'a pas l'air bien clair leur histoire.
Goudron à 9 h 15
(30 09.021 N / 10 31.230 E)
.
Comme la moitié du groupe avait assez de gasoil, 3 voitures partent à la pompe de
Derj
au risque de tomber sur un donjon, les autres filent direct, on se regroupe à la prochaine pompe à 100
bornes pour se raconter la suite.
À la station-service 27 kil avant
Nalut
, on a enfin trouvé du gasoil (à
Derj
il n'y avait plus d'électricité, à
Es Sciada
il n'y avait plus de gasoil) et on a mangé au petit restau de la station-service des frites bien grasses et
des sardines très très bien, très succulentes, on file sur
Nalut
, on essaie de passer la douane ce soir.
Station d'essence
(31 53.158 N / 10 58.321 E)
au sud de
Nalut
.
Avant la grande descente de
Nalut
, une petite route horizontale vers le S.-E. Passe devant une rôtissoire à poulet, c'est bon à savoir.
Contrôle de police
(31 51.796 N / 10 59.830 E)
au pied de la descente de
Nalut
.
Station d'essence
(31 58.084 N / 11 09.563 E)
.
Station d'essence
(32 00.965 N / 11 19.485 E)
à l'ouest d'un bled.
Contrôle de police
(32 24.067 N / 11 46.078 E)
plouks mal sapés, dans une cabane en tôle destroy.
Seven Up à
Nalut
avec Michel et Chantal.
Grillades dans un bistrot de Ben Guerdane.
Bivouac à la sortie de
Ben Guerdane
, hélas le Land de Pierre a fini par lâcher, embrayage foutu, il a fallu le tracter, on a trouvé un bivouac
dans la campagne à gauche, un peu après
Ben Guerdane
.
Entrée du bivouac
(33 08.066 N / 11 04.307 E)
.
100 m avant la pancarte
Oued Fessi
.
Jeudi 24 novembre
Il y a vraiment un brouillard du diable, il faut les essuie-glace.
Le bled où j'ai mangé des côtelettes avec les Favier s'appelle
Hassi Amor
, 13 km de
Médénine
vers
Ben Guerdane
.
Pierre téléphone à son assurance. On lui conseille de se faire diagnostiquer à Gabès chez un super
spécialiste Land Rover. Puthod lui trouve un transport
Médénine – Gabès
70 km pour 150 DT et nous le laissons à son triste sort.
Pique-nique en bord de mer
(34 07.014 N / 10 01.262 E)
Bifurque à la sortie de
Akarit
.
⏯️
Œuvre éphémère
Arrivée à l'hôtel Amilcar, le portier nous donne de bonnes nouvelles de Pierre et Claudine qui sont en hôtel
à
Gabès
et seront réparés demain après-midi. Douche. Repas ordinaire dans un petit troquet de
Sidi Bou Saïd
.
Vendredi 25 novembre
Bateau sans histoire. Cabine 2 places. Soirée dansante. Mer d'huile.
Samedi 26 novembre
Débarquement. Séparations. Retour avec les Daudin. Arrivée à
Villard
vers 18 h.
Au téléphone, une semaine après, Pierre m'apprend qu'en
Tunisie
, il a rencontré les deux Suisses d'
Oubari
qui avaient cassé leur Pajero : le blocage des moyeux avant est automatique, il a cassé une première fois
avant notre rencontre. Pierre de Charlotte l'a recollé à la super glue, ne nous a rien dit quand nous
l'avons emmené. Il aurait pu casser dans
Oubari
et se retrouver en 2 roues motrices…