Tunis
, Accueil de Joëlle Droux qui nous rejoint en avion : le style du voyage est lancé !
J'ai un tout nouveau Defender blanc, jantes turbine, GPS dernier cri, je vais pouvoir faire bonne figure
parmi les canards.
Les arrêts pinard-saucissons sont permanents.
On retrouve ce pont de chemin de fer désaffecté et dont les rails ont été récupérés et déjà franchi en mai
passé.
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Je patauge, tu patauges, il patauge ...
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accueil de joelle
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Mon beau def
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canons saucisses
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pannes
Puis
Tabarka
, pour mécaniquer un peu : Michel Goisset a de sérieux problèmes avec son Range et téléphone souvent au
garage Ducros d'Annecy pour trouver la panne. Mais ce n'est que le début d'une longue litanie de pannes…
Entre
Tabarka
et
le Kef
, lors d'un pique-nique de midi, un local sort d'une petite forêt avec un gros panier de champignons : des
amanites de César !
Les seules que je verrai de ma vie. Il les met en vente et je ne les achète pas à cause de nos faibles
moyens culinaires, mais je vais le regretter toute ma vie de mycophage !
Kasserine
dans le super hôtel en tour creuse,
Gafsa, Chebika
, où un vent de sable désagréable m'incite à conseiller un bivouac "abrité" dans un oued : hélas, la trombe
d'eau nous tombe dessus vers 3 h du mat' et l'inondation nous chasse violemment, au risque de perdre les
bagnoles.
Tout à coup une rafale s'abat sur notre campement, disperse les braises du foyer, échevelle des comètes
flamboyantes d'escarbilles, arrache sans prévenir nos couvertures, renverse nos harnachements! L'attaque
a été si brusque que nous n'avons pu réagir. Déjà de grosses gouttes de pluie se mettent à tomber,
lourdes et boueuses, puis la tornade de sable descend l'oued, nous aveugle, nous étouffe.
El Madani et son compagnon, qui étaient allés rassembler les chameaux, reviennent en criant! L'oued va
couler, l'oued va couler ! Vacher et Mollet sont debout; j'en fais autant ! Mon sac de couchage s'envole,
gonflé comme une montgolfière, et disparaît dans la nuit; je reste planté là sans réaction, hébété, nu
comme Adam, douloureusement flagellé par le vent de sable.
(Roger Frison-Roche - Carnets Sahariens - p.225)
On s'enterre à nouveau dans le
Chott el Rharsa
, décidément infranchissable depuis un an et demi !
Nefta, El Faouar, Douz, Ksar Ghilane, Tataouine, Matmata, Bir Soltane, Douz
.
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Cric Air ?
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Escapade à Aouinet
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El Djem
Boosté par mon nouveau Def' j'ai compulsé longuement les catalogues de Narbonne Accessoires dans la banlieue
d'Annecy et j'ai été séduit par le Cric'Air, ce gros ballon qui se gonfle avec le tuyau d'échappement et qui
soi-disant te sort de toutes les galères dans lesquelles tu peux te mettre. Il sera longuement testé sur ce
parcours et les suivants.
Un jour, alors que tout le monde est immobilisé par les pannes, je choisis de tenter l'aventure seul. Je
pars vers
Aouinet el Radja
avec mon beau Def' pour tâter un peu le sable en toute intimité. Évidemment, comme mes potes, je finis par
faire le canard devant le caméscope et comme mes potes, je m'enchorbatte grave sur une dunette : 2 h de
manœuvre sans assistance, ça calme, je ne verrai pas
Aouinet
cette fois-là !
El Djem
, visite du Colisée,
Sfax, Kairouan
.
Tunis
avec un super repas au Pirate, offert par Faucigny Instruments.
Pas de photos, quelques scans de photos papier des amis, beaucoup de vidéos de boue et vents de sable.
Et je commence à avoir
pas mal taffuré en Tunisie
, il va falloir penser à autre chose…
Carte postale
Cette année, pour ne pas faire comme les autres, je suis allé en vacances en Tunisie.
Notre chef, pour combattre la lassitude, avait choisi un thème surprise pour ce voyage : c'était la
mécanique.
Chaque jour, pas vraiment au hasard mais presque, une voiture nous offrait une panne ou deux.
Je pense que nos garagistes avaient deviné le thème de notre voyage, car ils nous ont vraiment bien préparé
les voitures. Bien sûr il y en a un qui a tout de suite essayé de tricher en téléphonant dès le deuxième
jour pour connaître la panne sans chercher, mais le garagiste a bien joué le jeu en se contentant de lui
répondre : "tu chauffes, tu chauffes, tu refroidis", comme ça le gars il a pu jouer plus d'une semaine.
Il y en a qui ont joué sans garagiste, mais à mon avis ce n'est pas honnête. En plus celui-là n'a ramassé
qu'une toute petite panne, une poulie de tension sur l'assistance de direction je crois. Le chef aurait
trouvé ça assez poussif comme panne. D'autant plus qu'il nous l'a faite dans une marque où on trouve toutes
les pièces dans l'Afrique tout entière. Il n'est même pas resté en panne une demi-journée. Moi je l'aurais
disqualifié.
D'autres ont anticipé en se faisant mettre une suspension à ressorts progressifs. Ça ce n'est pas mal parce
que c'est vraiment progressif. Au début tu n'as qu'à resserrer les boulons, après tu les surveilles et puis
vers la fin sans te fatiguer, paf, ça pète tout seul.
Il y en a un, mauvais joueur sans doute qui s'était pris une voiture neuve. Heureusement avant de partir il
l'a fait équiper, sans ça il n'aurait pas pu jouer. Il s'était fait mettre un truc qui a beaucoup fait rire
le chef, surtout au début. Ça s'appelle Air-Locker je crois. Ça lui a fait rater le départ mais après
quelques jours, il était le seul à avoir un 4x4 avec 4 roues indépendantes, car ses ponts se bloquaient
bien, mais c'est les moyeux de roues qui étaient libres. Sans parler de panne de batteries car ce serait
mesquin.
Le chef, lui, il a trouvé la meilleure solution pour le blocage des ponts. Tu t'avances profond dans la dune
et t'as pas besoin d'acheter quoi que ce soit, le sable te bloque tout de suite les ponts.
Nous sommes partis avec deux appareils très modernes.
Le premier était un GPS.
C'est un truc qui a un peu énervé notre chef parce que ça jacasse tout le temps mais c'est presque
formidable.
Ça marche un peu compliqué, il y a une espèce de sorcier avec des cheveux longs qui court après des
satellites et qui nous dit des fois qu'on n'aurait pas dû venir ici, mais dans l'ensemble on a été rassuré
parce que ça nous a toujours dit qu'on était en Tunisie.
Par contre, en météo c'est zéro, car un soir le sorcier nous a choisi un coin très bien pour dormir, mais
quand il a perdu de vue ses satellites qu'est-ce qu'on a ramassé.
Le deuxième appareil était un GCC. Ça, ça marche moins compliqué.
Si le GPS est fait pour nous dire où on est, celui-là est fait pour nous le faire oublier.
Au début, on a cru que ça n'allait pas fonctionner. Les piles étaient faibles et on ne l'entendait pas du
tout, surtout en tête de la caravane.
On a cherché des solutions et finalement, grâce à la mécanique, on a trouvé.
Le chauffeur de la voiture dans laquelle cet appareil était installé nous a dit que ça n'allait plus, que
son moteur commençait à faire plus de bruit que son GCC et qu'il ne pouvait plus l'entendre.
Alors nous, on a dit qu'il n'y avait qu'à arrêter ce moteur trop bruyant, ramener cette voiture en silence
dans la cour de l'hôtel et déménager.
On a mis Jean-Pierre dans une autre voiture, on a mis les fromages dans la voiture du GPS pour l'asphyxier
et le faire taire un peu et comme la voiture du chef n'avait pas d'appareil du tout, on a mis le GCC dedans.
Alors là ça a hyper bien marché. Je dois dire que même pour la météo c'était mieux que le GPS car il en a
plu de toutes les couleurs du blanc, du rosé, du rouge et même du jaunet.
Un jour, dans le sable, on a été menacé par une hécatombe. Ç'a été l'angoisse car il y en avait déjà plein
par terre. Heureusement, un mécano perspicace, croyant que ça venait du sol a réussi à en réchapper en se
réfugiant sur un moteur et nous a tous sauvés.
La voiture la mieux rangée était certainement celle du chef. Pas parce qu'elle était bien rangée, mais parce
qu'il était tout le temps en train de la ranger. Il est très fort en rangement, notre chef. Il nous avait
préparé pour cette année une toute nouvelle méthode de rangement.
D'abord, pour garder un accès constant au frigo, il avait posé une étagère rose sur des jambes métalliques
grises. Comme les jambes de l'étagère ne tenaient pas très bien, il suffisait de caler ces jambes avec la
caisse à outils, les bouteilles d'eau, la cocotte-minute et la bassine pour les noix.
La finition se faisait toute seule en roulant. À chaque bosse de la piste, une ou plusieurs noix sautaient
de la bassine pour aller occuper les éventuelles places qui auraient pu rester libres dans le coffre et
ainsi donner au chargement ce bel aspect homogène qui contribue depuis longtemps au confort légendaire du
Range du chef.
Je crois bien que ça s'appelle le rangement à la noix.
En cours de route, comme des gens qui n'avaient rien compris lui ont mangé les noix, il a subtilement
remplacé les noix par des dattes qu'il a demandées à Joëlle de répandre sur le plancher et c'est de là que
les bosses les ont propagées dans le coffre.
Il a observé que les dattes, c'était encore mieux que les noix, car ça s'écrase et ça colle et en les
mettant sur le plancher, on n'a pas besoin de la bassine.
Le seul défaut c'est qu'avec toutes les bosses qu'il faut se taper, à la fin ça abime les tirants de pont,
mais ce n'est pas trop grave car on peut en piquer un sur la voiture d'un copain qui ne fait pas trop gaffe.
Christian a essayé la méthode de rangement du chef. Évidemment, il n'est manifestement pas aussi attiré par
le rangement que notre chef et il a volontairement limité l'application de la méthode à l'intérieur de ses
caisses.
Il nous a fait ça plus modeste et avec les moyens du bord. N'ayant pas de noix sous la main, il a savamment
rempli les interstices de reblochon et au lieu d'utiliser les bosses de la piste comme agent propagateur, il
a préféré baser sa recette sur les variations de température qui agissent nettement mieux sur de bons
reblochons de Savoie que sur des noix dont on n'est même pas sûr qu'elles étaient de Grenoble.
Il a même eu la délicatesse d'utiliser comme liant final, un fin mélange de hareng saur en gargoulette, mais
plus ouverte la gargoulette. Bref, toutes ces astuces lui ont permis une remarquable optimisation de la
gestion de l'espace dans ses coffres, lui offrant en plus ainsi qu'à quelques amis choisis un fumet vraiment
subtil et absolument exquis.
Il y avait avec nous un fourgon sanitaire rempli d'infirmières sous la surveillance d'une mamma. Je crois
bien qu'elles draguaient. Elles ont commencé par un de nos mécanos. Pour respecter le thème de cette année
sur la mécanique, elles s'étaient choisies une panne facile à répéter. La panne du gros boulon.
Elles n'ont pas eu de chance. D'abord, elles n'ont pas vu le jour où elles ont jeté leur boulon au fossé
qu'elles étaient suivies par deux maris jaloux qui, bien sûr, ont ramené le boulon et même la rondelle.
Ensuite, ç'a vraiment été la poisse quand Didier leur a collé le boulon, finies les révisions tous les 20
km.
Il faut dire qu'elles n'ont pas eu beaucoup de travail. À peine un petit coup de tampon sur la porte arrière
du Toy du médecin qui refusait de se le mettre tout seul.
Désœuvrées à la fin du voyage, elles ont même tenté de draguer, enfin seules, le fond d'un oued boueux,
histoire de voir ce que valait l'autochtone.
Elles ont vacciné une bonne partie du personnel d'un hôtel et je me demande même si elles n'ont pas vacciné
quelques membres de notre équipe.
Cette année, on a découvert un produit miracle anti crevaison. C'est un produit tellement bon que ça marche
même sur ceux qui partent avec toi sans le produit et ainsi toute la caravane est protégée.
On a un petit doute sur la voiture de Christian qui a crevé quand même, mais Christian ne se rappelle plus
s'il a bien mis le produit dans la seringue ou si c'était déjà du Ricard.
Sur la voiture du chef on ne peut pas avoir de doute, vu qu'il a crevé en cachette et que personne ne l'a
vu.
Comme tu vois, on s'est bien amusé. Mais l'année prochaine, c'est nous qui préparons les voitures et c'est
nos garagistes qui feront le concours.