Rendez-vous sur le port de
Marseille
. Nous sommes nombreux, mais enthousiastes. On découvre la tracasserie des douanes tunisiennes et qui l'eût
cru, les fonctionnaires français pourraient y prendre des leçons… de tracasseries !
Je suis arrivé à Tunis le 20 janvier. Le voyage est court par avion deux heures de Lockheed ! Lorsque je
m'ébrouais au sortir du car d'Air France, avenue Jules-Ferry, je n'avais encore aucun but précis. On
m'avait dit: « Allez donc voir un peu ce qui se passe en Tunisie ! » Voir, écouter, interroger, méditer,
aller à l'aventure comme un explorateur en terre vierge, c'est métier de reporter.
Pourtant, mes trois premières questions furent les suivantes:
• Avez-vous de l'huile ?
• Pas d'huile (je pensais aux ménagères).
• Alors… du savon ?
• Pas de savon !
• Qui est le nouveau résident général ?
• Le général Mast est parti ce matin, le nouveau n'est pas encore arrivé.
(Roger Frison-Roche - Reportages africains - p.47)
Simon a tout organisé et il n'est pas question de camping : tout en hôtels réservés d'avance : une vraie
agence de voyage. On commence par
Teboursouk
, accueil dans un bel hôtel propret, où on nous sert un sanglier fort bien cuisiné que viennent de tuer des
chasseurs. Surprise totale dans un pays musulman. Mais bon, c'est des roumis qui l'ont mangé.
Le lendemain, visite à
Douga
où il y a de belles et grandes ruines romaines. Ce sont les premières que je vois et suis impressionné par
leur étendue.
Le troupeau reste bien groupé derrière son chef et les arrêts ravito sont fréquents. On sent vite le côté
professionnel de certains : arrêt brutal au milieu de la piste, une ou deux tables jaillissent promptement,
les saucissons et kil de rouge ne sont pas loin… Bonne humeur, tous jouent le jeu et on sent vite que les
souvenirs se forment.
Visite du
Kef
et son marché, puis on continue vers le « grand sud » en passant devant la
table de Jugurtha
.
À
Haïdra
, traversée d'un oued épais de deux millimètres, l'aventure se corse. Christian Collomb, restaurateur au
Vieux Clocher à Annecy-le-Vieux, enfourche un âne et fait rire tout le monde. On rejoint
Gafsa
et Simon nous annonce notre premier « hors-piste » en direction de
Metlaoui
. Les abords sont en caillasse et l'oued Selja, d'un débit modeste, est très boueux. On le passe à sa sortie
de la montagne et les alluvions sont grasses. L'émotion est aussi grande que la prudence, mais la force du
groupe nous donne des ailes et beaucoup découvrent la volupté de barbouiller les voitures : ça fait grand
baroudeur !
Une fois de l'autre côté, l'enthousiasme s'installe et il s'agit de remonter l'autre rive plus chahutée que
la descente. Simon trace la voie et lâche la grande cavalerie. Son Range V8 va y laisser sa transmission et
les mécaniciens du groupe vont le lui transformer en 2 roues motrices et le chasser de la caste des 4x4.
La mécanique a pris du temps et le bivouac s'installe à
Aouïne Ameur
, juste de l'autre côté de l'oued. Bonne humeur for ever, formidable partie de pétanque avec des
coloquintes.
Poursuite du voyage vers
Metlaoui
, puis
Tozeur
, le
chott el Jerid, Kébili et Douz
. Séance mémorable de montée impossible sur la « grande dune » de
Douz
.
Douz, Matmata, Toujane, Médénine, Zarzis
.
Ben Guerdane, Tataouine
(amortisseurs cassés),
Chenini
(engueulade par une instit pour une photo), descente colline,
Ksar Ghilane
, fondue, colonne Leclerc.
Bir Soltane
, arrêt au café central, tonneau de Christelle.
Balade en chameau dans la palmeraie de
Nefta
avec Mme Combet, Martine visite la corbeille.
Je charge Simon, plantages fabuleux, Christian et Didier.
El Jerid
, Sahara Palace de
Nefta
.
Grève SNCM.
Souks de
Tunis
.
Sidi Bou Saïd
.
Ce voyage m'a bien brassé. Et même si ce compte rendu frise parfois le sarcasme, ça a été pour moi un très
grand changement. J'y ai découvert l'importance et la force d'un groupe. J'ai vu que le culot pouvait payer,
même au prix de quelques échecs et au risque de faire sourire, j'ai pris confiance en moi et compris qu'on
peut prendre comme camarades des gens qui ont jusqu'à neuf défauts, et s'ils en ont dix on peut les
fréquenter quand même.
Un grand merci à Simon et ses potes !